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Sylviculture

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Empilement de billons

La sylviculture, étymologiquement la culture des forêts (du latin silvæ, les bois et forêts), a pour rôle de faire évoluer les forêts, en mettant à profit les facteurs écologiques et les potentialités naturelles, afin d’optimiser durablement les produits et les services que l’homme peut en attendre.

Sur le plan économique, des sylvicultures sont indispensables pour produire les bois des qualités qui sont ou qui seront le plus vraisemblablement requises par les utilisateurs et, aussi, pour assurer aux propriétaires forestiers des revenus. Ces revenus fournissent en général l’essentiel des moyens financiers de la gestion forestière.

Sur le plan écologique, la forêt naturelle est un excellent conservatoire d’espèces animales et végétales et de gènes et, au-delà, si son étendue est suffisante, des processus d’évolution. Mais nos forêts ne sont plus des forêts naturelles et beaucoup d’éléments biologiques remarquables qu’elles renferment sont le résultat des gestions passées. Des sylvicultures peuvent être nécessaires pour assurer la pérennité de ces éléments.

D’autre part, le rôle de protection d’une forêt contre des départs d’avalanches, des éboulements ou des glissements de terrain sera mieux rempli si la forêt présente en permanence une composition et une structure adaptées résultant d’une gestion active.

Sur un plan purement social ou socioculturel, les sylvicultures permettent de façonner ou de maintenir les paysages appréciés, et de créer les diverses conditions d’accueil et d’ambiance que le public recherche.

Sommaire

[modifier] Objectifs

Apparaissant comme le moyen de faire cheminer la forêt vers des objectifs à long terme, la sylviculture souhaitable en un lieu donné dépend schématiquement de trois types de facteurs :

  • les conditions « stationnelles » déterminent les possibilités de croissance et d’utilisation des diverses espèces végétales ; elles limitent le choix des essences qui pourront être utilisées. Elles peuvent en outre imposer des précautions sylvicoles, voire certains types de sylvicultures ; c’est le cas des stations forestières rares et remarquables, de certains milieux humides par exemple ; c’est encore le cas des stations fragiles, soumises à des risques prononcés d’érosion, d’engorgement par remontée du « plan d’eau », de dégradation d’un sol peu stable, etc. Ses conditions dépendent de la nature du sol (argile, limon, podzol,...) et du climat.
  • l’état de l’écosystème forestier, lié notamment aux essences, aux structures, aux densités des peuplements en présence, peut apporter de fortes contraintes au sylviculteur. Il ne sera jamais possible, par exemple, d’appliquer un traitement de futaie jardinée à un vieux peuplement à faible durée de survie ou d’éclaircir fortement et rapidement une futaie devenue trop dense ;
  • les objectifs fixés, pour le moyen et le long terme, contribuent d’une manière décisive aux choix sylvicoles.

Des objectifs multiples sont généralement associés : la gestion est dite « intégrée » ou « multifonctionnelle ». Mais certains objectifs généraux se retrouvent à peu près partout et sont pris en compte dans toutes les sylvicultures :

  • objectif de conservation de toutes les potentialités au profit des générations futures, ce qui fait dire que la gestion est « durable » ; cet objectif interdit toute transformation irréversible ; il impose le maintien, à titre de précaution, de toutes les ressources biologiques, espèces animales et végétales, écotypes, gènes... ; il va maintenant au-delà en incluant la conservation de tous les éléments de la biodiversité, une attention toute particulière étant portée aux éléments les plus remarquables ;
  • objectif de maintien ou de conduite de la forêt vers les mosaïques d’écosystèmes les plus stables grâce à des essences et des structures bien adaptées et à l’équilibre judicieux entre les divers stades d’évolution ; cet objectif répond à un haut niveau d’ambition pour une « gestion durable » ;
  • objectif de maintien des types de paysages caractéristiques et appréciés ou d’atténuation des modifications paysagères.

Outre ces objectifs généraux, d’autres objectifs sont affectés spécifiquement à telle ou telle zone ; ce sera, par exemple, la production de bois d’œuvre, l’accueil du public, la protection d’un paysage remarquable, la rétention de la neige, la préservation d’une espèce ou d’un milieu rare, la conservation des processus naturels d’évolution. Plusieurs objectifs spécifiques sont le plus souvent associés ; ainsi des objectifs de protection et d’accueil accompagnent généralement l’objectif de production ; mais la même sylviculture ne peut généralement les optimiser tous en même temps ; l’un d’eux est choisi comme « l’objectif déterminant » : il induit le modèle de sylviculture à appliquer et ces modèles de sylviculture sont nécessairement très divers. Ces considérations montrent qu’il ne peut y avoir un type général de sylviculture, mais plutôt des sylvicultures très diverses, adaptées aux stations, aux peuplements, aux objectifs en chaque endroit. Elles montrent encore que les sylvicultures ne peuvent être figées dans le temps.

