Syndrome d'immunodéficience acquise
Un article de Wikivisual, l'encyclopédie libre.
Le syndrome de l'immunodéficience acquise, plus connu sous son acronyme sida, AIDS en anglais, est le nom donné à un ensemble de symptômes (syndrome) consécutifs à la destruction des lymphocytes T CD4+, cellules majeures du système immunitaire. La grande majorité de la communauté scientifique impute cette destruction au Virus de l'immunodéficience humaine. L'utilisation du terme maladie est impropre et on doit parler plutôt de syndrome.
Depuis le début de l’épidémie, trois modes de transmission ont été observés :
- La transmission par voie sexuelle
- La plupart des infections par le VIH ont été ou sont encore acquises à l’occasion de rapports sexuels non protégés. La transmission sexuelle se fait par contact entre les sécrétions sexuelles (ou du sang contaminé par le virus) et les muqueuses rectale, génitale ou buccale. La probabilité de transmission par acte varie de 0,005% (contact buccal) à 0,5% (contact anal) <ref>(en) Estimation des risques d'infections par le VIH, site du CDC</ref>.
- La transmission par voie sanguine
- Ce mode de contamination concerne tout particulièrement les usagers de drogues injectables, les hémophiles et les transfusés. Les professionnels de santé (soins infirmiers, laboratoires) sont aussi concernés, bien que plus rarement. Il ne faut pas négliger les risques de contamination par aiguilles souillées et non ou mal désinfectées (tatouages).
- La transmission de la mère à l’enfant pendant la grossesse
- La transmission mère-enfant du virus peut survenir in utero dans les dernières semaines de la grossesse, et au moment de l’accouchement. L’allaitement présente aussi un risque de contamination du bébé, de l’ordre de 5 %, ce qui explique qu’il soit déconseillé en cas d’infection de la mère. Cependant, une récente étude, menée par PJ. Illif & al. au Zimbabwe, montre que l'allaitement exclusif précoce réduit le risque de transmission postnatale et accroît la survie des enfants. En l’absence de traitement, le taux de transmission, entre la mère et le fœtus, avoisine les 20 %. Actuellement, les traitements disponibles alliés à une césarienne programmée ont réduit ce taux à 1 % <ref>Laurent Mandelbrot Hôpital Cochin, Paris</ref>. Les résultats sont plus mitigés dans les pays en voie de développement <ref>Sutthent, Bangkok, Thailande</ref> <ref>Quaghebeur Mombasa, Kenya</ref>.
Dans les pays ayant accès aux traitements antirétroviraux, la prise en charge de l’infection par le VIH est désormais celle d’une maladie au long cours. Les trithérapies antirétrovirales ont considérablement réduit la mortalité et la morbidité de l’infection à VIH. En contrepartie ont émergé d’autres problématiques liées aux complications des traitements eux-mêmes (lipodystrophie, accroissement du risque cardio-vasculaire, troubles glucido-lipidiques, pathologie mitochondriale), ou des problèmes d’échappement puis d’échec immunovirologique, liés à la question de l’observance.
Cette situation privilégiée d’accès aux traitements ne concerne que les pays riches qui peuvent assurer la prise en charge financière de ces thérapeutiques. Dans les pays en développement, plus de 95 % des patients (soit environ 40 millions de personnes) ne bénéficient aujourd’hui d’aucun traitement efficace.
[modifier] Historique de la problématique du sida
Le VIH est étroitement lié aux virus entraînant des maladies semblables au sida chez les primates, le Virus d'immunodéficience simien (SIV). Et il est possible que le virus VIH ait été transféré de l’animal à l’homme au début du XXe siècle, bien que certains indices montrent que dans certains cas isolés, ce transfert se serait produit plus tôt. La source animale ainsi que l’époque et le lieu exacts du premier transfert (ou des premiers transferts) ne sont pas connus.
Un virus presque identique au VIH-1 a été caractérisé chez des chimpanzés Pan troglodytes troglodytes est sont des porteurs sain du SIVcpz. La contamination par l'homme aurait été réalisée par la chasse, la consommation de viande de singe et une mutation du virus. Les études scientifiques ont suggéré que le virus serait apparu initialement en Afrique de l'Ouest, mais il est possible qu’il y ait eu plusieurs sources initiales distinctes. Le premier échantillon recensé du virus VIH fut recueilli en 1959 à Léopoldville (aujourd'hui Kinshasa), dans l’actuelle République démocratique du Congo. Parmi les premiers échantillons recueillis, on compte également le cas d’un Américain homosexuel en 1969, et d’un marin hétérosexuel norvégien en 1976.
Dans son livre La rivière, le journaliste Edward Hooper attribue l'origine du sida aux vaccins anti-polio, ou plutôt aux méthodes de vaccination contre la poliomyélite employées notamment au Congo. Cette thèse est totalement réfutée après la publication d'un article dans la revue Nature <ref>Worobey M, Santiago ML, Keele BF, Ndjango JB, Joy JB, Labama BL, Dhed'A BD, Rambaut A, Sharp PM, Shaw GM, Hahn BH., Origin of AIDS: contaminated polio vaccine theory refuted. Nature, 2004 Apr 22;428(6985):820</ref>.
