Vitalisme
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Le vitalisme est une position métaphysique reconnaissant la vie comme un principe irréductible à la matière ou à l'esprit. En biologie, ce cadre théorique a été un moment fécond, car il dégageait le vivant du mécanisme et des explications causales réductrices du cartésianisme (XVIIe), sans pour autant revenir au surnaturel. Au sens strict, le terme désigne l'école de Montpellier (Barthez (1734-1806)). Le recours à une force vitale perd de son utilité scientifique à partir de 1828 avec la naissance de la chimie organique (synthèse accidentelle de l'urée par Friedrich Wöhler). Les expériences de Louis Pasteur (1822-1895) sur les microbes et la génération spontanée sont un deuxième seuil. Enfin la connaissance moléculaire de la cellule et la découverte de ADN (1953) permet d'affirmer la réductibilité de la vie à la matière. Mais le concept reste éclairant pour qualifier des pensées plus matérialistes que spiritualistes, comme les âmes d'Aristote ou l'élan vital de Bergson.
Sommaire |
[modifier] Définition
[modifier] Vitalisme et mécanisme
Le mécanisme est le double inversé du vitalisme : selon les doctrines mécanistes, la vie n'a aucune spécificité, le monde organique étant entièrement réductible aux lois de la matière. La deuxième partie de la Critique de la faculté de juger d'Emmanuel Kant présente l'opposition entre mécanisme et vitalisme comme une antinomie (Dialectique de la critique de la faculté de juger téléologique, §69-78). La solution que propose Kant au conflit entre ces deux doctrines est la suivante :
- penser l'animal comme organisé en vue d'une fin, car on ne peut pas le penser autrement ;
- connaître l'animal seulement en tant que produit du mécanisme, car le concept de fin n'est pas scientifiquement rigoureux.
[modifier] Vitalisme et animisme
S'il ne peut être confondu avec le mécanisme, le vitalisme ne doit pas davantage être identifié à l’animisme : l’animiste ne se contente pas de subordonner la matière à la vie, mais, qui plus est, il soumet la vie à la pensée. Les philosophes d'inspirations vitalistes considèrent au contraire l'activité intellectuelle comme fondamentalement subordonnée à la "vie".
[modifier] Postérité du vitalisme : les sciences et la philosophie
Le vitalisme a mauvaise réputation auprès de nombreux biologistes modernes qui l’identifient à une introduction en contrebande de l’anthropomorphisme et du finalisme dans l’explication physico-chimique de la vie.
Dans son Histoire de la Biologie (publiée en 1984), Ernst Mayr déclare ainsi : « depuis plus de cinquante ans, le vitalisme est tombé en désuétude chez les biologistes. » De son côté, François Jacob associe le vitalisme à une position fondamentalement dualiste, et par conséquent, périmée : "Reconnaître l’unité des processus physico-chimiques au niveau moléculaire, c’est dire que le vitalisme a perdu toute fonction."
Pourtant, à en croire Georges Canguilhem, le vitalisme serait, en tant que position de principe, quasi irréfutable. Il incarne à ce titre la "confiance […] dans la vitalité de la vie" et "la méfiance permanente de la vie devant la mécanisation de la vie." Le vitalisme médical de l’école de Montpellier serait ainsi "l’expression d’une méfiance, faut-il dire instinctive, à l’égard du pouvoir de la technique sur la vie."
Si peu de biologistes actuels se disent "vitalistes", un certain nombre de philosophes contemporains - comme Georges Canguilhem, Gilles Deleuze ou Hans Jonas - se réclament encore de cette doctrine.
[modifier] Bibliographie
What is Life, d'Erwin Schrödinger
[modifier] Voir aussi
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