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Sylvestre II

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Image:Silvester II.JPG

Gerbert d'Aurillac (Auvergne, vers 938Rome, 12 mai 1003), pape sous le nom de Sylvestre II (de 999 à 1003), philosophe et mathématicien. Il est acteur scientifique et politique majeur de la renaissance ottono-clunisienne.

Sommaire

[modifier] Le moine

Fils de serf, Gerbert d'Aurillac est né vers 938 à Beillac<ref>Histoire du Collège des Bons Enfants - Première partie - Chapitre III page 46 - [1]</ref>, un hameau tout proche de Saint-Simon, en Auvergne <ref> Le pape savant et le peintre unitarien Jean-Claude Barbier [2]</ref>. Les moines remarquent ce jeune berger qui observe le ciel à l'aide d'une branche de sureau évidée<ref>Sylvestre II ( Gerbert d'Aurillac ), Le site de Mayvth. [3]</ref>. Il est donc admis au monastère de Géraud d'Aurillac. Il y étudie les disciplines du trivium (grammaire et rhétorique) dans l'esprit moderniste de Cluny.

Remarqué par le comte de Barcelone Borrell, le garçon poursuit son instruction dans les abbayes catalanes de Vich et de Ripoll<ref> Gerbert d'Aurillac devient pape sous le nom de Sylvestre II, Hérodote.net [4]</ref> en 967 , où il sera pris en charge par le savant évêque Atton<ref>Gerbert d'Aurillac,

Encyclopédie Universelle.com . [5]</ref>. Le conté de Barcelone est un comté de la marche espagnole en contact prononcé avec le monde musulman. C'est là que Gerbert apprend les sciences (quadrivium), dans le royaume tout proche de Cordoue.

Il remet à l'honneur la culture antique à travers Virgile, Porphyre de Tyr, Aristote, Cicéron et Boèce. C'est par ce dernier qu'il s'initie à l'arithmétique. De là il aborde les calculs pratiques et fabrique une table à compter, l'abaque dite de Gerbert.

On dit même qu'il se serait déguisé en musulman pour visiter la bibliothèque de Cordoue, qui contenait entre 400.000 et 600.000 volumes, consultés aussi bien par les savants chrétiens que juifs.

En 970, après trois ans d'étude, il accompagne le comte de Barcelone à Rome et est présenté au pape Jean XIII et à l'empereur Othon Ier. Celui-ci lui confie l’éducation de son fils Othon II qui devient son ami. Il est remarqué par Garamnus, archidiacre de Reims et dialecticien de renom, qui convainc Gerbert de le suivre pour parfaire ses connaissances de la Logique.

[modifier] L'écolâtre

Adalbéron, évêque de Reims, le fait venir dans son collège épiscopal et lui confie en 972 la direction de son école. Là, il enseigne et y fait enseigner de nombreuses matières tant profanes que religieuses.

Il se distingue par son érudition notamment dans le domaine scientifique, en particulier le quadrivium qui avait été oublié après les périodes d'invasions viking, hongroise et sarrazine. C'est ainsi qu'il imagine et construit toutes sortes d'objets à vocation culturelle comme des abaques, un globe terrestre, un orgue et des horloges, ce qui lui valut quelques soupçons sulfureux. Il réintroduit également la dialectique, l'une des trois sciences du trivium.

Parmi ses élèves prestigieux, figurent Robert le Pieux, fils d'Hugues Capet, Fulbert de Chartres, le moine historien Richer, mais aussi Bernelin de Paris, un mathématicien auteur d'un traité sur l'abaque (Liber abaci), peut-être Dudon de Saint-Quentin grammairien (et poète) comme Adalbéron, rhéteur, dialecticien,<ref> ceci est mis en doute par Georges Duby en doute, l'homme étant plus marqué par l'école de Laon plutôt que l'école de Reims</ref> et Guy (Guido) d'Arezzo ( v.990-1050), le moine bénédictin de l'abbaye de Pomposa, près de Ferrare (Ferrara), grand théoricien de la musique connu pour son Micrologus de musica, qui est à la base de la notation de la musique occidentale, avec l'invention de la portée étendue à cinq lignes, le nom de notes...

La réputation de Gerbert et l'amitié que lui porte Othon II lui vaut de recevoir la direction de l’abbaye de Bobbio, en Italie, en 982. Il dirige alors la plus riche bibliothèque d'Occident. Il est comblé mais il continue à enseigner à Reims.

