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Raspoutine

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Raspoutine, de son vrai nom Grigori Iefimovitch Raspoutine (Григорий Ефимович Распутин), est né le 10 janvier 1869 du calendrier Julien alors en vigueur en Russie (23 janvier du calendrier Grégorien actuel) et est mort assassiné dans la nuit du 16 au 17 décembre 1916 (29 au 30 décembre du calendrier actuel).

Originaire des confins de la Sibérie, c'est un mystique errant, un « staretz », proche de la secte des « Khlysty ». « Staretz » était un titre donné à des mystiques, laïcs ou religieux, qu'on venait consulter.

Il était d'une stature moyenne, mais avec une carrure imposante, de nature sale et grossière, mais dégageait un magnétisme envoûtant et étrange. Il portait des cheveux et une barbe longs et hirsutes, mais possédait avec ses yeux bleus clairs, très perçants, un curieux regard hypnotique qui semblait avoir le pouvoir de transpercer l'âme de ses interlocuteurs.

Sommaire

[modifier] Sa jeunesse

Sa mère, Anna Vassilievna, et son père, Iefim Iakovlevitch Raspoutine, étaient fermiers dans le village sibérien de Pokrovskoïé, du district de Tioumen, dans la province de Tobolsk, à 2 500 km à l'Est de la capitale russe Saint-Pétersbourg. La légende veut que le 10 janvier 1869, un météore ait traversé le ciel au-dessus du village de Pokrovoskoïé, et ce phénomène annonçait, disait-on, la venue au monde d'un personnage exceptionnel.

La vie était rude, l'existence rustique, la vodka une boisson courante, l'instruction n'existait pas. Grigori n'apprendra les rudiments de la lecture et de l'écriture qu'au cours de ses voyages, à l'âge adulte, mais, très vite, les gens se rendent compte qu'il est « différent » car il montre un pouvoir d'apaisement, voire de guérison, sur les animaux.

Suite à une chute accidentelle dans les eaux glacées d'une rivière, son frère aîné, Andreïi, et lui sont victimes d'une pneumonie dont son frère meurt. Grigori guérit mais traverse des périodes de dépression et de surexcitation incontrôlables. Il aide son père dans les travaux de la ferme et conservera de cette enfance les manières frustes des paysans sibériens, les vêtements amples et peu soignés, et les mains calleuses.

Il a aussi des moments de mysticisme et va à la rencontre des moines sages, les « staretz » pour suivre leurs enseignements religieux, mais il fait aussi preuve de débordement d'énergie et de pulsions diverses dont une sexualité débordante qu'il assouvit facilement. Dès l'âge de dix-huit ans, il est sujet à de grandes crises mystiques. Contrairement à ce que certaines biographies prétendent, le nom de "Raspoutine" n'était pas un surnom mais vraiment son nom de famille. Pour s'en convaincre, il suffit de consulter les documents officiels des archives de Tioumen, en Sibérie, où l'on peut consulter un recensement des habitants de Pokrovskoïé et où apparait en toute lettre le nom de Grigori Iefimovitch Raspoutine, tel qu'en fait foi la biographie de l'historien russe Edvard Radzinsky.

En 1888, à l'âge de 19 ans, il épouse une jeune paysanne du village de Doubrovnoïé, Praskovia Feodorovna, qui lui donnera cinq enfants : Mikhail et Georguiï décèdent prématurément, Dimitri, né en 1895, Matriona en 1898 et Varvara en 1900. Il aimait véritablement sa femme, et malgré de multiples incartades sexuelles, il reviendra toujours auprès d'elle.

[modifier] Sa vie d'errance

Un jour, en 1894, alors qu'il travaillait dans les champs il eut la vision d'une vierge lumineuse. Le starets Makari, un moine ascète à qui il en parle et que Raspoutine considère comme son père spirituel, lui conseille alors de s'investir plus dans la religion orthodoxe et de se rendre au Mont Athos, en Grèce, ce qui signifie un long voyage à pied de plus de 3000 km. Il décide cependant de s'y rendre et quitte sa femme pour un voyage qui va durer plus de dix mois; mais le Mont Athos et ses moines le décevront. Sur la route du retour il fait halte dans de nombreux monastères et c'est plus de deux ans après son départ qu'il retrouve sa femme et son jeune fils Dimitri, né en 1895.

