Séquelle de guerre
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L'expression « séquelles de guerre » désigne les impacts différés, aux échelles locales ou globales, dans l'espace ou dans le temps des actions de guerre. Cette notion diffère de celle de dommages de guerre qui ne couvre et concerne qu'une partie de ces séquelles.
Ces séquelles sont de natures variées et généralement classées comme suit :
- Séquelle économique
- Elles ont été parmi les premières à faire l'objet d'évaluations, notamment après l'invention du PIB, mais sont en réalité difficile à quantifier. Les guerres semblent doper les Économies mais si elles enrichissent les secteurs de l'armement et de la production utile aux armées, elles ruinent d'autres secteurs et endettent durablement les États. Les industries stratégiques, l'accès aux ressources énergétiques et les infrastructures font par ailleurs, quand elles ne peuvent être récupérées à l'ennemi, l'objet de destruction systématique, souvent coûteuses et polluantes dont les coûts sociaux-environnementaux sont d'évaluation délicate et récente, sous l'impulsion de l'ONU et d'ONG notamment.
- Séquelle médicales et sociopsychologique
- On peut distinguer des séquelles de court terme avec les effets de choc et divers Troubles comportementaux de guerre, des effets de moyens et long terme avec les séquelles médicales ou les traumatismes sociopsychologiques qui peuvent persister sur plusieurs générations, notamment après les viols, la torture, les massacres, les déplacements de populations et de réfugiés.
Depuis quelques décennies on évoque les intoxications à long ou très long terme, dues par exemple aux actions du plomb ou du mercure sur le cerveau (Cf. par exemple Guerre 14-18, avec La Zone rouge et en particulier les secteurs de la Meuse et de Verdun), ou encore aux effets délétères et mutagènes de l'ypérite ou encore des dioxines (Cf. Usage de défolliants et de Napalm au Viêt Nam) ou de radionucléides (depuis la bombe atomique et l'usage d'uranium appauvri). Il est étonnant que l'étude rétrospective et prospective des effets à moyens et long terme n'ait pas été initiée, notamment en fonction des connaissances acquises depuis 1918.
Les vrais coûts en terme de santé d'une guerre comme celle de 14-18 n'ont jamais été chiffrés ni estimés, et du point du risque environnemental et sanitaire, les toxiques non bio-dégradables ou très lentement dégradable(molécules organiques des armes chimiques) rejetés dans l'environnement l'ont été en telle quantité, que certains ont pu dire que la guerre 14-18 n'est pas finie.
- Séquelles environnementales
- (impacts relictuels, directs et indirects, sur l'eau, l'air, les sols, les écosystèmes). Un des problèmes majeurs est celui de la pollution induite par les munitions (dont munitions "conventionnelles" ou "chimiques" non-explosées, perdues, stockées ou immergées).
Il est permis de penser que la dispersion en 1914-1918 dans l'environnement et notamment dans l'atmosphère de gigantesques quantités de plomb, mercure, arsenic et gaz de combats, associée aux difficiles conditions de vie, d'hygiène et d'alimentation ait pu contribuer à une diminution de l'immunité et indirectement aux épidémies de Tuberculose, choléra et de grippe espagnole qui ont fait encore plus de morts que les combats eux-mêmes. Le plomb est aussi connu pour développer l'agressivité et affecter la fonction cognitive chez les victimes d'intoxication saturnine aiguë. Il semble que le mercure et d'autres métaux lourds puissent aussi développer des effets de ce type ou affecter certaines fonctions locomotrices et de l'attention ou de la mémoire. Ce phénomène pourrait-il rétrospectivement expliquer une part des syndromes développés par de nombreux soldats (parfois fusillés ou punis à tort pour des simulations qui n'en étaient peut-être pas) de la confusion et de la violence des guerres et crises qui ont agité l'Europe et le monde à cette époque ? Il ne semble pas y avoir de rendu public d'études faites sur ces thèmes.
Chacun de ces types de séquelle prend une importance croissante depuis la première guerre mondiale, avec le développement technologique et des capacités d'intervention militaire et notamment avec l'invention des armes chimiques, des armes bactériologiques ou de la bombe atomique ou encore par exemple avec l'usage de munitions à uranium appauvri.
La résilience est dans tous les cas délicate et longue, quand elle est possible.
[modifier] Voir aussi
- pollution induite par les munitions
- Liste de catastrophes militaires
- Devoir de mémoire
- Zone rouge (séquelles de guerre)
- munition immergée
- munition non explosée
[modifier] Liens externes
Concernant les séquelles des guerres mondiales, par immersion de munitions chimiques et/ou conventionnelles en mer.
- (en) Rapport OSPAR sur les munitions immergées - (carte en page 9 pour l'UE et la zone OSPAR) Titre : Overview of Past Dumping at Sea of Chemical Weapons and Munitions in the OSPAR Maritime Area / Version 2005 ......................(ou en format compressé)
- (en) Rapport OSPAR / Evaluation 1998 – 2006 (voir page Page 62 et suivantes)
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