Tibet
Un article de Wikivisual, l'encyclopédie libre.
Le Tibet désigne trois entités géographiques se recouvrant :
- La Région autonome du Tibet, appelée Bod rang skyong ljong en tibétain et Xizang Zizhiqu 西藏自治区 en chinois, qui est une région administrative de la Chine au statut particulier, comme le Xinjiang ou Turkestan chinois, ou la Mongolie intérieure ;
- le plateau du Tibet, zone géographique située au nord de l'Himalaya, qu'on appelle le « toit du monde », formée de hauts plateaux désertiques dominés par de puissantes chaînes d’ouest en est (Kunlun Shan (Kouen-louen), Transhimalaya) ;
- la zone de peuplement des Tibétains, enfin, correspondant à une aire linguistique où le tibétain est la langue majoritairement utilisée, ainsi qu'à une aire culturelle à la spécificité marquée, avec une religion commune : le Bouddhisme dans sa forme vajrayâna.
La superficie du Tibet varie de 1 221 600 km², pour la région administrative, à 2 500 000 km² pour le Tibet historique. La population compte 6 millions de Tibétains auxquels s'ajoutent 7,56 millions de Chinois Han d'implantation récente. La capitale historique, centre qui, traditionnellement, concentre l'autorité religieuse et temporelle du Tibet, est Lhassa. Image:Flag of Tibet.svg
Sommaire |
[modifier] Généralités
Aujourd'hui, le Panchen-lama est le chef religieux officiel tibétain.
Il était composé de trois régions :
- le dBus-gTsang (prononcé [ytsaŋ] en tibétain central), en chinois « Wei-Zang 卫藏 », correspond à la région administrative autonome,
- l‘A-mdo, en chinois Anduo 安多 au nord, faisant partie aujourd'hui de la province chinoise du Qinghai du Gansu et du nord du Sichuan (district de rNga-ba 阿坝),
- le Khams, en chinois Kang 康, à l'est et au sud-est, qui fait aujourd'hui partie de la partie est de la région autonome et de deux provinces chinoises : le Yunnan et le Sichuan (district de dKar-mdzes 甘孜).
Les Tibétains parlent le tibétain, une langue de la famille tibéto-birmane, et sont majoritairement bouddhistes, plus précisément le bouddhisme vajrayâna.
L'économie du Tibet est peu développée. Les principales activités sont l'élevage du mouton, de la chèvre et du yack, la culture des céréales (dans les vallées du Sud et du Sud-Est) et l'exploitation du bois (dans le Sud). Le tourisme est aujourd'hui possible, bien qu'encore encadré, et représente une part importante de l'économie.
[modifier] Histoire
Le Tibet a une histoire aussi riche que longue. Les événements de ces 100 dernières années ont donné une double interprétation à son histoire (domaine de l'historiographie). Ajouté à l'intérêt de tous pour cette culture millénaire et mytérieuse, son histoire soulève beaucoup de passion.
Depuis 1710, Le Tibet est annexé à la Chine.
Entre 1904 et 1908 il fait partie des colonies britanniques.
De 1643 à 1949, le Tibet était gouverné par le Dalaï-lama, parfois en tant que chef d'Etat, parfois en tant que suzerain et soit comme 1er grand Lama ou partageant le pouvoir avec le Panchen-lama.
En 1949 le Tibet est envahi par la Chine.
En 1989 une manifestation de Tibétains finit dans un bain de sang.
En 2006, la population occidentale dans sa grande majorité n'est pas au courant de la guerre qui règne entre le Tibet et la Chine.
Depuis 1949, le Tibet a opté et, c'est toujours d'actualité, de combattre par la non violence l'oppresseur chinois.
[modifier] Rapports entre la République populaire de Chine et les Tibétains
Image:Historic Tibet Map.png Les Tibétains, ceux en exil, restés ou revenus d'Inde et du Népal, se plaignent d'une perte de leur identité culturelle. De nombreux Chinois Han, l'ethnie majoritaire de la Chine, viennent s'installer au Tibet, alors qu'en même temps, les groupes indépendantistes tibétains sont fermement combattus par le pouvoir central. Les tibétains ont également migré dans toute la Chine, on en rencontre notamment parfois à Pékin. Un temple lamaïque tibétain, le temple de Yonghe en activité ajourd'hui est d'ailleurs une des principales attractions touristiques, et à même une station de métro qui porte son nom.
