Yasser Arafat
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| Naissance | 24 août ou 4 août 1929 <tr><th>Parti politique</th><td>Fatah</td></tr><tr><th>Épouse</th><td>Souha Arafat</td></tr> |
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Yasser Arafat (ياسر عرفات), né le 24 août 1929 et mort le 11 novembre 2004 à Clamart, France, de son vrai nom Mohamed Abdel Raouf Arafat al-Qudwa al-Husseini (محمد عبد الرؤوف القدوة الحسيني), connu aussi sous son nom de guerre Abou Ammar (ابو عمّار), était un homme politique palestinien, président de l'Autorité palestinienne de 1994 à sa mort.
Sommaire
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[modifier] Biographie
[modifier] De 1929 à 1959, premières années
[modifier] Naissance
Officiellement, Yasser Arafat serait né au Caire en Égypte, le 24 août 1929. Toutefois, le lieu et la date de naissance de Yasser Arafat font l'objet de controverse. Lui-même déclare être est né à Jérusalem le 4 août 1929. La découverte de son certificat de naissance ainsi que d'autres documents de l'Université du Caire ont permis de conclure sur le lieu et la place de naissance. Le biographe de Yasser Arafat, Alan Hart, reconnaît ces documents et place à présent le lieu de naissance au Caire. Certains de ses biographes n'excluent pas l'hypothèse qu'il soit né à Jérusalem<ref name="media">les vies de Yasser Arafat, Le Monde (consulté le 11 novembre 2006)</ref>.
Son nom officiel est Mohammed Abdel Rahman Abdel Raouf Arafat al-Qudua al-Husseini. Said K. Aburish, son biographe palestinien, précise : « Mohammed Abdel Rahman était son prénom ; Abdel Raouf, le nom de son père ; Arafat, son grand-père ; al-Qudua est le nom de sa famille ; et al-Husseini est le nom du clan dont font partie les al-Qudua»<ref>Arafat: From Defender to Dictator, Bloomsbury Publishing, 1998, p. 7</ref>. Le clan al-Husseini est aussi l'un des plus prestigieux de Jérusalem et d'après la biographie Arafat l'irréductible, une biographie d'Amnon Kapeliouk éd. Fayard, 2004, Arafat se revendique comme étant le neveu du célèbre grand mufti de Jérusalem Hadj Amin al-Husseini.
[modifier] Enfance
Issu d'une famille palestinienne de Gaza et sixième de sept enfants, il est le fils d'un commerçant et d'une mère, Zahwa Abou Saoud, originaire de Jérusalem. Son père l'a enregistré né au Caire pour qu'il bénéficie de l'enseignement gratuit<ref name="media"/>. Il passa la plus grande partie de son enfance et de son adolescence avec ses six frères et sœurs au Caire. Après le décès de sa mère, alors qu'il a cinq ans, il passe avec son frère, Fathi qui allait devenir le président du Croissant-Rouge palestinien quatre ans, à Jérusalem chez son oncle, le grand mufti de Jérusalem Hadj Amin al-Husseini avant que son père, lorsqu'il se marie pour la deuxième fois<ref>(en)Yasser Arafat, David Hirst , The Guardian (consulté le 17 novembre 2006)</ref>, le fasse rentrer au Caire où sa soeur aînée s'occupa de lui<ref name="nobel">(en)The Nobel Peace Prize 1994 (consulté le 28 octobre 2006)</ref>.
[modifier] Premiers combats
Il conserve des liens de famille en Égypte où il fréquente le collège Farouk. Au Caire, avant qu'il ait eu dix-sept ans, Arafat assurait le transport d'armes en Palestine devant être employer contre les Britanniques et les sionistes<ref name="nobel"/>. Il abandonne l'université du Caire pour participer aux combats en Palestine en 1948 puis se réfugie à Gaza après la défaite avant de retourner au Caire.
[modifier] Etudes
Il envisage de partir s'installer aux USA mais le visa lui est refusé<ref name="marienne">La marianne en Ligne (consulté le 28 octobre 2006)</ref>. Il entre en 1949 à l'École d'Ingénieurs de l'Université Roi Fouad 1er du Caire, où il obtient un diplôme d'ingénieur civil<ref name="medea">Institut Européen de Recherche sur la Coopération Méditerranéenne et Euro-Arabe (consulté le 27 octobre 2006)</ref>.
[modifier] Lutte politique en Egypte
Il se rapproche des Frères musulmans qui militait en faveur de la cause palestinienne, sans être membre de la confrérie<ref name="media"/>, et l'Union des étudiants palestiniens, dont il devient le président de 1952 à 1956 lorsqu'il est étudiant et qui édite un magazine, La Voix de la Palestine. Il quitte bientôt les “ Frères” pour se rapprocher des “officiers libres” égyptiens (Naguib, Nasser, Sadate) qui préparent en secret le renversement de la monarchie qu'Arafat considère comme corrompue<ref name="marienne"/>. En juillet 1952, il présente au général Naguib, une pétition faite au nom des étudiants palestiniens écrite avec du sang, appelant le général égyptien à ne pas oublier la Palestine<ref name="mémoire">La représentation du conflit israélo-palestinien à travers le traitement médiatique de l'"ère-Arafat" de Pommeray Anica (consulté le 18 novembre 2006)</ref>. Quand son père meurt en 1952, il n'assiste pas à ses funérailles<ref name="monde">Yasser Arafat (1929-2004) Le Monde Diplomatique (consulté le 28 octobre 2006)</ref>. En effet, Arafat n'a jamais fait référence à son père qui n'était pas proche de ses enfants<ref>Nobel paix (consulté le 28 octobre 2006)</ref>. En 1953 après l'arrivée des officiers libres au pouvoir en juillet 1952, il présente à Mohammed Naguib alors président, une pétition rédigée en lettres de sang avec 3 mots en arabe signifiant : « N’oubliez pas la Palestine »<ref name="media"/> Arafat est arrêté pendant quelques jours, en octobre 1955, lors de la liquidation par le président Gamal Abdel Nasser de l'organisation des Frères musulmans qui s'opposait à son programme qu'il voit comme “ nationaliste athée”<ref name="mort">Je suis mort (consulté le 27 octobre 2006) </ref>. En 1956, il sert dans l'armée égyptienne durant la crise du canal de Suez avec le grade de sous-lieutenant<ref name="medea"/>. Avec la défaite des armées arabes, il s'éloigne peu à peu des dirigeants arabes qu'il pense incapable de libérer la Palestine<ref name="mémoire"/>. Au Caire, il rencontre ceux qui fonderont le Fatah avec lui, et deviendront ses adjoints à la direction de l'OLP<ref name="monde"/>.
