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Souffrance

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La souffrance est une douleur persistante causée par des blessures physiques, des persécutions ou par des blessures psychologiques (rejets, déceptions sentimentales, abus sexuels, échecs, peines, jalousie, ...).

Le mot latin pour souffrance est passion. Aujourd'hui, le mot passion a plus d'un sens ; il signifie souffrance au sens propre mais la plupart du temps c'est un «vif intérêt» dont on parle.

[modifier] Souffrance de l'âme ou souffrance du corps

On distingue plusieurs types de souffrance.

  • La souffrance intérieure est liée à l'âme et elle agit sur la partie la plus intime de l'homme, qui est soumis à une foule de sentiments, parfois contradictoires. Elle peut être invisible aux yeux de beaucoup de gens.
  • La souffrance physique est souvent plus crainte et respectée que la souffrance morale. Elle est généralement plus évidente.

Les personnes qui rejettent la souffrance et le vieillissement du corps ont habituellement moins de crainte face à l'euthanasie. Romain Gary disait que la douleur, comme la vie, ça ne pardonne pas ; il s'est d'ailleurs donné la mort lui même. En médecine, les soins palliatifs servent surtout à réduire les dernières souffrances d'un malade. La morphine est fréquemment employée pour diminuer ces souffrances.

[modifier] Le point de vue de la philosophie et des religions

La philosophie et la religion ont chacunes tentées de trouver des réponses satisfaisantes à la question de la souffrance.

  • Par exemple, la lettre apostolique "Salvifici Doloris" écrite par Jean-Paul II parle d'une souffrance qui sauve l'homme en le rapprochant de la passion du Christ. Ceci est à rapprocher à ce que disait Simone Weil :"L"extrême grandeur du christianisme vient de ce qu'il ne cherche pas un remède surnaturel contre la souffrance, mais un usage surnaturel de la souffrance".
  • Pour Épicure, l'homme doit chercher à supprimer la douleur. En effet, la souffrance constitue pour lui la source de tout mal. Il suffirait donc de supprimer la souffrance, le stress, etc,... pour être heureux.
Article détaillé : ataraxie.
  • Le bouddhisme enseigne que la souffrance humaine (dukkha) provient de l'incapacité à percevoir correctement la réalité. Elle évoque aussi de la souffrance en tant qu'insatisfaction personnelle.
  • La tradition juive raconte que le peuple juif a beaucoup souffert pendant sa captivité à Babylone. Les prophètes de l'Ancien testament avaient ainsi voulu blâmer les péchers du peuple qui s'était tourné vers Baal et qui s'est divisé en deux : Israël et Juda.
  • La religion mahométaine parle d'une «rivière de miel et de lait». La réponse islamique à la souffrance est une soumission totale au Prophète.
  • L'Abbé René Laurentin a dit que le démon était la cause du vide spirituel contemporain. En effet, dans la religion chrétienne, le mal moral a sa source dans le péché, théologiquement lorsqu'un fidèle se détourne de Dieu.
  • Les hindous croient en la Moksha. Ils doivent se plier aux contraintres de la vie pour accéder à la libération finale. Ce n'est donc pas tout le monde qui pense que le bonheur est le contraire de la souffrance.
  • Pour les stoïques, il faut être courageux face aux difficultés de l'existence et par là être indifférent à la souffrance. Dans certains États, on punit l'indifférence face à l'injustice (voir loi du bon samaritain).
  • Friedrich Nietzsche, qui a souffert de démence, disait à la fin de sa vie que ce qui ne le tuait pas le rendait plus fort. Cette phrase est assez répandue et parfois on ne l'identifie pas avec le célèbre philosophe dionysiaque. Contrairement au christianisme, Nietzsche ne se sent pas supérieur à un monde rempli de souffrance. Son avis était que la souffrance était une évaluation de la réalité et un stimulant pour la vie.
  • Certains contemporains pensent que la souffrance peut et doit être totalement abolie par le biais de la technologie, voir Ingénierie du paradis (paradise-engineering).
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