À la fin des années 1970, des médecins de New York et de San Francisco s'aperçoivent que nombreux sont leurs clients homosexuels souffrant d'asthénie, de perte de poids et parfois même de forme rare et atypique de cancer (comme le Sarcome de Kaposi qui s'attaque aux leucocytes). L'existence d'un problème sanitaire est avérée en juillet 1981 lorsque le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) d'Atlanta relève une fréquence anormalement élevée de sarcomes de Kaposi, en particulier chez des patients homosexuels. L'apparition d'un nouveau virus est évoquée dès 1982.
En 1983, l'équipe du Professeur Jean Claude Chermann de l'institut Pasteur découvre et isole le virus VIH.
L’origine virale ne sera pas d'emblée évoquée et l’hypothèse d’une intoxication par des produits comme les poppers (stimulant sexuel contenant du nitrite d’amyle) a pu être émise au début, car les six premières personnes malades en avaient toutes été de gros consommateurs. De même, l’identification du virus responsable a été difficile, beaucoup de scientifiques parlant d’HTLV comme cause de l’épidémie. S’emparant de la découverte, la presse a commencé par désigner le virus par la périphrase de « cancer gay », avant de revenir sur ce préjugé. C’est à la même période que de nombreux transfusés (notamment en France) sont contaminés par des lots de sang contenant le virus VIH. En quelques années, le virus va s’étendre pour finir par toucher toutes les couches de la population. Seules les campagnes d’information sur les comportements à risque, les méthodes de propagation de la maladie et surtout les moyens de protection permettront aux pays développés d’enrayer la progression (sans toutefois pouvoir la bloquer). La prise de conscience générale doit aux populations homosexuelles son déploiement rapide ; en effet, de nombreux mouvements, tels que celui d’Act Up, et des vedettes internationales ont forcé la visibilité, incitant les dirigeants politiques à engager de véritables recherches scientifiques.
C’est aujourd’hui principalement les habitants des pays en voie de développement qui sont les principales victimes de ce virus. Les raisons sont multiples et varient d’un pays à l’autre : tourisme sexuel pour l’Asie du Sud-Est, culture valorisant le nomadisme sexuel et la polysexualité (Europe), absence d’information de la population sur les facteurs de risque de transmission (notamment en Afrique), manque de moyens ou de volonté pour faire de la prévention et informer les populations, voire refus d’admettre les faits. Certains estiment que les convictions religieuses interdisant l’utilisation des moyens de protection tels que le préservatif sont aussi en cause.
[modifier] L’infection par le VIH
Le VIH désorganise le système immunitaire en infectant les lymphocytes T CD4+. Ces cellules sont en effet les "coordinatrices" de la réponse immunitaire : elles jouent un rôle tout à fait central. La mort des cellules infectées est consécutive au détournement de la machinerie des lymphocytes, qui ne peuvent plus fabriquer leurs propres molécules, ainsi qu'à la destruction de l'intégrité membranaire au moment de la sortie des virus neo-formés. Par ailleurs, les cellules infectéees exposent à leur surface membranaire des protéines virales (complexe Env). Ces protéines sont reconnues par des cellulles immunitaires saines et s'accolent au lymphocyte infecté. S'ensuit un processus de "baiser de la mort" (kiss of death) par lequel la cellule saine est détruite par activation de la voie de l'apoptose <ref>Mechanisms of apoptosis induction by the HIV-1 envelope, J-L Perfettini, M Castedo, T Roumier, K Andreau,R Nardacci, M Piacentini and G Kroemer, Cell Death and Differentiation (2005) 12, 916–923</ref>. Dans ce sens, Luc Montagnier rappelle lors d'un colloque (Bruxelles, décembre 2003) : "la mort massive des lymphocytes T4 n'est pas due à l'infection directe des cellules par la souche virale, qui est alors peu cytopathogène, mais à des mécanismes indirects touchant les cellules CD4+ non infectées. Un des médiateurs de cette apoptose est l'existence d'un fort stress oxydant caractérisé par une prévalence de molécules oxydantes (radicaux libres) sur les défenses antioxydantes de l'organisme" <ref>Luc Montagnier, colloque à Bruxelles, décembre 2003 (document Microsoft Word)</ref>.
En l’absence de traitement, la quasi totalité des patients infectés par le VIH évolue vers le sida, phase ultime de la maladie. La durée d'évolution vers le sida a semblé être de deux ou trois ans au début de la pandémie, est plutôt de l'ordre de 10 ans, ainsi que l'on montré des études faites en Ouganda. Les raisons de la latence de l'apparition de la maladie demeurent inexpliquées de façon satisfaisante. Il existe deux classifications pour décrire la progression de l’infection VIH, basées sur les manifestations cliniques et les anomalies biologiques
[modifier] Classification en stades cliniques proposée par l’OMS
- Stade clinique 1 :
- Patient asymptomatique.