[modifier] De 1959 à 1969, le début du Fatah
[modifier] Le Koweit et la création du Fatah
Après plusieurs arrestation pour ses activités politiques en Égypte –avec les frères musulmans– Yasser Arafat s'installe en 1958, en tant qu'ingénieur au département des travaux publics puis tourna ses propres affaires, dans l'émirat du Koweït où de nombreux palestiniens travaillaient et résidaient déjà, pour y créer sa propre société lui permettant en 1958 de financer la création du Fatah<ref>Biographie de Yasser Arafat Xinhaunet (consulté le 27 octobre 2006)</ref>. Il adopte le nom de guerre de Abou Ammar, en hommage à Ammar Ben Yasser un compagnon du prophète Mahomet et premier martyr de l'islam, bien que n'ayant pas de fils à ce moment-là (abou signifie père de)<ref name="media"/>. Il crée le Mouvement de libération de la Palestine (Harakat Tahrir Filastin حركة تحرير فلسطين), rebaptisé rapidement al-Fatah (la conquête) avec Salah Khalaf, Khalil al-Wazir, Mahmoud Abbas et Farouk Kaddoumi, une organisation ayant pour premier but l'établissement d'un État palestinien de la Méditerranée au Jourdain. Cette nouvelle organisation mettra en avant que la libération de la Palestine est avant tout l'affaire des Palestiniens, et ne saurait être confiée aux régimes arabes ou reportée à une problématique d'unité arabe. Cette doctrine est, à l'époque du panarabisme triomphant, quasiment hérétique<ref name="monde"/>. Arafat cherche à donner une certaine légitimité à son organisation en contactant les gouvernements arabes et réussit à ouvrir un bureau en Alger en 1965 <ref>(ar)Yasser Arafat Aljazeera.net (consulté le 20 novembre 2006)</ref>. En 1959, Arafat fonde avec Salah Khalaf le journal Filistinuna (Notre Palestine) qui préconise la lutte armée contre Israël<ref name="nobel"/>.
[modifier] Création de l'OLP
En avril 1964, à Jérusalem, le Conseil national palestinien se réunit dans l'hôtel Intercontinental, situé en haut du mont des Oliviers, à l'instigation de Nasser. D'’abord adversaire, puis contraint de devenir un allié parfois décevant<ref name="media"/>, pour créer l'Organisation de libération de la Palestine. Celle-ci aura pour but de combattre l’État israélien. Sa branche politique sera le Fatah, et son bras militaire, l’Armée de libération de la Palestine, placée sous le commandement des différentes armées arabes<ref name="media"/> . La même année, Yasser Arafat rencontre le pape Paul VI<ref name="mémoire"/>.
En décembre 1964, Arafat fait partie du groupe du Fatah envoyé par la Syrie pour mener à bien sa première opération militaire — la destruction d'une pompe à eau israélienne. Cette attaque est un échec. Arafat donne en personne un communiqué qui réclame l'opération au journal libanais Al Nahar<ref>(ar)Yasser Arafat , Arabes 48 (consulté le 22 novembre 2006)</ref> Le Fatah est condamné par la quasi-totalité des capitales arabes. Même le régime baasiste syrien, qui aide ponctuellement l'organisation, n'hésite pas à s'attaquer à ses militants et emprisonne Arafat en mai 1966<ref name="monde"/>. Deux jours après la fin des hostilités se tient à Damas un congrès du Fatah qui décidera, sous l’impulsion de Yasser Arafat, de relancer la lutte armée. L'attention d'Israël se détourne alors des gouvernements arabes vers les diverses organisations palestiniennes, dont le Fatah<ref name="monde"/>.
[modifier] Emancipation
En 1967, la guerre des Six Jours, change la donne géopolitique au Proche-Orient et constitue le véritable point de départ de Yasser Arafat. L'Égypte, la Syrie et la Jordanie sont défaites par Israël qui conquiert Jérusalem-Est, la Cisjordanie et la bande de Gaza, passés sous autorité jordanienne et égyptienne en 1948, et aussi le Golan syrien et le Sinaï égyptien.
En mars 1968, le Fatah est la cible d'une attaque majeure de l'armée israélienne sur le village jordanien de Karameh. Un groupe de fedayins du Fatah, auxquels Yasser Arafat a ordonné de « tenir tête à l'ennemi », met en échec, avec l'aide de l'armée jordanienne, une incursion d'envergure menée par l'aviation, des chars et des parachutistes israéliens dans ce camp de réfugiés de Jordanie. 97 combattants palestiniens et 29 soldats israéliens sont tués, principalement par les forces armées jordaniennes. Malgré la défaite sur le terrain, la bataille est considérée comme bénéfique par le Fatah car les Israéliens se sont finalement retirés. Le Fatah est propulsé au summum de sa popularité<ref name="media"/>.
Cette nouvelle situation permet au Fatah de s'émanciper totalement de la tutelle des Moukhabarat, et de prendre le contrôle la même année de l'OLP, Organisation de Libération de la Palestine, organisme représentatif créé lors du sommet de la Ligue arabe quatre ans auparavant. Nasser reconnaît le Fatah et son chef, qu'il avait cherché à circonvenir par tous les moyens.
[modifier] De 1969 à 1973, chef de l'OLP
[modifier] Présidence de l'OLP
Le 4 février 1969, durant le Congrès national palestinien, il est nommé président du comité exécutif de l'OLP<ref name="fil">Fil info France (consulté le 27 octobre 2006)</ref>, en remplacement de Ahmed Choukairy d'abord appointé par la Ligue arabe. Yasser Arafat, en faisant monter l'OLP en première ligne, amène la nature du combat des Palestiniens sur un terrain plus politique. Il a alors modifié le cap de l'OLP pour, d'un mouvement panarabe, en faire un mouvement qui se consacre à la cause nationale palestinienne. la lutte armée contre Israël a été acceptée par les accords du Caire en 1969<ref>Encyclopédie Larousse Article:Yasser Arafat</ref>
[modifier] Septembre noir
Le roi Hussein de Jordanie envoie des troupes rétablir l'ordre dans les camps de réfugiés. En réplique, Yasser Arafat appelle au renversement de la monarchie hachémite, en arguant que 75% des habitants de la Jordanie sont Palestiniens. Après le rapt d'un avion par 4 Palestiniens du FPLP vers un aéroport jordanien <ref name="arabes">Yasser Arafat Arabes 48 (consulté le 22 novembre 2006)</ref> et la tentative d'assassinat raté à son encontre<ref>La tache de Septembre noir , L'Humanité (consulté le 4 décembre 2006)</ref>, le roi Hussein ordonne, le 17 septembre 1970, le massacre de dizaines de milliers de Palestiniens, qu'ils soient fedayins ou civils, de nombreux palestiniens iront se réfugier en territoire israélien et Yasser Arafat ira se réfugier au Liban. Le 27 septembre, au Caire, Nasser, 24 heures avant sa mort, obtient la fin de la tuerie en imposant un accord entre le roi Hussein et Yasser Arafat. Cet épisode dramatique est connu sous le terme de Septembre noir<ref name="media"/>. Chassés du pays, Arafat et le Fatah s'installent au Liban. Arafat devient le commandant en chef des forces révolutionnaires palestiniennes deux ans plus tard, et en 1973, le dirigeant du département politique de l'OLP. Sous sa direction, l'OLP recourt à la violence dans sa lutte contre Israël. La nouvelle charte définie à Beyrouth prévoit de « s'attaquer aux intérêts sionistes partout dans le monde » et de « soulever la base libanaise aux côtés des Palestiniens »<ref name="mémoire"/>. Les militants de l'organisation n'hésitent pas à détourner des avions, à prendre des otages, à commettre des actes "terroristes", opérations qu'Arafat dirige et planifie.<ref name="radio">Radio Canada (consulté le 27 octobre 2006)</ref>
[modifier] Jeux Olympiques de Munich
En septembre 1972, huit palestiniens du groupe Septembre noir, sous le commandement du Fatah<ref>Encyclopédie Encarta, Article:Yasser Arafat</ref>, pénètrent dans le village olympique ,abattent deux membres de l’équipe israélienne kidnappe neuf athlètes israéliens au cours des jeux Olympiques de Munich<ref>Histoire des Jeux Olympiques d'été L'Internaute (consulté le 4 décembre 2006)</ref>. Ils réclament la libération de 200 compatriotes emprisonnés en Israël. Lors d'une tentative de libération des otages par la police allemande, une fusillade éclate, et tous les athlètes sont tués, la plupart par les preneurs d'otage, parfois à la grenade, mais aussi quelques-uns par les tireurs d'élite de la police. La condamnation internationale de l'attaque a pour conséquence la distanciation d'Arafat avec de telles opérations.