[modifier] L'archevêque et le cardinal

Il est entré dans la cour des grands par la porte du savoir. Lors de la désignation de Hugues Capet comme roi de France, il joue un rôle de conseiller important auprès d'Adalbéron. Il lui succède sur le trône archiépiscopal de Reims en 991 après la mort d'Aldabéron et l'éviction de son remplaçant, Arnoul, qui avait eu le tort de trahir à Hugues Capet en livrant l'archevéché à son oncle Charles de Lorraine le prétendant carolingien à la couronne. Cette nomination acquise sur décision du roi Hugues Capet et contre la volonté du pape Jean XV. Le Pape soutenant Arnoul, Gerbert avec d'autres évéques Français prends position au concile de Sainte-Basle, pour l'indépendance des Églises vis-à-vis de Rome qui est contrôlée par les empereurs germaniques.

Afin d'éviter une excommunication des évêques ayant siégé au concile de Sainte-Basle, et donc un schisme, Gerbert préfère lâcher prise. Il abandonne l'archevêché et se rend en Italie. Il se lie d'une grande amitié à Adélaïde de Bourgogne, Celle ci mariée très jeune au roi d'Italie Lothaire, se retrouve bien vite veuve, son mari ayant été empoisonné en 950 par Bérenger II, marquis d'Ivrée, qui prend sa place, gardant prisonnière la reine Adélaïde. Mais celle-ci appelle à son secours le roi des Germains (futur empereur des Romains) Otton Ier, qui l'épouse en 951 et détrône Bérenger. Couronnée impératrice avec son époux en février 962, elle devient veuve en mai 973. Son petit fils Otton III étant mineur, elle assure la régence de l'empire de 991 à 995. Le jeune Empereur (14 ans), lui demande en 997 de devenir son précepteur. L'écolâtre de Magdebourg l'ayant défié en philosophie (on enseignait en ce temps la logique et la rhétorique), Gerbert lui répondit en janvier 98, à Ravenne, devant l'empereur Othon III. Il triomphe dans ce défi et l'empereur lui confie l'archevêché de Ravenne. <ref>http://prolib.net/chroniques/201.050627.papepeintre.</ref>.

[modifier] Le pape : Sylvestre II

Au Xe siècle, l'empire carolingien a fini de se dissoudre et l'Europe est divisée en de multiples principautés autonomes de fait même si elles élisent et reconnaissent un souverain dont l'influence reste limitée. A cette époque les évêques sont souvent laïcs et nommés par les comtes. Le rôle de Rome est donc considérablement affaibli. Cependant les monarques et la papauté ont des intérêts convergents. Ainsi quand les Ottoniens vont par leur puissance militaire mettre fin aux invasions Hongroises, le pape Jean XII se mettra sous leur protection en l'échange du sacre impérial. Maîtres de l'Italie du Nord, et ayant établi leur cour à Rome (dans le but de recréer un Empire Romain), les Ottoniens ont le pouvoir d'influer sur l'élection du souverain pontife (sa nomination est soumise à leur approbation). Gerbert est proche des empereurs Othon Ier et Othon II, il fut le précepteur d'Othon III.À la mort de Grégoire V, le 18 février 999, il est élu pape et consacré le 2 avril. Il choisit le nom de Sylvestre II en référence à Sylvestre Ier qui fut pape sous l'empereur Constantin Ier qui reconnut le christianisme comme religion de l'Empire romain.

D'un point de vue politique il aide à l'instauration d'états forts en Europe, obtenant en échange que ceux ci s'appuient sur l'Église. Ceci contribue à renforcer le rôle de la Papauté dans l'Europe médiévale. Par exemple Robert II de France s'était mis en conflit avec le pape Grégoire V en répudiant la reine pour Berthe de Bourgogne (ce qui posait un problème de consanguinité).Ce mariage posait surtout un problème politique: Berthe amène en dot le ducher et le comté de Bourgogne dont une grande partie du territoire appartient au Saint Empire. Or le pape est le cousin de l'empereur Otton III <ref>Les Ottoniens contrôlent l'Italie du nord et ont établi leur cour à Rome. La nomination du pape est soumis à leur approbation. Memo le site de l'Histoire © Hachette Multimédia/Hachette Livre http://www.memo.fr/Dossier.asp?ID=1295</ref> .Le roi était sous la menace d'une excommunication et le royaume d'interdit <ref>Interdiction de tout sacrement ou rituel religieux.</ref>. Mais Hugues Capet avait confié la formation de Robert à Gerbert. Ce dernier, ayant de l'affection pour ce dernier, commue la peine en une pénitence de sept ans. Il renforce ainsi l'assise des capétiens sur le trône et contribue à l'établissement d'une dynastie forte en France.

