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Seigneurie

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Une seigneurie est un fief noble.

La seigneurie est un ensemble de terres, de droits et de devoirs dont le modèle est hérité du Moyen Âge, les rois ayant concédé des parts de leur territoire et de leur pouvoir à des seigneurs pour qu'ils tiennent (gouvernent) la terre en leur nom, en échange de services, notamment militaires. Elle réunit entre les mains d'une même personne la possession d'un fief.

On estime entre 40 et 50 000 le nombre de seigneuries au XVIIIe siècle.

La seigneurie est une terre gouvernée au nom du roi, par un seigneur, qui n'est pas nécessairement noble.

Sommaire

[modifier] Définition

La seigneurie était une terre que le Roi confiait à l'un de ses seigneurs. À cette époque, celle-ci était synonyme de richesse puisqu'elle accroissait le pouvoir d'un seigneur au fur et à mesure que celui-ci se voyait confier la possession de plus en plus de terres. Toutefois, ce grand propriétaire terrien faisait le serment de défendre le pauvre, la veuve et l'orphelin et les Lieux Saints au cours de la cérémonie d'adoubement des chevaliers. Il confiait donc l'administration de son précieux fief à un ou plusieurs vassaux qui avaient pour tâches de faire fructifier les terres et de s'assurer du rythme adéquat des paysans qui y travaillaient. En plein milieu de ce domaine, un château y est bâti et assure la protection de celui qui y réside, le seigneur, et des populations d'alentours. Néanmoins, les tenanciers n'habitaient pas le château. Il logeaient dans des petites chaumière faites de murs en bois ou de torchis (terre grasse et argileuse mélangée avec du foin) sur une partie de terre appelée tenure (partie de la seigneurie réservée aux paysans). Toutes les seigneuries du Moyen-Âge étaient constituées des éléments suivants : un château qui assurait la protection du seigneur contre toute attaque éventuelle d'un seigneur voisin en quête de nouveaux domaines, un petit village où étaient aménagées les chaumières, une église ou un monastère, une forêt qui permettait de fournir le bois et de nourrir le gibier ainsi que d'y recueillir de petits fruits sauvages, une rivière qui servait à étancher la soif des paysans (bien que son eau n'était pas souvent potable?), un moulin qui servait à moudre le grain, un pont à péage assurant au seigneur un revenu sur la marchandise qui y passait, la réserve seigneuriale qui était la partie du fief attribuée aux nobles et un four à pain.

[modifier] Hiérarchie sociale

  1. Roi
  2. Grand Seigneurs (Duc, Marquis, Comte et Évêque)
  3. Petits Seigneurs (Baron, Chevalier et Abbé)
  4. Vassal
  5. Vilain (paysan libre)
  6. Serf (paysan non libre)

[modifier] Rôles

[modifier] Rôle du seigneur

Les seigneurs étaient des nobles qui étaient chargés de défendre le pauvre, la veuve, l'orphelin et les Lieux Saints. En somme, les seigneurs étaient bien plus que de simples propriétaires terriens. Ils assuraient la prospérité de leur fief en développant des solutions aux problèmes agricoles de l'époque. Aussi, les seigneurs exerçaient sur les paysans un très grand pouvoir seigneurial appelé le ban qui affluait une incroyable domination sur eux. Les quatre principaux droits seigneuriaux engendrés par le ban sont le droit de justice, le droit de corvée qui dit qu'un paysans peut être affecté à tous genre de corvée sous la gouverne de son seigneur, le droit frapper la monnaie et le droit de payage qui proclame qu'un paysan doit payer en main propre de son seigneur, à date fixe, le cens (impôt).

[modifier] Rôle du paysan

Il existe deux classes de paysans, les vilains et les serfs. Les serfs étaient presque réduits à l'état d'esclavage et ne pouvaient ni abandonner leur tenure ou quitter le village sans l'autorisation de leur seigneur. Ils étaient même contraints de ne rien léguer à leur descendance tels que leurs propres outils en bois ou même leurs plus précieux biens quelle que soit la valeur sentimentale qu'ils leurs portaient. Ce statut disparait dans les faits dès le début du Moyen-âge. Malgré tout, certains paysans bénéficiaient d'un peu plus de liberté, les vilains. L'entité de leurs conditions de vie était flagrante puisqu'ils étaient autorisés à concéder tous ce qu'ils désiraient à leurs héritiers et pouvaient se déplacer librement à l'intérieur ou à l'extérieur du domaine. Ils étaient toutefois assignés à certaines corvées précises. Règle générale, tous paysans propriétaires d'une tenure (tenanciers) devaient à leur seigneur des redevances, c'est-à-dire, qu'ils devaient céder annuellement une partie de leurs récoltes. Par exemple, en septembre, ceux-ci devaient offrir leurs deux plus beaux pourceaux, en octobre payer le cens, trois semaines avant Noël donner un carré de lard et à Noël octroyer quelques-unes de leurs poules. Jour après jour, saison après saison et année après année jusqu'à la fin de sa vie le paysan travaillait d'arrache pied pour assurer le bon fonctionnement de la seigneurie. Il creusait les fossés qui entouraient le château du seigneur assurant la défense de la région, il coupait les arbres pour le défrichement des forêts et se chauffer, il entretenait les routes nécessaires aux bonnes communications, il labourait les terres ardemment pour un meilleur rendement agricole et récoltait les semences. Pour assurer sa subsistance, le paysan aménageait non loin de sa chaumière un petit jardin qu'il prenait à sa charge. Traditionnellement, le paysan y boisait du chou, du navet, des carottes, des haricots, etc.

