Science-fiction
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La science-fiction est un genre qui vise à essayer d'imaginer ce que pourrait être le futur et/ou les univers inconnus (planètes éloignées, etc.), en partant des connaissances actuelles (scientifiques, technologiques, ethnologiques, etc.). Il est parfois confondu, à tort, avec le fantastique, genre qui inclut une dimension non négligeable de magie et d'inexplicable. Toutefois, les deux genres sont parents et se rejoignent en de nombreux points. D'ailleurs, certaines œuvres les mélangent allègrement (comme l'univers de La Guerre des étoiles dont les Jedis ont des pouvoirs magiques).
Sommaire |
[modifier] Étymologie et origine
[modifier] Histoire du mot
Le terme français « science-fiction » a pour origine le terme anglais science fiction qui est apparu pour la première fois en 1851 sous la plume de William Wilson dans un essai intitulé : A Little Earnest Book Upon A Great Old Subject. Ce n'est pourtant qu'en 1929, suite à l'éditorial d'Hugo Gernsback dans le premier numéro du pulp magazine intitulé Science Wonder Stories, que le terme commence à s'imposer outre-Atlantique, aussi bien dans les milieux professionnels que chez les lecteurs, remplaçant de facto d'autres vocables alors en usage dans la presse spécialisée comme « scientific romance » ou « scientifiction ».<ref>Voir le dossier sur la Grande histoire des pulp magazines établi par le webzine « Le Cafard Cosmique ».</ref>
Dans son essai intitulé On Writing of Speculative Fiction, publié en 1948, l'auteur américain Robert A. Heinlein tenta d'imposer un nouveau concept, « speculative fiction », pour se démarquer des récits de fantasy qui paraissaient encore à l'époque sous l'étiquette générale de science fiction. Si le néologisme de Robert A. Heinlein connut un grand succès jusque dans les années 1960, le terme de science fiction s'est toujours maintenu comme le concept de référence.
En France, le terme de science-fiction s'impose à partir des années 1950<ref>Cf. « Le nouveau petit Robert, dictionnaire alphabétique et a,nalogique de la langue française », Éditions du Dictionnaire Le Robert, 1993.</ref>avec pour synonyme et concurrent direct le mot anticipation.
[modifier] Orthographe française
Si le mot anglais original s'écrit science fiction, le mot français s'orthographie avec un tiret : science-fiction. L'abréviation française S.F. est devenue courante à partir des années 1970<ref>Cf. « Le nouveau petit Robert, dictionnaire alphabétique et a,nalogique de la langue française », Éditions du Dictionnaire Le Robert, 1993.</ref>.
[modifier] Questions de linguistique
L'intégration du vocable anglais à la langue française a induit un subtil glissement de sens, dû à l'organisation sémantique différente qui régit les deux langues dans le domaine des noms composés. En anglais, le premier terme d'un mot composé précise et détermine le second terme, un fonctionnement linguistique qui est inversé en français. Ainsi, le terme anglais de science fiction a la nuance de « fiction scientifique », tandis que le terme français de science-fiction renvoie plutôt à une acception de type : « science fictive ». L'accent sémantique s'est ainsi déplacé de la notion de « fiction » dans le terme original anglais à la notion de « science » en français. Tandis qu'une « science fictive » n'aurait pas besoin d'être basée sur des connaissances réelles pour exister puisqu'elle est « fictive », l'idée de « fiction scientifique » semblerait devoir partir du principe que la fiction se base sur les sciences connues et reconnues. Cette nuance linguistique n'a cependant pas eu d'incidence réelle sur la production littéraire dans les milieux anglophone ou francophone et on trouve de la science-fiction sans fondement scientifique et de la hard science-fiction dans les deux langues.
