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Raymond Lulle

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Image:Ramon Llull.jpg Raymond Lulle (Ramon Llull en catalan) (né v. 1235 à Palma de Majorque — mort le 30 juin 1315) était un religieux franciscain, philosophe, poète, mystique et missionnaire catalan du XIIIe siècle, descendant d'une famille noble catalane.

Sommaire

[modifier] Biographie

Très jeune, il fut page de Jacques le Conquérant, roi d'Aragon avec qui il est initié aux arts martiaux européens. Plus tard, il deviendra précepteur du fils du Roi, l'infant Jacques, futur roi de Majorque dont il fut le sénéchal.

Son éducation et son esprit sont alors entièrement voués à la chevalerie. À la cour du roi, à Perpignan, il composa le Llibre de la cavalleria, traité des devoirs du parfait chevalier. « Lorsqu'il était sénéchal de la table du roi de Majorque, Raymond, jeune encore, se consacrait à composer de vaines chansons et des vers et autres vanités mondaines. Une nuit, il était assis près de son lit en train de composer et d'écrire en sa langue vulgaire une chanson pour une dame, qu'il aimait alors d'un amour insensé. Lorsqu'il commença de l'écrire [...], il vit le Seigneur Jésus-Christ. » (Vie de Raymond).

Une légende raconte ainsi la cause de la conversion de Raymond : amoureux d'une femme qui se refusait à lui, Raymond la poursuit à cheval jusque dans une église de Majorque ; afin de le dissuader de l'aimer, cette malheureuse découvrit sa poitrine pour lui offrir le spectacle d'un sein rongé par le cancer.

Il étudie à l'université de Montpellier, ville qui appartenait alors au royaume de Majorque, puis à celle de Paris.

Le prosélytisme de Raymond était tel que, parlant couramment l'arabe, il n'hésita pas à plusieurs reprises à passer de l'autre côté de la Méditerranée pour tenter de convertir les musulmans. C'est d'ailleurs aussi à cela que son œuvre majeure, Ars Magna, sera vouée : il s'agit, par le jeu des combinaisons de toutes les propositions possibles, de pouvoir à coup sûr réfuter les arguments des « infidèles » et, par la force de la seule raison triomphante, de les convertir. « Cet Art a pour finalité de répondre à toute question [...] » L'« Art bref » de Lulle doit aussi bien s'exprimer dans l'art de convaincre un adversaire, que dans le maniement des armes. Lulle préconise ainsi la création d'un ordre monastique et militaire composé de chevaliers du Christ.

Le jugement de Descartes selon qui l'Art de Lulle sert plus « à parler, sans jugement, [de choses] qu'on ignore, qu'à les apprendre [...]» (Discours de la méthode), a gravement nui à la réputation de Raymond Lulle. Jean-Jacques Rousseau porte un jugement semblable, certainement inspiré par celui de Descartes : il parle de « l'art de Raymond Lulle pour apprendre à babiller de ce qu'on ne sait point » (Émile ou De l'éducation, livre V).

Il est pourtant aujourd'hui considéré comme un génial précurseur de la logique combinatoire (cf. Leibniz), voire de l'idée d'Intelligence artificielle, à ceci près qu'il comptait utiliser la logique déductive et non la logique inductive pour conduire des « raisonnements automatiques » au moyen de roues pivotantes. C'est à lui que l'on doit le sentiment de l'accession de la langue catalane au rang de langue de pensée et littéraire distincte de l'occitan. On oublie aussi que Lulle est un philosophe de l'action dont les idées sont proches de celle d'Ignace de Loyola et de Saint Dominique. Un philosophe espagnol des années 1500, Jerónimo de Carranza, sera le fondateur d'une philosophie des armes et d'une méthode d'escrime dans la droite ligne de la pensée lullienne.

L'idée de la « machine à raisonner » de Lulle marquera les esprits. La pascaline en constituera un premier début de réalisation, qui s'améliorera jusqu'à donner l'ordinateur moderne. Le paradoxe de la chambre chinoise de John Searle constitue un paradoxe inspiré de cette « pensée assistée » souhaitée par Lulle.

Le « Docteur illuminé » meurt à Majorque le 30 juin 1315. Sous le nom de « Raymond Lulle », un vaste corpus de textes alchimiques se constitua à partir du XIVe siècle et ne cessa de se développer. Dans le sillage de son prodigieux succès en tant que philosophe, des « lullistes » anonymes se mirent à composer sous son nom un nombre croissant de traités d'alchimie.

[modifier] Œuvre

Parmi plus de quatre cent ouvrages :

  • L'arbre de la Philosophie d'Amour
  • Le livre de l'Ami et de l'Aimé (Libre d'Amic e Amat)
  • Grand Art (Ars Magna)

[modifier] Voir aussi

[modifier] Bibliographie

  • Raymond Lulle et le pays d'Oc, Cahiers de Fanjeaux no 22 (1987, réédité en 1995), Privat, Toulouse (ISBN 270893421X)

[modifier] Liens externes


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