Le 13 Avril 1972 , un groupe de commandos israéliens,dont Ehud Barak , a essayé de tuer Arafat à Bierut mais ne le trouve pas. 3 assistants d'Arafat sont tués <ref name="arabes"/>réf. nécessaire
[modifier] De 1973 à 1982, établissement au Liban
En septembre 1970, il est chassé de Jordanie par les troupes du roi Hussein de Jordanie, Arafat s'établit au Liban<ref name="fil"/>. Le gouvernement central du Liban fragilisé permet à l'OLP d'opérer presque comme un État indépendant. L'OLP commence alors des attaques d'artillerie et des infiltrations militaires contre Israël. Au Liban, Yasser Arafat contrôle les rentrées de fonds pour l'OLP.
[modifier] la bataille diplomatique à l'ONU
L'année 1974 constitue, pour Yasser Arafat, une année importante d'avancées politiques à caractère "pacifiste". Le 14 mai, l'ONU reconnaît l'OLP par 105 voix contre 4 comme représentant du peuple palestinien. Au mois de juin de la même année, l'OLP adopte le principe de création d'un État palestinien sur les territoires qui seront libérés, et en novembre, son président reconnaît implicitement l'existence d'Israël en appelant, durant l'Assemblée générale de l'ONU, toutes les parties à rechercher une solution pacifique pour la Palestine. En novembre 1974, l’Organisation est admise comme membre observateur à l’ONU<ref name="fil"/> devenant le premier représentant d'une organisation non gouvernementale à participer à une session plénière de l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies. Arafat ordonne l'arrêt des actes violents visant des Israéliens à l'extérieur d'Israël, de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les chefs d'États arabes déclarent que l'OLP est le seul représentant légitime de tous les Palestiniens, et ils admettent l'OLP comme membre à part entière de la Ligue arabe, le 26 octobre 1976, lors du 8ème sommet arabe à Rabat. Cette résolution implique également "l'obligation de tous les pays arabes de préserver l'unité palestinienne et de s'abstenir de toute ingérence dans les affaires palestiniennes." <ref>L'internaute (consulté le 28 octobre 2006)</ref>. En 1976, le massacre de Damour commis principalement par les milices palestiniennes déclenche la guerre civile libanaise. La partie de la charte de l'OLP visant la fin du sionisme étatique n'est pas abrogée.
[modifier] Intervention israélienne au Liban
Israël s'allie avec des chrétiens libanais. Deux attaques majeures au Liban sont organisées. La première, Opération Litani (1978), permet à l'armée israélienne et l'armée du Sud Liban (sous contrôle d'Israël), de prendre le contrôle d'une étroite bande de terre, la zone de sécurité, jusqu'à son retrait en 1985. Au terme de la seconde opération, dite Opération Paix en Galilée (1982), Israël occupe le Liban Sud. C'est au cours de cette seconde opération, lors du siège de Beyrouth par l'armée israélienne, que des civils palestiniens (entre 800 et 3500 selon les sources) sont massacrés dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila par les milices chrétiennes. L'implication supposée d'Ariel Sharon, alors ministre de la Défense d'Israël, dans cette opération aura un impact négatif sur les pourparlers de paix lorsqu'il accède aux fonctions de Premier ministre, le 17 février 2001.
Pendant la période libanaise, les camps palestiniens deviennent de plus en plus indépendants. De sa base de Beyrouth, l'OLP prend en charge les services sociaux aux réfugiés palestiniens. Mais dans le même temps, elle arme et organise les groupes de fedayins qui lancent des attaques contre Israël et ses intérêts.