[modifier] Une définition problématique
Le genre science-fiction a mis du temps à s'affirmer comme tel, et aujourd'hui encore, il reste difficile de définir dans quelle limite une œuvre peut ou non être considérée comme de « science-fiction ». Apparue sous la forme littéraire, la science-fiction (ou SF) a été accaparée depuis par les autres médias (bande dessinée, radio, cinéma, télévision et jeu vidéo) ainsi que par les arts plastiques en général (peinture, sculpture), bien que surtout représentée visuellement dans l'illustration graphique (couvertures de livres ou de disques, affiches décoratives, posters). Sous ce libellé se trouvent de nombreux sous-genres comme la hard science-fiction (science dure) comportant des fictions « prétextes » à de la vulgarisation scientifique ou à des conjectures adhérant de manière rigoureuse aux connaissances scientifiques actuelles, les uchronies (ce qui se serait passé si un élément du passé avait été différent), le cyberpunk, branché sur les réseaux, le space opera qui, avec la speculative fiction, constitue véritablement le cœur du genre, le planet opera et même le policier/science-fiction et bien d’autres encore.
Certains éditeurs rebaptisent même les œuvres de Fantasy, « Science Fantasy », moyen efficace pour n’avoir qu’une seule collection sobrement intitulée S.F. Mais ce n’est là qu’une étiquette éditoriale peu soucieuse du contenu.
Tout cela fait dire à Norman Spinrad : « La science fiction, c’est tout ce que les éditeurs publient sous ce nom. ».
Le (seul ?) point commun entre ces œuvres est d’être spéculatives (il a d’ailleurs été proposé de traduire science-fiction par speculative fiction) ou hypothétiques, basées sur des « et si » : et si les hommes colonisaient l’univers, et si des extraterrestres arrivaient, et si on voyageait dans le temps, et si on avait assassiné son grand-père (René Barjavel) ou Mahomet (Alfred Bester), ou si les Allemands avaient gagné la guerre (Philip K. Dick)...
D’une manière générale, on pourrait dire que la science-fiction met en scène des univers où se déroulent des faits impossibles en l’état actuel de la civilisation, des techniques ou de la science, qui correspondent à de nouvelles découvertes scientifiques, au fait que l’on se situe sur un autre monde, ou à de nouvelles inventions techniques.
Avec une telle définition, des œuvres comme le roman 1984 de George Orwell ou le film Brazil de Terry Gilliam ne seraient pas de la science-fiction mais de la « politique fiction » ou de la « sociale fiction ».
[modifier] La science-fiction selon...
- Kingsley Amis : « La science-fiction est un récit en prose, traitant d’une situation qui ne pourrait se présenter dans le monde que nous connaissons, dont l’existence se fonde sur l’hypothèse d’une innovation d’origine humaine ou extra-terrestre dans le domaine de la science ou de la technologie. » ;
- A. A. Attanasio : « La science-fiction se confronte aux limites humaines de la connaissance, tandis que la fantasy exprime les limites de l'existence humaine. » ;
- Ayerdhal : « La science-fiction est un puissant outil pédagogique, un véhicule idéologique non négligeable et la plus riche expression de l’imagination créatrice.» ;
- James G. Ballard : « La science-fiction est une forme de fiction tournée vers l’avenir et qui s’intéresse au présent immédiat en terme de futur plutôt que de passé ; elle exige des techniques narratives en rapport avec la matière même de son sujet. » ;
- René Barjavel : « La science-fiction, ce n'est pas un genre littéraire, c'est tous les genres, c'est le lyrisme, la satire, l'analyse, la morale, la métaphysique, l'épopée. Ce sont toutes les activités de l'esprit humain en action dans les horizons sans limites. C'est en ce moment la seule littérature vivante du monde entier. » ;
- Fredric Brown : « Le fantastique traite de choses qui ne sont pas et ne peuvent pas être. La science-fiction traite de choses qui ne sont pas, mais qui pourront être un jour. La science-fiction se limite à des possibilités compatibles avec la logique. » ;
- Orson Scott Card : « Un décor rustique évoque toujours la fantasy ; pour évoquer la science-fiction, il faut des panneaux de métal et du plastique. Il faut des boulons. »<ref>Orson Scott Card, Comment écrire de la fantasy et de la science-fiction, Éditions Bragelonne, 2006, p. 18.</ref>;
- Daniel Drode : « Des expériences sur des idées. » ;
- Harlan Ellison : « Est science fiction tout ce que j’appelle science fiction. » ;