La division de l'aire de peuplement tibétaine en plusieurs provinces et régions autonomes pose aussi problème. Les Chinois Han plaident qu'ils respectent la différence culturelle tibétaine (par exemple en assouplissant pour les minorités le contrôle démographique sévère imposé aux Hans), que la liberté religieuse est de nouveau assurée. Enfin, le développement économique du Tibet a permis de désenclaver le pays (notamment grâce à la construction de voies ferrées, qui vont servir à sortir les ressources minières du Tibet). La Région autonome du Tibet est sous la surveillance du pouvoir central et la présence de l'armée et de la police s'y fait sentir plus que dans d'autres parties de la Chine.
[modifier] Train à grande vitesse Pékin-Lhassa
Le 1er juillet 2006, Hu Jintao inaugure le premier train à grande vitesse pour Lhassa au Tibet dans la gare de Golmud, dans la province du Qinghai. Cette nouvelle liaison ferroviaire (la ligne ferroviaire Qing-Zang), qui est dans le prolongement de la ligne de chemin de fer à grande vitesse en provenance de Pékin devrait accélérer le développement économique et touristique du Tibet. D'après Bruno Philip, la sinisation du Tibet<ref>Pékin inaugure le train du Toit du monde, voué à désenclaver et à siniser le Tibet</ref>. Des efforts sont également accomplis dans la préservation de l'environnement au Tibet, pour y compenser l'essort industriel. Les rives des lacs entourant Lhassa, source importante d'eau potable et comportant une faune spécifique et variée ont notamment été interdits à l'agriculture intensive.
[modifier] Droits de la personne au Tibet
La Commission internationale des juristes a qualifié dans un rapport de 1959 les massacres perpétrés au Tibet par les autorités chinoises de génocide<ref>(en)Communiqué de presse de la CIJ de 1959</ref>, le bilan de l'invasion chinoise est estimé à 1,2 million de victimes depuis 1949.
Reuters rapporte que les autorités chinoises sont actuellement poursuivies par la cour de justice espagnole pour génocide à l'encontre du peuple tibétain<ref>[1]</ref>.
Par ailleurs, outre la torture dans les prisons et le fait que celle-ci n'épargnerait pas les mineurs, les ONG font également état de méthodes particulières appliquées aux femmes tibétaines. Alors que les autres minorités ne font pas partie de la politique de contrôle des naissances en Chine, les femmes tibétaines y sont incluses et seraient stérilisées et obligées à avorter au delà du premier enfant, d'après la commission des droits de l'Homme, rapport de 1999.
Le droit de pratiquer librement sa religion est bafoué par le gouvernement de Pékin : les photos du Dalaï-Lama sont interdites, sous peine de prison<ref>Pierre Prakash, « Des geôles de Lhassa à Dharamsala » dans Libération (journal) du 14/06/2006, [lire en ligne]</ref>, mais pas celles du Panchem-Lama (celui désigné par le gouvernement central de Pékin, et non celui reconnu par le Dalaï Lama), qui a été remplacé et qui est maintenant de culture chinoise. Les manifestations pour l'indépendance du Tibet sont violemment réprimées : deux nonnes bouddhistes qui avaient réclamé la libération du Tibet ont été enfermées dans la prison de Drapchi, à Lhassa en 1990<ref>Pierre Prakash, « Des geôles de Lhassa à Dharamsala » dans Libération (journal) du 14/06/2006, [lire en ligne]</ref>. Lhundrub Sangmo et Rizin Choekyi ont été libérées respectivement en 1999 et en 2002, après avoir vécu un véritable calvaire dans leurs geôles (tortures, brimades et manque de nourriture). 140 prisonniers d'opinion tibétains sont aujourd'hui détenus dans la prison de Drapchi<ref>Pierre Prakash, « Des geôles de Lhassa à Dharamsala » </ref>.
