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Talmud

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Le Talmud, d'un mot hébreu qui signifie étude, est la forme écrite de la Loi orale reçue selon la tradition par Moïse en même temps que la Loi écrite du Pentateuque, puis enseignée verbalement de maître à disciple en une chaîne ininterrompue (Pirke Avot 1:1) :

« 

Moïse reçut la Torah au Sinaï, et la transmit à Josué, et Josué la transmit aux Anciens, et les Anciens aux Prophètes, et les Prophètes la transmirent aux hommes de la Grande Assemblée. Eux dirent trois choses : Soyez modérés dans le jugement, formez beaucoup d'élèves et faites une haie à la Torah. » </blockquote>

Sommaire

[modifier] Rédacteurs du Talmud

Religion
Religions abrahamiques :
Judaïsme - Christianisme - Islam -
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Cet article fait partie de la série
Judaïsme
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Hanoucca - 10 Tevet
Tou Bichvat - Taanit Esther - Pourim
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Le décompte du Omer - Chavouot
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Hassidisme - Ultra-orthodoxes
Courants théologiques
au sein du judaïsme karaïte
Ashérisme
Groupes ethno-culturels
Ashkénaze - Séfarade - Falasha
Karaïte - Samaritains - Juifs indiens

Le début de l'élaboration du Talmud remonte sans doute à la « Grande Assemblée » (Sanhédrin) constituée par Ezra le scribe au retour de l'Exil de Babylone, puis à la réunion des Sages à Yavné au lendemain de la destruction du Temple de Jérusalem (70). Il s'agissait de mettre par écrit les lois et récits de la tradition orale (herméneutique). Ce projet était celui des Pharisiens inquiets de la menace que faisaient peser sur les traditions les changements socio-historiques. Il se poursuivit sur plusieurs siècles en Galilée et à Babylone. Ceux qui y travaillèrent sont ainsi énumérés par la tradition :

  • les Tannaïm (« répétiteurs »), auteurs de la Mishna ;
  • leurs disciples, les Amoraïm, de Galilée et de Babylone, auteurs de la Gémara dans laquelle ils révèlent toute la portée des maximes, profondes mais souvent laconiques, de la Mishna. Les derniers Amoraïm babyloniens furent Mar Zoutra et Rav Achi ;
  • les Savoraïm, qui n'apportèrent au corpus du Talmud de Babylone que de légères modifications ;
  • les Gueonim, (singulier : Gaon), régents des académies talmudiques fondées par les deux plus grands Amoraïm de Babylone, Rav et Chmouel ;
  • les Rishonim, jusqu'au Rav Yossef Karo, le Compilateur du Choulhan Aroukh ;
  • les Aharonim qui ont su conserver ce trésor dans toute sa pureté et le développer pour le mettre à la portée de chacun.

Les attributions sont putatives, particulièrement pour la Mishna. Les « sages » Tannaïm ne sont que rarement mentionnés nommément. On sait cependant que le rédacteur (ou chef de rédaction) principal de la Mishna fut l'un d'entre eux, Juda HaNassi, qui accomplit son travail autour de l'an 200.

Le Talmud de Jérusalem a fini d'être rédigé au IVe siècle, alors que le Talmud de Babylone, une version quelque peu différente, a fini d'être rédigé vers l'an 500.

[modifier] Un traité de jurisprudence

Le Talmud est devenu la base de la jurisprudence à partir de laquelle ont été composés les codes de lois juives acceptés dans toute la diaspora, comme le Choulhan Aroukh. Sa rédaction fut une entreprise collective qui se poursuivit sur plusieurs siècles, en plusieurs étapes et en deux lieux principaux (Galilée et Babylone) :

  • le midrash (hébreu drash, « enseigner »), est une méthode d'exégèse et d'interprétation du texte de la Bible hébraïque tout d'abord orale, qui a produit une importante littérature à partir du IIe siècle (midrash pecher, midrash haggadah, midrash halakha).
  • la Mishna (hébreu : « répéter »), qui offre avec le texte de l'Écriture un lien plus lâche car la Torah y est peu mentionnée, est un ensemble de 63 traités écrits en hébreu dont les auteurs, rabbins, sont appelés Tannaïm, « répétiteurs », mot d'origine araméenne. Son autorité s'imposa très vite et elle devint à son tour objet d'exégèse et de commentaires.
  • la Gémara (« complément » en araméen, langue dans laquelle elle est rédigée), est un commentaire de la Mishna qui la relie plus clairement au Tanakh. Ses auteurs, rabbins, sont appelés Amoraïm (« ceux qui parlent ou expliquent »). Elle fut rédigée séparément dans les deux diasporas juives les plus importantes : en Galilée jusqu'au milieu du IVe siècle et en Mésopotamie jusqu'au milieu du VIe siècle.

La Mishna hébraïque et la Gémara araméenne constituent le Talmud. Du fait de l'existence de deux Gémara différant par le contenu et l'ampleur, il existe deux versions du Talmud : le Talmud de Jérusalem et le Talmud de Babylone, dont l'autorité est bien supérieure au précédent, bien que celui-ci soit plus complet. La raison en est que le Talmud de Jérusalem fut terminé à la hâte.