- Adénopathies persistantes généralisées.
- Stade clinique 2 :
- Perte de poids inférieure à 10 % du poids corporel.
- Manifestations cutanéomuqueuses mineures (dermite séborrhéique, ulcérations buccales récurrentes).
- Zona au cours des 5 dernières années.
- Infections récidivantes des voies respiratoires supérieures.
- Stade clinique 3 :
- Perte de poids supérieure à 10 % du poids corporel.
- Diarrhée chronique inexpliquée pendant plus d’un mois.
- Fièvre prolongée inexpliquée pendant plus d’un mois.
- Candidose buccale (muguet).
- Leucoplasie chevelue buccale.
- Tuberculose pulmonaire dans l’année précédente.
- Infections bactériennes sévères (pneumopathies par exemple).
- Stade clinique 4 :
- Pneumocystose.
- Toxoplasmose cérébrale.
- Maladie de Kaposi.
- Lymphome.
- Mycobactériose atypique généralisée, et plus généralement toute affection grave apparaissant chez un patient infecté par le VIH, ayant une baisse importante de son immunité (taux de CD4 inférieur à 200/mm³).
[modifier] Classification CDC (Centers for Diseases Control) modifiée en 1993
- Catégorie A :
- Séropositivité aux anticorps du VIH en l'absence de symptômes (avant 1993, la séropositivité asymptomatique ne rentrait pas dans la classification "sida")
- Lymphadénopathie généralisée persistante
- Primo-infection symptomatique
- Catégorie B :
- Manifestations cliniques chez un patient infecté par le VIH, ne faisant pas partie de la catégorie C et qui répondent au moins à l’une des conditions suivantes :
- elles sont liées au VIH ou indicatives d’un déficit immunitaire ;
- elles ont une évolution clinique ou une prise en charge thérapeutique compliquée par l’infection VIH. (Cette catégorie correspond aux stades cliniques 2 et 3 de l’OMS.
- Manifestations cliniques chez un patient infecté par le VIH, ne faisant pas partie de la catégorie C et qui répondent au moins à l’une des conditions suivantes :
- Catégorie C :
- Cette catégorie correspond à la définition du sida chez l’adulte. Les critères cliniques sont les mêmes que le stade clinique 4 de l’OMS.
[modifier] La prévention
Les divers modes de transmission du VIH sont désormais parfaitement connus.
[modifier] Prévention de la transmission par voie sexuelle
[modifier] Les faits
- Les rapports réceptifs sont plus à risque que les rapports insertifs, et les rapports anaux réceptifs sont ceux qui comportent le risque de transmission le plus élevé. Selon le ministère de la santé français, la probabilité de transmission par acte varie de 0,03% à 0,07% dans le cas de rapport vaginal réceptif, de 0,02 à 0,05% dans le cas de rapport vaginal insertif, de 0,01% à 0,185% dans le cas de rapport anal insertif, et de 0,5% à 3% dans le cas de rapport anal réceptif <ref>Ministère de la Santé</ref>
- Les infections sexuellement transmissibles (IST) favorisent la transmission du virus VIH, par les micro-ulcérations et l’inflammation qu’elles entraînent localement. Répondent à cette définition, la syphilis, la gonococcie, la chlamydiose (CT), l'herpès virus (HSV), la papillomatose et la trichomonase.
- Être déjà séropositif pour le VIH ne protège pas d’une surinfection VIH par une nouvelle souche virale potentiellement plus virulente.
- Une charge virale plasmatique indétectable n’est pas forcément synonyme de charge virale basse dans le liquide séminal ou dans les sécrétions génitales.
- Les rapports oro-génitaux ne sont pas dénués de risques. Plusieurs cas prouvés de transmission du VIH au cours de rapports oro-génitaux, essentiellement par fellation passive, mais aussi par rapport oro-anal, ont été rapportés.
[modifier] Les conseils de prévention
Lors d’une relation sexuelle, seuls les préservatifs, qu’ils soient masculins ou féminins, protègent du VIH et des principales infections sexuellement transmissibles. Ils doivent être utilisés lors de tout rapport sexuel avec pénétration (quelle soit vaginale, anale ou buccale), avec un partenaire séropositif ou dont le statut sérologique est inconnu.
- Le préservatif masculin : La condition pour son efficacité est qu’il soit utilisé correctement à chaque rapport. Les lubrifiants à base de corps gras, comme la vaseline, des pommades ou des crèmes, voire du beurre, doivent être proscrits car ils fragilisent les préservatifs en latex et les rendent poreux. Il faut leur préférer des lubrifiants à base d’eau. Il est préférable d’utiliser un préservatif non lubrifié pour la fellation. Il est par ailleurs indispensable de vérifier sur la pochette du préservatif l’inscription de la date de péremption et d'une norme reconnue (CE-EN 600 pour l'Union européenne).
