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Rhinocéros indien

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Rhinoceros unicornis
Image:Indian Rhinoceros.jpg
Rhinocéros indien
Classification classique
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Perissodactyla
Famille Rhinocerotidae
Genre Rhinoceros
Nom binomial
Rhinoceros unicornis
Linnaeus, 1758
Image:Panzernashorn2004.jpg
Une mêre et son petit, au zoo de Nuremberg
Statut IUCN : Image:IUCN EN .png ( EN B1+2cde )
En danger
Statut CITES : 30px Annexe I ,
Révision du 01-07-75
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Le rhinocéros indien (Rhinoceros unicornis - Linnaeus 1758) est un rhinocéros unicorne présent en Asie. C’est la plus grande et la moins rare des trois espèces que compte le continent. L’espèce vit plus particulièrement au nord de l’Inde et au Népal.

Jadis très répandu, la chasse et le développement de l’agriculture ont entraîné l’effondrement de sa population, qui ne comptait plus que 100 à 200 animaux au début du XXe siècle. Protégé à partir de 1910, le rhinocéros indien a pu augmenter sa population, qui compte en 2006 environ 2 500 individus.

Sommaire

[modifier] Description

Image:Searchtool.svg Pour une présentation des différentes espèces de rhinocéros, de leurs origines et de leurs relations, voir l'article détaillé rhinocéros.

L'espèce n'a pas de sous-espèce identifiée. L'IUCN définie cependant 2 sous-populations : une population orientale, en Assam et au Bengale occidental, et une population occidentale au Népal et en Uttar Pradesh.

Ce rhinocéros d’apparence « préhistorique » possède une peau épaisse brun-argenté, avec des plis énormes aux épaules et aux fesses. Les pattes et les épaules antérieures sont couvertes de sortes de verrues et l’animal a des poils très courts et dispersés sur le corps, faisant une petite touffe sur le bout de la queue.

Dans la nature, les mâles adultes sont plus grands que les femelles. Avec une longueur de 370 cm (maximum 380 cm) pour le mâle en dehors de la queue (330 cm pour la femelle), une hauteur au garrot de 180 cm, exceptionnellement 200 cm (160 cm pour la femelle) et un poids allant jusqu'à 2,7 tonnes (1,6 tonnes pour la femelle), le rhinocéros indien constitue la plus grande des trois espèces de rhinocéros d’Asie. En captivité, les mâles et les femelles atteignent des poids beaucoup plus importants (jusqu’à 3,5 tonnes).

Mâles et femelles ont une corne unique, qu’on ne trouve pas sur les jeunes. La corne, comme les cheveux humains, est en kératine pure. Elle commence à apparaître vers l’âge d’un an. Elle atteint une longueur comprise entre 20 et 61 centimètres (rarement plus de 50 cm).

Le rhinocéros indien est un herbivore. Il mange de l’herbe, des fruits, des feuilles, des plantes aquatiques, et même parfois des plantes cultivées par l’homme. Dans le parc Népalais de Chitawan, une étude de Laurie en 1978 a montré qu’il consommait 183 espèces de plantes, les espèces herbacées représentant 70 à 89% de sa consommation<ref name="Laurie-83">D’après Laurie, Lang et Groves en 1983, dans Mammalian Species N°211, une publication de the American Society of Mammalogists.</ref>. Sa lèvre supérieure est préhensile et aide l’animal à attraper sa nourriture. Les incisives pour couper les végétaux sont bien développées.

Rhinoceros unicornis peut courir jusqu’à une vitesse de 55 km/h, sur de courtes distances. Ses pattes en pilier ont trois doigts chacune. Il a une excellente ouïe et un très bon odorat, mais sa vue est assez mauvaise. L’espérance de vie est de 30 à 40 ans, avec un record enregistré en captivité de 47 ans<ref name="Laurie-83" />.

[modifier] Diffusion

À l’origine, la zone de répartition de Rhinoceros unicornis couvrait toutes les plaines alluviales situées au pied des contreforts de l’Himalaya, du nord du Pakistan jusqu’au nord du Bengladesh et à l’Assam indien. Il est possible mais non prouvé que l’espèce ait aussi vécu en Birmanie<ref>U Tun Yin, 1956 et 1967.</ref>, dans le sud de la Chine et en Indochine<ref>Rookmaaker, 1980.</ref><ref>D’après l’IUCN.</ref>. La population originelle a été estimée de façon très approximative à 500 000 bêtes au XVe siècle<ref>D’après l’International Rhino Foundation.</ref>. Le rhinocéros indien a aujourd’hui totalement disparu du Pakistan<ref>A l’exception de deux animaux réintroduits en 1982 dans le parc pakistanais de Lal Sohanra, et qui ne se reproduisent pas.</ref> et du Bangladesh et est devenu rare en Inde et au Népal.

