Rugby à XIII
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Le rugby à XIII est un sport d'équipe opposant durant quatre-vingt minutes deux formations de treize joueurs pouvant utiliser leurs mains pour porter un ballon ovale. Bien qu'il soit universellement connu comme l'un des deux codes principaux du rugby (dénommé ainsi « Rugby League » par les Anglo-Saxons), il se vit contraint en France, pendant 4 décennies, de s'intituler « Jeu à XIII ».
[modifier] Repères historiques
Le rugby à XIII est né en Angleterre en 1895 d'une sécession au sein de la Rugby Football Union. La base de la scission était la compensation des heures de travail perdues par les joueurs la plupart de condition ouvrière (entraînements, matchs, transport ferroviaire…) ce que les clubs du sud de l'Angleterre, et Londres en particulier, refusaient. Les clubs du nord de l'Angleterre sont à l'origine de cette évolution. Le lundi 29 juillet 1895, vingt clubs du Yorkshire et du Lancashire décident de payer le "manque à gagner" (six shillings) à leurs joueurs. Réunis le jeudi 29 août au George Hôtel de Huddersfield, ils font sécession et créent une fédération autonome, la Northern Rugby Football Union (qui deviendra en 1922, la Rugby Football League). Le samedi 7 septembre démarre une compétition à dix matchs. Le nombre de joueurs n'est cependant passé de 15 à 13 qu'en 1906.
Alors que le XV français banni par le « Board » anglo-saxon du Tournoi des V nations (de 1931 à 1947) pour « violence » et « amateurisme marron » (shamateurism selon les Britanniques), les treizistes d'Outre-Manche estimèrent que la période était propice à l'envoi d'un "corps expéditionnaire" sur le Continent. Avec l'appui de contacts locaux, dont des journalistes et d'éventuels sponsors réunis par Jean Galia (homme d'affaires en devenir et quinziste en rupture avec sa fédération), ils organisèrent un match-démonstration : Angleterre-Australie, le 31 décembre 1933 au stade Pershing à Paris. A la suite de cet événement fondateur Jean Galia constitua une sélection de rugbymen français désireux de faire une tournée d'initiation en Angleterre. Cette formation fut appelée "les Pionniers" (ou Galia's Boys par les anglais).
La Ligue française de rugby à XIII naquit le 6 avril 1934. Dès septembre débutait le championnat initial comprenant dix équipes : SA Villeneuve-sur-Lot, RC Albi, Bordeaux XIII, SO Béziers, XIII Catalan (Perpignan), Côte Basque (Anglet-Bayonne), RC Roanne, US Lyon-Villeurbanne, Pau XIII et Paris XIII. Lors de l'immédiat avant-guerre, ce jeune sport connu un engouement particulier favorisé tant par la situation pénible du XV, la conversion d'une partie de la presse et de la classe politique que par son propre dynamisme. La sélection nationale remporta en 1939 la coupe d'Europe des nations devant l'Angleterre et le Pays de Galles.
Tant l'extrême violence de plusieurs rencontres de rugby à XV en France que la suppression des relations entre le rugby à XV britannique et français (dû à l'amateurisme marron existant dans de nombreux clubs quinzistes français) firent que la FFR XV vit ses effectifs diminuer très fortement: elle périclita de 784 clubs en 1930 à 663 en 1934 et 558 en 1939 ( de nombreux clubs quinzistes avaient arrêtés purement et simplement le rugby et de nombreux autres rejoignirent le rugby à XIII. )
Le régime pétainiste de Vichy et les rancunes quinzistes interdiront le rugby à XIII pendant l'occupation allemande. Il faudra attendre la Libération d'une grande partie de la France et le 17 septembre 1944 pour que la Ligue Française de Rugby à XIII renaisse de ses cendres à Toulouse. Ralliée à l'amateurisme, c'est à son Congrès d'Arcachon des 2, 3, 4 juillet 1948, Paul Barrière à ses leviers de commande, qu'elle prend alors l'appellation de Fédération Française de Jeu à XIII (appellation définitivement abandonnée depuis 1993 : FFR XIII).