Cependant il continue à vivre des périodes de mystique et d'ermite, parcourant la Sibérie occidentale et survivant grâce à la charité et à l'aumône, frappant aux portes des monastères et acquérant au fur et à mesure de ses pérégrinations une réputation de sage et de guérisseur; mais il dira toujours « Ce n'est pas moi qui guérit, c'est Dieu ».

Il effectue de nombreux pèlerinages, particulièrement à Kazan et à Kiev, et les gens commencent à venir de toute la région pour écouter ses prêches. Le clergé orthodoxe s'inquiète de son succès, mais ne peut rien trouver à y redire. De plus en plus de fidèles viennent à ses réunions, amenant des malades sur lesquels il exerce un réel talent de « guérisseur ». Sa réputation s'étend mais en même temps il continue une vie de débauche, de buveur, de bagarreur, de séducteur, et même de voleur.

Durant toutes ces années, il entre en contact avec de multiples sectes qui fleurissaient sur le terreau de la religion orthodoxe. Il se rapproche en particulier des sectes Khlysty qui mêlent, par la danse et l'extase, l'érotisme et la religion... ce qui convient parfaitement à sa nature. Son mysticisme devient doctrinaire et le conduit à l'élaboration d'obscures théories sur la régénération par le péché et les excès en tous genres.

[modifier] L'arrivée à Saint-Pétersbourg

À l'invitation de la grande-duchesse Militza, qui l'avait rencontré à Kiev, il décide de se rendre à Saint-Pétersbourg, capitale de l'empire russe depuis Pierre le Grand. Son descendant, le tsar Nicolas II, y règne depuis 1894. En cours de route, à Sarov, il assiste à la canonisation du moine Séraphim, et devant l'assistance réunie, Raspoutine entre en transe et prévoit la naissance d'un héritier mâle au trône impérial. Le 12 août 1904, naîtra le tsarévitch Alexis, malheureusement souffrant d'hémophilie.

Il arrive au printemps 1904 dans la capitale des Tsars, Saint-Pétersbourg. Son but était de rencontrer le tsar et la tsarine qui étaient trop occidentalisés à ses yeux; et voulait les initier à la véritable âme russe. Son protecteur, le vicaire de Kazan, lui avait remis une lettre de recommandation destinée à l'évêque Sergui qui s'inquiétait aussi de la dangereuse crise spirituelle qui minait la Russie.

Conquis par Raspoutine, l'évêque le prit sous sa protection et le présenta au patriarche Théophane, confesseur de la tsarine Alexandra Fedorovna, au père Jean de Kronstadt, et à l'évêque Hermogène de Saratov. Il furent tous stupéfaits par la ferveur religieuse de Raspoutine et par son talent de prédicateur. Ils le bénirent, le considérèrent comme un staretz, même comme un « envoyé de Dieu », et l'introduisirent auprès de la grande-duchesse Militza et de sa sœur la grande-duchesse Anastasia, filles du roi Nicolas Ier du Monténégro — elles étaient mariées à deux frères, respectivement le Grand-duc Peter Nicolaïévitch et le Grand-duc Nicolaï Nicolaïevitch, cousins d'Alexandre III — cependant Raspoutine retourna dans son village sibérien et ne reviendra à Saint-Pétersbourg qu'en 1905 au début de la tourmente révolutionnaire.

[modifier] Auprès de la famille impériale

Tsarévitch Alexis

La tsarine, dont la piété était excessive et, qui attirait autour d'elle de nombreux mystiques, fut séduite par la simplicité de Raspoutine, d'autant plus qu'un ancien prédicateur français, qui lui avait annoncé quelques années auparavant la naissance de son fils Alexis, lui avait aussi annoncé la venue d'un autre grand prédicateur qu'il avait nommé « Notre Ami ».

Par l'intercession de la grande-duchesse Militza et de sa sœur, la grande-duchesse Anastasia, le « staretz » est présenté à la famille impériale au grand complet, le 1er novembre 1905, où il offre à chacun de ses hôtes des icônes. Le jeune tsarévitch Alexis souffrant d'hémophilie, Raspoutine demanda à être conduit au chevet du jeune malade, lui imposa les mains, et parvint à enrayer la crise et à le soulager.

Selon certains, cela s'expliquerait facilement, car la médecine de l'époque ignorait les propriétés de l'aspirine qui était donnée au jeune malade. Celle-ci est un anticoagulant et donc aggravante de l'hémophilie. Le simple fait de bousculer et jeter les « remèdes » donnés au malade — dont l'aspirine — ne pouvait qu'améliorer son état.