[modifier] Problèmes agricoles et solutions

Dans l'exorde du Moyen Âge, les terres que les paysans fertilisaient étaient toutes soumises à une seule et unique culture puisqu'elles étaient divisées en deux sols l'une cultivée et l'autre laissée en jachère (partie de terre laissée au repos) une année sur deux. On effectuait ainsi une rotation des sols pour permettre leur ravitaillement. Cette technique d'agriculture se nommait l'assolement biennal. Toutefois au fil du temps, les grands propriétaires terriens ont réalisé que l'assolement biennal était bien peu rentable faute de mauvaise récolte et que le système de production agricole de leurs fiefs se résumait à une seule chose, un cercle vicieux inlassable. Premièrement, le rendement des terres était faible et les récoltes étaient peu abondantes, par conséquent, le sol cultivable était en quasi-totalité destinée à la culture des céréales pour sustenter la population ce qui a entraîné la restriction des champs laissés au pâturage des animaux, donc la rareté d'animaux, suivie de la diminution de l'engrais, de l'obligation à l'assolement biennal et de la diminution annuelle instantanée du rendement agricole pour en arriver à une longue période de famine qui s'est avéré plus problématique que jamais en forçant les seigneurs du trouver une solution concluante qui éviterait d'intercaler les dégâts. Pour débuter, le défrichement des forêts pour créer de nouvelles terres semblait décisif, mais procréait tout de même de nouvelles impasses auxquelles les grands propriétaires terriens n'avaient pas songer le fait tel que les nouvelles terres défrichées étaient parfois moins propices à l'agriculture, alors on devait davantage empiéter sur la forêt. Malgré leur persuasion de ne jamais résoudre leur problème, les seigneurs ont enfin trouvé la solution miracle qui a suffisamment réduit le taux de disette dans les fiefs. Cette solution ultime se nomme l'assolement triennal. Ce système d'agriculture était basé sur le même type de convention que l'assolement biennal à l'exception faite que l'on a décidé de répartir une terre non pas en deux mais bien en trois soles, ce qui a prolongé l'alternance de chaque sol et a permis de recourir à au moins une sole par ans malgré la possibilité de mauvais rendement de l'autre. Pour favoriser les récoltes, on a de plus développé de nouveaux moyens techniques et amélioré certains déjà utilisés. Notamment, on a muni la charrue de deux roues en bois pour un déplacement plus rapide et d'un soc de fer qui grâce à sa rigidité supérieure à celle du bois (anciennement utilisé pour la confection du soc) creusait des sillions plus profonds. De plus, les paysans ont revendiqué, auprès de leur seigneur, le droit d'utilisation du cheval comme traction animale pour la charrue à roues pour la réitérer contre le bœuf dont la rapidité était inférieure à celle du cheval. Malgré la nette amélioration de la charrue à roues, quelques paysans de l'époque ont mis au point un collier rigide appelé collier d'épaule qui à l'origine servait à atteler les chevaux un à la suite de l'autre augmentant ainsi la puissance de la traction. L'une des plus grandes innovations de cette époque est sûrement le moulin à vent et à eau qui avec son but premier pouvait, à l’aide d’une rivière avoisinante ou du vent extérieur, moudre le grain plus finement, tamiser la farine et tanner les peaux sans avoir recours à l’énergie musculaire humaine. Elle a donc surtout permis, aux quelques paysans qui auparavant se chargeaient de ces tâches routinières et relativement simples, de s'en défaire pour plutôt s'adonner à d'autres corvées qui nécessitaient, par ailleurs, de la rapidité et de l'endurance.