Commence alors une nouvelle période de gloire. En 1951, le XIII de France des Puig-Aubert, Brousse, Dop et Cantoni magistralement guidé par Robert Samatan, Jean Duhau et Antoine Blain atteint son zénith, lors de la première tournéée en Australie. Les australiens découvrent ce qu'ils considèrent aujourd'hui encore comme la plus grande équipe de tous les temps. À leur retour d'Australie, plus de 100 000 personnes les acclamèrent dans les rues de Marseille. Elle renouvela cet exploit lors des tournées 1955 et 1960. Mais malgré quelques sursauts (finaliste de la Coupe du monde 1968), le rugby à XIII déclina petit à petit, notamment à cause de mauvaises politiques fédérales.
En 1995, Jacques Fouroux (ancien capitaine et entraîneur du XV de France) lance une nouvelle compétition régionale conciliant rugby à XIII et show musical avec entrées gratuites appelée la France Rugby League. Celle-ci qui se déroula durant l'été 1995 eut un succès réel, tant populaire que médiatique. L'année suivante, une équipe française, le Paris Saint-Germain XIII fut invitée à rejoindre le championnat anglais de la Super League mais stoppa ses activités à la fin de la saison 1997 en dépit d'un bon succès populaire.
L'entrée d'une nouvelle équipe française en Super League, les Dragons Catalans donne au Rugby à XIII français une nouvelle visibilité. Toutefois sa situation globale (structuation, encadrement, finances, pulvérulence réduite - moitié moins de clubs qu'en 1939 - désintérêt des médias dominants encore largement ignorants du sujet malgré un très léger frémissement…) demeure relativement incertaine.
[modifier] Règles et spécificités de jeu
- Le rugby à XIII utilise un ballon « ovale »
- Temps de jeu : 2 mi-temps de 40 min
- Terrain : 100 * 60 m. En-but 6 à 11 m
[modifier] Composition d'une équipe
La partie est jouée par deux équipes comprenant chacune treize joueurs au maximum. Les Règles Internationales prévoient que chaque équipe peut désigner quatre joueurs remplaçants, avant le début de la rencontre, et que pas plus de douze remplacements ne peuvent être effectués au moyen de ces quatre remplaçants. Des changements illimités peuvent être réalisés avec les 17 joueurs désignés.
- 1. Arrière
- 2. Ailier droit
- 3. Centre droit
- 4. Centre gauche
- 5. Ailier gauche
- 6. Demi d'ouverture
- 7. Demi de mêlée
- 8. Pilier (coté introduction)
- 9. Talonneur
- 10. Pilier
- 11. Deuxième ligne droit
- 12. Deuxième ligne gauche
- 13. Troisième ligne
[modifier] L'obtention des points ou l'essai toujours favorisé
Le but premier du rugby à XIII, comme dans tout sport d'équipe, est de marquer un nombre de points supérieur à celui de l'adversaire. Pour ce faire il est loisible de :
- déposer le ballon sans le lacher jusqu'à son contact au sol dans la zone d'"en but" adverse (où sur la ligne d'essai faisant partie de cette zone); ce geste équivaut à 4 points. L'"essai" alors accordé donne droit à "tenter sa transformation". Conséquemment, un spécialiste appelé buteur posera le ballon au point exactement parallèle de l'endroit où il toucha terre, puis le "botera" afin de lui faire passer la barre transversale reliant les poteaux latéraux. Si le tir est réussi, l'équipe bénéficiera de 2 points supplémentaires (soit 6 au total). Si une faute ou une série de fautes manifestes ont empêché les attaquants d'aller dans l'en but, l'arbitre peut décider d'un "essai de pénalité". Celui-ci étant réputé avoir été "marqué" sous les poteaux, sa transformation n'est quasiment jamais "manquée".
