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Techniques de jeu pour guitare

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La guitare fait intervenir de très nombreuses techniques de jeu, adaptées aux différents types de guitare et aux différents styles de musique interprété. Les virtuoses de la guitare ont souvent été inventeurs de nouvelles approches guitaristiques, tant musicales que techniques.

Sommaire

[modifier] Éléments généraux

La guitare ne peut produire qu'une note par corde. Il suffit de pincer une corde de guitare pour la faire vibrer et donc produire un son. Le pincement se fait le plus souvent au niveau de la rosace sur une guitare acoustique, au-dessus des micros sur une guitare électrique. Pour produire une note plus aiguë, il suffit de diminuer la longueur de la corde vibrante en appuyant avec un doigt de l'autre main sur une case de la touche. Si la pression est assez forte, la corde est plaquée sur le bois, et si le manche est pourvu de frettes, elle est même bloquée sur la frette mitoyenne à la case. La vibration ne peut se produire que jusqu'au doigt ou jusqu'à cette frette, et la hauteur de la note augmente. On appelle « corde à vide » une corde pincée alors qu'aucun doigt n'appuie sur la corde. Elle donne la note la plus basse que l'on peut obtenir avec cette corde.

Le guitariste peut tenir sa guitare assis (position entre les genoux pour la guitare classique ou position « folk » sur les genoux) ou jouer debout (guitare calée par le coude pour les guitares légères ou suspendue à une sangle, tenue habituelle des guitares électriques). La position assise donne une meilleure stabilité à l'instrument, la position debout permet une plus grande liberté de mouvement. Certains guitaristes, comme Keith Rowe ou Ben Harper par exemple, jouent aussi de la guitare "à plat" (assis, guitare posée à plat sur une table ou sur les genoux); il s'agit là d'une utilisation "extrême" et non-conventionelle de l'instrument.

La convention veut qu'on emploie les termes de « main droite » et « main gauche » pour désigner respectivement la main qui pince ou gratte les cordes, et la main qui parcourt les cordes sur le manche. Cette distinction droite/gauche n'est donc idoine que pour les musiciens droitiers ou ayant appris à jouer de leur instrument comme droitier. Les musiciens gauchers doivent penser à inverser les notions de gauche et de droite par rapport aux appellations standards.

[modifier] Accessoires

  • Le médiator ou plectre est une petite pièce de plastique, de feutre, d'os, d'écaille ou de tout autre matériau plus ou moins rigide servant a faire vibrer les cordes, qu'on tient entre le pouce et l'index.
  • L'onglet est un morceau de plastique plat et rigide qui entoure le pouce ou les autres doigts et se termine en pointe pour accrocher la corde. C'est un moyen commode de pallier un manque d'ongles ou de produire un son plus fort avec des cordes plus dures. Il est utilisé en blues sur des guitares électro-acoustiques.
  • Le bottleneck est un accessoire cylindrique dur et lisse en verre tel que le goulot d'une bouteille — d'où son nom — ou en métal, que l'on fait glisser sur les cordes en guise de frette pour faire varier la hauteur de la note. C'est aussi le nom de la technique de jeu associée (on parle aussi de slide guitar), particulièrement utilisée en blues.
  • Le capodastre est un accessoire qui, en bloquant toutes les cordes simultanément sur une même case, permet de jouer un morceau ou des accords plusieurs tons au-dessus du réglage original. Il permet de modifier rapidement la tonalité de la guitare pour s'accorder avec d'autres instruments.

[modifier] Utilisation de la main droite

Par convention, la main droite désigne celle qui fait vibrer les cordes. Elle a deux positions principales :

  • la main est en suspension, sans point d'appui, les doigts ne touchent les cordes que pour jouer (position de guitariste classique) ;
  • le poignet repose sur le chevalet (position de guitariste folk, country);
  • le poignet est en appui sur le départ des cordes graves (E et A le plus souvent) au niveau du chevalet de tel manière à étouffer le son des cordes (palm mutting). C'est une technique qui a été massivement perpétrée par des groupes de metal tels que Metallica ou Megadeth.

L'essentiel est d'obtenir une position confortable, l'instrument s'accommodant de techniques de jeu peu orthodoxes.