Les parties normatives du Talmud constituent la halakha (cheminement - dans les voies de Dieu), tandis que les parties non normatives, narratives, édifiantes, constituent la aggada (narration, récit). Toutefois, elles sont en pratique difficilement dissociables, le mythe ne concernant parfois que la forme, mais non le fond du récit.
À titre d'exemple, s'il est improbable que Platon rencontra le prophète Jérémie, il est historiquement attesté que Jérémie eut à disputer avec un philosophe en Égypte, et que l'enseignement de Platon contenait des traces de Tradition Juive.
Le Talmud, commentaire et amplification de la Torah, marque à la fois le triomphe d'un légalisme sans compromission et le repli d'Israël sur lui-même.

Les différents mouvements du judaïsme contemporain n'ont pas la même attitude vis à vis du Talmud et de la halakha qui en découle :

  • La grande majorité des orthodoxes considèrent le Talmud comme l'exacte expression de la loi orale transmise à Moïse en même temps que la Torah. Il est essentiel de l'étudier, mais on ne doit pas le compléter ni l'utiliser pour élaborer de nouvelles jurisprudences qui ne seraient pas déjà dans les codes de loi en usage. Cette vision du Talmud comme figé semble dater du XVe siècle. La version standard pour les orthodoxes ashkénazes est le Talmud de Vilna. Néanmoins, une minorité d'« orthodoxes modernes » préconisent une certaine lecture critique du Talmud et même une nouvelle jurisprudence.
  • Les mouvements libéral/réformé et Massorti (conservateur) ont du Talmud une vision dynamique et en admettent la lecture critique. Les Massorti encouragent les nouvelles jurisprudences ; les libéraux/réformés considèrent que le Talmud n'est qu'une référence morale et non pas la base indispensable du code de conduite de la vie juive.

La secte juive déjà ancienne des Karaïtes a abandonné le Talmud comme source religieuse.

De nombreux juifs orthodoxes participent au Daf Yomi (page quotidienne), pratique lancée en 1923 à Vienne par le rabbin Meir Shapiro au premier congrès international de l'association orthodoxe Agoudat Israel. À partir du jour du lancement, les participants doivent apprendre le Talmud à raison d'une page double par jour, ce qui leur prend plus de sept ans. La complétion du cycle donne lieu à une célébration générale. Le 12e cycle a démarré le 1er mars 2005.

[modifier] Un recueil de contes et un témoignage sur la vie juive ancienne

Le commentaire (Gémara) reconstitue un débat assorti d'anecdotes rassemblant les interprétations des rabbins et maîtres anciens sous une forme très vivante.

[modifier] Liste canonique des traités du Talmud

Les traités du Talmud (babylonien et Jérusalmite) sont regroupés en six « ordres - sédarim ». Chaque traité aborde un thème principal et de très nombreux autres thèmes aussi variés qu'inattendus

  • Zéra'im (semences) : Cet ordre traite principalement des lois relatives à l'agriculture et aux bénédictions. Il est composé des traités : bérakhot, péa, demaï, kilaïm, chevi'it, treroumot, ma'asrot, ma'asser chéni, hala, orla et bikourim. (uniquement Bérakhot pour la Gémara Babylonienne)
  • Mo'èd (rendez-vous / fête) : Cet ordre traite principalement des lois relatives au calendrier comme le chabbat et les fêtes. Il est composé des traités : chabbat, érouvin, péssa'him, chekalim, yoma, souka, bétsa, roch hachana, Taanit, méguila, mo'èd katane et haguiga.
  • Nachim (femmes) : Cet ordre traite principalement des lois relatives au mariage et de sujets qui y sont liés comme le divorce ou la fidélité conjugale mais aussi des vœux et du naziréen. Il est composé des traités : yévamot, ketouvot, nédarim, nazir, sota, guitine et kidouchine.
  • Nézikin (dommages) : Cet ordre traite principalement des lois relatives aux droits civil et pénal, de l'idolâtrie, d'éthique et de morale. Il est composé des traités : baba kama, baba metsi'a, baba batra, sanhédrine, makot, chevou'ot, avoda zaraet horayot.
  • Kodachim (objets sacrés) : Cet ordre traite principalement des lois relatives à l'abattage rituel (che'hita), aux sacrifices et au Temple. Il est composé des traités : zéva'him, ména'hot, houline, békhorot, arakhine, témoura, kritout, mé'ila et tamid. (pas de Gémara Jérusalmite)
  • Taharot (puretés) : Cet ordre traite principalement des lois relatives à la pureté et à l'impureté rituelle. Il est composé des traités : kélim, ohalot, néga'im, para, taharot, mikvaot, nida, makhchirim, zavim, tvoul yom, yadayim et ouktsine (Gémara uniquement sur nida, pas pour les 11 autres traités)

[modifier] Articles connexes

[modifier] Lire aussi

  • David Banon, La Lecture infinie (Seuil)
  • Arlette Elkaim-Sartre : Ein Yaakov : Aggadoth du Talmud de Babylone (Verdier)
  • Cohen A. "Le Talmud" (Payot 1986)
  • Adin Steinsaltz, Personnages du Talmud, édition Pocket
  • Marc-Alain Ouaknin, Le livre brûlé : Lire le Talmud (Lieu Commun), Introduction au Talmud, collection Domino
  • (fr), Valéry RASPLUS "De l’esprit talmudique à la haine de soi : réflexion sur l’identité juive", dans Les Cahiers Rationalistes, n°581, mars-avril 2006


L'ensemble de l'œuvre d'Emmanuel Lévinas est bâtie en partie autour de lectures savantes du Talmud.

[modifier] Liens externes

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