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Tunis

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Tunis
Image:Tunis Zitouna-Moschee Minarett.JPG
Pays Image:Flag of Tunisia.svg Tunisie
Gouvernorat Tunis
Délégation Tunis
Gentilé Tunisois
Maire Abbès Mohsen
Latitude
Longitude
36° 48’ 36’’ Nord
 10°  10’ 48’’ Est
Altitudes moyenne : m
minimale : m
maximale : 66 m
Superficie ha = km²
Population
- Totale (année)
Densité

728 453 hab. (2004<ref name="ins">Recensement de 2004 (Institut national de la statistique)</ref>)
hab/km²
Site Web www.commune-tunis.gov.tn

</div>

Tunis (تونس) est la capitale de la Tunisie, depuis son indépendance en 1956, et le chef-lieu du gouvernorat du même nom.

Tunis est une ville très étalée (jusqu'à 30 kilomètres pour atteindre la banlieue nord de La Marsa). Ses 728 453 habitants (2 000 242 pour l'ensemble de l'agglomération<ref>C'est-à-dire la population urbaine des 4 gouvernorats formant le Grand Tunis : Tunis, Ben Arous, Ariana et La Manouba</ref>) sont appelés les Tunisois et non les Tunisiens qui désignent les habitants du pays.

Le saint patron de Tunis est Sidi Mahrez qui a donné son nom à une mosquée de la ville.

Sommaire

[modifier] Histoire

[modifier] Naissance de la ville

Les colons venus de Tyr pour fonder Carthage, en 814 avant J.-C., rencontrent une population indigène jouissant déjà d'un certain degré de civilisation. Ces autochtones sont appelés d'un terme générique (Libyens ou habitants de la Libye). Par Libye, les Grecs parlent de la partie du continent africain qui se trouve en face de la Grèce et qui comprend la Cyrénaïque, la Tripolitaine et la Tunisie actuelle. Parmi les Libyens, les géographes et historiens grecs et latins distinguent plusieurs tribus ou nations ayant chacune leur nom et leurs usages particuliers.

La région où doit s'élever Carthage est alors habitée par les Maxitani indique Justin dans un ouvrage de Trogue Pompée qu'il a abrégé. Voici, d'après cet auteur, les circonstances qui ont entouré la fondation de la ville et qui peuvent nous aider à imaginer la naissance de Tunis : arrivée sur les côtes d'Afrique, la princesse Didon, qui dirige le groupe d'émigrants tyriens, recherche l'amitié des habitants et leur achète l'emplacement de la future ville en leur payant un tribut annuel. Les Maxitani se réjouissent à la fois de la venue de ces étrangers et de trouver ainsi une occasion de commerce et d'échanges mutuels. Attirés par l'espoir de gain, ils affluent autour de la nouvelle colonie pour vendre à ces nouveaux hôtes des denrées de toute nature et, se fixant eux-mêmes en ces lieux, contribuent à donner à la colonie naissante l'aspect d'une ville. Mais la rapide prospérité de Carthage impressionne si fortement les Maxitani que leur chef, Hiarbas, résolu par dessein politique plus que par amour d'épouser la princesse Didon qui gouverne Carthage, aurait pris en main les destinées de la ville et associé son peuple aux Carthaginois. On sait que Didon préféra le suicide sur le bûcher plutôt que de consentir à ce mariage auquel elle répugnait de par le souvenir de son défunt mari, de sa culture aristocratique et des intérêts politiques de la cité qu'elle venait de fonder. Ainsi, par sa mort volontaire, elle sauva Carthage des convoitises libyennes.

Tunis est nommée à plusieurs reprises par les auteurs grecs (en latin) à l'occasion des guerres de Carthage contre les Libyens. La première mention de cette ville date de l'an 396 avant J.-C., date à la quelle les Libyens révoltés s'emparent de Tunis et font le siège de Carthage. Ces mentions, le fait que Tunis ait un nom d'origine libyenne et qu'elle soit située à un carrefour de routes très anciennes, permet de penser que les Maxitani occupent Tunis au moment même de la fondation de Carthage dont elle est distante que de 3 lieues à vol d'oiseau. Car, sur sa colline de la kasbah à l'image de beaucoup de villages berbères actuels, Tunis est un excellent observatoire d'où les Libyens peuvent suivre aisément les manifestations extérieures de la vie de Carthage (allées et venues des navires ou des caravanes vers l'intérieur du pays). Il s'agit alors (sans doute) d'un petit groupement de huttes en pierres sèches recouvertes de branchages et il est probable que ses habitants se livraient déjà au troc avec les voyageurs de passage. Un sentier assez raide, reliant le village aux chemins passant au pied de la colline, a sans doute donné naissance à l'artère qui devait devenir l'actuelle rue de la kasbah. Sa rampe, dans sa partie supérieure, est bien connue de ceux qui l'empruntent chaque jour pour se rendre dans les administrations publiques ayant leur siège dans les parages mais qui est alors franchie allégrement par les Libyens habitués à des chemins plus abrupts encore.