- botter la balle lors d'une action de jeu au dessus de la barre transversale. Ce geste appelé "drop" ("ballon tombé" en anglais) vaut 1 point.
- bénéficier d'une pénalité accordée pour faute adverse. Le joueur désigné posera la balle à l'endroit de commission de la faute avant de tenter de la botter entre les barres transversale et latérales du but en H si propre au rugby. En cas de succès, ce geste créditera l'équipe de 2 points.
[modifier] Une révolution permanente dans le jeu : le tenu
De fait, outre la suppression de deux joueurs de troisième ligne dans l'agencement de base, le rugby à XIII se singularise également de son cousin quinziste par le fait qu'un joueur plaqué peut conserver le ballon en effectuant un "tenu". L'équipe attaquante a, à défaut d'erreur de défense, droit à 5 tenus.
Ce geste bref et précis consiste à glisser le ballon sous le talon pour le tacler rapidement à l'équipier positionné immédiatement derrière lui. Ce partenaire est ainsi chargé d'impulser une nouvelle phase de jeu. Lors de cet acte dont l'invention fut fondatrice de toute une philosophie, les joueurs adverses doivent reculer de 10 mètres, permettant une ouverture d'espace propice à d'autres accélérations.
Tout tenu mal effectué ou volontairement ralenti est sanctionné. En cas de faute (acte d'anti-jeu, position en avant de la ligne du "hors jeu" que dessine l'axe fictif croisant le ballon et les deux parallèles des touches, "en avant" constitué par le tomber du ballon en avant-de soi, violence, non-respect des directives arbitrales ou des dix mètres de distance entre défense et tenu, mauvaise exécution de l'introduction en mêlée, des remises de jeu…), l'équipe sifflée perd le ballon. Le continuum des cinq tenus interdit les envois directs en touche (car la remise en jeu n'étant jamais disputée, l'avantage bénéficie presque toujours à l'adversaire) et oblige les joueurs autant à la recherche constante du gain d'espace qu'à la conservation du ballon. En effet, au sixième tenu, en une intangible loi d'airain, c'est l'adversaire qui repart pour sa propre contre-série.
Cette règle scande le jeu en d'incessantes séquences d'attaques / contre-attaques, lesquelles n'ont de sens que si, en moins de six temps, elles peuvent mener à la ligne d'essai. Afin d'atteindre dans de bonnes conditions cet horizon dépassable, les attaquants doivent tendre vers le moindre déchet (en évitant le blocage par l'adversaire, les glissades, les stagnations…) et, perpétuellement, rechercher à fendre ou feinter la ligne de défense.
[modifier] Fendre et plaquer à XIII : le corps en mouvement
La suite limitée des 5 tenus (6 si l'on prend en compte celui, initial, dit "de transition") contraint, entre chacun d'entre-eux, l'équipe attaquante à tendre à une expansion maximale :
- vers la ligne d'essai (pour marquer avant de devoir rendre le ballon)
- sur la largeur de champ (pour s'octroyer plusieurs possibilités de contournement)
- parfois vers l'arrière (afin - souvent en fin de série - de risquer un drop ou un coup de pied tactique par dessus la défense).
Ces extensions ne pouvant toutefois se faire au détriment de la chaîne de soutien, un rééquilibrage permanent entre champs ouverts et fermés s'avère nécessaire.
Avant d'être bloqué, le porteur aura donc le réflexe de la passe ou de la projection déterminée de son corps contre la barrière humaine lui faisant face.