Le lamaisme tibétain de la secte des bonnets rouges est interdite, mais pas celle de la secte des bonnets jaunes qui est même pratiquée en plein Pékin.
BILAN APRES PLUS DE 50 ANS D'OCCUPATION CHINOISE : o Plus d'un million de morts o Plus de 6 000 temples détruits o Stérilisations et avortements forcés o Tortures systématiques sur les prisonniers o Le niveau de vie le plus bas de la R.P. de Chine o L'environnement gravement menacé (déforestation massive, surexploitation des ressources minières, destruction des espèces animales sauvages, stockage de déchets radioactifs, essais nucléaires...) o Des millions de colons chinois dans les régions annexées de l'Amdo (Qinghaï) et du Kham (Sichuan) Depuis 1987, d'importantes manifestations ont eu lieu en faveur de l'indépendance. Durement réprimées (des centaines de morts), elles furent suivies d'un an de loi martiale (1989-90). Aujourd'hui, les autorités chinoises poursuivent leur « normalisation » et intensifient la colonisation. Le peuple tibétain résiste toujours... Source : http://www.tibet-info.net/cspt/index.html
[modifier] Géographie
S'étendant d'est en ouest sur une distance d'environ 2400 km, et du nord au sud sur environ 1 000 km, le plateau du Tibet est situé entre les longitudes 78°24' et 104°47' Est et les latitudes 26°2' et 40°3' Nord au cœur du continent asiatique. C'est un pays gigantesque d'environ 2,5 millions de km² (soit 5 fois la France) avec une altitude moyenne de 4 200 mètres, qui rassemble les plus hautes montagnes du monde.
Le nom occidental Tibet, apparenté au nom mongol Töbüt n'est pas lié au nom indigène bod. En chinois, le nom ancien du Tibet est Tufan 吐蕃 (incorrectement prononcé Tubo par beaucoup de Chinois), mais le nom actuel de la région Xizang 西藏 signifie littéralement gTsang occidentale, faisant référence à cette région du Tibet.
Les noms de lieux tels que gZhi-ka-rtse ont été changés en Xigaze depuis la promulgation du système unifié de romanisation par la RPC : le Pinyin. Aussi, un même lieu au Tibet peut avoir de nombreuses « orthographes » : le nom en caractères chinois, dont la transcription peut être en pinyin ou en Wade-Giles (anglo-saxons) et le nom en tibétain, qui peut aussi être translittéré de différentes façons. La meilleure solution est d'utiliser la translittération Wylie de l'orthographe tibétaine, selon l'usage des tibétologues aussi bien occidentaux que chinois, bien que celle-ci rende compte de l'orthographe et non de la prononciation.
[modifier] Environnement
Le Tibet est incroyablement sensible et contient une étourdissante diversité d'habitats, une faune et une biodiversité comparables à celles de la forêt amazonienne, et des régions climatiques s'étendant de la haute steppe glacée jusqu'aux déserts des hauts plateaux, aux forêts tropicales, et aux prés alpestres. Le Tibet est également la source de tous les plus grands fleuves d'Asie, comprenant le Mékong, le Brahmapoutre, le Chang Jiang (ou Yang-tseu-kiang) et l'Indus ; ils sont alimentés par une précipitation moyenne de 100 mm dans le nord du pays jusqu'à plus de 1 000 mm dans le sud-est.
[modifier] Ressources naturelles
Le Tibet a de nombreuses ressources naturelles notamment en minerais (réserves d'or considérables), de pétrole, de gaz, de bauxite, de cuivre, d'étain et de lithium. Décidées par Pékin, l'ouverture des voies d'accès et l'exploitation des gisements miniers ont souvent été réalisées sans considération pour l'environnement. Le résultat : des niveaux alarmants de pollution qui affectent l'hydrographie, l'atmosphère et les sols.
Des zones forestières autrefois verdoyantes comme le Kongpo au sud-est du Tibet, ont été transformées en un paysage lunaire. En 1949, les forêts recouvraient 221 800 kilomètres carrés, soit près de la moitié de la superficie de la France. En 1985, la moitié de la surface de la forêt était rasée. Selon une étude récente du World Watch Institute, la déforestation atteindrait maintenant 85%.