- Le préservatif féminin : Il représente une alternative au préservatif masculin. Il est en polyuréthane — ce qui autorise les lubrifiants à base de corps gras ou aqueux — avec un anneau externe et interne. Il se place à l’intérieur du vagin grâce à un anneau souple interne. Il peut être mis en place dans le vagin ou dans l’anus quelques heures avant un rapport sexuel, et n’a pas besoin d’être retiré tout de suite après le rapport, à l’inverse du préservatif masculin. Le principal obstacle à sa diffusion reste son coût élevé.
L'usage du préservatif permet une diminution du risque d’infection <ref>A meta-analysis of condom effectiveness in reducing sexually transmitted HIV., Social science & medicine</ref> ,<ref>The effectiveness of condoms in reducing heterosexual transmission of HIV., Familly planning perspectives</ref>, <ref>Syndromic management of sexually-transmitted infections and behaviour change interventions on transmission of HIV-1 in rural Uganda: a community randomised trial., Lancet</ref>. Néanmoins certaines études ont apporté des résultats contraires <ref>HIV-Infektionen bei iv Drogenkonsumenten</ref>, <ref>Lancet.2003 Feb 22;361(9358):645-52.</ref>.
[modifier] Prévention de la transmission chez les usagers de drogues
- Le partage et la réutilisation de seringues usagées et souillées par du sang contaminé constituent un risque majeur de contamination par le VIH mais aussi par les virus de l'hépatite B et C. En France, des mesures de réduction des risques ont été mises en place : vente libre de seringues (depuis 1987), trousses de prévention contenant le matériel nécessaire pour réaliser une injection à moindre risque, mise en place d’automates de distribution et de récupérateurs de seringues, offre de traitements de substitution par voie orale.
- Pour prévenir ces contaminations, il est essentiel de ne pas partager le petit matériel d’injection ou d’inhalation. Ceci comprend les seringues, les cotons, les cuillères et cupules, eau de dilution de la drogue, mais aussi les pailles et les pipes à crack, surtout si elles sont ébréchées. Le matériel d’injection doit être à usage unique ou désinfecté à l’eau de Javel domestique en cas de réutilisation.
L'efficacité de ces mesures reste toutefois controversée : par exemple, certaines études<ref>High rates of HIV infection among injection drug users participating in needle exchange programs in Montreal: results of a cohort study</ref> ont montré qu'à Montréal, ceux qui participent aux programmes "seringues stérilisées" ont apparemment un taux de transmission plus élevé que ceux qui n'y participent pas.
[modifier] Diagnostic
Aujourd’hui, en France, plus d’un patient sur deux ignore qu’il est séropositif au moment où survient une infection opportuniste. Il n’y a pas de dépistage obligatoire en France, si ce n’est lors d’un don de sang, de sperme ou d’organe. Il est donc de la responsabilité de chacun de se poser la question de son propre statut sérologique vis à vis du VIH, en allant faire un test de dépistage.
[modifier] Où se faire dépister ?
En France
- Dans les Centres de dépistage anonyme et gratuit CDAG.
- Dans les laboratoires de ville. Le test est remboursé à 100 % sur prescription médicale.
[modifier] Tests de dépistage
Le diagnostic de l'infection à VIH fait appel à la détection dans le sang des patients des anticorps dirigés contre le VIH. La législation française actuelle exige l’utilisation de deux trousses sérologiques différentes lors du test de dépistage, car le test Elisa, s'il présente une sensibilité de 99,9% (c'est-à dire qu'il ne passera pas à côté d'une personne infectée), peut donner des résultats faussement positifs, en particulier lors de grossesses multipares, lors de maladie grippale, chez les porteurs de facteur rhumatoïde, etc. Deux tests différents sont donc réalisés issus de deux laboratoires différents. Ces tests sont des tests à limite, c'est-à-dire que la séropositivité est déclarée si le taux d'anticorps dépasse une certaine valeur fixée par le fabricant du test.
Afin d'éliminer le risque de résultat faussement positif, la séropositivité au VIH sera confirmée par un second prélèvement pour confirmation par un Western blot (immunoblot). Le malade est considéré séropositif si l'on dépiste à la fois des anticorps dirigés contre les protéines constitutives du virus et contre les protéines internes du virus.
De nouveaux tests de dépistage permettent d'identifier des patients porteurs de l'antigène p24. En cas de prélèvement trop précoce, l'organisme n'a pas fabriqué d'anticorps en quantité détectable, la recherche de l'Ag p24 ou la mesure de l'ARN-VIH plasmatique permettent un diagnostic plus précoce mais qui doit toujours être confirmé par un second prélèvement.