[modifier] Rôle du monastère

D'abord et avant tout, le monastère exerçait une grande influence sur les paysans des régions environnantes qui se manifestait par la proclamation de la doctrine du christianisme. Il incitait donc les paysans à venir prier et s'évangéliser dans ce lieu saint. En somme, en période d'invasions, les paysans pouvait venir s'y réfugier en requièrent le droit d'asile. Le monastère servait donc de refuge tel que les châteaux. Son influence était aussi d'ordre économique. Il n'hésitait donc jamais à transmettre son savoir auprès des paysans pour ainsi contribuer à l'amélioration des techniques agricoles et au développement de meilleurs outils agricoles. On doit donc, au monastère, la majeure partie des plus grandes découvertes entourant le monde agricole telles que la charrue à roues, le collier d’épaule, l’assolement triennal etc. En 1084, les moines d’un monastère appelé la Grande-Chartreuse ont même confectionné une liqueur aromatique à laquelle ils ont donné le nom de La Chartreuse. La popularité de cette boisson rafraîchissante s’est fait connaître partout dans le monde grâce à son odeur particulière et agréable. Lorsque le monastère était à son apogée, l’on pouvait conter, en Europe occidentale, plus de 2 000 monastères. La raison de cette convoitise auprès des monastères s’invoque par le fait même que les moines étaient de grands innovateurs n’ayant pas peur de défendre leur religion ni ceux qui y adhéraient. C’est donc pourquoi en date de l’an 1000, quelques moines accompagnés d’une multitude de paysans se sont rendus en Lieux Saints (Jérusalem) pour demander grâce à Dieu et convaincre les infidèles (personnes vivant en Lieux Saints n’étant pas chrétiennes) de restituer ces terres. Toutefois, ces pèlerinages (voyages religieux) contrariaient les Turcs qui à l’époque avaient pris possession des Lieux Saints et voulaient rester maître de leur Royaume. C’est donc en proscrivant l’accès des pèlerins aux Lieux Saints et en tentant de les effaroucher que les Turcs comptaient retourner les pèlerins d’où ils venaient. Malheureusement, cela ne pas eu l’effet escompté, mais bien l’effet contraire rebellant ainsi d’avantage les pèlerins contre les Turcs. À présent, les pèlerins n’avaient plus qu’une idée en tête : reconquérir les Lieux Saints et de se débarrasser des infidèles qui y habitaient. Ces pèlerinages se sont donc transformé, peu à peu, en guerres religieuses appelées croisades.

[modifier] La seigneurie foncière : propriétés et seigneurie

Le seigneur est le propriétaire direct ou éminent des terres.

La notion de propriété absolue sur un bien - mobilier ou immobilier (maison, etc.) - ne s'applique pas à la terre, car d'autres que le propriétaire ont des droits sur ces terres : le seigneur et les paysans du village. Dans le premier cas on parle de propriété « utile » pour ce qui relève du tenancier et de propriété « éminente » pour ce qui relève du seigneur.
La terre en France ressort de 2 catégories

  •  : bien hériditaire franc (exempté de tout droit seigneurial). En principe, il n'y a pas d'Alleux en France car toute terre a un seigneur. Dans les faits, il y en a, notamment dans le Massif Central, l'Est et le Midi. Mais reste des terres de petites tailles : jardins, vergés, etc.
  • La seigneurie.

Le fief est un domaine noble concédé par le roi ou un noble plus important sous condition de foi, hommage et fidélité. La seigneurie est assujettie à certains services et taxes. La réserve seigneuriale est une partie des terres de la Seigneurie, sur lesquelles le seigneur local possède pleinement (propriété utile : Droit de récolte, de vente, et de la faire hériter).

[modifier] Droit seigneurial

Voir article : Droit seigneurial.
La seigneurie octroie des droits publics, fiscaux, judiciaires, sur l'ensemble de son territoire, de ses fiefs : Réserve seigneurale et mouvance (tenures et censives). Le seigneur n'est pas propriétaire des censives, mais y a des droits : la propriété éminente, sans en avoir la propriété utile. Les censives de la seigneurie et leur différentes mutations sont inscrites dans un livre terrier, soigneusement conservé puisque déterminant quels sont les droits du seigneur sur chaque terre.

[modifier] La seigneurie banale : fonction et droit de la seigneurie

La seigneurie a un rôle symbolique, de représentation du roi et de l'ordre, mais aussi celui d'enrichir le seigneur. La seigneurie confère au seigneur un droit symbolique, d'imposition (fiscal), et de justice (judiciaire) sur les terres et sujets de son domaine.

Les principales banalités sont :

  • le four banal
  • le moulin banal
  • le pressoir banal


[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

en:Manorialism fi:Maaorjuus he:מנוריאליזם ja:荘園 nl:Lord of the Manor sv:Shoen

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