[modifier] De 1982 à 1994, établissement à Tunis
[modifier] Retrait du Liban
En 1983, en pleine guerre du Liban, Arafat échappe à la mort en quittant de justesse un immeuble réduit à terre par une bombe israélienne <ref name="media"/>. Il est forcé de quitter Beyrouth, assiégée par l'armée israélienne, et désorganise en partie ses rentrées financières. Un an après Arafat revient à Tripoli . Dès le mois de septembre, les partisans d'Arafat sont repoussés par l'armée syrienne et Israel vers les camps de réfugiés de Tripoli Farouk Kaddoumi demande à l'URSS de protéger les navires quittant le port de la ville mais les soviétiques refusent. Farouk Kaddoumi demande alors l'aide des français qui acceptent . L'Urss justifie son refus par son envie d'éviter tout conflit avec les Usa <ref>Ayyam Al-sayyed Al-arabi , diffusé sur Al-Arabiya le 23 novembre 2006</ref> Arafat et 4000 de ses partisans quittent Tripoli sur des bâtiments grecs protégés par la marine française <ref>LA DISSIDENCE PALESTINIENNE : LES LUTTES FRATRICIDES (consulté le 23 novembre 2006)</ref> Yasser Arafat est contraint à l'exil. Il installe son quartier général à Tunis où il vit constamment sur ses gardes. Il n'a pas de domicile fixe. Il ne dort jamais plus d'une nuit au même endroit <ref name="mort"/>. Il accepte la dispersion de ses forces combattantes et en revient à une analyse et une voie plus politique. Selon sa « stratégie par étapes » dont les prémisses de sa pensée et de son action future datent de 1974, Israël ne pouvant être détruit en une seule bataille frontale, il convient d'arriver à la création d'un État palestinien, seul capable de rendre la lutte pérenne, d'accéder à un véritable statut international, et de faire entendre sa voix dans le concert des nations. La création de cet État pouvait se faire dans « n'importe quelle partie libérée de la patrie », au besoin au cours d'une trêve temporaire avec Israël. Arafat évita la mort le 1er octobre 1985 lorsque un avion de chasse israélien de F-15 bombarda le siège de l'OLP à Tunis où devrait de tenir un meeting entre les dirigeants du mouvement à laquelle Arafat arriva en retard<ref>(en)A Life in Retrospect: Yasser Arafat Time magazine (consulté le 17 novembre 2006)</ref>
[modifier] Première intifada
En 1988, éclate en Cisjordanie et à Gaza la première Intifada, la « révolte des pierres ». Yasser Arafat reformule sa pensée à travers la Déclaration d'indépendance de l'État de Palestine, préparée par Jerome M. Segal, un universitaire juif américain, prononcée à Alger. Arafat est élu par le Conseil national palestinien, président de ce nouvel État proclamé indépendant dans la nuit du 14 au 15 novembre 1988 et reconnu par plus de 90 pays. Dans le même temps, l'OLP reconnaît la résolution 181 de l'ONU en 1947 qui partage la Palestine en deux États l'un juif, l'autre arabe, reconnaissant de facto l’existence de l'État israélien et dénonce publiquement le terrorisme<ref name="fil"/>. Le président américain Ronald Reagan met fin aux 13 ans d'interdiction de discuter avec l'OLP <ref>(en)Key Dates in the life of yasser arafat Associated press (consulté le 17 novembre 2006)</Ref>. Le 27 janvier 1989, il rencontre le roi d'Espagne à Madrid Juan Carlos<ref name="mémoire"/>. Le 2 mai 1989, en visite officielle, pour la première fois, à Paris, il déclare “caduque” la charte de l'OLP qui affirmait que “ la lutte armée est la seule voie pour la libération de la Palestine”. C’est la condition qu'a mise François Mitterrand pour accepter de rencontrer le leader de l'OLP <ref name="mort"/>. Dans une lettre adressé à Yitzhak Rabin le 9 septembre 1993, Arafat déclare « L'OLP reconnaît le droit de l'État d'Israël à vivre en paix et dans la sécurité. […] Ainsi, l'OLP renonce à recourir au terrorisme et à tout autre acte de violence ». Son discours de paix est salué par le prix Nobel de la paix 1994 : Yasser Arafat renonce officiellement à la lutte armée contre Israël en même temps qu'il reconnait la légitimité de cet État. L'un des cinq jurés du comité Nobel démissionna pour protester contre l'attribution du prix à Yasser Arafat.<ref name="radio"/>
Yasser Arafat s'engage alors dans une démarche diplomatique, en accord avec sa nouvelle forme de lutte pour l'obtention d'un État Palestinien. Il affiche par exemple sa dévotion envers « Notre Seigneur Jésus-Christ », « palestinien puisque né à Bethléem qui est un mot hébraïque qui veut dire "maison du pain" » pour rallier à lui la minorité chrétienne palestinienne qui bien souvent est persécutée par les intégristes musulmans et obligée de fuir. Dès cette époque, il assistait à toutes les messes de Noël à Bethléem, sauf lorsque l'accès lui en est interdit par Israël à la fin de sa vie. Il rencontre également le pape Jean-Paul II au Vatican le 23 décembre 1988<ref name="mémoire"/>. Il fait état d'une « correspondance avec le Général de Gaulle en 1968 » et montre la croix de Lorraine que le Général de Gaulle lui aurait envoyée, ce que niera la famille du Général.
[modifier] l'alliance avec Saddam Hussein
En 1989, la désintégration de l'empire soviétique et la fin de la guerre froide entraînent une redistribution des alliances diplomatiques qui marginalisent Arafat sur la scène internationale. De plus le gouvernement russe autorise l'émigration vers Israël de plusieurs centaines de milliers de ses ressortissants de confession juive.
Cherchant une issue à son isolement, Yasser Arafat s'allie avec Saddam Hussein, de qui Arafat aurait reçu de l'aide financière <ref>(en) Yassir Arafat: 1929-2004 (consulté le 17 novembre 2006)</ref>, et ne condamne pas l'invasion du Koweït par l'Irak ce qui est perçue comme une trahison par le Koweït qui s'en est pris aux réfugiés palestiniens. Dans les jours qui ont précédé l'invasion, Yasser Arafat a fait la navette entre Bagdad et Koweït City pour tenter d’imposer sa médiation. Mais ses interlocuteurs koweïtiens ont remarqué qu’il semblait être étrangement réceptif aux arguments de Saddam Hussein <ref name="mort"/> et la communauté Palestinienne, très importante (300 000 personnes) dans le petit émirat du Koweït, favorise la prise de cet État par l'armée irakienne en 1990. Sa décision mènera à la faillite de l'OLP, puisque plusieurs États, comme l'Arabie saoudite et le Koweït, lui retirent alors leur soutien financier.<ref name="radio"/>
Cette alliance vaut à Yasser Arafat, après la deuxième guerre du Golfe et la défaite des armées irakiennes, le ressentiment et la colère des monarchies pétrolières et des Américains. L'OLP n'est pas invité à un sommet de paix organisés par les américains et les russes à Madrid en 1991<ref>(en)A Life in Retrospect: Yasser Arafat Time magazine (consulté le 17 novembre 2006)</ref>. Il est paradoxalement sauvé par le nouveau gouvernement israélien, où la gauche arrive au pouvoir en 1992 avec Yitzhak Rabin et Shimon Peres, qui estiment que Yasser Arafat ne peut plus refuser de leur donner toutes les garanties nécessaires en matière de sécurité, en vue de la création d'un État autonome palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
[modifier] Mariage
Arafat se marie avec sa secrétaire, Souha Tawil, de 34 ans sa cadette en 1990. Leur mariage se fait en secret à Tunis. Les proches d'Arafat n'apprécient pas cette union qu'ils estiment incongrue <ref>SOUHA ARAFAT, UNE " LADY " SI CONTESTEE Tribune de la femme (consulté le 23 novembre 2006)</ref>.D'après sa femme Souha , elle s'est rencontré pour la première femme avec Arafat en 1988 . Arafat lui demande au mariage en 1990 . Toujours selon elle , elle s'est converti volontairement à l'Islam comme un geste de respect pour Arafat . Son mariage s'est déroulé à Tunis. Arafat a convoqué pour l'occasion 2 témoins, qui seraient 2 de ses gardes ,et un cheikh comme le veut la loi islamique pour le mariage. Souha ne portait pas une robe de mariage mais une robe normale et Arafat portait son habit militaire traditionnel et une keffieh. Arafat a souhaité garder le mariage secret ce que refusait sa femme. Selon elle, Arafat a voulu garder le mariage secret car le mariage coïncidait avec la guerre du golfe et la première Intifada<ref>(ar)Interview avec Souha Arafat ,Arab Times (consulté le 25 novembre 2006)</ref>. Ils ont ensemble une fille Zahwa, née le 24 juillet 1995 à Paris<ref name="time"/>. Toutes deux vivent à Paris, en France, depuis le début de la seconde Intifada, en 2000.
