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Jérôme Savonarole

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Jérôme Savonarole, en italien Girolamo Savonarola, né à Ferrare, le 21 ou le 24 septembre 1452 et mort sur le bûcher à Florence, le 23 mai 1498, est un moine dominicain et prédicateur italien, qui dirige Florence de 1494 à 1498.

Également appelé Hieronymus Savonarola ou encore Girolamo Savonarole, il est connu pour ses réformes religieuses, ses prêches anti-Renaissance, son bûcher des vanités où disparurent de nombreuses œuvres d’art. Il prêcha de façon véhémente contre la corruption morale du clergé, ce qui en fait un des précurseurs de la Réforme protestante, bien qu’il soit resté catholique romain toute sa vie ; les Florentins lui rendent un culte, à l’égal d’un saint.

Sommaire

[modifier] Biographie

[modifier] Jeunesse

Dès sa jeunesse, il s’intéresse aux questions religieuses, et étudie la Bible et Aristote. Il commence ses études à l’Université de Ferrare, où il obtient un diplôme en Arts. Son penchant anticlérical apparaît déjà dans un poème sur la destruction du monde, intitulé De Ruina Mundi, écrit à 20 ans. C’est aussi à cette époque qu’il choisit sa voie spirituelle, et son poème De Ruina Ecclesiai (1475) montre son son mépris de la Curie romaine, qu’il nomme une putain fière et menteuse. Il devient alors dominicain en 1475 et entre au couvent Saint-Dominique de Bologne. Il se plonge dans les études théologiques (l’université de Bologne est l’une des plus importantes de l’époque), puis part au couvent Sainte-Marie-des-Anges, avant que l’Ordre ne l’envoie à Florence en 1482. On a reproché à Savonarole d’être un orateur maladroit et pauvre. C’est peut-être vrai à cette époque, car il ne se fait pas remarquer dans les années 1480, et son départ en 1487 passe inaperçu. Il retourne à Bologne et devient maître d’études. En 1490, il est rappelé à Florence, à la demande du comte Pic de la Mirandole, dont il devient le confesseur.

[modifier] Carrière à Florence

À cette époque, le clergé de l’Église catholique romaine était de plus en plus corrompu et donnait lui-même l’exemple d’une vie dissolue. La papauté est marquée par les abus et l’immoralité des papes ; les moines, dans de nombreuses régions, se font marchands d’indulgences. En opposition face à ces péchés, Savonarole s’éloigne de plus en plus de ses études dans le monde. Il se replie de plus en plus sur l’étude de la Bible et des Pères de l'Église, dont les œuvres deviennent ses compagnons de chaque instant. À Florence, son église Saint-Marc est sévère à l’excès (voir sa cellule et ses cilices). Ses sermons enflammés vont cependant conduire à une réforme sociale jamais vue dans l’histoire. Savonarole n’est pas un théologien ; il ne met pas en place une doctrine, comme Luther ou Calvin. Il prêche simplement que la vie des chrétiens doit comporter plus de bonté, plutôt que d’étaler une splendeur excessive. Il ne cherche pas à affronter l’Église de Rome. Il cherche plus à corriger ses excès. Savonarole prêche contre le luxe, la recherche du profit, la dépravation des puissants et de l'Église, la recherche de la gloire.

Laurent de Médicis, précédent souverain de Florence et mécène de nombreux artistes de la Renaissance, est aussi l’ancien protecteur de Savonarole. Il est souvent dit qu’il appela Savonarole sur son lit de mort, en 1492, et que le moine vint. Cependant, Laurent de Médicis et son frère Pierre sont la cible des prêches de Savonarole. Laurent de Médicis, souverain corrompu par bien des côtés, issu d'une famille de criminels qui a réussi à prendre le contrôle de la ville de Florence. Il engage Fra Mariano, prédicateur populaire pour prêcher contre Savonarola. Son éloquence tombe tellement à plat sur les Florentins qu'il démissionne après son premier sermon.

Alors qu'il avait prédit qu'un nouveau Cyrus traverserait l’Italie pour y remettre de l'ordre, l'entrée fracassante de l'armée française de Charles VIII en Toscane en 1494 parut confirmer sa prophétie.

[modifier] Gouvernement théocratique

Les Médicis sont renversés par la conquête française en 1494. Savonarole rencontre le roi de la France, fixe les conditions de la paix, qu’il adoucit, et évite le sac de la ville. Les Florentins sont autorisés par le roi de France à choisir leur propre mode de gouvernement. Savonarole devient alors dirigeant de la cité. Il institue une république démocratique relativement moderne. Il la décrit comme une « République chrétienne et religieuse » ; une de ses premières décisions est de rendre la sodomie, auparavant punie d’amende, passible de la peine de mort. Mais il modifie également le système d’imposition pour le rendre plus juste, abolit la torture, prend des lois contre l'usure, établit une cour d’appel, établit un système de secours aux pauvres. Ces lois et ce gouvernement, eurent une influence sur les intellectuels européens pour les siècles à venir. Les principaux ennemis de Savonarole sont alors le duc de Milan Ludovico Sforza et le pape Alexandre VI.

Ses pamphlets violents contre les Médicis, auxquels il reprochait d'être corrompus contribuèrent à l’expulsion de Pierre de Médicis par les Florentins en 1495. Savonarole s'imposa comme le chef politique de la cité où il exerça une dictature théocratique proclamant Jésus-Christ « roi du peuple florentin ».

Savonarole prend en main la jeunesse : les jeunes adolescents, revêtus de robes blanches, parcourent les rues pour inciter les Florentins à l’aumône (de plus en plus forcée).