- Alain Pelosato : « La science-fiction est le moyen le plus fantastique de traiter des problèmes de société et d’éthique, des questions liées à l’avenir de la civilisation, de l’évolution des sciences et des technologies. » ;
- Philip K. Dick : « La science-fiction est une nouvelle dimension de nous-mêmes et une extension de notre sphère de réalité tout entière; elle ne connaît de ce point de vue aucune limite. » ;
- Terry Pratchett : « La Science-Fiction, c’est de la Fantasy avec des boulons... » ;
- Frederik Pohl : « C'est cette chose que les gens qui savent ce qu'est la science-fiction désignent en disant : " C'est de la science-fiction " » ;
- Jean-François Revel : « La science-fiction se résume à un western où on remplace simplement les chevaux par des fusées et les indiens par des aliens » (propos énoncé lors de la sortie de Star Wars et sur lequel l’auteur est revenu depuis) ;
- Norman Spinrad : « La science-fiction est l’ensemble de ce qui a été publié sous le nom de science-fiction. » ;
- Michel Tournier : « Science-fiction ! Ces deux mots jurent à mon oreille. Ils se font l’un et l’autre une guerre inexpiable qui condamne le produit de leurs amours à n’être qu’un avorton minable. » ;
- Pierre Versins : « Conjecture romanesque rationnelle. » ;
- Pierre Versins : « La science fiction est un univers plus grand que l'univers connu... Elle invente ce qui a peut-être été, ce qui est sans que nul ne le sache, et ce qui sera ou pourrait être... Elle est avertissement et prévision, sombre et éclairante... Elle est le rêve d'une réalité autre et la réalisation des rêves les plus fous... » ;
- Roland C. Wagner : « Conjecture rationnelle reposant dans la plupart des cas sur une déviation de la connaissance. ».
[modifier] Historique
[modifier] Des origines de la science-fiction...
De même que par un débat sans fin on tente de définir la science-fiction, ses « historiens » ne sont pas toujours d'accord sur les origines du genre.
Pour certains, cela commence très tôt avec les mythes et les religions. Plus prosaïquement, on peut considérer L'Histoire véritable, de Lucien de Samosate, comme le premier ouvrage relevant du genre. Ses voyages extraordinaires auront une très longue postérité.
D'autres, c'est le cas de Brian Aldiss dans son essai Billion Years Spree, considèrent que le premier roman de science-fiction n'est autre que le roman de Mary Shelley, Frankenstein. C'est du moins le premier ouvrage dans lequel un auteur avoue créer une histoire fantastique qui ne relève pas de la pure fantaisie ou du surnaturel : "The event on which this fiction is founded has been supposed, by Dr. Darwin, and some of the physiological writers of Germany, as not of impossible occurrence."
Citons, parmi les précurseurs de cette littérature riche d’une longue histoire :
- Lucien de Samosate (125-192) et son Histoire véritable;
- Thomas More (1478-1535) et son Utopia (1516) ;
- Francis Godwin (1562-1633) et son Man in the Moon (1638) ;
- Johannes Kepler (1571-1630) et son Somnium (1634) qui anticipe la hard science-fiction ;
- Cyrano de Bergerac (1616-1655) et ses Histoire comique des États et Empires de la Lune et Histoire comique des États et Empires du Soleil (satiriques) ;
- Jonathan Swift (1667-1745) avec Les Voyages de Gulliver (1726) ;
- Voltaire (1694-1694) avec Micromégas (1752) relatant l’arrivée de géants provenant de Saturne et Sirius ;
- Mary Shelley (1797-1851) et son célèbre Frankenstein (écrit l’année de ses 21 ans) ;
- Edgar Allan Poe (1809-1849) avec Aventure sans pareille d'un certain Hans Pfaall (1835);
- C. I. Defontenay (1819-1856) : Star ou Psi de Cassiopée (1854) ;
- Edward Everett Hale (1822-1909), dont The Brick Moon (1869) et sa suite Life on the Brick Moon, mettent en scène le premier satellite artificiel ;
- le capitaine Danrit (1855-1916), qui explora les thèmes du militarisme, de la guerre et du colonialisme à travers le roman d'anticipation : La Guerre de demain (1888-1893), La Guerre au XXe siècle : L'invasion noire (1894);
- les frères Boex (1856-1940, 1859-1948), qui écrivirent ensemble sous le pseudonyme J.-H. Rosny jusqu'en 1919 (avant de poursuivre leur œuvre séparément sous les noms de J.-H. Rosny aîné et J.-H. Rosny jeune). Ensemble, ils ont livré Les Xipéhuz (1887) et La Mort de la Terre (1910). En 1925, J.-H. Rosny aîné crée le terme astronaute dans son roman Les Navigateurs de l'infini ;
- Edgar Rice Burroughs (1875-1950) et son héros John Carter dans le Cycle de Mars.