Le joueur en défense aura, lui, l'obligation antagonique de le stopper en l'enserrant de manière régulière aux niveaux autorisés de son corps (généralement thorax, taille ou jambes). Il pourra alors simplement le bloquer ou bien, si la force exercée et/ou la surprise sont suffisantes, le renverser. Dans les deux cas, il s'agira d'un "placage", acte sportivement aussi essentiel à treize que le marquage de points (et culturellement certainement bien plus important). Si le plaqueur opère seul, l'"arrachage" du ballon lui est autorisé. Au contraire s'il œuvre avec un ou deux coéquipiers, il ne pourra que souhaiter arrêter son vis-à-vis dans sa progression voire espérer que, sous le choc, il lâchera le ballon.
Chez les professionnels, le visionnage-vidéo régulier des équipes et joueurs à rencontrer, détermine un constant réajustement des techniques de placages. Parallèlement, de multiples stratégies d'évitement sont travaillées avant chaque match.
[modifier] Autres particularités règlementaires
[modifier] Touche
- La touche à la mode quinziste n'existe pas à XIII et est, en fonction de l'action immédiatement précédente, remplacée soit par une rapide passe destinée à un équipier s'étant placé à proximité du remiseur (lequel positionné sur une parallèle tracée à 10 mètres de la touche, aura saisi le ballon adressé depuis celle-ci par un joueur qui, buste en avant l'avait projeté d'un mouvement cloché en sa direction), soit par une mêlée (qui ne sera presque jamais disputée afin de preserver l'intégrité des joueurs et d'activer la relance).
[modifier] Mêlée
- Ordonnée à la suite d'une faute de jeu, la mêlée est la confrontation de deux sizaines opposées d'avants. Dès sa signification par l'arbitre, se présenteront en première ligne, pour chacune des formations, torses tendant à l'horizontale, le talonneur et, l'encadrant, ses piliers gauche et droit. Ces derniers après s'être mutuellement agrippés aux épaules verront les deux deuxième ligne qu'ils précèdent, les saisir au maillot puis liés par l'entrecroisement de leurs bras par dessus du tronc du talonneur, inserrer leur tête dans l'espace laissé entre celui-ci et le pilier situé du même coté. Ce protocole sera solitairement répété par le troisième ligne. Les deux chaînes solidaires se lieront ensuite réciproquement par les bras des piliers (de fait, l'effet miroir imposé par cette construction fera toujours confronter piliers gauche et piliers droit) et l'imbrication de six cous et têtes. Après formation du dispositif, le demi de mêlée de l'équipe bénéficiaire de l'introduction, projetera le ballon sous sa première ligne. Son talonneur, éventuellement imité par d'autres, tentera de le repousser des pieds vers l'arrière (talonnage) afin de permettre à un coéquipier extérieur à la mêlée ou s'en étant détaché de le récupérer et d'initier un autre "lancement de jeu".
Instable écheveau, la mêlée qui ne tient que par l'habile agencement des bras et des mains qu'elle suppose, vaut principalement par la fonction accélératrice qu'elle implique. Si la poussée n'est nullement proscrite - et est d'ailleurs régulièrement utilisée en vue de, par surprise, "récupérer" le ballon par l'équipe sanctionnée -, elle ne saurait, lors de la rencontre frontale des six joueurs de première ligne, être "violente" (ceci étant considéré comme aussi dangereux que, du fait des écroulements suscités, néfaste à la rapidité du jeu).
[modifier] Coups de pied de renvoi
- Les coups de pied de renvoi se font :
- depuis la ligne médiane (à l'"entame" d'une mi-temps ou, après un changement de marque, par l'équipe à l'encontre de laquelle les points auront été scorés)
- depuis la ligne des vingt mètres en coup de pied placé (en direction d'une touche] afin de pouvoir mener une relance à relative proximité de la ligne d'essai adverse -, et ce, notamment après : qu'un ballon ait franchi la ligne de ballon mort ou la ligne de touche d’en but après avoir été joué ou porté en dernier par un joueur de l’équipe attaquante, excepté après un coup de pied de pénalité ou après un coup d’envoi…, qu'un attaquant ait fait une faute dans l'en but adverse… qu'un joueur dans son propre en but réceptionne de volée le ballon botté dans le cours du jeu par un joueur de l’équipe adverse, y compris sur une tentative de drop-goal.