[modifier] Techniques de la main droite

Il existe plusieurs techniques pour faire vibrer les cordes avec la main droite :

  • le pincement de corde ou pincé, réalisé avec le bout du doigt ou l'ongle. On utilise en général quatre doigts au maximum : le pouce, l'index, le majeur et l'annulaire (respectivement notés p, i, m, a dans les partitions francophones). Le pouce étant parallèle aux cordes, il peut être équipé d'un onglet pour faciliter le pincement, et on peut pincer plusieurs cordes simultanément. C'est la technique de base utilisée en guitare classique, en particulier dans les arpèges ;
  • l'arpège : c'est un pincement régulier des cordes les unes après les autres, qui donnerait un accord si les cordes étaient pincées simultanément. Un arpège peut être joué en staccato ou legato ;
  • le buté : technique proche du pincé, la différence étant qu'après avoir pincé la corde, le doigt va venir buter sur la corde suivante. Cela permet d'obtenir plus de volume et parfois un son plus franc. Cette technique est très utilisée pour la mélodie dans les partitions dites « classiques ».
  • le double buté : technique essentiellement dédiée au pouce, c'est une extension de la précédente, où le pouce vient jouer deux cordes (graves) dans le même mouvement et finit en butée sur la corde suivante (par exemple le pouce joue sur les cordes graves mi et la et vient buter sur la corde ). Cette technique est par exemple utilisée dans un choros de Heitor Villa-Lobos.
  • le picking (ou finger picking , littéralement « pincement par le doigt »), désigne une façon de pincer les cordes typique de la musique nord-américaine (blues, country et leurs variantes). Chaque doigt est indépendant des autres, ce qui autorise une grande combinaison de sons. Le picking a été popularisé en France par Marcel Dadi dans les années 1970 ;
  • le flatpicking ou hybrid-picking repose sur la même base technique que le picking, mais en utilisant un médiator tenu par le pouce et l'index. On utilise souvent l'aurriculaire comme troisième doigt indépendant pour jouer dans les aigus. L'usage du mediator permet d'introduire une accentuation ryhtmique si souhaité, et de trouver de nouvelle façon de jouer en aller-retour ;
  • le battement : toutes les cordes sont frottées rapidement, pour donner l'illusion d'un accord. Le battement peut être descendant (de la grosse corde vers la chanterelle), remontant, alternatif... C'est la technique la plus simple et la plus utilisée en guitare d'accompagnement acoustique, car il maximise le volume sonore et permet de donner un tempo. Il peut se faire avec le pouce seul, le pouce et les doigts (dans le battement alternatif), ou avec un médiator. Les riffs rapides sont bien souvent des rythmiques jouées par battements ;
  • le buté est une technique classique ou flamenca (picado) utilisée sur les guitares classiques ou flamencas aux cordes de nylon. En technique flamenca, le buté est utilisé pour obtenir un son fort et brillant en faisant rouler la corde sur la pulpe du doigt pour qu'elle claque sur l'ongle. Afin d'obtenir cet effet, on appuie fortement sur les cordes avec l'index et le majeur tendus. En technique classique, le buté désigne le fait de jouer en venant appuyer le doigt sur la corde voisine après l'attaque - par opposition au pincé ; cette technique est utilisée surtout dans les gammes ;
  • le rasgueado est une technique de flamenco où le guitariste gratte les cordes en étendant les doigts rapidement les uns après les autres dans un mouvement continu. On retrouve abondamment cette technique dans le mariachi ;
  • le golpe (en espagnol : « coup ») consiste à frapper la caisse de résonnance avec l'index droit, le majeur, voire le pouce. Il peut être jouer en même temps qu'une note ou qu'un accord, ou, au contraire, à contre-temps. La guitare doit alors être équipée d'un petite plaque de matériau dur appelé golpeador, afin de ne pas détériorer la table.
  • Le palm mute appelé également pizzicato dérive du golpe. La paume de la main droite est posée sur les cordes à côté du chevalet afin de les étouffer. Cet effet est fréquent dans la musique funk, reggae ou rock. On obtient ainsi sur les guitares folk, classiques ou électriques un son se rapprochant de la basse. Cette technique a été très utilisée dans la musique folk américaine par des virtuoses comme Chet Atkins qui fut l'un des maître de Marcel Dadi, spécialiste du genre ;