En 2006, il reste environ 2 400 à 2 500 animaux vivants en liberté, sans compter les animaux captifs.
Il y avait en 2000 612 animaux recensés au Népal, dont 544 dans le parc national de Chitawan, un parc de 932 km², et 67 dans le parc national de Bardia (ou Rhinoceros unicornis a été réintroduit)<ref name="martin-2001">« What strategies are effective for Nepal’s rhino conservation: a recent case study », Pachyderm N°31, Juillet-Décembre 2001, PP 42-51, publication IUCN, PDF.</ref>. Une réintroduction est en cour dans le parc national de Sulkhlaphanta.

Tous les autres animaux (environs 1800) vivent en Inde. Mille cinq cents, c’est-à-dire 60 pour cent de la population totale actuelle, vivent dans le parc national de Kaziranga (430 km²) en Assam (extrême-est de l’Inde) (situation en avril 2005). Quatre cents bêtes vivent dans quelques autres régions de l’Inde, en particulier dans les parcs nationaux de Manas (2837 km²), Orang et Pabitora (85 animaux à Pabitora en 2005), en Assam, mais aussi de Gorumara et de Jaldapara, au Bengale occidental. Le nombre des rhinocéros indiens, qui avait fortement baissé, est aujourd’hui en lente augmentation grâce aux parcs nationaux où ils sont protégés.

[modifier] Mode de vie et reproduction

Le rhinocéros indien préfère les paysages de plaines et de marais ouverts avec une densité forestière faible. Forcés à se retirer devant la poussée des hommes, certains rhinocéros indiens se sont mis cependant à habiter la forêt. Les rhinocéros indiens sont surtout actifs dans la soirée, la nuit et tôt le matin.

De par leur adaptation aux milieux marécageux, ils sont une espèce plus attirée par l’eau que leurs cousins africains, et nagent assez bien. Ils aiment en particulier les bains dans les marécages, lesquels ont entre autre pour fonction de les enduire d’une couche de boue les protégeant contre les parasites de la peau. Toujours dans le cadre de la lutte contre les parasites externes, Rhinoceros unicornis accueille volontiers sur son dos des oiseaux insectivores (Bubulcus ibis, Acridotheres tristis<ref name="Laurie-83" />), comme ses cousins les rhinocéros africains.

À l’exception de l’homme, Rhinoceros unicornis n’a pas vraiment de prédateur, si ce n’est le tigre qui attaque parfois des jeunes non gardés, voire, très exceptionnellement, des adultes. Les animaux sont par contre régulièrement victimes de diverses maladies, en particuliers parasitaires.

Les rhinocéros indiens vivent presque toujours solitaires, encore qu’on puisse assez rarement trouver des petits groupes stables de 2 ou 3 animaux (en dehors de la mère et de son petit). Le record enregistré en 1983 était de 6 subadultes vivant régulièrement ensemble. On trouve de façon temporaire des associations plus larges, jusqu’à une dizaine d’animaux<ref name="Laurie-83" />. Sauf ces cas particuliers, chaque animal a son propre territoire, qui peut cependant recouper celui d’autres rhinocéros.

Image:Rhinoceros unicornis chitwan national park nepal 2005 2.jpg Les marquages olfactifs par le biais d’une odeur présente dans l’urine et dans les excréments sont un instrument de communication entre individus vivant sur des territoires proches, tout comme les cris<ref>Au même titre que l'éléphant, le rhinocéros barète ou barrit.</ref>, dont il existe plusieurs variétés. Grâce à ces interactions, les animaux définissent leurs territoires, et peuvent éviter ainsi leurs congénères, mâles et femelles ne se rencontrant normalement que pour s’accoupler.

Il est rare que les rhinocéros indiens se battent entre eux. Cependant, les femelles avec des nouveau-nés se montrent particulièrement agressives envers des intrus de leur propre espèce, voire envers les grands mâles et les hommes. On a également noté une tendance à l’augmentation des combats entre mâles (parfois mortels) là où les populations sont les plus denses.
La reproduction peut avoir lieux toute l’année. Les mâles peuvent se reproduire à neuf ans. Les femelles atteignent la maturité sexuelle à quatre ou cinq ans. La femelle siffle pendant ses chaleurs (tous les 21 à 42 jours)<ref>Laurie, en 1978, a mesuré un oestrus tous les 27 à 42 jours, et Gowda, en 1969 a suivi une femelle captive qui était en chaleur tous les 21 à 33 jours.</ref> pour que les mâles sachent quand ils peuvent la rejoindre. Après l’accouplement, la gestation dure entre 462 et 491 jours (environ 16 mois)<ref name="Laurie-83" /> et les premières mises bas ont lieux entre six et huit ans<ref name="Laurie-83" />.