- depuis la ligne de but - en coup de pied tombé (dropé) - par un renvoyeur placé sous les poteaux, et ce, notamment si :le ballon franchit la ligne de ballon-mort ou la ligne de touche d’en but à la suite d’un coup d’envoi donné depuis le milieu de la ligne médiane, après avoir rebondi dans le champ de jeu ou dans l’en but… Le ballon franchit la ligne de ballon-mort ou la ligne de touche d’en but après avoir été joué ou touché volontairement par un joueur de l’équipe défendante… Un joueur de l’équipe défendante commet accidentellement une infraction aux règles du jeu dans son propre en but… Un joueur de l’équipe défendante aplatit le ballon dans son propre en but… Un joueur de l’équipe défendante est plaqué dans son propre en but…
[modifier] Tenu de transition en faveur du camp défendant
- L'arbitre peut "ordonner" un tenu de transition en faveur de la défense. En fonction de l'erreur attribuée à l'attaque, cette phase sera "effectuée" soit à un niveau quelconque du champ de jeu, soit sur la ligne de but, soit sur celle des vingt mètres.
[modifier] Règle des "40-20"
- La règle des "40-20" (lire quarante - vingt, en transposition du forty - twenty anglophone) dispose qu'au cas où, après avoir "boté" un ballon en-deça de sa ligne des 40 mètres, un joueur "trouve une touche autre que directe" au-delà de la ligne de 20 mètres du camp défenseur, son équipe se verra attribuer, à ce niveau précis, une mêlée et son introduction. Et conséquement, si celle-ci devait lui être favorable, une nouvelle chaîne tactique.
[modifier] La planète treiziste
Les dirigeants australiens et anglais, trop longtemps protectionnistes, commencent à prendre conscience de l'importance de l'expansion du Rugby à XIII à travers le monde, avec la création d'organes internationaux comme la RLIF (Fédération Internationale de Rugby à XIII) et la RLEF (Fédération Européenne de Rugby à XIII) qui ont pour fonctions d'aider les pays émergents et d'organiser les échanges entre les divers pays.
- Article détaillé : Rugby à XIII dans le monde
[modifier] Les grandes nations treizistes
- En Australie, la Rugby League (dénomination anglophone du Rugby à XIII) est sport national avec le football australien - aussie rules - et le cricket - sport majeur de l'été austral -. Il se pose comme sport numéro un dans les États de l'Est (Queensland, la Nouvelle-Galles du Sud et l'Australia Capital Territory - ACT, ie Canberra et son arrière-pays-). Avec plusieurs dizaines de clubs florissants Sydney est considérée comme étant "la capitale de la Rugby League".
- En Angleterre, le Rugby à XIII est principalement joué dans comtés nordistes du Yorkshire et du Lancashire, territoire où il naquit en 1895. Un nombre important de clubs existe néanmoins en Cumbrie, frontalière de l'Ecosse ou dans le Sud anglais (Grand Londres…) . Le recrutement y demeure très majoritairement d'essence populaire (working class).
- La Nouvelle-Zélande pâtit de l'absence d'un championnat professionnel local correspondant aux potentialités du large vivier polynésien (provenant du peuplement maori, des migrations des Samoa, Fidji, Tonga ou Niue). Cette nation pourrait d'ici cinq ans, voir admis un second club (Wellington après Auckland) au sein de la National Rugby League australienne.