[modifier] Accident d'avion
En 1992, Arafat échappe à la mort lorsque son avion, un Antonov 26, s'écrase en Libye alors qu’il effectue la liaison Khartoum-Tripoli. Dès la disparition de l’appareil, les autorités palestiniennes ont appelé à l’aide internationale. A la suite d’une intervention de l’ex-président américain Jimmy Carter, George Bush a autorisé la fourniture d’informations enregistrées par les satellites US. De leur côté, les autorités françaises avaient envoyé deux appareils, l’un basé au Tchad, l’autre à Djibouti, pour participer aux recherches. <ref>ARAFAT SAIN ET SAUF Article paru dans l'édition du 9 avril 1992. L'Humanité (consulté le 25 novembre 2006)</ref> Les deux pilotes ainsi qu'un ingénieur trouvent la mort<ref name="time">(en)Life and times of Yassir Arafat, Jenny Booth , Times Online (consulté le 17 novembre 2006)</ref> et Arafat ne souffrit que de quelques contusions. <ref name="media"/>
Quelques semaines plus tard, Yasser Arafat est hospitalisé d’urgence à Amman, en Jordanie, pour être opéré d’un caillot au cerveau.<ref name="mort"/>
[modifier] De 1994 à 2001, le retour en Palestine
[modifier] Processus d'Oslo
Alors que le processus de paix entamé à Madrid ne donnait aucun résultat, des négociations secrètes sont menées à Oslo entre des membres de l'OLP et du gouvernement israélien, un accord de paix, La Déclaration de Principes dit Accords d'Oslo, est signé à la Maison Blanche sous l'égide du président Bill Clinton, le 13 septembre 1993. Le monde entier retient la poignée de main échangée avec le premier ministre israélien Yitzhak Rabin et la nouvelle donne géopolitique que constitue le plan d'Oslo. Arafat est alors invité par le Parlement européen en décembre 1993 (il avait déjà été reçu au sein du Parlement en octobre 1988, mais à titre non officiel), et insiste sur le rôle que l'Europe doit jouer dans le processus de paix<ref name="medea"/> En 1994, Yasser Arafat, Shimon Pères et Yitzhak Rabin reçoivent le prix Nobel de la paix pour leurs efforts en faveur de la paix de cette région.
Yasser Arafat prend ses quartiers à Gaza à partir de juillet 1994 et reçoit un accueil triomphal. En septembre 1995, l'accord dit Oslo II permet la tenue d'élections en janvier 1996 .En 1996, il est élu sous le contrôle d'observateurs internationaux avec 87,1 % des suffrages exprimés, président de la nouvelle Autorité palestinienne, née des accords d'Oslo. L'Autorité jouit d'une autonomie limitée en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Le 21 avril 1996, le 21ème Conseil national palestinien, modifie les articles de la charte nationale palestinienne refusant l'existence de l'État d'Israël.
[modifier] Accusations de corruption
Si sur le plan extérieur, son régime doit faire face à de nombreuses accusations de corruption et de violation des règles démocratiques — certains accusent Arafat d'être corrompu et des chiffres circulent sur les sommes détournées (le rapport du FMI les estime à 800 millions de dollars, d’autres sources<ref>(en)Arafat's Billions ,Cbs news (consulté le 17 novembre 2006)</ref> à plusieurs milliards) —, sur le plan intérieur, le leadership de Yasser Arafat ne paraît que rarement être remis en cause. Arafat musle toute tentative d'opposition. Le 28 novembre 1999, 20 intellectuels et hommes politiques palestiniens signent une pétition traitant le gouvernement palestinien de« corrompu , non juste et manipulateur ». Arafat ordonne l'arrêt de 11 d'entre eux. Les 9 restants sont protégés par loi et ne sont pas arrêtés mais 2 d'entre eux disent avoir été attaqués par la police palestiniennes<ref>(en)Key Dates in the life of Yasser Arafat Associated press (consulté le 17 novembre 2006)</ref>. Il est aussi accusé de participer au conditionnement de la population palestinienne à la guerre contre Israël, à l'école, à la mosquée, par la presse et la télévision. Ces critiques ne viennent pas seulement des opposants à un État palestinien<ref>(en)Yassir Arafat: 1929-2004 (consulté le 17 novembre 2006)</ref>. Ainsi, par exemple, le "Centre palestinien pour les droits humains" accuse l'autorité palestinienne de procéder à des arrestations politiques de militants islamistes.
[modifier] Boum économique
Durant les années 1994 à 2000, selon un rapport du FMI, l'économie palestinienne croît à un rythme de 9,28 % par an, et les investissements de 150 %, ce qui en fait l'un des taux de développement les plus rapides au monde au cours de cette période. Dans le même temps, selon le même rapport, Yasser Arafat aurait «détourné» près de 900 millions de dollars vers des comptes secrets qu'il contrôle directement. De 1994 à 2001, l'Union européenne finance dans les territoires palestiniens, des projets d'infrastructures pour plus de 3 milliards d'euros. Une grande partie des projets réalisés à l'aide des aides européennes sont détruits en 2002 et 2003 par Israël en représailles d'attentats, ce qui provoque des protestations diplomatiques de la part des Européens.
[modifier] Sommet de Camp David
En juillet 2000, le sommet de Camp David entre Yasser Arafat et Ehud Barak évoque la reconnaissance d'un État palestinien. Il butte néanmoins sur de nombreux points et il est accusé par les américains et les israéliens d'être le responsable de l’échec. Voir l'article qui détaille ces négociations.
[modifier] De 2001 à 2004, la seconde Intifada
[modifier] Seconde intifada, échec de Taba et élection d'Ariel Sharon
La seconde Intifada est initiée en septembre 2000, à la suite de l'échec des discussions israélo-palestiniennes; elle tourne rapidement à la guerre ouverte avec Israël. La visite d'Ariel Sharon, considéré par les Palestiniens comme le principal maître d'œuvre des Massacre de Sabra et Chatila, sur l'Esplanade des mosquées/Mont du Temple est vécue comme une provocation par les Palestiniens et la seconde Intifada commence le lendemain. Des négociations de paix sont engagés dans l'urgence en janvier 2001 au cours du Sommet de Taba. Elles n'aboutissent pas, à la veille d'élections anticipées en Israël. Arafat refuse également les propositions du président américain Bill Clinton de renoncer aux droits de retour des réfugiés en échange de rendre Jérusalem capitale de la Palestine et Israël <ref>(ar)Yasser Arafat Aljazeera.net (consulté le 20 novembre 2006)</ref>. Selon un de ses gardes de corps, Arafat a dit à Clinton que s'il acceptait cette offre, il seraient tué des mains de son propre peuple. Des personnalités arabes, comme le présdient égyptien Hosni Moubarak, ont appelé Arafat à accepter l'offre mais celui-ce a répondu que cela était impossible.<ref>(en)Death fear said to hold back Arafat Ibrahim Barzak , The Boston Globe (consulté le 26 novembre 2006)</Ref>
En février 2001, le conservateurréf. nécessaire Ariel Sharon est élu Premier ministre tandis qu'aux États-Unis, George W. Bush est élu président.