Outre les Libyens, son peuplement primitif devait comprendre des Phéniciens, des métis libyphéniciens et des esclaves dont les Carthaginois faisaient commerce.

[modifier] Tunis punique

Tunis est l'une des premières cités libyennes à passer sous la domination de cette dernière étant donné son voisinage avec la grande cité et sa position stratégique. Elle commande un nœud de routes commerciales et militaires et, bien fortifiée, elle peut même couvrir Carthage en cas d'attaque venant du continent. C'est pourquoi les stratèges puniques la font ceindre de murailles et d'ouvrages défensifs. Elle gardera ce caractère militaire pendant plusieurs siècles (jusqu'à la chute de Carthage). Elle est si bien défendue que, tout au long de l'histoire de Carthage, elle attire les ennemis de la grande cité punique. Ainsi, durant l'expédition d'Agathoclès de Syracuse qui débarque en 310 au cap Bon, Tunis change de main à plusieurs reprises.

Au cours de la Troisième Guerre punique qui se termine par le siège et la destruction de Carthage, il n'est pas question de Tunis. Mais il est certain que Scipion Émilien s'empare de cette place forte avant d'entamer l'assaut sur Carthage. Il n'est même pas exclu que Tunis ait opposé une certaine résistance car Strabon indique que, en même temps que Carthage, les Romains détruisirent notamment Tunis et Neapolis. Ils n’auraient pas rasé ces villes si elles s'étaient soumises comme l'avaient fait les autres cités puniques qu'ils épargnèrent.

[modifier] Tunis romaine

Certaines artères de la médina ont une orientation qui s'apparente à celle des axes du cadastre rural que les Romains mettent en place en s'installant en Afrique (d'après Stéphane Gsell). Cette mesure englobant environ 150 000 hectares est ordonnée par Scipion après la destruction de Carthage. Elle est encore visible sur le terrain aux environs de Carthage aux alentours de Tunis, au cap Bon, à El Jem, etc. Il est donc probable que l'emplacement de Tunis était compris dans ce cadastre rural. On peut en déduire que les chemins, propriétés publiques qui séparaient les lots, ont donné naissance à des rues de la cité romaine et, à la suite de celle-ci, à la médina arabe dont certaines rues sont orientées dans le sens du decumanus et du cardo du plan romain.

Parmi ces rues, on remarque plus particulièrement :

  • une voie longitudinale orientée NO-SE et comprenant les rues Tourbet El Bey, Sidi Ben Arous et du Pacha. Elles mettent en communication le passage Ben Ayed avec Bab El Allouj.
  • une autre voie longitudinale orientée NO-SE et comprenant la rue des teinturiers, d'El Mektar, le souk El Grana, le souk El Hout et la rue Sidi Mahrez. Elles mettent en communication Bab El Jazira avec Bab Souika.
  • une voie transversale sensiblement perpendiculaire à la direction générale des deux premières comprenant le souk Leffa et le souk des selliers et mettant en communication Bab El Bhar avec Bab Menara.
  • le mur d'enceinte sud de la kasbah aboutit exactement à l'angle SE de la mosquée almohade et, pendant tout ce parcours, il garde une direction parallèle à l'axe du cadastre romain.
  • la mosquée Zitouna se trouve exactement à l'intersection de deux axes, ce qui laisse supposer que cet édifice a pu être construit sur un emplacement libre (forum, place publique, etc.)