- La France, quoique souffrant d'une désaffection médiatique, de la méconnaissance générale du grand public, d'un maillage géographique par trop réduit (à quelques chapelets ruraux, à un panel de villes moyennes du sillon rhôdanien, des Pyrénées-Orientales, d'Aquitaine, du Languedoc voire de Provence…) ou de sa condition de sport d'appoint dans des agglomérations importantes (Toulouse, Lyon, Marseille …), a toujours réussi à conserver un niveau honorable. Elle a même su atteindre le zénith en juillet 1951, battant par trois fois l'Australie - ne concédant qu'une seule défaite - et devenant par ce fait, la première sélection d'un sport d'équipe à être adoubée (officieusement) championne du Monde. Le retour à Marseille de la délégation fut acclamé par plus de 100 000 supporters.
- Anciennement occupée par sa voisine insulo-continentale, la Papouasie-Nouvelle-Guinée est le seul État ayant le treize pour sport national exclusif.
[modifier] Autres nations pratiquant le XIII
- Si le Pays de Galles, l'Irlande et l'Ecosse ont des équipes nationales, généralement constituées de joueurs résidant en Angleterre, leurs championnats sont amateurs et d'un niveau peu élevé. A l'exclusion de ceux d'Erin, les nationaux des Homes originels peuvent être retenus dans l'équipe de Grande-Bretagne.
- Divers archipels polynésiens ou mélanésiens (Fidji, Niue, Iles Cook, Tonga, Samoa) affichent une culture treiziste. Très originalement, il n'est pas rare que selon l'avancée des saisons, les joueurs d'un village jouent à XIII, à XV ou à VII. Le "haut niveau" ne s'y conçoit cependant que dans l'exil en Nouvelle-Zélande, en Australie ou en Angleterre.
- L'Italie, la Grèce et Malte ne sélectionnent presque que des joueurs titulaires de la double nationalité, nés en Australasie. Par contre, dans d'autres pays européens, comme l'Allemagne, les Pays-Bas, la Serbie ou le Liban, existent de petits championnats joués par les locaux.
- Les Rhinos sud-africains sont en gestation depuis 2000. S'il n'existe qu'un embryon de fédération au Maroc<ref>http://rugbytreizemaroc.ifrance.com/2eme%20page.htm</ref>, celui-ci pourrait notamment bénéficier de l'expérience de quelques-uns des dizaines de joueurs ou responsables d'ascendance marocaine résidant en France.
- En Russie, il existe un championnat semi-professionnel, financé par quelques mécénes locaux. Le XIII existe aussi depuis peu en Géorgie, où l'équipe nationale composée de joueurs quinzistes participe aux qualifications pour la Coupe Du Monde 2008.
- Aux États-Unis, malgré l'inexistence de moyens et de reconnaissance, perdure autour d'une dizaine de clubs, un noyau de passionnés. Ceux-ci ont, fin 2004, opposé bonne résistance (défaite 34 à 24) à l'équipe des Kangaroos australiens venant de remporter le Tri Nations. En Jamaïque, par l'intermédiaire d'Anglais originaires des Caraïbes, un championnat et une équipe nationale viennent d'être créés.
[modifier] Les compétitions
[modifier] Internationale
L'équipe nationale australienne surnommée les Kangourous régne en maître sur le rugby à XIII international depuis plus de trois décennies, d'où un désamour du public pour les compétitions internationales. Mais depuis peu et notamment grâce à la victoire des Néo-Zélandais (surnommés les Kiwis') lors du Tri-Nations de rugby à XIII 2006, il semble y avoir un regain d'intérêt pour le jeu international qui a connu son heure de gloire durant les années 1950.
- Coupe du monde de rugby à XIII : créée en 1954, 12 éditions, la prochaine aura lieu en 2008 et se déroulera en Australie
- Tri-Nations de rugby à XIII : Tournoi auquel participe les Kangourous, les Kiwis et les Lions Britanniques
- ANZAC Test : confrontation annuelle entre les Kangourous et les Kiwis
- Coupe d'Europe des nations de rugby à XIII : le tenant du titre est l'équipe de France
[modifier] Intranationale
[modifier] Australie
- State of Origin : série annuelle de trois matchs entre Queensland Maroons et les New South Wales Blues
- City vs Country : confrontation annuelle entre une sélection de joueurs natifs de Sydney (City) contre une autre dont les joueurs sont natifs de ses alentours (Country). Ce match permet d'évaluer les joueurs susceptibles d'être sélectionnés pour les Blues de la Nouvelle-Galles du Sud.