Durant son pontificat, il attribue le titre de roi aux souverains chrétiens de Pologne et de Hongrie. Mais Otton III meurt en 1002 emportant avec lui le rêve d'un empire réunissant Byzance à l'Europe occidentale. Sylvestre II meurt à Rome le 12 mai 1003 après quatre années de pontificat.Il est enterré à Saint-Jean-de-Latran, où le pape Serge IV inscrit une épitaphe gravée contre un pilier de la basilique, évoquant son exceptionnel parcours à la fois intelectuel et religieux.

A la Renaissance L'Eglise oublie qu'elle avait tenu son pouvoir durant des siècle de la maitrise du savoir et elle se montre méfiante vis à vis des érudits. Ainsi la mémoire de Sylvestre II est salie. On supute que son savoir et son élection au saint siège venaient d'un accord avec le diable. On raconte alors qu'avant de mourir il confessa avoir connu le démon « Diane ».

[modifier] L'humaniste, philosophe et mathématicien

Gerbert d'Aurillac est un humaniste complet, avant la lettre. Il remet à l'honneur la culture antique, avec des auteurs surtout latins (Virgile, Cicéron et Boèce), Porphyre de Tyr, mais aussi Aristote. C'est ainsi qu'il est le premier à introduire Aristote en Occident, déjà très connu dans la civilisation islamique, bien avant les traductions du XIIe siècle (Platon était déjà connu en Occident). Gerbert d'Aurillac avait une conception très précise de la classification des disciplines de la philosophie.

En 967, il se rend en Espagne, auprès du comte de Barcelone, et reste trois ans au monastère de Vich, en Catalogne. Les monastères catalans possèdent de nombreux manuscrits de l'Espagne musulmane, c'est là qu'il s'initie à la science musulmane, étudiant les mathématiques et l'astronomie. Il rapporte à la même époque l’astrolabe, d’origine grecque<ref>[6], [7], inventé par l'astronome grec Hipparque au IIe siècle av. J.-C.</ref>. Grâce à l'astrolabe et ses sphères de bois, il explique bien avant Galilée le fonctionnement du système solaire<ref>http://mayvth.club.fr/sylvestre.html</ref>.

Gerbert d'Aurillac est sans doute plus connu aujourd'hui dans le monde scientifique pour avoir rapporté en Europe le système de numération décimale et le zéro <ref>L'apport du zéro est controversé: il semble qu'il remplaçait le zéro par une case vide. http://www.encyclopedie-universelle.com/gerbert-aurillac-sylvestreII.html#ancre258267</ref> qui y étaient utilisés depuis qu'Al-Khuwarizmi les avait rapportés d'Inde et fait diffuser dans l'Empire. Il faut en effet savoir que vers l'An Mil la pratique de la division (sans usage du zéro!) demandait l'équivalent de ce que nous nommerions aujourd'hui une unité de valeur dans une université, car l'usage des chiffres romains rendait très complexes les calculs. Il usa de sa position papale pour le faire adopter par les clercs occidentaux.

Il est l'auteur d'au moins deux traités sur les opérations arithmétiques. Le premier sur la division (Libellus de numerorum divisione, Regulae de divisionibus), où Gerbert invente une méthode de division euclidienne qui sera rapportée par Bernelin de Paris (Bernelinus, + v. 1020), un de ses élèves.L' autre traité concerne les multiplications (Libellus multiplicationum), adressé à Constantin de Fleury, que Gerbert appelle "son Théophile", et qui prescrit l'antique multiplication par les doigts (calcul digital).

Il est aussi à l'origine d'un abaque : abaque de Gerbert où les jetons multiples sont remplacés par un jeton unique portant comme étiquette un chiffre arabe (par exemple: les 7 jetons de la colonne unité sont remplacés par un jeton portant le numéro 7, les 3 jetons de la colonne dizaine par un jeton portant le chiffre 3, etc.).

L'usage du comput dans les documents administratifs a pu se développer vers l'An Mil grâce à ces découvertes importantes.

