Tournai
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Tournai (en néerlandais Doornik, en allemand Dornick, en latin : Tornacum) est une ville et commune francophone de Belgique située en Région wallonne, chef-lieu d'arrondissement en province de Hainaut.
Tournai est une des plus vieilles villes de Belgique avec Arlon et Tongres. Elle a joué un rôle historique, économique et culturel important au Moyen Âge.
Le beffroi et la cathédrale Notre-Dame de Tournai sont repris dans la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. La cathédrale, imposante construction d'art roman et d'art gothique, est célèbre pour ses cinq clochers ainsi que pour son trésor.
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[modifier] Géographie
Tournai se situe dans la Basse-Belgique, à la limite sud de plaine flamande, dans le bassin de l'Escaut. Elle fait partie de la province de Hainaut, de la Région wallonne et de la Communauté française de Belgique. Tournai a son propre arrondissement qui réunit les communes de Tournai, Antoing, Brunehaut, Celles, Estaimpuis, Leuze-en-Hainaut, Mont-de-l'Enclus, Pecq, Péruwelz et Rumes.
Cette ville francophone fut, pendant longtemps, un des centres urbains les plus importants du Comté de Flandre, du Royaume de France et des Pays-Bas (autrichiens, espagnols, …), mais un déclin économique et une stagnation démographique à la révolution industrielle a fait d'elle une ville de petite taille dans l'ensemble urbain continental que l'on nomme Banane bleue.
Sa superficie de 213,75 km² en fait la commune la plus étendue de Belgique, et elle est la plus importante en population du Hainaut occidental. Elle est située à 85 kilomètres à l'ouest de Bruxelles et à 25 kilomètres de Lille.
[modifier] Milieu physique
[modifier] Tournai et l'Escaut
La « cité aux cinq clochers » est traversée par l'Escaut, elle fait partie du sous-bassin Haut-Escaut. Elle fait partie du chapelet de villes scaldiennes, toutes distantes entre elles d'une trentaine de kilomètres : Cambrai, Valenciennes, Tournai, Audenarde, Gand, Termonde et Anvers. L'Escaut naît sur les plateaux de la Picardie. Après avoir divagué dans la plaine alluviale, le fleuve se resserre aux environs d'Antoing, en perçant le dôme du Mélantois, jusqu'à Tournai pour ensuite pénétrer la plaine flamande et continuer une route autrefois pleine de méandres. Tournai est donc entre deux régions duales : des plateaux au sud et des plaines au nord, régions de pierre calcaire propice à l'exploitation de carrières en amont et la plaine flamande propice au commerce en aval.
Grâce à cette ouverture de la vallée de l'Escaut, Tournai a eu dès sa fondation une vocation de ville de passage et de contact. La rive gauche est plus redressée que la rive droite, avec un point culminant à 77 mètres (le Pic-Au-Vent). Par contre, la rive droite est occupée par une plaine alluviale d'un petit rieu, le rieu d'Amour. La position surélevée de la rive gauche y a favorisé l'établissement de la ville, en plus de la rencontre entre la voie romaine Arras-Asse et l'Escaut, ainsi qu'une voie romaine plus secondaire, la voie Bavai-Cassel-Boulogne-sur-Mer.
L'Escaut a eu un rôle économique important tout au long de l'histoire de la ville. Le tonnage autorisé de l'Escaut à Tournai est aujourd'hui de 1 350 tonnes.
Le fleuve est assez pollué, même si la qualité de l'eau s'améliore depuis la construction de stations d'épuration. Les industries lourdes françaises à la frontière ont pendant de nombreuses années déversé beaucoup de polluants. Le fleuve est également pollué par la consommation des habitants et l'épandage des agriculteurs. Au début du siècle, l'Escaut était réputé pour contenir énormément de poissons, particulièrement des saumons à la belle saison. Les populations de poissons sont assez faibles maintenant.
[modifier] Nappes phréatiques
La ville est située au-dessus d'un réseau abondant de nappes phréatiques du calcaire carbonifère.
Cette grande nappe phréatique du calcaire carbonifère dépasse les frontières régionales et nationales et est surexploitée. Elle ne connaît pas de frontière administrative. Ce sont d’abord les Français qui ont puisé excessivement, puis les Belges (côté francophone et néerlandophone) sans tenir compte l'un de l'autre. Le niveau piézométrique diminue d’un mètre par an depuis les années 60 (bien que ce niveau ait tendance à stagner ces derniers temps). La nappe a ainsi perdu près de 70 mètres en 50 ans. Les trois régions (wallonne, flamande et Nord/Pas de Calais) ont aujourd'hui instauré une concertation, pour mettre fin à cette surexploitation. Cette surexploitation entraîne des puits karstiques, plus connus sous le nom de «puits naturels», dans la région de Tournai.
[modifier] Géologie
Tournai est situé sur un anticlinal, l'Anticlinal faillé du Mélantois-Tournaisis. Cette structure géologique est orientée est-ouest et ses failles longitudinales sont pour la plupart décrochantes dextres. Elle s'ennoie à l'est et passe à une dépression synclinale au nord : le Synclinal de Roubaix.