[modifier] La déchéance
Les attentats du 11 septembre 2001 précipitent les États-Unis dans la «guerre contre le terrorisme» à partir de décembre 2001, alors qu'au même moment, Yasser Arafat conclut une trêve avec le Hamas et le Jihad islamique palestinien.
Considéré comme responsable du déclenchement de la seconde Intifada et des attentats-suicides par le gouvernement israélien, boycotté par le gouvernement américain, Yasser Arafat va passer les dernières années de sa vie enfermé dans la Mouqata'a encerclé par les forces israéliennes. Interdit de voyage aussi bien en Palestine qu’à l’étranger, il va perdre toute prise sur les événements, gardant toutefois son contrôle de l’Autorité palestinienne et de l’OLP. À leurs yeux, le président de l'Autorité palestinienne n'est plus un interlocuteur valable. Un credo partagé par Washington, qui fait de son départ une condition préalable à la création d'un État palestinien indépendant.<ref name="radio"/>
L'assassinat ciblé, de Raed Karmi, membre du Tanzim, de la région de Toulkarem, par les forces israéliennes, change la nature des attentats en Israël. Ceux-ci pénètrent en Cisjordanie et à Gaza. De son côté, Ariel Sharon lança une série de représailles à grande échelle avec l'accord de George W. Bush et de Donald Rumsfeld. George W. Bush décalre qu'Arafat est inapte à gouverner<ref>(en)Yasser Arafat David Hirst , The Guadrian (consulté le 17 novembre 2006)</ref> et appelle les « Palestiniens à élire de nouveaux dirigeants qui ne soient pas compromis dans le terrorisme » <ref name="media"/>
L'Union européenne, généralement favorable aux Palestiniens, exige de Yasser Arafat une dénonciation catégorique et "en langue arabe" du terrorisme, ce qu'il fait le 16 décembre 2001, et, en février 2002, il publie une "vision de la paix". En 2002, le « Karine A », un bateau transportant 50 tonnes d'armement est arraisonné par Israël, et l'armée israélienne affirme que sa cargaison est destinée aux Palestiniens et met en cause directement Yasser Arafat.
En vertu des réformes exigées par Israël et son allié américain, Yasser Arafat doit toutefois se résigner, en février 2003, à déléguer une partie de son pouvoir à un premier ministre qui sera Mahmoud Abbas.
C’est aussi en 2003 que des membres du gouvernement Sharon vont jusqu'à proposer publiquement de « l'éliminer ». La très forte réaction de la communauté internationale force le gouvernement Sharon à se rétracter<ref name="radio"/> En 2004, Ariel Sharon franchit une étape supplémentaire en déclarant, le 2 avril, que son adversaire n’avait « aucune assurance » sur la vie. Dans la foulée, Sharon confirma que, si Arafat quittait Ramallah et les territoires autonomes pour se rendre à l’étranger, il ne serait pas autorisé à revenir.<ref name="mort"/>
[modifier] Regards sur Yasser Arafat
[modifier] En Israël
Avant les accords d'Oslo, Arafat était considéré comme l'ennemi numéro 1 dans le regard israélien. Il été qualifié de «chef terroriste» et de « menteur congénital », jusqu’à celui de « réincarnation d'’Hitler ». Cependant , les israéliens n'ont prêté attention à Arafat qu'après 1967 lorsqu'il se lancer dans la lutte armée après la défaite des armées arabes. Golda Meir, adopte une position tranchée qui restera celle des autorités israéliennes pendant deux décennies : « Yasser Arafat, déclare-t-elle, est le chef d’une bande d’assassins. ». En 1991, Arafat devient l'allié de Saddam Hussein qui aux yeux des israéliens est celui qui bombarde Israël de missiles SCUD. Après le 11 septembre 2001, Sharon, qui avait juré en 1982 de le tuer, déclare : « Nous aussi avons notre Ben Laden: Arafat » <ref name="media"/>. Pour Shlomo Ben Ami, ancien ministre des affaires étrangères, « Arafat s'est montré tout à fait incapable d'accepter un compromis et d'orienter les négociations vers la paix ». Pour les américains et les israéliens, Arafat est le premier responsable de l'échec du sommet de Camp David II et du Sommet de Taba pour avoir refusé "les offres généreuses israéliennes".
Yasser Arafat reste un personnage controversé. Pendant près de quatre décennies, il a exprimé et symbolisé les aspirations nationales du peuple palestinien, mais certains Israéliens l'ont toujours considéré comme un terroriste. Shimon Peres, chef de file de l'opposition travailliste israélienne et qui a partagé le prix Nobel de la paix avec Arafat en 1994 à la suite des accords d'Oslo, a dit de lui : « Arafat a commis sa plus grande erreur lorsqu'il s'est tourné vers le terrorisme. Il a enregistré ses plus grands succès lorsqu'il a tenté de se tourner vers la paix. »
[modifier] Dans le monde arabe
Les dirigeants arabes dans leur ensemble n’ont jamais porté Yasser Arafat dans leur cœur. Quatre dirigeants arabes en particulier: Nasser, Hussein de Jordanie, Anouar el-Sadate et Hafez el-Assad aujourd’hui décédés, ont entretenu avec lui des relations malaisées, complexes, interactives. En effet, les dirigeants arabes voulaient instrumentaliser la cause palestinienne pour étendre leur influence régionale et considéraient que l’émergence d’une direction palestinienne incontrôlable, perturberait leurs plans. C'est la raison pour laquelle Nasser a crée l'OLP. Ce dernier était un adversaire d'Arafat finit par devenir un allié, parfois décevant. Arafat a connu à plusieurs reprises la prison sous lui surtout lorsqu'il était proche des frères musulmans. Le Syrien Hafez El-Assad, qui a emprisonné Arafat en mai 1966<ref name="monde"/>, n'a pas arrêté de chercher à affaiblir le président de l’OLP pour contrôler lui-même le mouvement, n’hésitant pas à susciter des scissions au sein même du Fatah et à intervenir militairement au Liban, dès 1976, contre les forces « palestino-progressistes ». En Jordanie, Arafat s'est constitué un État dans l'État qui constituait une menace pour le pouvoir en place. L'armée israélienne attaqua les villages jordaniens où se trouvent les bases du Fatah, ce qui rend le roi Hussein, qui cherchait un accord avec Israël, méfiant à son égard et déclanche le Septembre noir <ref name="media"/>
[modifier] Auprès du peuple palestinien
Sur la scène palestinienne, Arafat entretenait de mauvaises relations avec le Hamas. Il a cherché à l'affaiblir en soutenant un parti islamique fondé en 1995 <ref>Le Hamas sur la scène politique ,Le Monde (consulté le 20 novembre 2006)</ref>. Des membres du Hamas ont été également arrêtés. Depuis sa création, le Hamas rejette la coopération avec l'OLP et à plusieurs reprises, ses militants se heurtent, sur le terrain, aux militants de Yasser Arafat<ref>DU TERRORISME À LA NÉGOCIATION ? Lætitia BUCAILLE ,Politique Internationale (consulté le 20 novembre 2006)</ref>. Arafat considérait le Hamas comme une création du Mossad, service secret israélien. Arafat a également assigné à résidence Ahmed Yassine, le chef spirituel du Hamas<ref>Le cheikh Ahmed Yassine libéré Radio Canada (consulté le 20 novembre 2006)</ref> . Mais lors de son assassinat par Israel; le 22 mars 2004, Yasser Arafat a dénoncé comme un "crime barbare" l’assassinat de Ahmad Yassine et décrété trois jours de deuil dans les territoires palestiniens<ref>Ahmed Yassine assassiné ... Al Oufok (consulté le 20 novembre 2006)</ref>.