[modifier] Traitements sylvicoles

Pour que les forêts répondent à nos besoins les forestiers ont développé des techniques pour les adapter à nos attentes. Les trois régimes de base sont le taillis, le taillis-sous-futaie et la futaie.

  • Le "taillis" est constitué de rejets et/ou de drageons, dont la perpétuation est obtenue par une coupe de rajeunissement, ce qui correspond à un renouvellement assuré par voie végétative. Le but du taillis est de produire des bois de petites circonférences destinés au bois de chauffage. Il exige des essences qui rejettent de souches (noisetier, érable, châtaignier,...)
  • La "futaie" est issue d'un peuplement forestier composé d'arbres provenant directement de semis sur place. Son but est de produire des arbres qui donneront un maximum de bois d'œuvre.
  • Le régime du "taillis sous-futaie" est un régime mixte qui a pour objet de perpétuer des peuplements comportant des arbres dont certains sont nés de semences et d'autres obtenus par voie végétative. Il permet de produire du bois de chauffage et du bois d'œuvre.

[modifier] Systèmes de sylviculture

Il existe trois méthodes principales d'exploitation forestière ou de régénération appelées systèmes de sylviculture. Ce terme décrit non seulement les différentes coupes, mais aussi aux façons de préparer un nouveau lit de germination après l'abattage des arbres, c'est-à-dire les moyens pour régénérer le prochain peuplement.

  • La coupe rase
  • La coupe de jardinage
  • La coupe progressive

[modifier] Méthodes de régénération

sous le régime du taillis
régénération par voie végétative
sous le régime de futaie 
régénération par voie sexuée
sous le régime de taillis sous futaie
combinaison des deux modes sexués et végétatifs


[modifier] Les opérations sylvicoles

Les opérations sylvicoles comprennent les éclaircies et les dépressages, les élagages, les plantations, les semis directs, les pare-feu.

Les éclaircies et les dépressages

Les éclaircies sont réalisées sur des arbres de franc pied ou sur les brins âgés (baliveaux) d'une cépée pour accélérer l'accroissement du diamètre des arbres restants. Le dépressage consiste à supprimer certain nombre de jeunes sujets dans un peuplement très dense d'améliorer la croissance de ceux restant.

Les éclaircies

Les éclaircies consistent à favoriser le développement des arbres qui présentent un intérêt, le plus souvent économique par élimination d'arbres proches. Cette technique ne peut s'employer que dans les peuplements denses. Mais il faut veiller à ce que l'investissement en temps et en hommes permette un gain économique appréciable en qualité et en quantité des volumes récoltés.

Le dépressage

Le dépressage vise à réduire la densité d'un jeune peuplement issu d'une régénération naturelle, dont la hauteur des tiges dominantes est généralement inférieure à 9 m. Cette opération est effectuée à l'aide d'une débroussailleuse à dos, par cloisonnement ou par abbatage.

Les élagages et les tailles de formation

L'élagage et la taille de formation consistent à couper au ras du tronc les branches pour à améliorer la forme, la qualité du fût et du bois. En effet, les branches forment des "noeuds" dont les fibres ne sont pas dans le même sens que le reste du bois ce qui entraîne une faiblesse dans les pièces produites . La hauteur d'élagage varie en général entre 2 et 10 mètres.

Les plantations

Les plantations consistent à planter des plants cultivés en pépinière. Pour les jeunes plants on utilise dans des sachets en polyéthylène ou un substrat de tourbe-vermiculite. Ils peuvent aussi être cultivés en pleine terre et sont plantés racines nues. Cette dernière technique demande un soin tout particulier. L'intérêt des plantations permet de choisir précisément les espèces d'arbres et donc de créer des plantations parfaitement adaptées au conditions naturelles. On procède en alignant et en espaçant régulièrement les plants.

Les semis directs
Les pare-feu

Le but des pare-feu est de créer une discontinuité dans le peuplement forestier afin de stopper ou ralentir la progression d'un feu. Ils doivent être installés perpendiculairement aux vents dominants. Un pare-feu mal conçu risque d'être un facteur d'érosion.

[modifier] Conditions de croissance des stations forestières

La caractérisation des milieux par la typologie des stations est indispensable à une bonne gestion forestière. Cette étape est très importante car une erreur d'analyse amènera à installer une essence non adaptée au terrain d'où l'échec de la gestion sylvicole.

[modifier] Histoire de la sylviculture

[modifier] Voir aussi

[modifier] Bibliographie

[modifier] Liens externes

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