Il est également à noter que les tests de séropositivité dans les pays en voie de développement se réduisent le plus souvent à un seul test Elisa effectué auprès des femmes enceintes, qui constituent les populations les plus faciles à dépister en hôpital.
Une étude<ref>Anti-HIV and anti-anti-MHC antibodies in alloimmune and autoimmune mice</ref> a montré que des souris peuvent produire les antigènes GP120 et P24 créés lors d'une infection au VIH, bien qu'elles n'aient pas été exposées au VIH. Le VIH n'est donc pas une condition nécessaire pour être détecté séropositif.
[modifier] Mesure de l’ARN viral plasmatique
La mise en évidence par PCR (Polymerase Chain Reaction) de petits fragments d’ARN viral est le test permettant de suivre l’intensité de la réplication virale dans l’organisme infecté appelé charge virale. Ce test, couplé à la mesure du taux de Lymphocytes T CD4+, est essentiellement utilisé pour suivre l’évolution virologique d’un patient avant ou après la mise sous traitement. Il ne peut être utilisé comme seul moyen de diagnostic.
On considère qu’une variation de la charge virale n’est significative qu’au-delà de 0,5 log, soit des variations d'un facteur 3,6 environ à la hausse ou à la baisse. La charge virale est exprimée en copies par ml.
[modifier] Évolution de la charge virale et du système immunitaire
Référence : Ho DD, Neumann AU, Perelson AS, Chen W, Leonard JM, Markowitz M. Rapid turnover of plasma virions and CD4 lymphocytes in HIV-1 infection. Nature 1995 Jan 12;373(6510):123-6.
[modifier] Signes cliniques de l’infection au VIH
Les signes cliniques de l’infection au VIH varient considérablement selon le stade de la maladie. Dans son livre "Des Virus et des Hommes", le professeur Luc Montagnier indique que cette maladie n'a aucun symptôme spécifique constant.
[modifier] Manifestations cliniques de la primo-infection
Les symptômes de la primo-infection sont peu spécifiques. Ils apparaissent entre une et six semaines après la contamination, sous forme d’un syndrome pseudogrippal, ou mononucléosique. La fièvre est quasi constante, accompagnée de céphalées, de myalgies, d’asthénie. Les signes cutanéomuqueux associés sont une angine érythémateuse ou pseudomembraneuse comme dans la mononucléose infectieuse, et une éruption cutanée maculopapuleuse touchant essentiellement le tronc et la face. Peuvent s’y associer des ulcérations cutanéomuqueuses superficielles, surtout génitales et buccales. Dans plus de la moitié des cas, apparaissent au cours de la deuxième semaine des adénopathies multiples, cervicales, axillaires et inguinales. Des manifestations digestives à type de diarrhée avec douleurs abdominales sont présentes dans un tiers des cas. La durée d’évolution d’une primo-infection est en moyenne de deux semaines.
[modifier] Manifestations cliniques aux autres stades
En l’absence de dépistage précoce et donc de traitement, tant prophylactique que curatif, de nombreux patients découvrent leur séropositivité au stade sida, à l’occasion de l'apparition d’une maladie opportuniste. La liste en est longue: atteintes pulmonaires, digestives, neurologiques, sarcome de Kaposi...
[modifier] Les traitements
Il n'y a pas à l'heure actuelle de traitement permettant de guérir du sida, malgré l'existence de traitements comme les trithérapies rétrovirales qui permettent de contenir l'action du virus avec plus ou moins d'efficacité ; on dénombre de nombreux morts chaque jour en particulier dans le tiers monde où ces traitements sont difficilement accessibles. Des recherches continuent pour la mise au point d’un vaccin, mais les progrès dans ce domaine sont très lents.
Les traitements ne doivent pas être pris dès le début de la séropositivité, car ils ont de nombreux effets secondaires, à court et moyen terme. La prise ne débute que lorsque le médecin le juge nécessaire, en évaluant cette nécessité sur les bilans sanguins effectués et notamment le rapport Charge virale/Taux de CD4. Une fois le traitement débuté, il doit être poursuivi à vie, avec une très grande régularité (car une pause pendant le traitement peut rendre le virus « résistant »). Les tentatives d'arrêt des traitements, même sous surveillance médicale stricte, n'ont, pour l'instant, pas donné de résultats probants<ref>(en)CD4+ count–guided interruption of antiretroviral treatment], The Strategies for Management of Antiretroviral Therapy (SMART) Study Group, N Eng J Med, 2006:355:2283-2296 </ref>.
Les multithérapies ont de nombreux effets secondaires à court terme, mais qui s'atténuent habituellement au cours du traitement. Il s'agit principalement de fatigue, de maux de tête et de troubles digestifs (nausées, diarrhées), parfois de fièvre ou de plaques rouges sur la peau. Certains effets secondaires n'apparaissent qu'après plusieurs mois de traitement, comme une lipodystrophie (graisse disparaissant du visage pour aller sur le ventre pour les hommes et les cuisses pour les femmes), ou des problèmes liés à l'augmentation des graisses dans le sang (cholestérol, triglycérides) ou à une mauvaise assimilation du sucre.