Mais on considère que les deux pères fondateurs de la science-fiction moderne sont Jules Verne (1828-1905) avec De la Terre à la Lune en 1865 ou 20 000 lieues sous les mers en 1870, et H.G. Wells (1866-1946) avec notamment La Machine à explorer le temps (1895), L'Homme invisible (1897) ou La Guerre des mondes (1898).
[modifier] ... au « science-fiction-boom » ...
Si la science-fiction a vu le jour en Europe et s’est bien développée en France, en Angleterre et en Allemagne, ce sont les États-Unis, entre 1920 et 1950, qui donneront au genre son âge d'or.
En effet, c’est à ce moment que se multiplient les revues spécialisées de science-fiction qui suivent la tradition des pulps (revues populaires de faible qualité et très peu chères). Citons parmi les premières du genre Weird Tales, née en 1923 , découverte par Ray Bradbury, à l'âge de 14 ans ; Amazing Stories, née en 1926 ; Wonder Stories, née en 1929 ; Astounding Stories, née en 1930. Aux États-Unis, plus de 30 revues existeront simultanément.
Ce support de parution a fortement marqué le genre. Le format et la périodicité ont fait que beaucoup de nouvelles et de courts romans (novellas) ont été écrits. Les œuvres longues n’étaient que le fait des auteurs les plus célèbres et paraissaient par épisodes, ce qui n’était pas sans conséquences sur le texte puisque les auteurs devaient s’y adapter.
L’édition sous forme de livres des textes de science-fiction est plus tardive. Elle précède de peu la disparition de nombreuses revues.
De ces premiers magazines spécialisés ont émergé la plupart des principaux écrivains classiques de science-fiction : Howard Phillips Lovecraft, Isaac Asimov, Ray Bradbury, Arthur C. Clarke, Frederik Pohl, Robert A. Heinlein, Alfred Bester, A. E. van Vogt, etc.
Cette période fut aussi marquée par l'émergence du cinéma, né en 1895. Celui-ci se tournera très tôt vers la science-fiction et le fantastique, avec Le Voyage dans la Lune de Georges Méliès (1902) et les films de l’expressionnisme allemand, comme le Nosferatu (Nosferatu, eine Symphonie des Grauens) de F.W. Murnau (1922) et Metropolis de Fritz Lang (1927). Parmi les films majeurs de cette période, on peut citer Frankenstein (James Whale, 1931), King Kong (Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, 1933), qui étonna par ses effets spéciaux, Le Jour où la Terre s'arrêta (The Day the Earth Stood Still, Robert Wise, 1951 — il réalisa également La Maison du diable et Star Trek I) et Planète interdite (Forbidden Planet, Fred M. Wilcox, 1956). Mais il ne faut pas oublier une production plus populaire mais aussi emblématique, caractérisée (avant l’ère de la télévision) par les serials, films découpés en épisodes, dont les héros s’appelaient Flash Gordon (1936, 13 épisodes) ou Buck Rogers (1939, 12 épisodes).
La bande dessinée ne fut pas en reste, avec l’explosion des comics comme Buck Rogers et Flash Gordon, et ceux qui sont consacrés aux super-héros (Superman, Batman, Wonder Woman (de la DC Comics), ou bien encore Spider-Man, les Quatre Fantastiques, les X-Men (de la Marvel)).
En France, de 1953 à 1962, les publications Artima développèrent ce genre dans des publications de kiosque, avec des histoires originales (Meteor, Atome Kid et La Famille Rollinson dans l’espace) ou des traductions de matériel américain (Aventures Fiction, Sidéral, etc.).
[modifier] ... à aujourd’hui.