  • le slap, utilisé majoritairement par les bassistes, consiste à faire claquer une corde, soit par un effet de percussion avec le pouce, soit par avec un doigt en crochet soulevant la corde perpendiculairement à la table et la relâchant vivement. Le slap classique désigne l'alternance de ces deux mouvements et caractérise le son groove. Cette technique est également utilisée par les contrebassiste de jazz et a été popularisée entre autres par Marcus Miller ;
  • les harmoniques naturels sont les sons les plus purs qui peuvent être obtenus sur la guitare et qui servent parfois comme douces notes finales d'un morceau. On les obtient sur les six cordes au niveau à toutes les frettes mais les plus communs sont ceux des 5e, 7e et 12e frettes (aux autres si la guitare est de très bonne qualité et parfaitement accordée) et au niveau du milieu de la rosace sur une guitare classique. Pour « déclencher » les harmoniques, on pose le gras de la pulpe du doigt juste au dessus de la frette concernée puis on enlève ce doigt aussitot après avoir mis la corde en vibration avec l'ongle ou un médiator. Certains virtuoses sont capables de jouer des airs entiers avec cette technique mais pour obtenir les autres notes que celles obtenues aux emplacements pré-cités, ils appuient sur les touches comme pour jouer normalement avec la main gauche et déclenchent alors l'harmonique avec le gras gauche du pouce ou l'annulaire et posent simultanément l'index de la main droite au milieu de la portion de corde comprise entre le doigt de la main gauche et le sillet de chevalet (ces harmoniques sont appelées harmoniques artificielles, par opposition aux harmoniques naturelles). Il est à noter que certains harmonques (autres que ceux des 5e, 7e et 12e frettes) sont à peine perceptible à l'oreille lorsque jouées avec un son naturel. Par contre, il peuvent être beacoup plus audibles avec une distortion. Les harmoniques artificiels sont souvent utilisé dans les styles musicaux tel le Blues et le Death-Métal mais aussi dans beaucoup d'autres styles et, le plus souvent, dans des solos. Une variante en est l'harmonique tappée, qui fait intervenir le tapping. Certains musiciens, spécialistes du sujet, sont capable de jouer des pièces entières avec cette technique et utilisent, le plus souvent, leur instrument à l'horizontal, les cordes vers le haut.
  • Le tapping, technique des shredders, consiste à frapper les cordes sur le manche plutôt que de les attaquer avec les doigts ou un médiator. Pour un guitariste droitier, la main gauche conserve son rôle usuel. Puis à l'aide de son index droit (on peut tout aussi bien utiliser son majeur ou la tranche du médiator) vient frapper la corde désirée à la frette voulue. Cette technique autorise des vitesses de jeu très impressionantes. Les shredders tels que Joe Satriani, Steve Vai ou Eddie Van Halen (considéré comme l'instigateur du tapping) en sont de fins adeptes. On retiendra aussi le tapping à 8 doigts, variante du tapping dans laquelle tous les doigts se trouvent sur les frettes et évoluent uniquement sur le manche (voir en particulier le guitariste américain Stanley Jordan).
  • Le sweeping, qui permet de jouer des arpèges note à note, ou des mélodies avec fluidité et rapidité : la technique se joue à l'aide d'un médiator et se base sur l'économie de mouvement de la main droite, qui ne joue pas l'arpège en aller-retour classique, mais qui profite du mouvement descendant (aller) ou ascendant (retour) du médiator tandis que la main gauche joue séparément (une après l'autre) chaque note sur une corde différente et contigüe. La difficulté réside en la parfaite synchronisation du mouvement des deux mains, afin que chaque note de l'arpège résonne séparément, comme une mélodie et non comme un accord. Cette technique caractérise plus spécialement le jeu de guitaristes rock « néo-classiques » tels qu'Yngwie Malmsteen. Citons également le guitariste de Jazz-Fusion Frank Gambale qui utilise et perfectionne cette technique de manière impressionnante.