Les risques de transmission mère-enfant sont de 20 % à 40 %. À l’aide d’un traitement préventif, le risque de transmission peut être considérablement réduit. Un traitement antirétroviral associé à la césarienne et à l’allaitement artificiel permet de réduire le risque de transmission à moins de 1 %. La durée courte du travail et le délai court de prise en charge après la rupture de la poche des eaux sont des facteurs de protection contre la transmission maternofoetale.
Une étude conduite sur quelque 900 femmes pendant huit ans a montré que le risque de rebond viral augmente de 40 % chez les fumeuses et leur risque de défaillance immunologique est accru de plus de 50 % ; la réponse virologique est dégradée de 20 % et la réponse immunologique de 15 % (American Journal of Public Health, juin 2006).
[modifier] Le déni de réalité du sida
Certaines personnes et organisations (particulièrement en Afrique), refusent de croire en l’existence du sida, affirmant que ce n’est qu’un complot (des pays occidentaux, ou d'organisation anti-gouvernemantales...) visant à affaiblir les pays en voie de développement. Ce déni de réalité, parfois qualifié de "négationnisme", n’a fait qu’aggraver la crise, empêchant tout dialogue et toute adoption de mesures préventives.
Le gouvernement d'Afrique du Sud, mené par l'African National Congress, s'est ainsi posé la question de la cause effective du Sida, mettant également en doute la réalité du VIH et surtout l'inocuité de certains antirétroviraux tels l'AZT. Bien que le président Thabo Mbeki entre autres ait défendu l'hypothèse de la pauvreté comme origine du Sida [1], l'Afrique du Sud a été un moteur dans le développement légal des génériques en contournement de la position dominante des grands laboratoires occidentaux [2]. Il semble que récemment l’ANC ait commencé à abandonner partiellement cette position. Malgré la réticence du gouvernement à fournir des médicaments aux séropositifs et sous la pression intérieure et internationale, les fonds consacrés à la lutte contre le Sida n'ont cessé d'augmenter, atteignant leur point d'orgue aux campagnes nationales de traitement gratuit annoncées en 2003 mais peu développées depuis [3]. D'importants retard dans l'accès au soin et le traitement mais aussi dans la prévention sont ainsi imputables aux attitudes controversées de déni, même si de nombreux autres facteurs peuvent légitimement être invoqués pour expliquer que l'Afrique du Sud soit dans les plus touchés au monde par le Sida.
Cependant, certains chiffres officiels sont troublants. En effet, les données brutes des recensements de 1991 et de 2001 au Botswana donnent une progression de la population de 2,4% par an <ref>Statoids</ref>, alors que les estimations du bureau américain du recensement donne une estimation (pour l'an 2000) de cette augmentation annuelle de 0,76% en tenant compte de la prévalence de la séropositivité, et de 2,5% en n'en tenant pas compte <ref>Bureau américain du recensement</ref>. Le chiffre de la population en 2004 ne fait qu'augmenter ce trouble, puisque l'accroissement annuel passe à 2,55%. Tout se passe comme si cette prévalence élevée de la séropositivité n'avait pas de véritable incidence sur la croissance de la population.
Le Henan, une province chinoise contaminée massivement au cours des années 1990 par des collectes de sang et de dérivés sanguins effectuées selon un protocole dangereux (réutilisation de matériel usagé, mise en commun du sang collecté, etc.) a également nié la réalité du sida, pour protéger les responsables. Aujourd'hui, le mal est identifié mais les traitements ne suivent pas (voir Affaire du sang contaminé > L'affaire en Chine).
[modifier] Épidémiologie : le statut actuel
Depuis l’année 2002, le sida est considéré comme une pandémie globale, ne montrant aucun signe de ralentissement.
Les dernières estimations fournies par le rapport Onusida 2005 portent à :
- 40,3 millions, le nombre de personnes séropositives dans le monde.
- 5 millions, le nombre de personnes nouvellement séropositives en 2004.
- 3,1 millions, le nombre de personnes mortes du sida en 2004.
ce qui permet d'estimer à plus de 25 millions le nombre de morts depuis le début de la maladie en 1981. L'organisation note une stabilisation du taux d'infection (c'est-à-dire du nombre de personnes infectées par rapport à la population globale), ce qui amène à penser que l'on a atteint le pic de l'épidémie et que celle-ci se stabilise <ref>Peter Piot, Libération n°7794, 31 mai 2006</ref>. Cependant, le nombre de personnes infectées a augmenté, en raison de l'augmentation de la population et de l'accès aux trithérapies (qui retarde les décès).
