Francais | English | Espanõl

Serbe

Un article de Wikivisual, l'encyclopédie libre.

  Serbe
(Српски / Srpski)
 
Parlé en Serbie, Monténégro, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Roumanie, Macédoine et d'autres pays
Région Balkans
Nombre de locuteurs 10 millions
Classement 75
Typologie SVO + ordre libre [1]

Accentuelle

Classification par famille
 -  Langues indo-européennes

    -  Langues slaves
       -  Langues slaves méridionales
          -  Serbe

(Classification SIL - simplifiée)
Statut officiel et codes de langue
Langue officielle de Serbie, République serbe de Bosnie
Régi par
ISO 639-1 sr
ISO 639-2 scc (B), srp (T)
ISO/DIS
639-3
srp(en)
SIL SRC/SDD
Échantillon

Article premier de la Déclaration des Droits de l'Homme (voir le texte en français)

Члaн 1.

Cвa људскa бићa рaђajу сe слoбoднa и jeднaкa у дoстojaнству и прaвимa. Oнa су oбдaрeнa рaзумoм и свeшћу и трeбajeдни прeмa другимa дa пoступajу у духу брaтствa.

Član 1.

Sva ljudska bića rađaju se slobodna i jednaka u dostojanstvu i pravima. Ona su obdarena razumom i svešću i treba jedni prema drugima da postupaju u duhu bratstva.

</div>

Voir aussi : langue, liste de langues, code couleur

</div>


Le serbe (nom local cрпски / srpski) est une langue slave méridionale du groupe occidental de ces langues, de même que le croate et le bosniaque, avec lesquels il y a intercompréhension. Si l’on accepte l’idée d’une langue serbo-croate, le serbe n’est qu’une variante de celle-ci, à côté des variantes croate et bosniaque. Les autres langues slaves méridionales, le slovène, le bulgare et le macédonien ne sont pas complètement transparents sans apprentissage pour les Serbes.

Sommaire

[modifier] Variantes régionales

Selon certains linguistes, le serbe comporte deux dialectes :

  • Le chtokavien (štokavski) est parlé dans la majeure partie de la Serbie, au Monténégro et dans la République serbe de Bosnie. Le même dialecte est parlé par la plupart des Croates, bien que le croate soit considéré officiellement comme une langue à part.
  • Le dialecte torlački est parlé dans une région relativement restreinte du sud-est de la Serbie. Il n’est pas standardisé et sa reconnaissance en tant que dialecte du serbe ne fait pas l’unanimité. À cause de ses ressemblances avec le bulgare, il est considéré par les linguistes bulgares comme appartenant à celui-ci.

Il existe aussi une division qui se superpose aux dialectes du serbo-croate, à partir de la façon dont a évolué le son ĕ du slave ancien transcris par la lettre appelée « yat ». Cette voyelle a donné e (prononcé « é »), je (prononcé « yé ») avec la variante ije (prononcé « iyé »), et i. « Lait », par exemple, se dit mleko, ml(i)jeko ou mliko. Deux de ces prononciations concernent le serbe, ce dont il résulte :

  • les parlers ekaviens (ekavski), dans le centre, l’est et le sud de la Serbie
  • les parlers (i)jekaviens ((i)jekavski), dans l’ouest de la Serbie et dans sa région de Sandžak, au Monténégro et en Bosnie-Herzégovine

La langue littéraire serbe est fondée sur le dialecte chtokavien, ses normes admettant les prononciations ekavienne et (i)jekavienne, ainsi que la transcription de celles-ci.

[modifier] Phonétique

[modifier] La correspondance graphie – prononciation

Le serbe s’écrit traditionnellement avec l’alphabet cyrillique adapté de façon que chaque lettre corresponde à un seul son. Cet alphabet est utilisé dans tous les documents officielles de Serbie et de la République serbe de Bosnie. On utilise également l’alphabet latin avec des diacritiques, qui rend certains sons par des groupes de deux lettres. Son emploi est majoritaire au Monténégro et dans l'usage commercial en Serbie. Ce même alphabet latin est employé pour le croate. Dans la graphie, le principe phonétique va jusqu’à transcrire les noms propres étrangers, non seulement en cyrillique, mais aussi en alphabet latin, tels qu’ils se prononcent en serbe. Par exemple, « Gérard Depardieu » devient Žerar Depardie.