[modifier] La mort de Yasser Arafat
[modifier] Son hospitalisation
Image:Arafat Tomb.JPG En octobre 2004, Arafat se plaint de douleurs à l'estomac et de vomissements. Après avoir subi, le 25 octobre, une première intervention chirurgicale dans son quartier général de Ramallah, il voit sa santé se dégrader. Le 29 octobre 2004, gravement malade, Yasser Arafat quitte son quartier général de la Mouqata'a où il est confiné par Israël à Ramallah en Cisjordanie, pour rejoindre la Jordanie, d'où il se rend en France à bord d'un avion médicalisé. Il est hospitalisé en France dans l'hôpital d'instruction des armées Percy à Clamart.
Le 4 novembre 2004, des communiqués de presse annoncent qu'il est tombé à plusieurs reprises dans le coma dans l'unité de soins intensifs où il était entré la veille. Le président de la République française Jacques Chirac se rend à son chevet et lui exprime « tous ses vœux » de rétablissement.
Des officiels américains ont déclaré qu'Arafat était maintenu en vie par assistance technique jusqu'à ce que sa famille et les autorités françaises, israéliennes et égyptiennes se mettent d'accord sur un lieu de sépulture<ref>(en)Arafat in coma as concerns increase over burial CNN</ref>.
Il décède officiellement à Clamart le 11 novembre 2004, à 3h30 heure de Paris, dans la seconde partie du mois de ramadan. Mahmoud Abbas est nommé chef de l'Organisation de libération de la Palestine, Farouk Kaddoumi élu chef du Fatah, et Ahmed Qoreï maintenu dans ses fonctions de chef du gouvernement. Après une cérémonie officielle au Caire, en présence de nombreux représentants politiques étrangers, Yasser Arafat est inhumé le 12 novembre, dans la Mouqata'a, son dernier quartier général de Ramallah, en Cisjordanie, le gouvernement israélien ayant refusé qu'il soit enterré à Jérusalem (Yasser Arafat avait à plusieurs reprises exprimé le souhait d'y être inhumé). Une foule de près de 100 000 personnes est présente pour accueillir sa dépouille en retour d'Égypte.
Le Pape Jean Paul II, qui a rencontré 8 fois le leader palestinien a prié pour que " Dieu dans sa miséricorde accueille l’âme de l’illustre défunt et concède la paix à la Terre Sainte, avec deux États indépendants et souverains, pleinement réconciliés entre eux ", selon le porte-parole du Vatican. Le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan, "profondément ému", a exhorté à une relance des efforts de paix israélo-palestiniens. Pour la Ligue arabe, c’est également une "grande perte". A l’instar de ce que ressent le continent africain<ref>Yasser Arafat est mort Afrik (consulté le 28 octobre 2006)</ref>. Au Salvador, un parc au centre ville de la capitale a été rebaptisé en son nom pour lui rendre hommage<ref>(en)Row over El Salvador Arafat park , BBC News , (consulté le 17 novembre 2006)</ref>.
[modifier] Cause(s) du décès
De nombreuses rumeurs circulent sur la cause du décès de Yasser Arafat. Certains partisans d'Arafat accusent les autorités israéliennes d'avoir provoqué la mort de leur leader par empoisonnement, ce que nie Israël. D'autres rumeurs annoncent que Arafat a été infecté par le virus du VIH.
Selon son neveu, Nasser Al-Qidwa qui a reçu le dossier médical composé de 558 pages du document (plus des radiographies) ,l'hypothèse d'un empoisonnement n'est pas exclue bien qu'"aucun poison connu" n'ait été décelé . Il dit que selon le dossier médical officiel, l'hypothèse d'un empoisonnement de Yasser Arafat, décédé le 11 novembre, ne peut pas être exclue, bien qu'aucune trace de poison n'ait été décelée<ref>Les causes de la mort d'Arafat toujours floues, Top chrétien (consulté le 18 novembre 2006à</ref>. Certaines sources affirment que Souha Arafat a saisi la justice pour qu'aucune information de son dossier médical ne soit transmise et aurait refusé une offre de 2 millions de dollars en échange d'avoir accés au dossier médical d'Arafat<ref>Report: French falsified Arafat death certificate and suppress its release Israel insinder (consulté le 28 novembre 2006)</ref>.
Un an après la mort d'Arafat, Ahmed Qoreï, le premier ministre à l'époque, annonce que les raisons de la mort de Yasser Arafat restaient toujours mystérieuses. Selon lui, aucune trace de virus, de germe, du VIH ou de bactérie n'a été trouvé<ref>(en)Palestinians: Cause of Arafat death remains a mystery , USA Today (consulté le 26 novembre 2006)</ref>.
Dans son édition du 8 septembre 2005, le New York Times, se procure le dossier médical de Yasser Arafat rédigé par le chef du service de soins intensifs de l'hôpital militaire de Percy, Bruno Pats. Ce dossier était en possession de la famille du défunt qui a refusé durant plusieurs mois de le rendre public.
Ce dossier affirme que Yasser Arafat "est mort d'une attaque résultant d'un problème sanguin lié à une infection indéterminée". Son taux de plaquettes sanguines s'est effondré, sans que les médecins puissent en déterminer la cause.
Le dossier médical déclare qu'il est très improbable que l'infection soit due à un empoisonnement, car plusieurs examens toxicologiques n'ont pu révéler la présence d'aucune substance anormale recherchée et il n'y avait pas les lésions étendues des reins ou du foie, généralement présentes dans les cas d'empoisonnement, "bien qu'il ait eu effectivement une jaunisse" déclare l'article du New York Times.