| Région | Nouvelles infections en 2005 | Personnes vivant avec le VIH/sida fin 2005 | Décès dus au sida durant 2005 |
|---|---|---|---|
| Amérique du Nord | 40 000 (8,6) | 1 300 000 (278,7) | 18 000 (3,9) |
| Antilles | 37 000 (107,0) | 330 000 (95,4) | 27 000 (78,1) |
| Amérique latine | 140 000 | 1 600 000 | 59 000 |
| Europe de l'Ouest | 22 000 | 720 000 | 12 000 |
| Europe de l'Est et Asie centrale | 220 000 | 1 500 000 | 53 000 |
| Asie de l'Est et Pacifique | 97 000 | 680 000 | 33 000 |
| Asie du Sud et du Sud-Est | 830 000 | 7 600 000 | 560 000 |
| Afrique du Nord et Moyen-Orient | 64 000 | 440 000 | 37 000 |
| Afrique subsaharienne | 2 700 000 | 24 500 000 | 2 000 000 |
| Total | 4 100 000 (63,1) | 38 600 000 (593,8) | 2 800 000 (43,1) |
Ces estimations sont obtenues grâce à l'Epimodel utilisé par l'Onusida. La prévalence de la séropositivité est obtenue par dépistage anténatal.
L’épidémie s’étend en Asie rapidement (plus d’un million de personnes ont été nouvellement contaminées dans cette région) et poursuit son expansion en Europe orientale. En s’étendant aux pays les plus peuplés du monde, elle peut avoir des conséquences potentiellement catastrophiques. Alors que dans les premières années elle touchait principalement les consommateurs de drogues injectables, les hommes homosexuels et travailleurs sexuels ainsi que leurs partenaires, ce n'est plus le cas aujourd'hui où la majorité des contaminations sont hétérosexuelles.
Dans les pays occidentaux, le prévalence de la séropositivité a quelque peu diminué, grâce aux campagnes de sensibilisation, ainsi que dans les pays d'Afrique centrale. Par exemple en Ouganda <ref>Daily Nation</ref> elle est passée de 30% en 1995 à 5% en 2003. Néanmoins, parmi certaines parties de la population telles que les jeunes homosexuels, le taux d’infection montre de légers signes d’un possible retour à la hausse. Cela constitue un problème majeur pour les professionnels de la santé publique. Le sida demeure également extrêmement problématique en ce qui concerne les prostitué(e)s et les toxicomanes. Le taux de décès a considérablement chuté, suite à l’utilisation de combinaisons (souvent appelées cocktails ou trithérapies) de médicaments anti-VIH ; ces traitements, bien qu’onéreux, se sont avérés relativement efficaces pour empêcher la maladie de s’aggraver chez un patient, sans toutefois jamais arriver à le guérir (selon le rapport 2004 d'Onusida, il y a en 2003 environ 580 000 personnes séropositives en Europe de l'ouest).
Toutefois, dans les pays du tiers monde (surtout en Afrique sub-saharienne), les conditions économiques et le manque de campagnes de sensibilisation ont contribué à maintenir des taux d’infection élevés. Certains pays d’Afrique comptent actuellement jusqu’à 25 % de leur population active séropositive.
Si ces populations atteignaient effectivement le stade sida, elles deviendraient inaptes au travail et nécessiteraient des soins médicaux intensifs. De telles situations pourraient, à l’avenir, provoquer dans la région l’effondrement de certaines sociétés, la chute de gouvernements, augmentant d’autant plus la détresse de ces pays.
Pendant des années, nombre de ces gouvernements ont nié l’existence de ce problème, et commencent seulement à y rechercher des solutions. Le manque de soins médicaux adéquats, l’ignorance vis-à-vis de la maladie et de ses causes, ainsi que le manque de moyens financiers pour éduquer et soigner sont actuellement les principales causes de décès par le sida dans les pays du tiers monde.
Pour l'essentiel, la rapidité de diffusion du VIH dans ces pays est due aux coinfections VIH et virus de l'Herpès (HSV). Ce dernier favorise, lors des rapports sexuels, la transmission du VIH, en particulier la transmission hétérosexuelle en rendant les muqueuses génitales d'avantage perméables aux virus.
A l'heure actuelle, par exemple, la mortalité globale en Afrique du Sud est de 567 000 personnes par an <ref>Mortality in SA, 2004</ref>, pour une population de 46,6 millions à la même date <ref>Mid years population estimates 2004</ref>, soit un taux de 12 pour mille (à comparer avec les 13 pour mille atteints en Hongrie et les 9 pour mille de la France).
Face à cette épidémie qui atteint de plus en plus de femmes et de jeunes, L’Onusida estime qu’il faudrait mobiliser 20 milliards de dollars d’ici 2007 pour assurer la prévention et la prise en charge des malades dans les pays pauvres.
Le 1er décembre a été déclaré Journée mondiale contre le sida. Le XVIe congrès a eu lieu du 13 au 18 août 2006. Cent trente sept délégués d'Afrique ont présentés une demande d'asile.
[modifier] SIDA et religion
Pour l'Église catholique, Pérégrin Laziosi de Forlì (Italie) est le saint patron des malades incurables, du Sida et du cancer.