Alphabet cyrillique Alphabet latin Prononcée à peu près comme dans
a a arc
б b bon
в v voix
г g gare
д d donner
ђ đ diable, mouillé
e e examen
ж ž jour
з z zèle
и i ilôt
j j yeux
к k kilo
л l lac, plus dur
љ lj lieu, mouillé
м m mal
н n nage
њ nj indigné
o o orange
п p pas
p r rare
c s sac
т t tour
ћ ć tien, mouillé
y u ourlet
ф f film
x h hahaha !, aspiré
ц c tsigane
ч č tchèque
џ l’anglais gin
ш š chat

Remarque : r entre deux consonnes ou en début de mot est considéré comme une voyelle (prst = « doigt », rvanje = « combat »).

[modifier] Changements phonétiques

[modifier] Palatalisation

Certaines consonnes terminant la forme du cas nominatif d’un nom (voir plus bas Déclinaison) ou se trouvant à la fin du radical d’un verbe, peuvent changer de nature sous l’influence d’une voyelle commençant une désinence ou un suffixe. Par exemple, les consonnes k, g et h deviennent, respectivement, č, ž et š, si elles sont suivies de la voyelle e, au cas vocatif : vojnik = « soldat » / vojniče !, drug = « camarade » / druže !, duh = « âme » / duše !.

[modifier] A mobile

Ce son apparaît à certaines formes du nom et de l’adjectif et disparaît à d’autres formes : pas = « chien » / psa = « du chien », dobar = « bon » / dobra = « bonne ».

[modifier] Assimilation des consonnes

Lorsque deux consonnes, l’une sourde et l’autre sonore arrivent en contact par ajout d’une désinence ou d’un suffixe à un mot, la première consonne devient, du point de vue de la sonorité, pareille à la seconde (assimilation régressive). Ainsi, les consonnes sonores

  • b, g, d, đ, ž, z, alternent avec leurs correspondantes sourdes
  • p, k, t, ć, š, s, č

Par exemple, de rob = « esclave » on forme, en y ajoutant le suffixe -stvo, le nom ropstvo = « esclavage », ou b se transforme en p sous l’influence de la première consonne du suffixe, s, qui est sourde. La graphie du serbe étant phonétique, l’assimilation est rendue par l’écriture.

[modifier] Yodisation (ou mouillure) des consonnes

C’est une palatalisation des consonnes dures sous l’influence du son j (prononcé comme « y » dans « yeux »). Les consonnes

  • d, t, l, n, z, c changent ainsi en leurs correspondantes molles
  • đ, ć, lj,, nj, ž, š.

Exemple : Le suffixe formant le comparatif des adjectifs est -ji. Lorsque celui-ci est ajouté à un adjectif terminé en consonne dure, celle-ci devient molle : tvrd = « dur » > tvrđi = « plus dur », brz = « rapide » > brži = « plus rapide ».

[modifier] Changement de l en o

Les noms et les adjectifs terminés en -ao ou -eo (posao = « « travail », veseo = « gai ») étaient à une époque de l’histoire de la langue terminés en l dur (posal, vesel) qui a évolué en o, mais seulement en fin de mot. Cet o redevient l s’il n’est plus en position finale, mais suivi d’une désinence (posla = « du travail », le génitif du nom ; vesela = « gaie », le féminin de l’adjectif).

[modifier] Accentuation

L’accent qui frappe l’une des voyelles d’un mot a un double caractère en serbe. C’est un accent d’intensité, c’est-à-dire la voyelle en cause est prononcée avec plus de force que les autres (comme ne français), mais aussi tonique (ou musical), la voyelle accentuée étant prononcée un ton plus haut ou plus bas que les autres.

En serbe, l’accent est mobile, avec une seule limitation. Dans les mots ayant plus d’une syllabe, l’accent peut frapper n’importe quelle voyelle, sauf la dernière, règle qui s’applique aux mots étrangers également, ce qui fait, par exemple, prononcer tous les mots français avec l’accent sur l’avant-dernière syllabe au lieu de la dernière. Ainsi, dans Marseille (transcris en serbe Marsej), l’accent est sur la première syllabe.

Il y a quatre sortes d’accent, des combinaisons entre le caractère descendant ou ascendant et la durée de la voyelle (longue ou courte). L’accent n’est noté que dans les ouvrages de linguistique, les manuels et les dictionnaires. Leurs signes conventionnels sont ceux des exemples ci-dessous.

  • accent court descendant : vëtar = « vent »
  • accent long descendant : pîvo = « bière »
  • accent court montant : òtac = « père »
  • accent long montant : písati = « écrire »

Les voyelles non accentuées peuvent également être longues ou brèves. Les longues sont notées (non pas dans les écrits ordinaires) par ¯ (žèna = « femme » / žénā = « des femmes », le génitif pluriel du nom).