[modifier] Tunis arabe

Carthage et ses alentours étant conquis par les troupes d'Hassan Ibn Noôman, ces dernières trouvent Carthage remplie de monuments romains et byzantins assez étrangers à la culture islamique. Pour permettre d'assurer efficacement la défense des côtes de la région, les troupes musulmanes mettent en place un retranchement à proximité de la mer. À défaut d'occuper Carthage, les Arabes jettent leur dévolu sur Tunis car la modeste bourgade bâtie au flanc d'une colline. Elle est ainsi pourvue d'une position stratégique exceptionnelle qui retient certainement leur attention : elle est protégée à l'est par un lac, au nord par les collines du Belvédère et de Ras Tabia, à l'ouest par la grande lagune du Séjoumi et, au sud, par les escarpements rocheux de Sidi Belhassen. Son importance lui vient aussi de son rôle de nœud routier. De plus, du sommet de la kasbah, il est facile de surveiller le golfe et tout navire suspect surgissant à l'horizon. Telles sont les raisons majeures qui déterminent le choix d'Hassan ibn Noôman.

Très tôt, Tunis joue le rôle militaire pour lesquelles les Arabes l'ont choisi : le traditionnaliste et jurisconsulte Yahia Ben Said Ben Kaïs al-Ansari, qui se rend en Ifriqiya sou le règne du calife Umar ben Abd al-Aziz (717-720), déclare qu'il est rentré à Tunis ceint d'un sabre parce qu'il s'agit d'une poste-frontière et d'une garnison. La ville est désormais la seule cité importante dans les parages du détroit de Sicile. Cette route maritime que commanda Carthage pendant un millénaire, Tunis à son tour la dominer maintenant que les musulmans se sont établis à demeure au Maghreb.

L'émir Hassan ibn Noôman fait fortifier Tunis et y crée une base navale. Lui et ses successeurs font bâtir un arsenal maritime pour lequel on recrute en Égypte 1000 artisans coptes spécialisés dans la construction de navires tandis que les Berbères sont dans l'obligation de fournir tous le bois d'œuvre nécessaire. L'émir fait également creuser un canal qui met en communication l'arsenal et le port avec la mer (à travers le lac). Le port et l'arsenal se trouvent sous la protection immédiate d'un fort construit en pierres (Ksar El Silsilia ou Fort de la chaîne). La protection de Tunis est alors assurée par un fossé contournant la ville, les remparts n'étant construits qu'ultérieurement. Devenue ainsi la base navale des Arabes en Méditerranée occidentale, Tunis prend une importance militaire considérable. Dès le début du VIIIe siècle, elle est administrée par un gouverneur qui est en même temps amiral de la flotte. En 720-721, Mohamed ibn Aws al-Ansari commande Tunis et les expéditions maritimes de la flotte. En 728, le gouverneur et chef de la flotte, al-Mustancir Ben al-Hattab, est emprisonné pour s'être attardé et laissé surprendre en Sicile. 6 ans après sa destitution, il est réhabilité dans ses fonctions.

On attribue la fondation de la mosquée Zitouna, que la tradition fait remonter à 732, à Obeid Allah Ibn al-Habhab (gouverneur de Tunis). Cette fondation confirme que Tunis se peuple rapidement de musulmans. De plus, les turbulences guerrières de cette époque ne doivent pas faire oublier pour autant la sagesse des docteurs de Tunis qui donnent à la ville son rayonnement spirituel. Parmi, les savants de l'Université Zitouna, attenante à la mosquée, on peut citer la figure de Sidi Ali Ben Ziyad.

[modifier] Tunis aghlabide

[modifier] Tunis fatimide

[modifier] Tunis almohade et hafside

Elle devient la capitale de l'Ifriqiya sous la dynastie des Hafsides (XIIIe siècle) et un important centre de commerce avec l'Europe. Saint-Louis meurt en l'assiégeant en 1270.

[modifier] Tunis sous la domination turque

Image:Searchtool.svg Voir les articles Prise de Tunis et Perte de Tunis.

Les Ottomans, sous la conduite de Khayr ad-Din Barberousse, prennent la cité en 1534, mais dès 1591, les beys gouvernent de manière indépendante d'Istanbul. Entre temps, Charles Quint, appelé par le bey, prend la ville le 6 août 1535 mais, ayant échoué devant Alger en 1541, abandonne ses possessions au Maghreb.

[modifier] Tunis husseinite

La ville prospère alors à nouveau comme centre de commerce mais aussi de piraterie jusqu'au XIXe siècle.

Le décret du 30 août 1858 institue la municipalité de Tunis. L'homme qui est à la base de la création de cette institution, le général Husseïn, devient le premier Cheikh El Médina. Il est de ce fait à la base de réalisations relatives à l'aménagement de la ville.