[modifier] Nationale de clubs
Les deux principales compétitions de clubs dans le rugby à XIII sont la National Rugby League (Australie) et la Super League de rugby (Angleterre). Ces deux championnats sont les seuls à être entièrement professionnels dans le monde du rugby à XIII. Les vainqueurs de ces deux compétitions se rencontrent chaque année lors du World Club Challenge pour désigner le champion du monde des clubs.
[modifier] Australie
- National Rugby League : championnat professionnel australien auquel participent 16 équipes, dont une néo-zélandaise, résultant de la fusion en 1998 du championnat de l'ARL et de la Super League de Rupert Murdoch.
- Queensland Cup : championnat semi-professionnel de l'État du Queensland.
- NSWRL Premier League : championnat professionnel de l'Etat de Nouvelle-Galles du Sud, comprenant les réserves des clubs de la NRL.
- Jim Beam Cup : championnat semi-professionnel de la Nouvelle-Galles du Sud.
[modifier] Angleterre
- Super League de rugby : championnat professionnel anglais auquel participent 11 équipes anglaises et, depuis 2006, une équipe française, les Dragons Catalans.
- Coupe d'Angleterre de rugby à XIII : la plus vieille compétition treiziste, créée en 1896, qui regroupe les clubs amateurs et professionnel anglais. Depuis peu, des clubs français et russes sont engagés.
[modifier] France
- Championnat de France de rugby à XIII : Trophée Max Roussié (depuis 1960): championnat semi-professionnel français de première division ou dite Elite.
- Coupe de France de rugby à XIII : Trophée Lord Derby (depuis 1936).
[modifier] Nouvelle-Zélande
- Bartercard Cup : championnat semi-professionnel néo-zélandais.
[modifier] Les grands joueurs d'hier et d'aujourd'hui
[modifier] Australien
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[modifier] Britannique
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[modifier] Français
[modifier] Neo-Zélandais
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[modifier] Irlandais
[modifier] Néo-Guinéen Papouasie
[modifier] Sud Africain
[modifier] Spécificités sociologiques traditionnelles du Rugby à XIII
Le rugby à XIII prend grandement sa source dans la césure sociologique distinguant à la fin du XIXe siècle les clubs huppés d'Angleterre méridionale de ceux à recrutement plus prolétaire du Nord du pays.
C'est en effet tant l'opposition des notables dirigeant alors le rugby que celle des joueurs du Sud majoritairement issus des milieux estudiantins, de la gentry ou des cols blancs qui interdit aux équipes des comtés du Yorkshire et du Lancashire d'autoriser non pas la rémunération de leurs rugbymen mais les simples compensations des heures non travaillées et remboursement des frais - conséquents pour l'époque - engagés dans le transport ferroviaire par ces hommes demeurés souvent ouvriers, mineurs ou petits employés.
La logique ayant prévalu des deux côtés, une véritable dichotomie culturelle se met en place dans certains pays, anglo-saxons (Écosse, Angleterre, Irlande, Canada, Australie…) ou possèdant des cercles anglophiles (Japon, Hong-Kong, États-Unis…). Là, devenir joueur, dirigeant ou bénévole d'un club de XV signifiait également, outre l'adhésion individuelle à une société sportive, une marque de distinction sociale, un acquiescement à un corpus de valeurs normatives telle que l'"englishness", une "attitude", une "fusion" grégaire fustigée par certaines féministes. À l'opposé, les historiens britanniques et australasiens n'ont pas fini d'étudier la part du treize (et du football pour les premiers) dans le "mouvement ouvrier".