La mère donne naissance à un petit unique pesant entre 40 et 80 kg, mesurant 96 à 122 cm de long et 56 à 67 cm au garrot. La parturition se fait debout ou couchée, et se déroule généralement rapidement, en une trentaine de minutes<ref name="Laurie-83" />. Le petit est allaité régulièrement pendant un an, puis de façon plus ponctuelle jusqu’à 18 mois<ref name="Laurie-83" />. Il reste ensuite quelques temps auprès de la mère, qui le chasse au plus tard une semaine avant la naissance du petit suivant<ref>D’après Nowak en 1999, dans Walker’s Mammals of the World, sixième édition, The Johns Hopkins University Press, Baltimore.</ref>. Il y a une naissance environ tous les 3 ans.

Le poids augmente rapidement, puisque le petit pèse environ dix fois son poids de naissance à l’âge d’un an (du moins en captivité, ou les croissances sont nettement plus rapides). Il prend pendant les premiers temps 2 à 3 kg par jour (toujours en captivité). Le jeune mesure dans la nature environs 1 mètre à 1 an (56 à 67 cm à la naissance), 1,20 m à 2 ans, 1,35 m à 3 ans et 1,45 m à 5 ans. Les croissances en poids et en tailles enregistrées dans les zoos sont sensiblement plus rapides, du fait de la nourriture plus abondante. Un jeune mâle du Zoo de Bâle faisait ainsi 1,57 m à l’âge de 33 mois<ref name="Laurie-83" />.

[modifier] Les hommes et les rhinocéros indiens

Image:Nosorozec indyjski Gyan.jpg Si un homme rencontre par inadvertance une femelle avec son petit, il peut en résulter une attaque, qui est parfois mortelle. L’homme constitue cependant pour le rhinocéros indien une menace beaucoup plus grande que l’inverse. Jusqu’au XVIIe siècle, on trouvait ce dernier en abondance dans des régions qui appartiennent aujourd’hui au Pakistan, au Népal et à l’Inde. Par la suite il s’est vu repoussé, surtout par l’assèchement des marais visant à étendre toujours plus à l’est les surfaces utilisables par l’agriculture. Les rhinocéros ont fini par se retirer jusqu’aux versants sud de l'Himalaya et dans les bras éloignés du Gange.

[modifier] La chasse

Au XIXe siècle, quand l’espèce était déjà devenue rare du fait de la destruction de son habitat, le tourisme de chasse est devenu très populaire chez les Européens. Ceux-ci pourchassèrent les derniers rhinocéros. Vers le milieu du XIXe siècle, certains officiers britanniques affirmaient en avoir tué plus de 200<ref>Butler, 1847.</ref>. En outre, le gouvernement colonial indien (Britannique) accordait une prime pour chaque rhinocéros indien tué, ces animaux étant censés détruire les plantations de thé.

Aujourd’hui, le braconnage reste un grand problème, puisque la corne du rhinocéros indien est utilisée en Extrême-Orient dans la médecine traditionnelle chinoise, ainsi qu’au Yémen pour la fabrication des gardes de poignards traditionnels (le jambia) des classes dominantes. Les prix payés sont élevés, surtout pour des zones assez pauvres, au point qu’un trafiquant peut gagner jusqu’à 15 000 dollars pour une seule corne passée en contrebande en Chine (les braconniers eux-mêmes gagnent moins d’argent : aux alentour de 5 000 dollars vers 2000<ref name="martin-2001" />). Avec l’accroissement du nombre de garde-chasse, l’Inde et le Népal essaient avec un certain succès de venir à bout de ce problème. Mais de 1986 à 1995, on estime qu’environs 500 animaux ont été tués illégalement (450 en Inde et 50 au Népal)<ref name="IUCN-1997">Asian rhinos - Status survey and conservation action plan (PDF)</ref>, d’après le rapport de l’IUCN de 1997 citant Martin (1995) et Menon (1996). Entre 1998 et 2000, il y a encore eu au moins 34 bêtes abattues rien que dans le parc népalais de Chitawan, ou la situation semble cependant s’améliorer depuis une réorganisation<ref name="martin-2001" />.