Depuis lors, la science-fiction est un genre riche et diversifié. Elle mêle des œuvres de grande qualité (et a gagné ses lettres de noblesse littéraires avec des auteurs comme Ray Bradbury) à de la « littérature de gare ». Parmi les auteurs contemporains, on peut citer Orson Scott Card, Dan Simmons et Peter F. Hamilton (actuellement best-seller en Grande-Bretagne et considéré comme le rénovateur du genre space opera).
Les sous-genres, évoqués au début du texte, se sont aussi multipliés et de nouveaux continuent d’apparaître.
[modifier] Une nouvelle géographie
La science-fiction a aussi étendu son essor géographiquement, bien au-delà des États-Unis. On a vu, par exemple, une « nouvelle vague » de science-fiction française dans les années 1970 (avec, entre autres, Pierre Pelot (alias Pierre Suragne), Jean-Pierre Andrevon, Gérard Klein (également responsable de la collection Ailleurs et Demain des éditions Robert Laffont (qui a beaucoup fait pour donner à cette littérature ses lettres de noblesse)), Michel Jeury, Philip Goy, Dominique Douay ou encore Philippe Ebly (pour les enfants et adolescents des années 1970 et 1980). On compte aussi de nombreux auteurs de talent dans les pays de l’Est (rarement traduits en français) avec à leur tête le Polonais Stanislas Lem et les frères russes Arcadi et Boris Strougatski.
Si en France les revues spécialisées n'ont jamais joué un rôle de premier plan, comme aux USA, elles n'en existent pas moins. Parmi les principales, citons :
[modifier] Au cinéma
Aujourd’hui, la science-fiction est toujours bien présente. Elle a gagné plusieurs lectorats, s’est popularisée avec le cinéma et nombre de ses thèmes sont ancrés dans l’esprit de chacun. La science-fiction est un des genres majeurs du cinéma, soit sous la forme d’adaptations d’œuvres littéraires, soit sous la forme de créations originales. Le Voyage dans la Lune (1902) de Georges Meliès est ce que l'on peut considérer comme le premier film de science-fiction. Parmi les films importants qui imposèrent un certain nombre de standards, on peut retenir 2001, l’odyssée de l’espace (2001 : A Space Odyssey (1968)), de Stanley Kubrick, La Guerre des étoiles (1977), de George Lucas, Alien - Le huitième passager (1979), Blade Runner (1982), de Ridley Scott, tiré d’un roman de Philip K. Dick, ainsi que la série télévisée Star Trek (à partir de 1966) et plus récemment La Guerre des Mondes, d’après H.G. Wells, réalisé par Steven Spielberg, qui a également réalisé en 2002 Minority Report, d'après une nouvelle de Philip K. Dick. L’idée que l’on a du film de science-fiction est souvent associée à une débauche d’effets spéciaux, mais il existe des films dits de « science-fiction minimaliste », qui mettent en scène le fantastique sans aucun effet spécial, uniquement en jouant avec le cadrage, la mise en scène, le jeu d’acteurs et la musique ; citons, par exemple, Solaris et Stalker d’Andrei Tarkovsky (1979), Le Trésor des îles Chiennes de François-Jacques Ossang (1990), Bienvenue à Gattaca d’Andrew Niccol (Gattaca, 1997), ou encore FAQ: Frequently Asked Questions de Carlos Atanes (2004).
Voir une chronologie détaillée dans l'article Chronologie du cinéma de science-fiction
[modifier] Dans le cinéma d’animation
Concernant le cinéma d’animation, les Japonais occupent une place prépondérante tant au cinéma qu’à la télévision (on parle d'anime ou de manga eiga pour désigner ces réalisations), avec notamment des réalisateurs comme Katsuhiro Otomo (Akira) et Mamoru Oshii (Ghost in the Shell). Mais des réalisations françaises (Le Secret de Sélénites ou Les Fabuleuses Aventures du légendaire Baron de Munchausen de Jean Image), ou bien états-uniennes (Métal hurlant), font partie intégrante du développement de la science-fiction dans le cinéma d’animation.