Aux Antipodes, soumis à la concurrence directe de la Rugby league (XIII), le football australien (ou Aussie Rules) (code dominant en Australie Méridionale, Tasmanie, Victoria, Territoire du Nord et Australie Occidentale, dominé en Nouvelle Galles du Sud, ACT et Queensland), contemporain du football dans sa régulation, s'affirme quant à lui depuis plus de 140 ans (1858), intangiblement "neutre socialement".
En Nouvelle-Zélande, comme au Pays de Galles ou parmi la population afrikaner d'Afrique du Sud (dont une section par l'intermédiaire du Broederbond tenta elle aussi, sous l'apartheid, d'empêcher le développement du XIII), le XV est un fait d'affirmation identitaire transcendant largement les catégories socio-professionnelles. En France, on constatera que si ce schéma est généralement valable, le XIII a particulièrement bien grandi dans des terres réfractaires, tel l'ancien pays cathare, et que, dans les villes aux deux rugbys, la comparaison reste implacable : si à XIII on trouve aisément des joueurs issus des migrations nord-africaines ou sub-sahariennes (de même qu'auparavant dans les Pyrénées-Orientales ou à Toulouse on pouvait croiser des fils de militants de la CNT espagnole réfugiés après la guerre civile), ils sont beaucoup moins nombreux à XV .
L'introduction du professionnalisme dans le rugby à XV a cependant bouleversé cette donne traditionnelle.
[modifier] Voir aussi
- Comparaison des règles du jeu du rugby à XV et du rugby à XIII
- Rencontres entre équipes de rugby à XIII et à XV
[modifier] Bibliographie
- Bonnery Louis, Le Rugby à XIII, le plus français du monde, Limoux, Cano & Franck, 1996
- Rylance Mike, Le rugby interdit, Limoux, Cano & Franck, 2006 (ISBN 0-9553670-0-X)
- Garcia Henri, Rugby - champagne, Paris, La Table Ronde, 1961
[modifier] Liens externes
- Fédérations :
- Compétitions professionnelles :
- (en) Super League (site officiel du championnat anglais de la Super League]
- (en) NRL.com (site officiel du championnat australien de la NRL, avec la possibilité de voir des matchs online)
- Régles du Rugby à XIII :
- (fr) Régles du Rugby à XIII (codification complète empruntée au site de la Ligue régionale de Midi-Pyrénées de Rugby à XIII)
- (fr) Je suis jeune officiel en Rugby à XIII (petit précis d'arbitrage)
- Hall of Fame - Immortels :
- (en) English Rugby League Federation Hall of Fame
- (en) Australian Rugby League Federation Hall of Fame
- (en) New Zealand Government Sports Hall of Fame] (cf. League et Rugby)
- (en) Wales Government Sports Hall of Fame (cf. nominee et son sport)
- (en) Welsh Rugby League Federation Hall of Fame
- (fr) French RL Former International Players Association Hall of Fame
- Sites informatifs ou de l'histoire du Rugby à XIII :
- (en) RL1908 (revigorante source d'informations pour ceux qui aiment l'Histoire)
- (en) Era of the biff (memorabilia)
- (en) Rleague.com (Worldwide Rugby League Information)
- (fr) Infostreize
- (en) Concreteboots (annuaire)
- (en) http://www.convictcreations.com/football/sport.htm (chapitre sportif de "convictcreations" ; site australien toujours à l'antipode de lui-même, aussi sarcastique que génialement inattendu)
- (en) Aborigines in Sport (Excellente étude socio-culturelle sur le rôle des Aborigènes dans le sport australien ; bon chapitre sur le XIII)
- (en) Site d'informations australien
- Forums :
- (fr) Rugbytreize.com (nouvelle mouture d'un forum pionnier sur le sujet)
- (fr) RugbyforumXIII (le forum français très actif sur le XIII en France et à l'étranger)
- Vidéos :
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