[modifier] Œuvres traitant du sida et de l’infection VIH
Voir la catégorie : Œuvre ayant pour thème le Sida
- Films
- Les Nuits fauves de Cyril Collard (1992)
- Peter's Friends de Kenneth Branagh (1992)
- Philadelphia de Jonathan Demme (1993)
- N'oublie pas que tu vas mourir de Xavier Beauvois (1995)
- Jeanne et le garçon formidable de Olivier Ducastel (1998)
- Angels in America de Mike Nichols (2003)
- Les Soldats de l'Espérance de Roger Spottiswoode (1993)
- Bande dessinée
- Livre
- Des Virus et des Hommes par le Professeur Luc Montagnier, 1994, Éditions Odile Jacob, Paris
- Plus grands que l'amour de Dominique Lapierre ISBN 2221096347
- Tout contre Léo de Christophe Honoré
- K'pote swing de Phil Marso (Édition Megacom-ik - ISBN 2-91245827-7) : la prévention du sida en langage SMS
- À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie, le Protocole compassionnel, l'Homme au chapeau rouge de Hervé Guibert
[modifier] Annexes
[modifier] Références
<references />
[modifier] Liens internes
- Le sida :
- Origine du sida
- Discrimination des porteurs du VIH
- Associations et organisations :
- L’agence Onusida (Organisation des nations unies)
- L’association AIDES
- L’association Act Up
- L’association Sidaction (France)
- L’association Sida Info Service (France)
- L’association Combat face au sida
- Le Kiosque infos sida toxicomanie (France)
- Ruban rouge
- Le CRIPS
- Les mouvements de malades
- Le programme FightAIDS@Home
- Personnalités et SIDA
[modifier] Liens externes
- (fr) Sida, état actuel de l’épidémie & défis à relever - résumé par GreenFacts d'un rapport de ONUSIDA (2006)
- (fr) Sida, un glossaire (mise à jour juillet 2005)
- (fr) Sida-Info-Service.org
- (fr) Portail d'information et de prévention de l'association Kiosque Infos Sida Toxicomanie
- (fr) Combat face au sida : site de réflexion regroupant plusieurs articles sur le sida
- (fr) Co-infection VIH et hépatite B et C, Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) n°25/2005 du 7 juin 2005 Image:Page white acrobat.png [ pdf</span>]
- (fr) OSI.BOUAKE : Portail d'information sur le VIH et l'Afrique, accès aux ARV et orphelins du sida
- (fr) Regard féministe sur le Sida Image:Page white acrobat.png [ pdf</span>]
- (en) Rapport d'études contradictoires sur le Sida en Afrique mises en place par M. Thabo Mbeki, Président de l'Afrique du Sud Image:Page white acrobat.png [ pdf</span>]
- (en) Groupe pour la Réévaluation Scientifique de l'Hypothèse VIH/SIDA
- (en) Est-il possible que le sida soit causé par autre chose que le VIH ?
- (fr) SIDA: catastrophe virale ou catastrophe scientifique ?
- (en) Indétemination ou fausse séropositivité des tests effectués chez les femmes enceintes Image:Page white acrobat.png [ pdf</span>]
- (en) World AIDS Day 2005 - 1 December 2005
| Image:Star of life2.svg | Portail de la médecine – Accédez aux articles de Wikipédia concernant la médecine. |
<span class="AdQ" id="en" style="display:none;" /> <span class="AdQ" id="he" style="display:none;" /> <span class="AdQ" id="vi" style="display:none;" />
af:Vigs als:AIDS ar:متلازمة نقص المناعة المكتسبة ast:SIDA be:СНІД bg:СПИН bm:Sida bn:এইডস bs:Sida ca:SIDA cs:AIDS da:Aids de:Aids en:AIDS eo:Aidoso es:SIDA et:AIDS eu:HIES fa:ایدز fi:AIDS ga:SEIF gd:AIDS gl:SIDA he:איידס hi:एड्स hr:Kopnica hu:AIDS id:AIDS is:Alnæmi it:AIDS ja:後天性免疫不全症候群 kn:ಏಡ್ಸ್ ko:에이즈 ku:AIDS la:SCDI lb:Aids ln:Sida lt:AIDS lv:AIDS mk:СИДА ms:AIDS nl:Aids nn:HIV/AIDS no:AIDS pl:Zespół nabytego niedoboru odporności ps:اېډز pt:Síndrome da imunodeficiência adquirida qu:SIDA ro:SIDA ru:СПИД scn:AIDS sh:AIDS simple:AIDS sk:Aids sl:Aids sr:Сида sv:Aids sw:Ukimwi ta:எய்ட்ஸ் th:เอดส์ tr:AIDS tt:AİDS uk:СНІД vi:AIDS zh:艾滋病 zh-min-nan:AIDS zh-yue:愛滋病