[modifier] Tunis sous le protectorat français

Image:Searchtool.svg Voir l’article Occupation de Tunis.

En 1881, la ville passe, comme le reste du pays, sous le protectorat français et fait l'objet de transformations urbanistiques importantes. De novembre 1942 à mai 1943, sous domination vichyste, elle est brièvement occupée par les forces de l'Axe.

[modifier] Tunis depuis 1956

Lors de l'indépendance du pays en 1956, Tunis est confirmée dans son rôle de capitale. La constitution du 1er juin 1959 stipule que la Chambre des députés doit avoir son siège à Tunis ou sa banlieue.

Tunis est le siège de la Ligue arabe du 12 juin 1979 à 1990 après la signature par l'Égypte des accords de Camp David avec Israël.

[modifier] Administration

Du temps des Hafsides, Tunis est divisée en 3 secteurs administratifs : la médina, ayant à sa tête le Cheikh El Médina, et les 2 faubourgs de Bab El Jazira et de Bab Souika ayant chacun un cheikh indépendant, comme l'indique le cérémonial observé à la cour du souverain en fonction duquel les notables sont précédés de leurs cheikhs respectifs. Cette division administrative est maintenue sous les Mouradites et les beys husseinites jusqu'au milieu du règne d'Ali III Bey, en 1885, date à laquelle Mohamed Asfouri devient le Cheikh El Médina de l'ensemble des habitants musulmans de la capitale et le président de la municipalité de Tunis.

En 1956, au terme de la réforme administrative, l'appellation est officiellement abandonnée au profit de celle de « Cheikh El Médina - maire de Tunis ». Toutefois, le langage courant utilise le simple titre de « maire de Tunis ».

Voici la liste des Cheikhs El Médina et maires de Tunis depuis la création de la municipalité de Tunis en 1858 :

  • 1858-1865 : Général Husseïn
  • 1865-1869 : Mohamed Gara
  • 1869-1880 : Arbi Zarrouk
  • 1880-1882 : H'ssouna Dali
  • 1882-1883 : H'ssouna Louzir
  • 1883-1885 : Mohamed Mebazaâ
  • 1885-1902 : Mohamed Asfouri
  • 1902-1912 : Sadok Ghelib
  • 1912-1915 : Mustapha Dinguizli
  • 1925-1926 : Khelil Bouhageb
  • 1926-1932 : Chedly Agbi
  • 1932-1934 : Aly Sakka
  • 1934-1935 : Abdeljelil Zaouche
  • 1935-1941 : Mustapha Sfar
  • 1941-1942 : Mohamed Saadallah
  • 1942-1943 : Aziz Jallouli
  • 1943-1956 : Chedly Haïder
  • 1956-1957 : Ahmed Zaouche
  • 1957-1958 : Ali Belhouane
  • 1958-1963 : Ahmed Zaouche
  • 1963-1969 : Hassib Ben Ammar
  • 1969-1973 : Fouad Mebazaâ
  • 1973-1975 : Ezzedine Abbassi
  • 1975-1978 : Hassen Memmi
  • 1978-1980 : Salah Aouij
  • 1980-1986 : Zakaria Ben Mustapha
  • 1986-1988 : Mohamed Ali Bouleymen
  • 1988-1990 : Ahmed Belkhodja
  • 1990-2000 : Mohamed Ali Bouleymen
  • 2000-20… : Abbès Mohsen

[modifier] Géographie

Tunis est située au fond du golfe de Tunis à une altitude de 66 mètres (Tunis Manoubia).

La ville naît, à une époque reculée, au carrefour de routes qui se constituent naturellement à travers l'étroite bande de terre resserrée entre les vastes cuvettes du lac de Tunis et du Séjoumi. La première de ces cuvettes s'étend à l'est de Tunis et communique avec la mer Méditerranée. La seconde, située à l'ouest, est en voie d'assèchement mais devient infranchissable après les pluies d'hiver. L'isthme qui les sépare constitue ce que les géologues appellent le dôme de Tunis, lequel comprend des collines de roches calcaires et de sédiments d'origine éolienne et lacustre. C'est une sorte de pont naturel par où passent, dès l'Antiquité, plusieurs routes importantes. La première est la grande voie littorale des migrations humaines et des pèlerinages qui va de Berbérie en Égypte et dont le tronçon tunisien passe par la vieille route d'Utique aux Emporia (comptoirs phéniciens entre Gabès et Tripoli) par Hadrumète. La deuxième route est celle de Béja qui longe la Medjerda et rejoint à Tunis la route d'Utique. La troisième est la route de Sicca qui met la Numidie en communication avec Hadrumète et les Emporia. Ces routes sont évidement tributaires de Carthage, quand celle-ci affirme sa primauté politique et économique en Afrique, mais elles passent toujours par l'isthme de Tunis compte tenu de la mauvaise desserte représentée par le trajet Radès-La Goulette. Sur ces parcours routiers, les courants de trafic favorisent la naissance de relais et d'étapes parmi lesquelles Tunis qui connaîtra un destin extraordinaire sous l'influence d'événements historiques ultérieurs. Tunis apparait donc comme une véritable création de la route.