La troisième branche des Mathématiques était alors la géométrie, pour laquelle il composa un traité de géométrie (Isagoge Geometriae, Liber geometriae artis ) remarquable, dit-on, longtemps égaré à la bibliothèque de Salzbourg et retrouvé par Bernard Petz, savant bénédictin du XVIIIe siècle. Le traité de Gerbert établit de manière moderne les axiomes, les théorèmes du point, de la ligne droite, des angles et des triangles, dont les termes techniques sont expliqués par Gerbert : base, hauteur, côté perpendiculaire à la base, hypothénuse. A ce sujet, Gerbert correspond (Epistola ad Adelbodum) avec Adelbold (Adelboldus, Adelbodus, Adeobaldo) élève de Lobbes et de Liège, évêque d'Utrecht (970-1026), sur l'aire du triangle équilatéral, le volume de la sphère, un passage arithmétique de la Consolation philosophique (De consolatione philosophiae) de Boèce.

On lui devrait, en outre, l'invention du balancier avancée très importante pour la mise au point de l'horlogerie.

Gerbert calcule l'aire des figures régulières : cercle, hexagone, octogone inscrit et conscrit... ainsi que le volume de la sphère, du prisme, du cylindre, du cône, de la pyramide et utilise aussi un instrument de mesure de son invention et qui a conservé son nom, le bâton de Gerbert, pour trouver la hauteur d'un arbre, d'une tour, d'une colonne, par l'ombre que ces objets projettent, ou bien utilise une autre technique, comme celle de leur image réfléchie dans l'eau ou dans un miroir.

La musique était alors comprise comme la deuxième branche des Mathématiques et Gerbert s'y intéressa de près. Il agit empiriquement en divisant les sons d'un monocorde, instrument composé d'une corde de métal ou de boyau tendu sur une règle entre deux chevalets fixes. Il mesura ainsi la variété et la proportion des sons produits en établissant les divisions que nous connaissons tons, demi-tons, bémols et dièses, formant des modes musicaux. Appliquant ces principes, selon le témoignage de Guillaume de Malmesbury, il construisit un orgue hydraulique dans l'église de Reims, dont les sons étaient produits par l'effet de la vapeur d'eau bouillonnante dans ses cavités.

[modifier] Notes

<references/>

[modifier] Sources

  • Chanoine Jean Leflon, Gerbert, humanisme et chrétienté au Xe siècle, Saint-Wandrille, Éditions de Fontenelle, 1946.
  • Pierre Riché, Gerbert d'Aurillac, le pape de l'an mil, Paris, Éditions Fayard, 1987.
  • Florence Trystram, Le coq et la louve. Histoire de Gerbert et l'an mille, Flammarion, Paris, 1982.
  • Jean Leflon, Gerbert, Abbaye Saint-Wandrille, Éditions de Fontenelle, 1945.
  • Les Papes Français, Tours, C.F. Éditions Alfred Mame, 1901.
  • Duc de La Salle de Rochemaure.Gerbert, Silvestre II Émile, Paul , Paris, éditeurs, 1914.
  • Lettres de Gerbert (983-997), Éditions J. Havet, 1889. Traduction du latin et édition : G. Brunel *E. Lalou (dir.), Sources d’histoire médiévale, IXe - milieu du XIVe siècle, Paris, 1992, p. 93-94.[8]
  • Pierre Riché, Silvestre II, pape, Dictionnaire du Catholicisme, Paris.
  • histoire médiévale de l'école de Reims
  • [9]
  • [10]
  • [11]
  • [12]

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

Wikimedia Commons propose des documents multimédia sur Sylvestre II.

[modifier] Bibliographie

Les ecrits de Gerpert d'Aurillac sont rassemblés dans le volume 139 de la Patrologia Latina. Modèle:Wikisourcepar

  • Traités de Mathématiques
    • Libellus de numerorum divisione
    • De geometria
    • Epistola ad Adelbodum
    • De sphaerae constructione
    • Libellus de rationali et ratione uti
  • Traités Ecclesiastiques
    • Sermo de informatione episcoporum
    • De corpore et sanguine Domini
    • Selecta e concil. Basol., Remens., Masom., etc.
  • Lettres
    • Epistolae ante summum pontificatum scriptae
      • 218 lettres dont à l'empereur, au pape et à divers évèques
    • Epistolae et decreta pontificia
      • 15 letters à divers évèques, dont Arnulf, divers abbés et une lettre à Stephane Ier de Hongrie
      • Lettre à Otton III.
      • 5 courts poèmes
  • Autres
    • Acta concilii Remensis ad S. Basolum
    • Leonis legati epistola ad Hugonem et Robertum reges

[modifier] Liens externes

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