Comme on peut le voir dans cet exemple, le caractère de l’accent et la durée des voyelles peuvent avoir une valeur fonctionnelle, par exemple, comme ici, marquer deux cas différents dans la déclinaison. La place de l’accent a également une valeur fonctionnelle (voir plus bas Déclinaison des adjectifs).

[modifier] Lexique

[modifier] Formation des mots

[modifier] Dérivation

Comme en français, en ajoutant certains suffixes à un mot, on peut en obtenir d’autres mots de la même famille lexicale.

Mot de base Suffixe Mot dérivé
noć = « nuit » + -ište > noćište = « lieu pour passer la nuit »
-as > noćas = « cette nuit »
-ti > noćiti = « passer la nuit »
-n- (-i, -a, -o) > noćni, -a, -o = « nocturne »

Il y a un suffixe un peu à part, -ad, qui forme un grand nombre de noms collectifs : pilad = « poulets », jagnjad = « agneaux », telad = « veaux ». Ces noms sont au singulier et se déclinent comme les autres noms masculins singuliers.

Avec des préfixes provenant de prépositions on obtient surtout des verbes à partir d’autres verbes : ići = « aller » > otići = « partir », izaći = « sortir », doći = « venir », naići = « arriver à l’improviste ». Ces préfixes changent non seulement le sens du verbe de base, mais aussi son aspect. (Voir plus bas Aspects des verbes.)

[modifier] Composition

En serbe ce procédé est beaucoup plus productif qu’en français. On peut l’appliquer par :

  • la simple juxtaposition de deux mots : dan = « jour » + gubiti = « perdre » > dangubiti = « perdre le temps, paresser »
  • l’ajout du deuxième mot à l’aide d’une voyelle de liaison : crn = « noir » + o + kos (de kosa = « cheveux ») > crnokos = « aux cheveux noirs »

Il y a aussi des mots dont le processus de composition n’est pas senti comme achevé. Ils s’écrivent avec un trait d’union : radio + stanica = « station » > radio-stanica = « station de radio ».

La composition peut être combinée avec la dérivation : kratk- (de kratak = « court ») + o + vid- (de videti = « voir ») + -an > kratkovidan = « myope ».

[modifier] Emprunts

Le serbe est peut-être la langue slave la plus perméable aux emprunts, beaucoup plus que le croate, par exemple, qui préfère les néologismes basés sur cette langue. Le serbe a pris des mots à un grand nombre de langues, dont beaucoup au français : bife < « buffet », biro < « bureau », butik < « boutique », ekspoze < « exposé ». Il y a non seulement des noms empruntés, mais aussi des verbes (telefonirati, analizirati), des adjectifs (flegmatičan, logičan) ou même des adverbes (eventualno = « éventuellement », apsolutno = « absolument »).

[modifier] Grammaire

[modifier] Le nom

[modifier] Genre des noms

Les noms serbes peuvent être :

  • masculins, d’habitude reconnaissables d’après leur terminaison en consonne au nominatif singulier : grad = « ville ». Il y a aussi des noms masculins terminés en -a : des prénoms masculins (Nikola), des noms de professions (sudija = « juge »), etc., qui se déclinent comme les féminins.
  • féminins, généralement terminés en -a au nominatif singulier : ruka = « main ». Il y a également des noms féminins terminés en consonne : radost = « joie », stvar = « chose », qui constituent des classes de déclinaison à part.
  • neutres, terminés en -o ou en -e au nominatif singulier : kolo = « cercle », polje = « champ », déclinés comme les masculins.

[modifier] Déclinaison

Le serbe, langue hautement flexionnelle, se caractérise par sept cas, les noms étant groupés en quatre classes de déclinaison, d’après leur désinence au nominatif singulier.

Exemple de nom régulier de la première déclinaison :

Singulier Pluriel
Nominatif jelen (= « cerf ») jeleni
Génitif jelena jelena
Datif jelenu jelenima
Accusatif jelena jelene
Vocatif jelene! jeleni
Instrumental jelenom jelenima
Locatif o jelenu o jelenima
[modifier] Fonctions des cas
Cas Fonction(s) principale(s) Exemple
Nominatif sujet Ovaj učenik je dobar. = « Cet élève est bon. »
attribut On je učenik. = « Il est élève. »
Génitif complément du nom exprimant la possession knjiga učenika = « le livre de l'élève »
Datif complément d'objet indirect Dajte učeniku dobru ocenu. = « Donnez une bonne note à l’élève. »
Accusatif complément d’objet direct Vidim učenika. = « Je vois l’élève. »
complément de lieu d’un verbe exprimant le déplacement Idem u grad. = « Je vais en ville. »
Vocatif pour appeler, s’adresser à quelqu’un Učeniče! = « Hé ! L’élève ! »
Instrumental complément d’instrument (inanimé) Rezam hleb ovim nožem. = « Je coupe le pain avec ce couteau. »
complément d’accompagnement (animé) Idem u grad sa učenikom. = « Je vais en ville avec l’élève. »
Locatif complément de lieu d’un verbe n’exprimant pas le déplacement On živi u gradu. = « Il habite en ville. »
complément dont on parle Reci mi nešto o tom učeniku. = « Dis-moi quelque chose au sujet de cet élève. »