L'Anticlinal faillé du Mélantois-Tournaisis est entaillé par la vallée de l'Escaut, ce qui fait qu'entre Tournai et Antoing, la roche calcaire affleure plus ou moins la surface du sol. Cette pierre du socle paléozoïque est appellée le «Calcaire de Tournai» et fait partie du Carbonifère inférieur. C'est un calcaire argilo-siliceux formant une ensemble assez monotone de couches dont l'épaisseur totale dépasse les 300 mètres et est large de plus ou moins 25 mètres.
La roche calcaire servit dès l'Antiquité de matériaux de construction à la fois brute et taillée mais également transformée en Chaux et en ciment. Elle est toujours exploité à notre époque même si de nombreuses carrières ont fermé.
L'ensemble de la région de Tournai est recouvert par des limons éoliens du Pleistocène (lœss). Les fonds des vallées sont colmatés partiellement par des alluvions anciennes (Pleistocène) et récentes (Holocène).
[modifier] Milieu naturel
Malgré un caractère assez vert, le milieu naturel de Tournai est pauvre et s'appauvrit encore de nos jours. La biodiversité y regresse car l'urbanisation y est forte et la pollution importante. Tournai se trouve entre deux parcs naturels, le parc naturel des Plaines de l'Escaut au sud et le parc naturel des Collines au nord-est. La région de Tournai a donc vocation à être une zone de liaison entre ces deux parcs naturels. Malheureusement ce n'est pas la réalité.
Il y a quelques types de milieux naturels dans la commune de Tournai : les parcs, les friches, les haies, les zones humides comme les marais du rieu d'amour, les anciennes carrières comme celle de «l'Orient», les rieus et fonds de vallée, et les espaces boisés.
La campagne tournaisienne est soumise à une forte urbanisation depuis plus de 20 ans, qui va en s'aggravant car beaucoup de Français et de bruxellois ont été attirés par des prix immobiliers faibles par rapport à leur régions d'origine. Un certain nombre de Français sont également venus dans la région pour éviter l'impôt de solidarité sur la fortune, leur déménagement facilité par l'ouverture des frontières des pays européens. Le village d'Orcq, ainsi que la commune voisine d'Estaimpuis sont réputés pour abriter quelques grandes familles françaises.
L'environnement de Tournai est assez bien pollué et mis à rude épreuve, notamment par le rythme de vie des habitants (circulation automobile, …). L'industrie cimentière a une influence assez forte également par la dégradation de terrains en carrière pour y extraire de la pierre et la constitution de terrils par les remblais. Cette industrie cimentière a une incidence sur la qualité de l'air, par la combustion du calcaire, ainsi que par l'utilisation des fours pour l'incinération des déchets. Cette incinération est toujours très mal ressentie par les populations locales, particulièrement les villageois de Gaurain-Ramecroix. La région des carrières de Tournai-Antoing est appellée «le Pays Blanc» parce que les rejets de poussière de l'industrie cimentière rendent les toits blancs et les endroits à proximité des carrières et des cimenteries ressemblent à des paysages lunaires.
[modifier] Climat
Tournai jouit d'un climat tempéré océanique. Les principaux traits de ce climat sont les faibles amplitudes thermiques saisonnières et des précipitations modérées tout au long de l'année.
[modifier] Histoire
La ville, créée il y a plus de 2 000 ans, a changé bien souvent de nationalité : gallo-romaine, franque (cité royale sous le règne de Childéric Ier et de Clovis Ier et donc ainsi la première capitale de France). Aux alentours de 850, elle est intégrée dans le comté de Flandre, qui deviendra pays vassal du roi de France. À partir de 1187, suite aux luttes des Tournaisiens, la ville acquiert une certaine indépendance vis-à-vis du reste du comté en dépendant directement de la couronne de France. Elle reste française jusqu'en 1521 (exceptée une brève occupation anglaise sous Henri VIII en 1513). En 1521, le siège de la ville fait passer cette dernière aux mains de Charles Quint, et Tournai rejoint ainsi les Pays-Bas espagnols. Louis XIV la conquiert en 1668, mais doit la céder à l'Autriche en 1713. À partir de cette date, la cité connaîtra le même sort que l'ensemble des Pays-Bas autrichiens. En 1755 a lieu la bataille de Fontenoy (village situé à plus ou moins 10 km de Tournai), victoire française et irlandaise contre les troupes anglaises et autrichiennes. La ville est conquise par la France sous la Révolution et l'Empire, puis est rattachée au royaume des Pays-Bas (1815). En 1830, elle est intégrée dans la Belgique indépendante.