Le déboisement cause de sévères problèmes d'érosion et de glissements de terrain, tandis que le niveau de vase dans des fleuves tels que le Yangzi Jiang (Yang-tseu-kiang) ont atteint des niveaux sans équivalent dans le monde. Les effets dépassent maintenant le Tibet et se traduisent par des inondations dévastatrices en Chine, Inde et Bangladesh. Le gouvernement chinois a reconnu le rôle de cette déforestation massive dans les inondations catastrophiques de ces dernières années : en 1998, plus de 10 000 morts, 250 millions de sinistrés, et des millions de sans-abris suite aux crues du Yang-tseu-kiang.
[modifier] Climat
La grande couverture de végétation influence aussi la terre et les températures atmosphériques qui participent à la régulation de la mousson. La déforestation sur une si grande échelle entraîne de sérieuses inquiétudes parmi les climatologistes et les environnementalistes, qui considèrent que le climat mondial peut être dangereusement déstabilisé.
[modifier] Géologie
Le plateau tibétain résulte de la collision depuis 50 millions d'années entre les plaques indienne et Eurasienne. Il est de loin le plus haut (plus de 5000m) et le plus vaste plateau au monde (plus de cinq millions de km²). Il est bordé par différentes chaînes de montagnes (Tien Shan au NW, Qilian Shan au NE, Himalaya au Sud. Sa taille exceptionnelle résulte directement de la collision de l'Inde et de l'Eurasie, à une vitesse rapide (15cm/an avant la collision, 5cm/an actuellement). Les déformations associées à cette collision se retrouvent dans une grande partie de l'Asie, jusqu'en Sibérie. Le très faible relief du plateau, malgré la haute altitude est lié aux limites rhéologique de la croûte continentale : la collision provoque son épaississement (60 à 90km d'épaisseur, soit plus du double d'une croûte normale. La croûte continentale contient des isotopes radioactifs du thorium, de l'uranium et du potassium qui produisent de la chaleur. Cette plus forte concentration d'isotopes radioactifs provoque un réchauffement de la croûte: elle devient "molle", et ne permet plus de supporter un épaississement plus important. On observe alors une déformation extensive (failles normales au sein même de la zone en compression) et la propagation de la déformation horizontalement. <div style="clear:both;" />
[modifier] Langue
C'est au Tibet qu'on parle le plus ces langues :
[modifier] Notes et références
<references/>
[modifier] Voir aussi
[modifier] Liens externes
- La catégorie Tibet de l'annuaire dmoz.
[modifier] Sites officiels
[modifier] Autres
- Diaporama sur le Tibet d'aujourd'hui (2006) et ses pratiques lamaïques.
- France Tibet
- Tibet info : Actualité du Tibet
- Etudiants pour un Tibet Libre
- Chronologie détaillée de l'histoire du Tibet
| |||
|
Les 22 provinces Les 5 régions autonomes : Guangxi · Mongolie intérieure · Ningxia · Xinjiang · Tibet Les 4 municipalités : Beijing · Chongqing · Shanghai · Tianjin Les 2 régions administratives spéciales : Hong Kong · Macao Note : le gouvernement de République Populaire de Chine considère Taïwan, de facto indépendante depuis 1949, comme la 23e province. Voir aussi République de Chine (Taïwan) et Statut de Taïwan. |
bg:Тибет bn:তিব্বত bo:བོད་ལྗོངས br:Tibet ca:Tibet cs:Tibet da:Tibet de:Tibet en:Tibet eo:Tibeto es:Tíbet et:Tiibet eu:Tibet fi:Tiibet gd:Tibet he:טיבט hi:तिब्बत hu:Tibet id:Tibet it:Tibet ja:チベット jbo:bod ka:ტიბეტი ko:티베트 lmo:Tibet lt:Tibetas lv:Tibeta nl:Tibet (gebied) nn:Tibet no:Tibet pt:Tibete ro:Tibet ru:Тибет scn:Tibet simple:Tibet sk:Tibet sl:Tibet sv:Tibet tr:Tibet vi:Tây Tạng zh:西藏