[modifier] L’adjectif

[modifier] Catégories d’adjectifs

  • qualificatifs : dobar = « bon », jutarnji = « du matin »
  • de matière : drveni = « en bois »
  • d’appartenance : čovekov = « de l’homme », babin = « de (la) grand-mère ». Ces adjectifs sont formés à partir de noms, par ajout du suffixe -ov ou -ev aux masculins, et -in aux féminins.

[modifier] Forme brève et forme longue

Les adjectifs peuvent avoir deux formes, brève ou longue. La forme brève se caractérise par une terminaison en consonne au nominatif masculin singulier, et la forme longue – par la terminaison -i au même cas :

  • bratov = « du frère » – adjectif à forme brève
  • beogradski = « belgradois » – adjectif à forme longue

Presque tous les adjectifs qualificatifs ont les deux formes, la forme longue étant obtenue en ajoutant -i à la forme brève : bogat > bogati = « riche ». Dans leur cas, la forme brève est aussi appelée indéterminée, et la forme longue – déterminée. Celle-ci correspond en français à l’adjectif utilisé en tant que nom. Exemple en contexte : Bili su dva čoveka; jedan je bio siromašan, a drugi – bogat; siromašni je ćutao, dok je bogati mnogo pričao. = « Il y avait deux hommes ; l’un était riche, l’autre – pauvre. Le pauvre se taisait, alors que le riche parlait beaucoup. »

Les adjectifs d’appartenance n’ont qu’une forme brève, tandis que ceux terminés en -ski, -nji et -ji, ainsi que les adjectifs au comparatif et au superlatif relatif (voir ci-dessous) – une forme longue. Par conséquent, ces adjectifs peuvent être aussi bien définis qu’indéfinis.

[modifier] Comparaison des adjectifs

Le comparatif de supériorité est formé avec des suffixes :

  • pour les adjectifs monosyllabiques – -ji, qui provoque la yodisation (la mouillure) de la consonne finale : mlad = « jeune » > mlađi = « plus jeune »
  • pour les adjectifs polysyllabiques – -iji : hrabar = « courageux » > hrabriji = « plus courageux »

Le superlatif relatif de supériorité s’obtient du comparatif avec le préfixe naj- : hrabriji = « plus courageux » > najhrabriji = « le plus courageux ».

[modifier] Déclinaison des adjectifs

Exemple au masculin :

Forme longue

Singulier Pluriel
Nominatif zèleni (= « le vert ») zèleni
Génitif zèlenog(a) zèlenih
Datif zèlenom(e) zèlenim(a)
Accusatif zèleni (inanimé) zèlene
zèlenog(a) (animé) zèlene
Vocatif zèleni zèleni
Instrumental zèlenim zèlenim(a)
Locatif o zèlenom(e) o zèlenim(a)

Forme brève

Singulier Pluriel
Nominatif zèlen (= « vert ») zelèni
Génitif zelèna zelènih
Datif zelènu zelènim(a)
Accusatif zèlen (inanimat) zelène
zèlena (animé) zelène
Vocatif zèleni zelèni
Instrumental zelènim zelènim(a)
Locatif o zelènu o zelènim(a)

À noter qu’au pluriel la forme brève ne diffère de la forme longue que par la place de l’accent : sur la première à la forme longue, sur la deuxième à la forme brève.

[modifier] Les pronoms

[modifier] Les pronoms personnels

Singulier

Nominatif ja = « je/moi » ti = « tu/toi » on (masc.) = « il/lui », ono (neutre) ona = « elle »
Génitif mene, me tebe, te njega, ga nje, je
Datif meni, mi tebi, ti njemu, mu njoj, joj
Accusatif mene, me tebe, te njega, ga nju, je
Vocatif ti!
Instrumental mnom tobom njim njom
Locatif o meni o tebi o njemu o njoj

Pluriel

Nominatif mi = « nous » vi = « vous » oni = « ils/eux », one = « elles », ona – neutre
Génitif nâs, nas vâs, vas njih, ih
Datif nama, nam vama, vam njima, im
Accusatif nâs, nas vâs, vas njih, ih
Vocatif vi!
Instrumental nama vama njima
Locatif o nama o vama o njima

Aux cas génitif, datif et accusatif, les pronoms personnels ont une forme brève et une forme longue. Les formes brèves sont les plus fréquentes et elles sont atones (elles se prononcent liées au mot suivant, comme s’il en résultait un seul mot). Les formes longues sont accentuées, étant utilisées après les prépositions et les conjonctions, ainsi que pour insister sur la personne.