La déferlante des séries d’animation japonaises (parfois coproduites avec des Français ou des Américains), qui envahirent les programmes « jeunesse » de la télévision française durant la décennie 1978-1988, contribua largement à populariser le genre en France, bénéficiant d’une diffusion médiatique de masse sur des chaînes hertziennes (TF1, Antenne 2, FR3, puis La Cinq) aux heures de grande audience. De ce fait, des séries telles que Goldorak, Capitaine Flam, Albator, Il était une fois... l'Espace, La Bataille des planètes et Ulysse 31 ont toutes gardé une place privilégiée dans le cœur des Français.
[modifier] En bande dessinée
En bande dessinée, la science-fiction est l’occasion de développer des univers esthétiques fabuleux.
Parmi les grands créateurs du genre, on compte beaucoup de dessinateurs et de scénaristes français ou travaillant en France, notamment ceux qui gravitent autour du journal Métal hurlant ; citons, par exemple, Enki Bilal, Caza, Philippe Druillet, Alejandro Jodorowsky, Olivier Ledroit, Moebius et Olivier Vatine. Pareillement avec le magazine bimensuel Ere comprimée avec Dick Matena, Rafa Negrete ou encore Cacho Mandrafina.
En 1946 et 1947, l'hebdomadaire Coq-Hardi publie Guerre à la Terre (scénario: Marijac, dessin: Auguste Liquois (première partie) et Pierre Duteurtre (deuxième partie)).
Kaza le Martien parut dans l'hebdomadaire OK (Belgique), de 1946 à 1948. Cette bande dessinée, écrite et dessinée par Kline, s'inspirait de Flash Gordon.
Et il est difficile de ne pas parler d'Edgar P. Jacobs, dont Le Rayon U fut publié en 1943. A la fin des années 1940, il crée la série des aventures de Blake et Mortimer, un classique du genre.
Roger Leloup est un scénariste et dessinateur belge dont la série Yoko Tsuno se déroule dans un univers empreint de science-fiction.
Aux États-Unis, on peut citer Alex Raymond, Richard Corben, Frank Miller, et les anglais Simon Bisley, Pat Mills (scénariste) et Alan Moore (scénariste).
En 1950, Frank Hampson créa pour le magazine anglais Eagle, Dan Dare, Pilot of the Future.
Les mangas (bandes dessinées japonaises) exploitent elles aussi énormément les thèmes de la science-fiction et du fantastique. Citons par exemple Go Nagai, Katsuhiro Otomo et Masamune Shirow.
[modifier] Mutations récentes
Depuis les années 1960-1970 émerge une science-fiction plus mûre. Elle se penche sur notre société et propose souvent des réflexions sur des problèmes immédiats (écologie, sociologie, rôle des medias, rapport au pouvoir, aux nouvelles technologies, à l’histoire). Elle est ancrée dans son temps et ses problématiques, tout en restant œuvre d’évasion. Cela n'empêche pas les éditeurs de continuer à publier une science-fiction purement distractive telle que cycle de Honor Harrington.
La science-fiction a également exploré d'autres voies à travers l'expérimentation stylistique. En Grande-Bretagne, la New Wave est née autour de Michael Moorcock et sa revue New World (J. G. Ballard, dont le roman Crash est un bon exemple des recherches formelles poursuivies par cette école). Aux USA s'est développée la New Thing (Harlan Ellison, Roger Zelazny) et en France, Michel Jeury s'est inspiré du Nouveau Roman dans Les Singes du temps et Le Temps incertain.
[modifier] Thèmes et genres de la science-fiction
Voir l'article détaillé : Thèmes et genres de la science-fiction
[modifier] Rapports entre la science et la science-fiction
Si le monde imaginaire de la science-fiction et les réalités scientifiques sont parfois à cent lieues l’une de l’autre, ces deux univers peuvent aussi s’enrichir l’un l’autre.
Ainsi, la science-fiction joue-t-elle pour la science un rôle de prospective, voire de défouloir? Le scientifique, depuis Galilée, n’est pas porté à s’intéresser aux conséquences de ses découvertes. Il offre à l’humanité un outil ; à ceux qui s’en serviront de le faire avec sagesse. Cependant, depuis que la Seconde Guerre mondiale a montré de manière terrifiante les conséquences d’une mauvaise utilisation des progrès scientifiques (bombe nucléaire, extermination industrielle, etc.), la question éthique se pose de plus en plus. La science-fiction, en extrapolant les conséquences possibles de découvertes scientifiques, permet ainsi d’éclairer la conscience de l’humanité.