[modifier] Doigts ou médiator ?

Le jeu sur guitare classique est caractéristique : les cordes sont pincées avec quatre doigts et chaque doigt est indépendant (notons cependant que ce n'est pas une obligation : Narciso Yepes par exemple joue Recuerdos de la Alhambra de Tarrega avec cinq doigts, le pouce faisant les basse et les quatre autres les trémolos). Il en résulte une grande diversité de combinaisons de cordes. On dit que la guitare classique est essentiellement contrapuntique, elle permet notamment de jouer des fugues. La possibilité du contrepoint est donc la caractéristique essentielle du jeu de type « guitare classique ». On a dit logiquement que cet instrument était à lui seul un petit orchestre. Le jeu avec doigts indépendants est aussi utilisé sur les guitare acoustiques ou électriques, notamment dans la musique country d'Amérique du Nord qui a vu naître le style finger picking.

Inversement, le jeu avec médiator, essentiellement sur les guitares dites modernes, ne permet de jouer qu'une note à la fois, ou par frottement rapide de toutes les cordes, une suite d'accords. En contrepartie, le médiator autorise une plus grande amplification du son et permet un jeu rapide et brillant.

[modifier] Utilisation de la main gauche

Les doigts de la main gauche servent à raccourcir la longueur vibrante des cordes pour donner les notes voulues. La main entoure le manche par le bas, avec le pouce appuyé sur l'arrière du manche, pendant que les autres doigts font face aux cordes. Les techniques de jeu sont :

  • le posé : un doigt appuie sur une case pour bloquer la corde et y reste jusqu'au prochain changement de position. En général, plusieurs doigts sont posés simultanément. C'est le mouvement de base ;
  • le barré : un doigt (en général l'index ou le majeur), perpendiculaire au manche, appuie simultanément sur toutes les cordes dans une même case, jouant le rôle d'un capodastre mobile. De nombreux accords sont construits sur des barrés, les doigts libres étant posés sur les cases adjacentes aiguës ;
  • le bend (tiré) : on tire la corde vers le haut ou vers le bas afin de monter d'un demi-ton ou d'un ton entier, par exemple. Noté b ;
  • le hammer (marteau) ou hammer-on consiste à raccourcir une corde déjà en vibration en posant rapidement un doigt sur une case plus haute. On obtient ainsi un effet de « montée » ;
  • le pull-off, ou pulling-off (relâchement, retrait), s'effectue alors que deux doigts sont posées sur une corde qui vibre. Le doigt sur la plus haute des deux cases libère la corde en la tirant légèrement, créant un deuxième son plus grave grâce à la vibration continue. On obtient un effet de « descente », c'est l'inverse du hammer-on. Noté p-o ;
  • Le trille consiste à combiner deux hammer-on (trille montant) ou deux pull-off (trille descendant) pour enchaîner deux notes en ne faisant intervenir qu'une seule fois la main droite. Les triolets sont souvent joués ainsi ;
  • le glissé (slide) consiste à faire glisser un doigt le long d'une corde sur le manche afin de produire un effet de glissando, montant ou descendant ;
  • le tapping est une technique plus spécifique à la guitare électrique. La vibration des cordes est produite uniquement par les doigts de la main qui bloquent et débloquent rapidement les cordes, sur le principe des cordes frappées au piano. Lorque seule la main gauche est utilisée, on parle de legato. Le tapping « moderne » et classique fait usage des deux mains, les doigts de la main droite venant jouer des notes supplémentaires directement sur la touche du manche (avec un médiator ou un doigt). La vibration étant réduite, le son est plus faible ; c'est pourquoi elle est surtout pratiquée sur des guitares amplifiées.

Ces dernières techniques ont des noms anglais car elles ont été popularisées par des guitaristes de jazz, de blues, de hard-rock et de country, essentiellement anglo-saxons.

Dans certains types de jeu, en particulier le jazz et quelquefois le classique, on peut être amené à se servir du pouce pour jouer les basses. Ainsi Django Reinhardt, invalide de deux doigts à la suite de l'incendie de sa roulotte au debut de sa carrière, il utilisait cette technique.

[modifier] Voir aussi

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