On apprend également qu'avant d'arriver à l'hôpital militaire de Percy, Yasser Arafat avait été soigné avec des antibiotiques pour une grippe, mais cela avait dû être fait trop tard, affirme le New York Times.
Les experts médicaux consultés par le New York Times écartent l'hypothèse du sida, mais ils regrettent qu'aucun test de dépistage du VIH n'ait été pratiquéréf. nécessaire. Pourtant les médecins tunisiens ont procédé à un test VIH . Le test fut négatif. Selon un expert israélien « Il est inconcevable qu’une maladie qui a duré deux semaines, avec de terribles diarrhées, des vomissements violents, de graves problèmes du système digestif, et qui a produit de sérieux phénomènes de coagulation ait été provoquée par le sida » . Selon le Monde Diplomatique « La thèse du sida semble avoir été avancée à seule fin de salir l’image du raïs » . Le médecine Jordanien Ashraf Al-Kourdi , médecin des diffrents rois Jordaniens et suivait également le président palestinien , avait examiné Arafat durant la phase critique de sa maladie, avant son transfert en France et déclara percevoir des indices d’empoisonnement peu après le décès de Arafat<ref>Yasser Arafat a-t-il été assassiné ? Amnon Kapeliouk , Le Monde Diplomatique (consulté le 25 novembre 2006)</ref>
D'autres experts, consultés par le quotidien israélien Ha'aretz, qui s'est également procuré le rapport médical, tiennent cependant un discours différent <ref>(en)Ha'aretz sur la mort d'Arafat</ref>. Selon ce journal, les thèses de l'empoisonnement ou du sida sont les thèses à privilégier au vu du rapport. Mais, dans leur article, les journalistes Amos Harel et Avi Isacharoff, citant un expert israélien, qualifiaient de « très petite » la possibilité qu’Arafat ait contracté le sida<ref>Yasser Arafat a-t-il été assassiné ? Amnon Kapeliouk , Le Monde Diplomatique (consulté le 25 novembre 2006)</ref>. Ces experts israéliens concluent que le déroulement le plus probable est que Yasser Arafat fut empoisonné lors d'un dîner le 12 octobre 2004 <ref>Ha'aretz (lien cassé)</ref>.
Le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal, a accusé Israël d’avoir "empoisonné le sang" de Yasser Arafat.<ref>Yasser Arafat est mort Afrik (consulté le 27 octobre 2006)</ref>
[modifier] Controverses
[modifier] Responsabilité de l'échec des négociations de Taba et de l'élection d'Ariel Sharon
[modifier] Perte de prestige
Il a vécu les trois dernières années de sa vie reclus dans sa résidence de la Mouqata'a, son QG de Ramallah, assigné à résidence par le gouvernement israélien. Selon certains observateurs politiques, Yasser Arafat était « diabolisé » et était devenu « infréquentable ». « Enfermé sans que les opinions publiques internationales ne s'en indignent réellement », il semblait être ressenti comme un « gêneur », le peuple palestinien ne « le voyant presque plus » et s'étant « habitué à vivre et à combattre sans lui. ».
[modifier] Corruption
Yasser Arafat est accusé d'avoir détourné au profit de son organisation plusieurs centaine de millions de dollars qui étaient destinés au peuple palestinien, et un conflit d'intérêts financiers sur les sommes disparues persista entre sa femme résidant à Paris en France et Gammarth en Tunisie et l'OLP. Ces accusations sont émises par de nombreuses personnes, notamment le député européen français François Zimeray (parti socialiste 1999-2004), la télévision américaine CBS et des nombreux medias francais (eg Le Monde) ainsi que et par les autorités israéliennes ([1]) La question est d'autant plus complexe qu'en l'absence d'État palestinien, les sommes destinées au peuple palestinien ne pouvaient être encaissées que sur les comptes de l'OLP qui était seul juge des dépenses. Des magazines comme Forbes estiment que Arafat était riche de 300 millions de dollars<ref>(en)Kings ,queens and despots Forbes (consulté le 17 novembre 2006)</ref> alors que des officiels américains estime sa fortune haute de 1 milliards de dollars .Sa femme aurait reçu alors qu'elle vivait à Paris 100,000 dollars chaque mois de la part de l'autorité palestinienne<ref>(en)Arafat's Billions ,Cbs news (consulté le 17 novembre 2006)</ref>
[modifier] Vie privée
La vie privée de Yasser Arafat fut aussi mouvementée que sa vie publique. La journaliste uruguyenne Isabel Pisano<ref>(es)Arafat: Las mujeres que lo amaron ,Nova (consulté le 17 novembre 2006)</ref>, qui lui a consacré une biographie intime, déclare qu'elle aurait vécu une relation intme avec lui . Elle déclare aussi que le premier amour d'Arafat fut Nada Yasruti qui selon elle était une ancienne miss Liban. Pourtant aucune femme portant ce nom n'a gagné la compétition.
[modifier] Origines juives
Une personne se nommant Ghazi Hussein, secrétaire du bureau juridique et politique de l'OLP, publie le livre "Yasser Arafat, et la solution sioniste de la crise en Palestine". Dans ce livre, Ghazi Hussein affirme que Yasser Arafat a des origines juives marocaines, son véritable nom étant Abd Raouf al-Qoudouwa. Selon lui, Yasser Arafat est né dans le quartier à majorité juive du Caire, dit As-Sakakine. L'auteur du livre reproche à Arafat d'avoir collaborer avec les israéliens en couvrant une opération, dont il était au courant, visant à éliminer trois hauts dirigeants du mouvement Fatah, Abou Youssef, Kamal Adouan et Kamal Nasser. Toujours selon l'auteur, Ariel Sharon aurait « ordonné à ses troupes d'avertir Yasser Arafat, à Beyrouth, lorsque les tanks israéliens seraient à portée de canon de lui, afin de lui laisser le temps de s'échapper »<ref>YASSER ARAFAT SERAIT JUIF!!! La voix des opprimés (conulté le 28 novembre 2006)</ref> .
[modifier] Notes et références
<references />
[modifier] Bibliographies
- Arafat l'irréductible, une biographie d'Amnon Kapeliouk - éd. Fayard, 2004, 520 pages
- Le dossier Arafat, de Karin Calvo-Goller, Michel A. Calvo - éd. Albin Michel, 2004, 327 pages
- Yasser Arafat, de Charles Saint-Prot- Paris, éd. Jean Picollec, 1990
- Yasir Arafat: La pasion de un lider par Isabel Pisano, Ediciones B., 2006 (ISBN 8466625100).
[modifier] Liens externes
- Les 1001 vies de Yasser Arafat
- Biographie de Yasser Arafat
- Une autre biographie de Yasser Arafat
- Biographie par Fil-into-France/Goopress
- Amnon Kapeliouk, Yasser Arafat a-t-il été assassiné ?, Le Monde Diplomatique, novembre 2005
[modifier] Voir aussi
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