Valeur « travail »
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La valeur travail est un composant d'un système de valeur. Selon le système de valeur, le travail peut y avoir une place plus ou moins importante et il peut y être plus ou moins bien considéré. L'etymologie du mot travail qui vient du latin tripalium, un instrument de torture à trois pieux, nous renseigne par exemple sur la valeur attribuée au travail dans la Rome antique.
[modifier] Historique
[modifier] La valeur travail dans la Grèce Antique
La valeur travail est quasi inexistante dans la Grèce Antique. Seul le travail agricole est parfois loué. Les activités sont classées dans diverses catégories sans que la notion générale de travail s’impose. Les grecs distinguent deux grands groupes de tâches, l’une désignée par le terme ponos qui regroupe les activité pénibles exigeant un effort et un contact avec la matière considérées comme dégradantes. Les autres, identifiées comme ergon (œuvre), sont associés à des arts, tous particuliers, ne pouvant faire l’objet d’une commune mesure : le travail. L’idéal grec se trouve au contraire dans l’oisiveté qui permet l’entretien du corps (gymnastique) et de l’esprit (banquets, théâtre..), ainsi que la participation aux affaires de la Cité. De cette philosophie dérive l’usage fréquent des esclaves dont la valeur n’est pas estimée en terme de travail mais d’utilité.
[modifier] Le travail et Confucius
«Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez pas à travailler un seul jour de votre vie.»
«Lorsque vous travaillez pour les autres, faites-le avec autant d'ardeur que si c'était pour vous-même.»
La pensée confucianiste pose le travail comme une valeur importante.
[modifier] La valeur travail dans le christianisme<ref>P. Debergé, « Le travail dans la Bible, dans la tradition judéo-chrétienne et dans l’enseignement de l’Eglise », in Travailler et vivre. LXXVe session des Semaines sociales de France, Bayard, Paris, 2001.</ref>
La Bible : « Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent ni ne recueillent en des greniers, et votre Père les nourrit »<ref>La Bible: Évangile selon Mathieu 6, 25-34</ref>
Enseignement de Jésus encourageant à donner aux pauvres qui ne travaillent pas.
Cela ne signifie pas que La Bible encourage à la paresse : « lorsque nous étions chez vous, nous vous disions expressément, si quelqu'un ne veut pas travailler, qu'il ne mange pas non plus. »<ref>Thessaloniciens 3:10</ref>
Mais l'exploitation inconsidérée du travail y est également clairement dénoncé : « A vous maintenant, riches ! Pleurez et gémissez, à cause des malheurs qui viendront sur vous. Vos richesses sont pourries, et vos vêtements sont rongés par les teignes. Votre or et votre argent sont rouillés ; et leur rouille s'élèvera en témoignage contre vous, et dévorera vos chairs comme un feu. Vous avez amassé des trésors dans les derniers jours ! Voici, le salaire des ouvriers qui ont moissonné vos champs, et dont vous les avez frustrés, crie, et les cris des moissonneurs sont parvenus jusqu'aux oreilles du Seigneur des armées. » <ref>Jacques 5:1-4</ref>
Le Travail a été une valeur judéo-chrétienne mis en avant par la suite par Saint Jean-Baptiste de la Salle, et est également un des fondement idéologique du protestantisme.
[modifier] Au XXème siècle
Le célèbre slogan des nazis «Arbeit macht frei» (le travail rend libre) a été utilisé dans les années 30.
Sous le régime de Vichy, une nouvelle devise nationale voit le jour en 1941 dans le cadre de la Révolution Nationale voulue par le Maréchal Philippe Pétain : Travail, Famille, Patrie. Le droit de grève est supprimé, de même que l'activité syndicale. Les syndicats sont remplacés par des "corporations" contrôlées par l'Etat. Le retour à la terre est encouragé. Paradoxalement, le travail des femmes (qui doivent être avant tout des mères) est découragé<ref>[1]</ref>.
[modifier] Emploi aujourd'hui
L'expression Valeur travail est souvent usitée dans les rapports politiques droite/gauche.
Ainsi s'exprime par exemple le parlementaire français Gilles Carrez (UMP) : <ref>Rapport de Gilles Carrez sur la valeur travail</ref> :
- «Le travail comme valeur fondatrice d'une droite moderne et populaire»
- «Le travail comme fondement de la politique économique du gouvernement»
La "Valeur travail" serait une valeur des personnes qui pensent que «le travail est la condition du sens de la vie». S'appuyant sur cette valeur, les aides sociales seront une idée plutôt déconsidérée, car elles pourraient permettre de vivre sans travailler.
A cette vision, s'opposerait une vision dite "de gauche", qui présenterait le travail comme un simple moyen de subsistance, voire même une aliénation <ref>Karl Marx</ref> <ref>Paul Lafargue*, Le Droit à la paresse, Mille et une nuits, Paris, 1994.</ref>à abolir. S'en ensuivrait une moindre réticence à mettre en place des aides sociales, permettant aux personnes les plus pauvres de survivre, même en cas de contexte économique difficile.
Ainsi s'exprime un journaliste contestant le sens de l'expression telle qu'utilisée par la droite française :<ref>Les fourberies de M. Camdessus, extrait du Monde Diplomatique</ref> «C’est au nom de la « valeur travail réhabilitée » que l’on intensifie le travail des uns tout en laissant les autres sur le carreau du chômage.»
[modifier] Sources
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