En 1497, Savonarole et ses disciples élèvent le bûcher des Vanités. Des jeunes garçons sont envoyés de porte en porte pour collecter tous les objets liés à la corruption spirituelle : miroirs, cosmétiques, les images licencieuses, les livres non-religieux, les jeux, les robes les plus splendides, les livres de poètes jugés immoraux, comme les livres de Boccace et de Pétrarque. Ces objets sont brûlés sur un vaste bûcher de la Piazza della Signoria. Des chef-d’œuvres exceptionnels de l’art florentin de la Renaissance ont ainsi disparu dans le bûcher, y compris des peintures de Sandro Botticelli que l’artiste a apportées lui-même au bûcher.

Cependant, Florence se lasse des excès de Savonarole. Lors du sermon de l’Ascension du 4 mai 1497, des bandes de jeunes déclenchent une émeute, qui devient une révolte : les tavernes rouvrent, les jeux reprennent publiquement.

Le 23 mai, Savonarole est excommunié par Alexandre VI, et en 1498, le pape demande son arrestation et son exécution. Il l’accuse d’hérésie, de prophétisme, de sédition et d’erreur religieuse. Il reconnaît ses erreurs sous la torture, et se rétracte ensuite. Condamné par un tribunal d'Inquisition, il est pendu puis brûlé sur la place où il avait élevé le bûcher des Vanités, avec deux de ses disciples. Le bourreau aurait allumé le bûcher en hurlant Celui qui a voulu me brûler est maintenant livré aux flammes. Machiavel a aussi assisté à l’exécution. Les Médicis reprennent le contrôle de la ville.

[modifier] Héritage

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Savonarole était probablement un croyant fervent, et dont l’apparence physique était électrisante. Il peut être comparé à Luther dans sa dénonciation des péchés, mais il ne tire pas les mêmes conclusions que le moine allemand. On peut supposer que s’il avait vécu une génération plus tard, il aurait conduit une révolution au sein de l’Église aussi importante que celle de Luther. Cependant, Savonarole était convaincu de la justesse de la doctrine catholique, et à l’opposé de Luther, se concentre sur la lutte contre l’immoralité dans l’Église, et délaisse la doctrine.

Savonarole, bien que condamné par l’Église, est une figure légendaire parmi beaucoup de traditions protestantes. Ses prophéties sur le futur de la ville de Florence sont précises. Spurgeon, dans son ouvrage de 1869, relève ainsi :

  • sa prophétie sur l’épée de Cyrus n’a été comprise par personne lorsqu’il la prononça. La ville était en paix, les Florentins unis, et la fin ne vint pas. Mais lorsque le roi de France vint avec son immense armée, entra dans Florence et pris Naples, les gens comprirent le message du moine. Les Médicis sont alors expulsés ;
  • pendant la fièvre de persécution qui a suite mené à son exécution, Savonarole a prédit que le pape, le roi de Naples et Laurent de Médicis mourraient tout dans l’année par la volonté divine et à cause de la corruption de l'Italie. Avant la fin de cette année, les trois étaient morts. Laurent de Médicis sur son lit de mort, réfléchissant sur ce qu'il avait fait, n'a pas demandé ses prêtres attitrés pour se confesser, mais a réclamé Savonarole. Comme Savonarola hésitait à venir, Laurent renvoya un messager avec la promesse que si Savonarole venait, il ferait tout ce qu'il demanderait, voulant juste soulager sa conscience avec une confession. C’est ainsi qu’il admis les mauvais traitements envers Savonarola, et trois crimes qu’il n’avait jamais oublié : le sac de Volterra, le pillage du Monte della Fanciulle, et le massacre des Pazzi. Savonarola répondit que trois choses devaient être faites :
    • avoir la foi dans le pardon de Dieu,
    • restituer ce qu’il avait volé dans la mesure du possible,
    • laisser la possibilité aux Florentins de constituer un gouvernement démocratique. À cette dernière demande, Laurent aurait tourné le dos à Savonarole, qui le quitte sans l’absoudre ;
  • environ dix-huit mois après la mort de Laurent et son refus de donner la liberté à Florence, Charles VIII envahit l’Italie et met à sac Naples, comme Savonarole l’avait prédit ;
  • Savonarole, au début de son gouvernement (1494), prédit qu’il gouvernerait encore huit ans, et qu’il mourrait martyrisé.

Dans son livre Les Expériences profondes des chrétiens célèbres, édité au début des années 1900, James Lawson, a examiné les vies de plusieurs figures principales évangéliques. Il note que Savonarola a été le précurseur de la république démocratique de type occidental de l'Amérique, à une époque que beaucoup appellent « les Âges sombres ». L'auteur le considéré comme l'un des plus grands saints et prophètes de l'histoire évangélique.

Une plaque commémorative indique toujours l'emplacement de son bûcher sur la Piazza della Signoria à Florence. Il fait aujourd'hui encore l'objet d'une dévotion particulière de la part du peuple de Florence. Un mouvement en faveur de sa canonisation est soutenu par les dominicains, mais les Jésuites s’y opposent.

Même après sa mort, Savonarole continue d’exercer une influence sur ceux qui l’ont connu : ainsi, Botticelli ne peint plus de nus après l’épisode du bûcher des Vanités.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Sources

  • Sermones Quadragesimales super Archam Noe. Venezia, Pietro de' Nicolini da Sabio per Francesco e Michele Tramezzino, 1536. Ces sermons avaient été soigneusement notés par ses auditeurs et seront publiés par les frères Tramezines à Venise dont c'est une des premières entreprises éditoriales.
  • Les Héros de la Foi par Orlando Boyer, Editeur / Edition : VIDA.
  • Version du 10 septembre de l’article anglais
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