[modifier] Le pronom personnel réfléchi
Nominatif
Génitif sebe
Datif sebi
Accusatif sebe, se
Vocatif
Instrumental sobom
Locatif o sebi

Il n’a qu’une seule personne et se réfère toujours au sujet de la phrase, de quelque personne qu’il soit. Exemples :

  • On ide da se šeta. Ja idem da se šetam s njim. Hoćes da se šetas sa nama? = « Il va se promener. Je vais me promener avec lui. Tu veux te promener avec nous? »
  • Ona govori za sebe i ja govorim za sebe. Zašto ti ne govoriš za sebe? = « Elle, elle parle pour soi et moi, je parle pour moi. Toi, pourquoi tu ne parles pas pour toi ? »

[modifier] Les pronoms-adjectifs démonstratifs

Ils s’emploient en tant qu’adjectifs et également en tant que pronoms, sans changer de forme. Ils expriment trois degrés d’éloignement, à peu près comme « ici », « là » et « là-bas » en français :

  • Ovaj = « celui-ci », ova = « celle-ci », ovo – neutre singulier, ovi = « ceux-ci », ove = « celles-ci », ova – neutre pluriel – se réfèrent à ce qui est près du locuteur.
  • Onaj = « celui-là », ona = « celle-là », ono – neutre singulier, oni = « ceux-là », one = « celles-là », ona – neutre pluriel – se réfèrent à ce qui est éloigné du locuteur, par exemple près d’un tiers (pas l’interlocuteur).
  • Taj, ta, to, ti, te, ta expriment l’éloignement moyen, par exemple se référant à ce qui se trouve près de l’interlocuteur.

[modifier] Les pronoms-adjectifs possessifs

Comme les démonstratifs, ils s’utilisent en tant que pronoms et en tant qu’adjectifs, sans changer de forme.

  • moj = « mien », moja = « mienne », moje (neutre singulier), moji = « miens », moje = « miennes », moja (neutre pluriel)
  • tvoj = « tien », tvoja = « tienne », tvoje (neutre singulier), tvoji = « tiens », tvoje = « tiennes », tvoja (neutre pluriel)
  • njegov = « sien, à lui », njegova = « sienne, à lui », njegovo (neutre singulier), njegovi = « siens, à lui », njegove = « siennes, à lui », njegova (neutre pluriel)
  • njen = « sien, à elle », njena = « sienne, à elle », njeno (neutre singulier), njeni = « siens, à elle », njene = « siennes, à elle », njena (neutre pluriel)
  • naš = « nôtre » masc., naša = « nôtre » fém., naše (neutre singulier), naši = « nôtres » masc., naše = « nôtres » fém., naša (neutre pluriel)
  • vaš = « vôtre » masc., vaša = « vôtre » fém., vaše (neutre singulier), vaši = « vôtres » masc., vaše = « vôtres » fém., vaša (neutre pluriel)
  • njihov = « leur » masc., njihova = « leur », fém. njihovo – neutre singulier, njihovi = « leurs » masc., njihove = « leurs » fém., njihova (neutre pluriel)
  • svoj, svoja, svoje – neutre singulier, svoji, svoje, svoja (neutre pluriel) – déterminent (en tant qu’adjectifs) ou représentent (en tant que pronoms) l’objet (les objets) possédé(s) par le sujet de la phrase, de quelque personne qu’il soit. Exemples  : Ja jedem svoj hleb, a ti jedeš svoj hleb. = « Moi, je mange mon pain et toi, tu manges ton pain. » Les autres possessifs déterminent/représentent en règle générale l’objet (les objets) possédé(s) par un autre que le sujet de la phrase.