Un exemple : l’Ascenseur spatial, imaginé par Constantin Tsiolkowski en 1885 et repris dans un roman d’Arthur C. Clarke: Les Fontaines du Paradis.
Isaac Asimov est connu tant comme auteur majeur de science-fiction que comme vulgarisateur scientifique (trous noirs).
[modifier] Ouvrages de référence
- Gilbert Millet et Denis Labbé, La Science-fiction, Éditions Belin, janvier 2002
- André-François Ruaud et Raphaël Colson, Science-fiction, une littérature du réel, Éditions Klincksieck, mars 2006
- François Rouiller, 100 mots pour voyager en Science-Fiction, Éditions Les Empêcheurs de Penser en Rond, 2006
- Francis Berthelot, Bibliothèque de l’Entre-Mondes : Guide de lecture, les transfictions, Éditions Gallimard, coll. « Folio science-fiction »
- Jacques Baudou, La Science-fiction, Éditions Presses Universitaires de France
- Amis Kingsley (Préface de Jean-Louis Curtis), L’Univers de la science-fiction, traduit de l'américain par Élisabeth Gille, Éditions Payot, 1962
- Claude Aziza & Jacques Goimard, Encyclopédie de poche de la science-fiction, Éditions Presses Pocket, 1986
- Francis Valéry, Passeport pour les étoiles, Éditions Gallimard, coll. « Folio science-fiction »
- Lorris Murail, Le Guide Totem de la science-fiction, Éditions Larousse, 1999
- Stan Barets, Le Science-fictionnaire (anciennement « Catalogue des âmes et cycles de la science-fiction » publié en 1981), Éditions Denoël, coll. « Présence du futur »
- Pierre Versins, Encyclopédie de l'utopie, des voyages extraordinaires et de la science-fiction, l'Âge d'homme, 1972
- Igor & Grichka Bogdanov, La Science-fiction, Éditions Seghers ;
- Jacques Goimard, Critique de la science-fiction, Éditions Pocket, coll. « Agora », 2002.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Liens internes
- Thèmes et genres de la science-fiction ;
- Auteurs de science-fiction ;
- Univers fantastique ;
- Cyberpunk ;
- Steampunk ;
- Post-apocalyptique ;
- Space opera ;
- Planet opera.
[modifier] Liens externes
[modifier] En français
- SF-Story - Ce site se propose de faire découvrir les œuvres majeures du cinéma de SF (comme Le Voyage dans la Lune, Planète interdite, 2001, l'odyssée de l'espace, Alien, etc.) à travers de nombreuses fiches très détaillées : critiques, anecdotes, photos, bandes-annonces et liens.
- ActuSF - Ce site traite de toute l’actualité des genres de l’imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique) en littérature, littérature jeunesse et bandes dessinées.
- Culture SF
- Le Cafard Cosmique - Ce webzine mensuel consacré aux littératures de l’imaginaire propose des articles sur l’actualité des parutions de SF, des dossiers à thèmes (le cyberpunk, les uchronies, les nanotechnologies...), des interviews d’auteurs et d’éditeurs, des fiches sur une centaine d’auteurs marquants du genre et enfin un forum de discussion extrêmement vivant sur lequel on trouve rapidement réponse à n’importe quelle question touchant à la littérature SF.
- Erwelyn.com - Ce site est spécialisé dans la recherche bibliographique et thématique dans le domaine de la SF. Plusieurs thèmes déjà traités : Mars, le steampunk, les mondes parallèles, les animaux dans la SF, la dystopie. Tous les supports sont étudiés : littérature, cinéma, TV, BD, revues, jeux vidéos...
- Le Journanal de la SF
- NooSFere - Cette association loi 1901 a pour but de promouvoir la SF parue en langue française. Leur portail héberge une encyclopédie (livres, BD, revues, auteurs, prix littéraires, etc.), une liste de sites d’amateurs de SF ainsi que de sites de certains auteurs.
- Pages Françaises de Science-Fiction
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[modifier] En anglais
[modifier] Notes et références
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