Sa situation géographique, entre la Méditerranée occidentale et orientale, entre l'Afrique et l'Europe, lui confère un rôle administratif, commercial et financier de premier plan. Le climat y est doux en été comme en hiver. Les températures moyennes vont de 11°C en hiver à de 26°C en été (Tunis subit l'influence méditerranéenne ainsi que continentale qui apparaît dès que l'on s'éloigne de la côte). Centre politique, commercial, culturel et industriel de la Tunisie, l'agglomération de la capitale concentre plus de 15% de la population du pays répartie de la façon suivante :

[modifier] Toponymie

L'étymologie de Tunis et le destin linguistique de ce toponyme retiennent l'attention car l'un et l'autre sont liés à l'histoire de Tunis et de la Tunisie.

Tunis est la transcription française d'un nom qui se prononce en arabe tûnus, tûnas ou tûnis. Les 3 vocabulations (û ayant valeur de ou français) sont indiqués par le géographe arabe Yâqût dans Mu'jam al-Bûldan. La dernière est celle qui prédomine dans le nom de la ville de même dans le gentilé tûnisi (tunisien). Ce vocable, issu du terme verbal ens des dialectes berbères, se définit comme être couché ou se coucher et par extension aller passer la nuit à…, arriver de manière à passer la nuit, aller passer la nuit chez…. Parmi les très nombreux dérivés de ce terme, on trouve ténés (pluriel de tines) indiquant le fait d'être couché et par extension le fait de passer la nuit. Compte tenu des variations vocaliques dans le temps et l'espace, le nom de Tunis a donc très probablement le sens de campement de nuit, bivouac, halte, etc. Dans la toponymie antique de l'Afrique romaine, on note également les noms des localités de Thunusuda (Sidi Meskine), Thinissut (Bir Bouregba), Thinisa (Ras Jebel), Cartennas (Ténès en Algérie). Toutes ces localités berbères se situaient sur des voies romaines et ont sans doute servi de relais ou de halte.

Du nom de Tunis est dérivé en français le terme Tunisie qui désigne le pays dont cette ville est la capitale. Ce nom est lancé par des géographes et historiens français par analogie avec le mot Algérie forgé à partir d'Alger. Ce mot obtient depuis une large audience dans toutes les langues européennes. Or, le terme arabe, lui-même tiré du terme français, désignant à la fois la ville et le pays, il ne peut être clairement compris que lu dans son contexte : c'est donc le sens de la phrase qui permet de savoir si l'on parle de la Tunisie ou de Tunis.

[modifier] Urbanisme

[modifier] Quartiers

La médina s'est bâtie sur une colline aux pentes douces descendant vers le lac de Tunis à l'est et le Séjoumi à l'ouest. La ville européenne s'est construite par la suite entre la médina et le lac. Depuis, la métropole s'étend vers les collines du nord et vers la plaine du sud en constituant divers quartiers :