[modifier] Pronoms interrogatifs

Nominatif ko = « qui » šta = « quoi »
Génitif koga čega
Datif kome čemu
Accusatif koga šta
Instrumental kim čime
Locatif o kome o čemu

[modifier] Pronoms-adjectifs interrogatifs-relatifs

  • kakav, kakva, kakvo, kakvi, kakve, kakva : Kakvu košulju hoćeš? = « Quelle chemise veux-tu ? (de quel genre) », Kakvu hoćeš? = « De quel genre en veux-tu ? »
  • koji, koja, koje, koji, koje, koja : Koju košulju hoćeš? = « Quelle chemise veux-tu ? (parmi plusieurs) », Koju hoćeš? = « Laquelle veux-tu ? », Imam muža koji me voli. = « J’ai un mari qui m’aime. »
  • čiji, čija, čije, čiji, čije, čija : Čije su ove naočale? = « À qui sont ces lunettes ? », Bio je tamo sto, čije su noge bile zabijene u zemlju. = « Il y avait là une table dont les pieds étaient enfoncés dans le sol. »

[modifier] Les nombres

Particularités de la construction nombre cardinal + nom ou adjectif :

  • Jedan = « un », jedna = « une », jedno (neutre) se construisent avec le nom / l’adjectif au nominatif singulier : jedan grad = « une ville ».
  • Dva = « deux », dve (féminin), tri = « trois » et četiri = « quatre » sont suivis du nom / de l’adjectif au génitif singulier, quelle que soit la fonction syntaxique du syntagme : dva grada = « deux villes ».
  • Avec pet = « cinq » et les nombres suivants, le nom / l’adjectif se met au génitif pluriel : pet gradova = « cinq villes ».

Les noms des chiffres. Chaque chiffre a un nom du genre féminin : jedinica, dvojka, trojka, četvorka, petica, etc. Exemples : Dobio sam dvojku iz matematike. = « J’ai eu deux en maths. » ; Idem osmicom. = « Je prends le (bus ligne) 8. ».

Les nombres collectifs sont utilisés avec :

  • les noms collectifs et les pronoms qui désignent des êtres de sexes différents : nas dvoje = « nous deux (un homme et une femme) »
  • les noms d’objets utilisés par paires : dvoje rukavice = « deux gants (formant une paire) », en opposition avec dve rukavice = « deux gants (dépareillés) ».

Les substantifs numéraux se forment avec le suffixe -ica et ne s’emploient qu’avec des noms d’êtres de sexe masculin : nas dvojica = « nous deux (hommes) », à la différence de nas dvoje = « nous deux (un homme et une femme) ».

Les nombres ordinaux ont les désinences spécifiques aux adjectifs à forme longue : prvi = « premier », prva = « première », prvo – neutre, drugi = « deuxième », treći = « troisième », četvrti = « quatrième », peti = « cinquième », etc.

[modifier] Le verbe

[modifier] Aspects des verbes

Comme les autres langues slaves, le serbe connaît la catégorie grammaticale de l’aspect, qui exprime la durée d’une action ou le degré de son accomplissement.

  • Un verbe imperfectif (appelé aussi duratif) exprime le fait que l’action était, est, sera ou qu’on veut qu’elle soit en train de se dérouler, ou bien qu’elle est effectuée de façon répétée. Vršim svoj posao. = « Je fais mon travail. » (Je suis en train de le faire, on ne sait pas depuis quand et jusqu’à quand); Vršio sam svoj posao. = « Je faisais mon travail. »
  • Un verbe perfectif (appelé aussi momentané) exprime le fait que l’action a lieu ou qu’on veut qu’elle ait lieu en un seul moment, ou bien qu’elle commence et finit à des moments donnés, ayant lieu une seule fois : Ići ćeš da se šetaš samo ako završiš svoj posao. = « Tu iras te promener si seulement tu finis ton travail. »; Završio sam svoj posao. = « J’ai fini mon travail. »

Les aspects se différencient par quelques procédés :

  • préfixe provenant d’une préposition devant le verbe imperfectif : vršiti = « effectuer » > završiti = « finir (d’effectuer) »
  • suffixe placé devant le suffixe -ti de l’infinitif : prodati (perfectif) > prodavati (imperfectif) = « vendre »
  • modification du radical du verbe – par exemple, le radical terminé en -a- est spécifique à l’imperfectif, celle terminée en -i- – au perfectif : sprematispremiti = « préparer »

[modifier] Conjugaison

Les verbes serbes sont répartis en huit classes de conjugaison, d’après la terminaison du radical du verbe et la désinence de la 3e personne du singulier.