[modifier] Patrimoine monumental et musées
[modifier] Architecture religieuse
- La Cathédrale Notre-Dame de Tournai
- L'église Saint-Quentin
- L'église Sainte-Marie-Madeleine
- L'église Saint-Marguerite
- L'église Saint-Jacques
- L'église Saint-Piat
- L'église des Rédemptoristes
- L'église Saint-Brice
- L'église Saint-Jean
- L'église Saint-Nicolas
- L' église Saint-Pierre (démolie en 1822)
[modifier] Architecture civile
- Le beffroi
- La Halle aux Draps
- L'Hôtel de ville
[modifier] Ensembles architecturaux
- La Grand'Place
- Les quais
[modifier] Architecture militaire
- Le Pont des Trous
- La Tour Henri VIII
- Les fortifications
[modifier] Musées
- Le Musée d'Archéologie
- Le Musée Royal d'Armes et d'Histoire militaire
- Le Musée des Beaux-Arts
- Le Musée d'Histoire Naturelle
- Le Musée d'Histoire et des Arts décoratifs
- Le Musée de la Tapisserie et des arts du tissu
- La Maison Tournaisienne - Musée de Folklore
[modifier] Culture
[modifier] Tournai, ville flamande d'expression romane
Tournai est une ville belge de langue française. La langue locale, le tournaisien, est un dialecte picard comme les dialectes d'autres communes du Hainaut et du nord de la France.
Tournai fait partie de la Flandre romane tout comme Lille, Douai, Tourcoing ou Mouscron. Ces villes, bilingues ou non, font partie de l'aire culturelle flamande et possèdent donc des caractéristiques flamandes que l'on retrouve dans leur héritage artistique (architecture, peinture, sculpture, ...).
Ainsi, la ville de Tournai fut l'un des grands centres culturels et économiques flamands quelque soit la couronne dont elle était "vassale". En voici quelques preuves :
- Le chœur gothique de la cathédrale Notre-Dame de Tournai fut un élément précurseur de l'art scaldien qui est typiquement flamand.
- Tournai fut la capitale religieuse de la Flandre durant plus de mille ans (de 496 à 1559)
- La tapisserie et la draperie tournaisienne appartiennent à la grande école flamande et Tournai faisait même partie de la Hanse flamande de Londres qui regroupaient les villes drapières de Flandre.
- L'Eglise Saint-Brice de Tournai est le premier exemplaire du style hallekerk qui est si typique des villes et campagnes flamandes.
- Certains grands noms des primitifs flamands sont tournaisiens : Robert Campin, Roger de la Pasture, Jacques Daret.
Même si elle se situe dans l'aire culturelle flamande, Tournai possède également des trésors de l'art mosan, style typique de l'espace culturel wallon. En effet, les deux plus importantes châsses de la cathédrale Notre-Dame de Tournai, les châsses de Notre-Dame flamande et de Saint-Eleuthère (XIIIe siècle), sont deux œuvres de Nicolas de Verdun (artiste liégeois né en 1181) dont l'évêché de Tournai avait passé commande. Ces reliquaires témoignent de l'opulence des villes de Tournai et de Liège au Moyen-Âge : en particulier la châsse de Notre-Dame flamande qui est considérée comme l'une des sept merveilles de Belgique.
[modifier] Gastronomie
[modifier] Notes
<references/>
[modifier] Folklore
- Le lundi parjuré
- La Saint Nicolas
- La Grande Procession de Tournai
- Les Quatre Cortèges, avec ses géants
- Le jeu de Fer
- Les jeux de Boules
- La Balle pelote
- La Royale Compagnie du Cabaret Wallon Tournaisien
- Le Carnaval de Tournai
[modifier] Divers
[modifier] Personnages célèbres
- Lethalde et Englebert, croisés flamands (XIe siècle)
- Rogier Van der Weyden (ou de la Pasture), peintre, primitif flamand (XVe siècle)
- Guillaume de Melun, prince d'Espinoy (XVIIe siècle)
- Donat Casterman, imprimeur (XVIIIe siècle)
- Albert Goblet d'Alviella, militaire et homme politique (XIXe siècle)
- Jules Bara, personnalité politique (XIXe siècle)
- Jean-Baptiste Noté, baryton (XIXe siècle)
- Piat Sauvage, peintre ({{XIXe siècle})
- Louis Gallait, peintre (XIXe siècle)
- Bruno Renard, architecte (XIXe siècle)
- Georges Rodenbach écrivain (XIXe siècle)
- Luc Varenne, célèbre commentateur sportif (XXe siècle)
[modifier] Voir aussi
[modifier] Liens externes
- textes de Tounai en picard et ancien français
- Site officiel de la ville de Tournai
- Tournai sur Wikitravel
- Wikiz Tournai : site collaboratif d'informations locales
- Base de données et bibliographie sur son histoire
- Site officiel du CPAS de Tournai
- Site de l'Union des Villes et Communes de Wallonie
[modifier] Clubs sportifs
- Tournai Yacht Club : voile et navigation de plaisance
- Club Cyclo de Kain
- Kain Tennis Club
- Union des Audax de Tournai - cyclotourisme
- Mont-Marche - marche à pied
- Royal Football Club de Tournai
- Tournai Pétanque Club
- Tournai Celtics Baseball & Softball Club asbl
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