  • Bab Souika
  • Borgel
  • Cité Ezzouhour : quartier situé à l'ouest de Tunis, il s'étend sur plus de 3 kilomètres (divisé en 5 sections). Ce quartier était constitué de surfaces agricoles et maraîchères. Il ne reste actuellement que de petites parcelles cultivées qui alimentent les souks de la région.
  • Cité Jardins
  • El Menzah et El Manar : bâtis sur les collines dominant le nord de l'agglomération, ils abritent une série de quartiers résidentiels et commerciaux branchés et composés de lotissements numérotés (El Menzah I, II, III, etc.)
  • El Omrane
  • Halfaouine
  • Le Belvédère : quartier du nord de la ville, il abrite le parc du Belvédère (le plus grand de la ville) et son zoo ainsi que l'Institut Pasteur.
  • Les Berges du lac : aménagé sur la rive nord du lac, il constitue aujourd'hui une vitrine urbaine consacrée au logement des plus grosses fortunes du pays et aux activités de commandement (ambassades).
  • La Cagna
  • La Petite Sicile : ancien quartier portuaire de Tunis, il fait aujourd'hui l'objet d'un projet de réaménagement important dont les grandes orientations ont été définies après une consultation auprès de bureaux de conseils tunisiens. Une commission spéciale, composée de cadres municipaux, en collaboration avec le Conseil de l'ordre des architectes et le ministère de l'équipement, de l'habitat et de l'aménagement du territoire, a choisi le projet d'Ahmed Ouerdani qui sera réalisé sur une superficie de 80 hectares limitée par Bab Alioua au sud, l'avenue Habib Bourguiba au nord, le port à l'est et la rue de Carthage à l'ouest. Il comprendra un parking à étages sur 7492 m², 2 tours jumelles, une station de transport multimodale (gare principale, station de bus et de taxis et station de métro), des immeubles résidentiels et administratifs, des espaces culturels, sociaux et commerciaux. Dans le cadre du même projet, la place de Barcelone sera reliée à la zone aménagée avec une place publique à mi-chemin. L'entrée de la ville sera réalisée à partir de Bab Alioua et de l'avenue d'Italie qui sera élargie à cet effet. À partir de la route Z4, les 2 tours qui symboliseront l'entrée sud de Tunis seront reliées par une passerelle. En offrant au centre de Tunis et aux communes avoisinantes une façade ouverte sur la mer, le projet permettra aux Tunisois d'avoir leur propre marina qui naîtra sur les berges du lac « sud » de Tunis.
  • Médina : ville historique bâtie sur la colline dominant la ville, elle abrite plusieurs palais dont le Dar Ben Abdallah et le Dar Hussein, le mausolée royal de Tourbet El Bey et la mosquée Zitouna.
  • Montfleury
  • Montplaisir
  • Mutuelleville : abrite notamment le lycée français Pierre Mendès France et quelques ambassades.
  • Ras Tabia
  • Sidi Hassine

[modifier] Portes

La ville de Tunis conserve de nombreuses portes qui ouvraient l'ancien mur entourant la médina et qui a aujourd'hui disparu en grande partie. Des quartiers portent encore leur nom :

[modifier] Souks

La plus grande partie de l'activité économique de Tunis était concentrée dans les souks, réseau de ruelles couvertes et bordées de boutiques de commerçants et d’artisans groupées par spécialités. Situé autour de la mosquée Zitouna, le quartier des souks paraît s'étendre au temps des Hafsides, Tunis étant devenu le principal centre politique et économique du Maghreb et son marché étant alimenté par les apports des caravanes du continent et même de navires européens.

On peut distinguer :

  • Souk El Attarine
  • Souk El Berka
  • Souk des Es-Sakkajines

[modifier] Banlieues

Ville Population (2004<ref name="ins"/>)
Ettadhamen-Mnihla 118 487
Ariana 97 687
La Soukra 89 151
El Mourouj 81 986
La Marsa 77 890
Douar Hicher 75 844
Ben Arous 74 932
Mohammedia-Fouchana 74 620
Le Bardo 70 244
Le Kram 58 152
Raoued 53 911
Oued Ellil 47 614
Radès 44 857
Hammam Lif 38 401
Carthage 28 407
La Goulette 28 407
La Manouba 26 666
Mornag 26 406
Djedeida 24 746
Den Den 24 732
Tebourba 24 175
Mégrine 24 031
Kalaât El Andalous 15 313
Mornaguia 13 382
Sidi Thabet 8909
Sidi Bou Saïd 4793
El Battan 5761
Borj El Amri 5556
Total 1 265 060

[modifier] Transports

[modifier] Transports publics

Transports publics tunisois

La ville dispose d'une infrastructure routière assez développée et en constante amélioration par l'aménagement de voies rapides et d'échangeurs. Elle dispose également d'un réseau de transport en commun, placé sous la gestion de la Société des transports de Tunis, relativement développé :

  • La ville possède un réseau complexe de lignes de bus (214 au total).
  • La première ligne du métro léger ouvre en 1985. Le réseau s'étend progressivement depuis pour atteindre les quartiers périphériques.
  • La capitale est reliée à sa banlieue nord par la ligne ferroviaire du TGM qui traverse la digue divisant le lac en deux.