Exemple de verbe régulier de la 1ère conjugaison, aux modes et aux temps les plus utilisés :

Mode Temps Traduction
présent tresem je secoue
treseš tu secoues
trese il/elle secoue
tresemo nous secouons
tresete vous secouez
tresu ils/elles secouent
passé composé tresao, tresla, treslo sam j’ai secoué
tresao, -la, -lo si tu as secoué
tresao, -la, -lo je il/elle a secoué
tresli, -le, -la smo nous avons secoué
tresli, -le, -la ste vous avez secoué
tresli, -le, -la su ils/elles ont secoué
futur trešću je secouerai
trešćeš tu secoueras
trešće il/elle secouera
trešćemo nous secouerons
trešćete vous secouerez
trešće ils/elles secoueront
Conditionnel tresao, tresla, treslo bih je secouerais / j’aurais secoué
tresao, -la, -lo bi tu secouerais / tu aurais secoué
tresao, -la, -lo bi il/elle secouerait / il/elle aurait secoué
tresli, -le, -la bismo nous secouerions / nous aurions secoué
tresli, -le, -la biste vous secoueriez / vous auriez secoué
tresli, -le, -la bi ils/elles secoueraient / ils/elles auraient secoué
Impératif tresi! secoue!
(neka) trese! qu’il/elle secoue!
tresimo! secouons!
tresite secouez!
(neka) tresu! qu’ils/elles secouent!
Participe présent tresući secouant
Participe passé tresavši sau tresav ayant secoué
Adjectif verbal actif tresao, tresla, treslo, tresli, tresle, tresla secoué
Adjectif verbal passif tresen, tresena, treseno, treseni, tresene, tresena secoué, -e, -s, -es

Remarques :

  1. Les verbes irréguliers sont nombreux, ainsi que les changements phonétiques provoqués par les suffixes et les désinences.
  2. Les grammaires serbes ne font pas mention d’un mode indicatif.
  3. Le verbe français « être » a deux correspondants en serbe : jesam et biti.
  4. L’auxiliaire du passé composé est toujours jesam, qui a aussi des formes brèves, celles qui apparaissent dans le tableau ci-dessus.
  5. Le futur se forme généralement à partir du radical du verbe, auquel on ajoute la forme brève du verbe hteti = « vouloir » au présent : Pevaćeš. L’auxiliaire peut être détaché du verbe, qui prend dans cette situation la forme de l’infinitif : Ti ćeš pevati. = « Tu chanteras. »
  6. Le conditionnel avait autrefois un passé, mais il n’en a plus. Le passé se distingue du présent par le contexte. Le verbe auxiliaire du conditionnel est biti = « être » au passé simple.
  7. Aux temps composés, l’adjectif verbal actif s’accorde en genre et en nombre avec le sujet.
  8. Le subjonctif français a pour correspondant le présent précédé de la conjonction da : Hoću da pevaš. = « Je veux que tu chantes. ». Mais cette construction peut être utilisée également lorsque le sujet du verbe subordonné est le même que celui du verbe régent : Hoćeš da pevaš? = « Tu veux chanter ? » D’ailleurs, le serbe préfère cette construction à la structure verbe régent + infinitif ayant le même sujet utilisée par la plupart des langues slaves, y compris le croate.
  9. La négation du verbe se fait avec la particule ne : Govorim. = « Je parle. », Ne govorim. = « Je ne parle pas. ». Ne est soudé à certains verbes, plus exactement à leurs formes brèves : Hoću. = « Je veux. », Neću. = « Je ne veux pas. ». Devant le verbe jesam, ne est même déformé : Jesam. = « Je le suis. », Nisam. = « Je ne le suis pas. »
  10. L’impératif négatif se forme avec un auxiliaire + la conjonction da + la deuxième personne du présent : Nemoj da radiš! = « Ne travaille pas ! », Nemojte da radite! = « Ne travaillez pas ! »

Formes moins utilisées :

  • le futur antérieur, formé du présent du verbe biti + l’adjectif verbal actif : budem tresao = « j’aurai secoué »
  • le passé simple : tresoh = « je secouai ». Seul le passé simple de biti est fréquent, mais seulement pour former le conditionnel.
  • l’imparfait – employé seulement dans la langue littéraire et dans certains énoncés figés, tel Gde to beše? = « Où était-ce ? ». À la place de l’imparfait on utilise le passé composé des verbes imperfectifs.
  • le plus-que-parfait, formé de l’imparfait du verbe biti + l’adjectif verbal actif : bejah/beh pisao ou du passé composé de biti + l’adjectif verbal actif : (ja) sam bio pisao = « j’avais écrit ».