[modifier] La protection

Au début du XXe siècle, il restait 100 à 200 rhinocéros vivants. C’est en 1910, alors que la disparition de l’espèce apparaissait imminente, que la chasse fut interdite par le gouvernement impérial Britannique, et que furent aménagées des zones de protection. Les plus grandes se trouvent dans le parc national de Kaziranga, en Inde, et dans le parc national de Chitawan, au Népal. Aujourd’hui, il subsiste 1 500 rhinocéros indiens à Kaziranga, qui se sont reconstitués à partir d’une population estimée à 12 survivants en 1908<ref name="Laurie-83" />. Il y en a 600 au Népal, essentiellement à Chitawan, où ils n’étaient qu’une soixantaine vers 1960<ref name="IUCN-1997" />, et environ 400 dans d’autres régions indiennes.

En Inde, les lois nationales sont complétées par des règlements régionaux, comme le Assam Rhinoceros Preservation Act de 1954 ou le Bengal Rhinoceros Preservation Act de 1932.

La protection de l’espèce est un incontestable succès. À l’extrême limite de l’extinction au début du XXe siècle, l’espèce a opéré un spectaculaire rétablissement. De nombreux problèmes subsistent cependant. Outre le braconnage, déjà cité, le nombre total des animaux est trop limité pour assurer la pérennité de l’espèce à long terme. Il doit encore être augmenté. Le nombre de régions avec des Rhinocéros indiens est également trop faible : 4 parcs nationaux concentrent plus de 90% des animaux, ce qui rend l’espèce très vulnérable à des problèmes locaux (épidémies, catastrophe naturelle, guerre<ref>Le Népal connaît depuis des années une guerre civile.</ref>, ...). La taille trop réduite de ces parcs explique la tendance régulière des rhinocéros indiens à sortir de leurs territoires réservés pour empiéter sur les zones humaines, dévorant les cultures et entraînant des conflits avec les agriculteurs. Ces animaux migrants sont aussi plus facilement victimes des braconniers, les patrouilles anti-braconnage étant moins nombreuses à l’extérieure des parcs nationaux<ref name="martin-2001" />. La rupture des échanges de gènes entre les différents centres de peuplement entraîne enfin des problèmes de consanguinité et de dérive génétique. L’enjeu des prochaines décennies serait donc d’augmenter le nombre et la taille des territoires ou vivent les rhinocéros indiens. Mais la croissance démographique humaine des régions concernées ne rend pas cet objectif aisé à atteindre.

Conscient du problème, les autorités népalaises mènent des opérations de translocation depuis 1986. Des animaux ont ainsi été transférés depuis le parc de Chitawan vers le parc national de Bardia, d’où les rhinocéros avaient disparus depuis des décennies. Treize animaux ont été relocalisés en 1986, 25 en 1991, 4 en 1999 et 16 en 2000<ref name="martin-2001" />. En 2003, le WWF à encore transféré d’autres animaux du parc de Chitawan vers d’autres parcs du pays, comme le parc national de Sulkhlaphanta, afin d’améliorer l’emprise géographique de l’espèce.
Une tentative ancienne de réintroduction dans le parc pakistanais de Lal Sohanra semble être un échec. En 1982, le Népal a donné un couple au parc, mais ce couple, toujours vivant, ne s’est pas reproduit. L’introduction d’au moins une femelle supplémentaire est envisagé<ref>« Rhinoceros pair at Lal Sohanra fails to procreate », The Nation (hebdomadaire pakistanais), 19 octobre 2006.</ref>.

ANNEE TOTAL INDE NEPAL
1910 100
1952 350 300 50
1958 700 400 300
1963 600
1964 625 440 185
1966 740 575 165
1968 680
1971 630
1983 1 000
1984 1 500
1986 1 711 1 334 377
1987 1 700
1990 1 700
1994 1 900
1995 2 135 1 600 535
1997 2 095
1998 2 100
2000 2 500 612
2002 2 500
2005 2 400
Évaluation de la démographie de l’espèce, tirée de différentes études d’époque. Les études n’ayant pas toujours été faites selon les mêmes méthodologies, les chiffres peuvent varier d’une année sur l’autre, sans forcément renvoyer à une évolution réelle de l’espèce. Études compilées et sourcées ici. Les auteurs et l’année des études sont aussi affichées par survol du chiffre dans le tableau.
Image:Rhinoceros-unicornis-popula.jpg

Aujourd’hui, le rhinocéros indien est le rhinocéros asiatique le moins rare, mais il est cependant encore considéré comme menacé par l’IUCN et la CITES.

