Violence policière
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Cet article décrit les phénomènes liés à la violence et à la brutalité policière en les replaçant dans leur contexte.
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[modifier] Définition
La violence policière est l'abus de violence dont peuvent faire preuve les forces de police en relation directe ou indirecte avec leur activité légitime.
- le caractère abusif est essentiel : toute forme de police suppose dans une certaine mesure la contrainte et donc l'usage de la force, et certaines théorisations de l'État comme celle de Clausewitz le définissent même comme l'instance qui possède le monopole de la violence légitime.
- la relation avec l'activité policière, qu'elle soit circonstancielle ou causale, est également caractéristique; une violence perpétrée par un policier en-dehors du service et sans l'usage des armes ou prérogatives que son emploi confère n'est pas considérée comme violence policière.
- enfin, il convient de noter que la violence policière n'est pas la seule forme de violence d'État qui soit abusive : il existe des abus de droit de la part des administrations, des exactions au sein des services secrets, etc. qui revêtent un caractère de violence analogue et emploient des voies similaires.
[modifier] Caractéristiques
[modifier] Violence ordinaire
La violence policière peut prendre toutes les formes de la violence classique, parmi lesquelles les plus visibles sont la violence physique (coups, blessures, assassinats) ou morale (harcèlement verbal ou procédurier, harcèlement sexuel, racisme, tutoiement abusif, etc.).
Les comportements violents illégitimes sont facilités par le statut et l'équipement privilégiés (port d'armes, accès à des informations privées, des dispositifs d'écoute téléphonique etc.) dont jouissent les agents de police dans l'exercice de leur fonctions, privilèges que leur accordent de nombreux États au nom de la suprématie de l'intérêt public. Celui-ci exige en effet que les missions légitimes de police (maintien de l'ordre, arrestation d'un criminel) ne puissent être entravées. Violence légitime et illégitime vont inévitablement de pair; il est difficile de ne permettre que celle-ci en empêchant celle-là, quoique certains développements récents de l'arsenal répressif en France aillent en ce sens (corps de police aux compétences restreintes comme la police municipale, usage de flashballs).
[modifier] Violence de situation
Il existe également des formes de violence spécifiques de l'autorité spéciale dont la police est revêtue, qui ont trait à l'impossibilité (en droit comme en fait) de résister aux agissements des forces de police. Cette impossibilité est de droit commun dans de nombreux États, toujours en raison de l'argument de suprématie de l'intérêt public; ainsi, les policiers assermentés ont voix prépondérante en cas de conflits de témoignages, leur responsabilité personnelle peut être exonérée quand ils usent de violence (même inappropriée à la situation) dans l'exercice de leurs fonctions, etc. La conséquence est qu'il est souvent difficile ou impossible en pratique d'user des voies judiciaires pour obtenir réparation d'une violence commise par un policier.
[modifier] La violence policière en France
La France est un État de droit, et la violence policière n'y est donc pas un problème de société aussi grave qu'au Brésil ou en Colombie par exemple. Cependant Amnesty International dénonce depuis de nombreuses années un niveau inacceptable de violence policière sur le sol français, que ce soit dans les commissariats ou sur le terrain : interrogatoires musclés, mauvais traitements en garde à vue, sévices corporels voire sexuels, humiliations systématiques employées comme un moyen pénal accessoire (la pratique se nomme «attendrir la viande»)… Les syndicats de police eux-mêmes arguent de la nécessité d'un usage modéré de tels moyens pour exercer avec succès leur métier (cf. l'article de Résistons_Ensemble cité ci-dessous).
[modifier] Liste de faits de violence policière sur le sol français
Triés par ordre de date
- massacre des Algériens à Paris, 1961, entre 32 et plus de 300 morts
- « ratonnade » de la Goutte d'Or, Paris, 1961, 127 blessés graves
- Paris, 6 décembre 1986 Malik Oussekine (22 ans) est battu à mort par des voltigeurs motocyclistes de la police.
- Nice, 25 mai 1997 (compte-rendu) — violence physique
- Montpellier, 28 avril 2004 : Affaire Petit et Maulpoix — violence physique sur une personne sans domicile fixe; violence morale sur les éponymes, témoins.
L'observatoire des libertés publiques maintient également une liste de tels faits pour les années 1999-2000.
[modifier] La violence policière aux États-Unis
Dans une société basée sur le communautarisme, la brutalité policière relative à certains groupes sociaux dépasse les seuils de l'admissibilité dans certaines situations, ou donne l'impression d'être disproportionnée. Les différences relevant de types ethniques, religieux, politiques ou de statut économique entre la police et les citoyens contribuent à générer une relation antagoniste pour laquelle, d'une part, une partie importante de la population considère la police comme oppressive, et d'autre part, un nombre significatif d'agents de police considère de manière radicale que cette population mérite d'être punie.
Des groupes communautaires variés ont relevé cette brutalité policière latente à leur égard et ont oeuvré pour modifier le comportement policier dans leurs communautés. Ces groupes opèrent le plus fréquemment en mettant le doigt sur les actions de la police au travers de tableaux de bord rédigés de manière indépendante et d'autres méthodes statistiques. Copwatch (en) rassemble des associations activistes qui surveillent et même filment les interventions policières afin de prévenir le phénomène de brutalité policière. Des collectifs tels que (en) October 22nd Coalition to Stop Police Brutality, Repression, and the Criminalization of a Generation ainsi que des associations de plaignants sur le plan juridique (la plupart du temps prenant le nom d'un individu décédé des suites de violences, ou victime d'actes de brutalité) recoivent la solidarité des proches des personnes concernées.
Les groupes pour lesquels la brutalité policière est notable dans l'espace nord-américain comprennent :
- les afro-américains et les hispaniques.
- les protestataires des meetings politiques, notamment en 2004 pour les conventions nationales républicaine et démocrate.
- les manifestations de rue des chrétiens évangéliques et autres chrétiens fondamentalistes (en) (acception de ces termes liée à la religion aux États-Unis).
- de nombreuses actions de grève, de protestation, et d'actes de désobéissance civile, comprenant entre autres les manifestations du récent mouvement altermondialiste.
- Liens pour cette partie
- Rodney King | Abner Louima (en)
- (en)American Civil Liberties Union - "Pratiques policières"
- (en)Civiliansdown (site)
- (en)PoliceAbuse.org (site)
- (en)Répression et emploi des chiens policiers
- (en)Donovan Jackson-Chavis
- (en)Berkeley Copwatch (site)
- (en)Music Is Not A Crime (site)
- (en)Michael Bell (site)
[modifier] Journée internationale
- Le 15 mars est la Journée internationale contre la brutalité policière
[modifier] Bibliographie
- Maurice Rajsfus, La police hors la loi, Des milliers de bavures sans ordonnances depuis 1968, Le Cherche Midi, 1996 ISBN 2-86274-466-2
[modifier] Voir aussi
- Affaire de la station de métro Charonne
- Bavure policière
- Malik Oussekine
- Assaut de la grotte d'Ouvéa
- Catégorie:Liberté fondamentale
[modifier] Liens externes
- Amnesty International, une ONG qui s'occupe des droits de l'homme (site Web : http://www.amnesty.asso.fr/), est l'auteur d'un rapport sur chaque pays du monde.
- Résistons_Ensemble, un réseau associatif qui s'occupe spécifiquement du problème de la violence policière. L'article http://resistons.lautre.net/article.php3?id_article=178 est une source importante du présent article.en:Police brutality