[modifier] Prépositions

  • avec le génitif : blizu = « à proximité de », do = « jusqu’à », duž = « le long de », ispod = « au-dessous de », ispred = « devant », iz = « de », iza = « au-delà de, derrière », između = « entre », iznad = « au-dessus de », kod = « près de, auprès de », pored = « à côté de », posle = « après », pre = « avant », protiv = « contre », radi = « dans le but de », umesto = « à la place de », usred = « au milieu de », zbog = « à cause de »
  • avec le datif : k(a) = « vers », prema = « en direction de, vis-à-vis de », uprkos = « malgré »
  • avec l’accusatif : kroz = « à travers, par-dessus », niz(a) = « vers le bas de », uz(a) = « près de, à côté de, avec, aux côtés de, etc. »

avec le locatif : o = « à propos de », pri = « près le/la/les »

Certaines prépositions régissent deux cas, en fonction de ce que le verbe régent du complément en cause est ou non un verbe de mouvement, ou bien en fonction du sens de la préposition.

  • avec le génitif et linstrumentals(a) : On je uzeo tanjir sa stola. (avec le génitif) = « Il a pris l’assiette (qui était) sur la table. » ; On se šeta sa suprugom.(avec l’instrumental) = « Il se promène avec sa femme. »
  • avec l’accusatif (verbe exprimant le mouvement) et l’instrumental (verbe n’exprimant pas le mouvement) : među = « entre », nad(a) = « au-dessus de », pred(a) = « devant »
  • avec l’accusatif et l’instrumental (sens différents) : za = « pour » (avec l’accusatif), « après, à la suite de » (avec l’instrumental)
  • avec l’accusatif (verbe exprimant le mouvement) et le locatif (verbe n’exprimant pas le mouvement) : na = « sur », pod = « sous », u = « en, dans »

[modifier] Particules

La particule est considérée comme une partie du discours à part dans les grammaires du serbe. C’est un mot invariable, mais cela peut aussi être un énoncé figé, indiquant une attitude du locuteur : le doute, la certitude, le souci, le souhait, etc. Beaucoup de ces mots ont pour équivalents français des adverbes.

  • particules interrogatives : Dolaziš li sutra? = « Tu viens demain ? » ; Zar ne možeš doći na vreme? = « Tu ne peux pas venir à l’heure ? »
  • particules exclamatives : Ala smo se lepo proveli! = « Qu’est-ce qu’on s’est bien amusé! »
  • particules impératives : Prestani već s tim plakanjem! = « Arrête une bonne fois de pleurer! »
  • particules affirmatives : Da. = « Oui. », Kako da ne! = « Mais comment donc! »
  • particules négatives : Ne. = « Non. », Ni ja tu ništa ne mogu učiniti. = « Moi non plus je ne peux rien y faire. »
  • particules de précision : Baš meni se to moralo desiti! = « Ça ne pouvait m’arriver qu’à moi! »
  • particules modales : Možda nije došao. = « Il n’est peut-être pas venu. »
  • particules démonstratives : evo, eto, eno = « voici, voilà » – trois degrés d’éloignement, comme pour les pronoms-adjectifs démonstratif (voir plus haut).

[modifier] Bibliographie

  • JOLIĆ, Borjanka, LUDWIG, Roger, Le serbo-croate sans peine, Chennevières, Assimil, 1972
  • MOLDOVAN, Valentin, RADAN, Milja N., Gramatika srpskog jezika (Morfologija), Timişoara, Sedona, 1996

[modifier] Dictionnaires

  • Branislav Grujić, Dictionnaire français-serbe serbe-français, Obod-Cetinje, 1998, ISBN 86-305-0310-6 (en lettres latines)

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens internes

[modifier] Liens externes

Image:Nuvola apps gaim.png Portail des langues – Accédez aux articles de Wikipédia concernant les langues.

<span class="AdQ" id="bg" style="display:none;" />

ar:لغة صربية ast:Serbiu bg:Сръбски език bs:Srpski jezik cs:Srbština csb:Serbsczi jãzëk cu:Ѩзыкъ срьбьскъ de:Serbische Sprache el:Σερβική γλώσσα en:Serbian language eo:Serba lingvo es:Idioma serbio fi:Serbian kieli hr:Srpski jezik hu:Horvát és szerb nyelv hy:Սերբերեն id:Bahasa Serbia io:Serbiana linguo it:Lingua serba ja:セルビア語 ko:세르비아어 ku:Zimanê sirbî kw:Serbek ky:Серб тили lv:Serbu valoda mk:Српски јазик nl:Servisch no:Serbisk språk oc:Sèrbe pl:Język serbski pt:Língua sérvia ro:Limba sârbă ru:Сербский язык sh:Srpski jezik sk:Srbčina sl:Srbščina sr:Српски језик sv:Serbiska th:ภาษาเซอร์เบีย tl:Wikang Serbyo tr:Sırpça uk:Сербська мова zh:塞尔维亚语

Outils personnels