[modifier] Zoo

Image:Indische neushoorn (Tierpark Berlin).JPG Image:Indian rhinoceros.png Rhinoceros unicornis intéresse les zoos depuis assez longtemps. L’impact sur les populations sauvages, déjà très faibles, fut au départ négatif. Les prélèvements dans la nature ont cependant cessé, et les zoos ont aujourd’hui des populations d’élevage. Depuis quelques années, pour éviter les problèmes de consanguinité, certains zoos, en particulier ceux d’Amérique du Nord, ont entamé des contacts avec les parcs nationaux népalais pour se procurer quelques couples sauvages<ref name="martin-2001" />.

En 1956, le zoo de Bâle réussit la première naissance en captivité des élevages modernes (quelques cas isolés avaient été enregistrés dès le XIXe siècle). Le Zoo de Bâle a obtenu 28 naissances entre 1956 et 1996.

Après Bâle, bon nombre d’autres zoos ont reproduit cette espèce, tant aux États-Unis (San Diego) qu’en Europe (Nuremberg). Les élevages en captivité étant relativement productifs, ils représentent une garantie supplémentaire de survie pour l’espèce. Il existe un programme européen d’élevage (EEP) concernant cet animal, ce qui signifie que les zoos européens participant au programme échangent des reproducteurs, des informations sur les techniques d’élevage et de reproduction, et suivent l’arbre généalogique de chaque individu élevé pour éviter la consanguinité.

Il y aurait en 2005 dans le monde environ 140 animaux élevés en captivité<ref>Source : International Rhino Foundation.</ref>.

[modifier] Les représentations sociales du Rhinocéros indien

Le rhinocéros indien est le plus gros mammifère de l’Inde, à l’exception de l’éléphant indien. À ce titre, il a joué un rôle certain dans les cultures du nord du sous-continent.

Ainsi, dans la culture pré-indienne de l’Indus (-2600 à -1900 avant J.C.), ont trouve la représentation d’un dieu à trois visages, souvent assimilé à un proto-shiva. « De part et d’autre du dieu se trouvent quatre animaux, un éléphant et un tigre à sa droite, un rhinocéros et un buffle à sa gauche »<ref>Sir John Marshall, cité dans le Yoga, immortalité et liberté de Mircea Eliade.</ref>. Les quatre animaux ainsi représentés sont les plus gros et les plus puissants du nord de l’Inde, et leur association avec un dieu montre nettement que leur puissance physique est aussi un symbole de pouvoir.

À des périodes plus récentes et mieux documentées, le rhinocéros indien reste associé aux dieux. Sa corne lui aurait ainsi été donnée par Parvati, la femme de Shiva. À ce titre, bon nombre de croyances font de lui une créature sacrée aux pouvoirs magiques.

Un des premiers occidentaux à décrire l’animal est Nicolò de’ Conti, un explorateur du XVIe siècle qui l’assimile à la licorne.

Le Rhinocéros de Dürer Impressionnés par l’animal, les Portugais qui découvrent l’Inde au XVIe siècle ramènent des spécimens en Europe. Le premier inspirera une célèbre estampe sur bois, gravée par Albrecht Dürer en 1515, et appelée le Rhinocéros de Dürer. L’œuvre est basée sur une description écrite et un bref croquis d’un rhinocéros indien amené à Lisbonne plus tôt dans l’année, réalisés tous deux par un artiste inconnu. Dürer n’a jamais vu le rhinocéros réel, premier exemple vivant vu en Europe depuis l'époque romaine. Vers la fin de 1515, le roi du Portugal, Manuel Ier, envoie l’animal en présent au pape Léon X, mais la bête meurt dans un naufrage au large des côtes italiennes début 1516. Aucun rhinocéros en vie ne sera revu en Europe jusqu’à ce qu’un second spécimen arrive à Lisbonne en provenance d’Inde, en 1577.

Il semble que les anciens rajahs indiens aient ponctuellement dressé des rhinocéros pour la guerre<ref>Guggisberg, 1966.</ref>. Ces derniers ont aussi été parfois dressés pour divers usages plus pacifiques, par exemple comme animaux de traits, du moins à l’époque ou ils n’étaient pas encore devenus très rares<ref>Pollok et Thorn, 1900 ; Butler, 1847.</ref>.


Image:Searchtool.svg Pour en savoir plus, on peut consulter les articles sur le rhinocéros dans l'art et les rhinocéros célèbres en Europe, sachant qu’ils traitent des rhinocéros en général, et pas spécifiquement de Rinoceros unicornis.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens internes

[modifier] Liens externes

Wikimedia Commons propose des documents multimédia sur Rhinoceros unicornis.
répartition : Rhinoceros unicornis Linnaeus, 1757 (fr+en)

[modifier] Bibliographie

[modifier] Notes et références

<references />

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