Par ailleurs, un nouveau projet de transport de masse est en cours de réalisation pour la région du Grand Tunis : Il s'agit du RFR (Réseau ferroviaire rapide) qui est l'équivalent du RER parisien et qui transportera des voyageurs depuis les lointaines banlieues de Tunis vers le centre en utilisant les voies ferrées déjà existantes ou de nouvelles qui sont en cours de réalisation. Des pôles d'échanges intermodaux (RFR, métro et bus) seront créés dans divers points de la capitale afin d'améliorer le service.

[modifier] Infrastructures

Tunis possède un port essentiellement tourné vers le trafic de conteneurs. Il n'est pendant longtemps qu'une darse creusée en 1825. L'idée de créer un véritable port est exprimée pour la 1re fois en juillet 1880 par la Compagnie des chemins de fer de Bône-Guelma en vue d'obtenir du bey la concession d'une voie ferrée entre Tunis et Radès. Par sa lettre en date du 14 août 1880, le bey accorde à la compagnie la concession d'un port à créer, non pas à Radès mais près de Tunis pour éviter de revenir sur le monopole des transports par rail entre Tunis et La Goulette. Cette concession n'aboutit pas en raison des événements politiques qui commencent avec l'entrée des troupes françaises en Tunisie (avril 1881) et ne prennent fin qu'après la nomination d'un résident général de France en Tunisie. Pendant cette période, la question du port est oubliée. Lorsqu'on la reprend, elle change d'aspect pour le concessionnaire. La compagnie veut bien creuser le port, mais avec l'appui moral et, le cas échéant, l'appui financier que le gouvernement français lui donne déjà pour la construction du chemin de fer de Bône à Tunis. Mais lorsqu’il est bien établi que le protectorat doit dorénavant subvenir par ses propres ressources à toutes ses entreprises, la compagnie, perdant l'espoir d'un concours financier, renonce à son projet. Les travaux commencent pourtant en 1888, laissant complètement de côté le vieux port de La Goulette (un étroit canal de 2 mètres de tirant d'eau qui conduit encore à une petite darse de 4 hectares dépendant de l'ancien arsenal beylical). On construit une entrée abritée par deux grandes jetées et un canal conduisant directement à un bassin de 12 hectares creusé devant Tunis. Là aussi, on laisse entièrement de côté l'étroite darse entourée de quais et de magasins qui constitue l'ancien port de Tunis. Une concession est accordée en 1894 à la société qui gère actuellement sous le contrôle de l'État les ports de Tunis ainsi que ceux de Sousse et Sfax.

La ville possède par ailleurs le plus grand aéroport du pays (aéroport international de Tunis-Carthage).

[modifier] Éducation

[modifier] Sport

C'est le 19 janvier 1906 qu'est créée la première société de football en Tunisie : le Football Club de Tunis. La dénomination du club est modifiée 6 jours plus tard pour devenir le Racing Club de Tunis. Faute d'adversaire, le Racing organise des rencontres au Belvédre (à l'emplacement actuel du Stade Chedly Zouiten) entre les équipes des établissements scolaires. La première rencontre de football se déroule ainsi le 9 juin 1907 entre l'équipe du collège Alaoui et celle du lycée Carnot (1-1). Avec la création d'un deuxième club de football, en octobre 1907, qui reprend l'ancienne dénomination du Racing, se déroule enfin un match entre le Racing et le Football Club.

L'Espérance Sportive de Tunis, le Club Africain et le Stade Tunisien sont aujourd'hui les grandes équipes de football de la ville.

[modifier] Jumelages

[modifier] Référence

<references/>

[modifier] Voir aussi

[modifier] Bibliographie

Wikimedia Commons propose des documents multimédia sur Tunis.
  • Paul Sebag, Tunis. Histoire d'une ville, éd. L'Harmattan, 1998
  • Mohamed Sadek Messikh, Tunis. La mémoire, éd. Du Layeur, 2000
  • Jellal Abdelkafi, La médina de Tunis, éd. Presses du CNRS, 1989
  • Louis Piesse, Algérie et Tunisie, éd. Hachette, 1888
  • Élisée Reclus, Géographie universelle (t. 11), éd. Hachette, 1886

[modifier] Liens externes

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