Le tsar et la tsarine furent séduits par les dons de guérisons de cet humble moujik qui semblait aussi avoir celui de prophétie. La tsarine Alexandra se convainquit de ce que Raspoutine était un messager de Dieu, qu'il représentait l'union du tsar, de l'Église et du peuple et qu'il avait la capacité d'aider son fils par ses dons de guérisseur et par sa prière.

Son don de guérison permit effectivement à Raspoutine de se rendre indispensable, il prit très vite un ascendant considérable sur le couple impérial. Invité à de nombreuses réceptions mondaines, il fit la connaissance de nombreuses femmes riches. Robuste, les cheveux longs et la barbe en désordre, chaussé de ses grandes bottes vernies et enveloppé dans un vieux manteau, Raspoutine inquiète et fascine. Son regard perçant est difficile à soutenir pour ses admiratrices et beaucoup cèdent à son charme hypnotique, et le prennent pour amant et guérisseur.

L'une d'entre elles, Olga Lokhtina, épouse d'un général influent mais crédule, devint sa maîtresse, le logea chez elle et le présenta à d'autres femmes d'influence, comme Anna Vyroubova, amie et confidente de la tsarine, et Mounia Golovina, nièce du tsar. Grâce à d'habiles mises en scène, il se produit à Saint-Pétersbourg ou au palais impérial de Tsarskoie Selo, la résidence principale des tsars, dans des séances d'exorcisme et de prières. Des récits de débauches, prétendues ou avérées, commencent alors à se multiplier et à faire scandale.

En 1907, le tsarévitch Alexis, suite à des contusions, eut des hémorragies internes que les médecins n'arrivaient pas à contrôler et qui le font énormément souffrir. Raspoutine fut appelé en désespoir de cause, et après avoir béni la famille impériale, il entre en prière. Au bout de 10 minutes, épuisé, il se relève en disant « ouvre les yeux, mon fils ». Le tsarévitch se réveille en souriant et, dès ce moment, son état s'améliore rapidement.

À partir de ce moment là, il devint familier de Tsarskoié Sélo, la résidence impériale, et fut chargé de veiller sur la santé des membres de la famille impériale, ce qui lui donnera des entrées permanentes au palais. Il sera reçu officiellement à la Cour. Cependant, malgré la pleine confiance du tsar, il se rendit vite très impopulaire auprès de la Cour et du peuple et fut vite considéré comme leur « mauvais ange ». Il était à la fois aimé, détesté et redouté, alors qu'il ne se préoccupait pas de s'assurer une fortune personnelle, le seul luxe qu'il avait, était une chemise de soie confectionnée par la tsarine Alexandra de Hesse-Darmstadt, épouse de Nicolas II, et une magnifique croix offerte aussi par l'impératrice, et qu'il portait autour du cou.

Il continuait toujours à mener une vie dissolue, de beuveries et de débauches, et il conservait ses cheveux graisseux et sa barbe emmêlée. Raspoutine organisait des fêtes dans son appartement, le sexe et l'alcool en étaient les éléments primordiaux. Il prêchait sa doctrine de rédemption par le péché parmi ces dames et, elles étaient impatientes d'aller au lit avec lui pour mettre en pratique sa doctrine, ce qu'elles considéraient comme un honneur.

Raspoutine se heurta aussi, après la révolution de 1905 et le dimanche Rouge du 25 janvier de cette même année, au président du Conseil Piotr Arkadievitch Stolypine. Nommé en juillet 1906, réformateur énergique, celui-ci voulait moderniser le vieil empire russe, en permettant l'acquisition des terres par les paysans, une meilleure répartition de l'impôt et davantage de pouvoirs pour la Douma, le parlement russe. Il réussit aussi à arrêter les vagues de terrorisme, améliora le système ferroviaire, et la production de charbon et de fer prit de l'ampleur. Ce fut une telle période de grands progrès pour la Russie que le leader bolchevique en exil, Vladimir Ilitch Oulianov Lénine, craignait de ne jamais pouvoir se réinstaller en Russie. Cependant, Stolypine ne comprenait pas l'influence de ce moujik mystique sur le couple impérial, tandis que, Raspoutine reprochait au Premier ministre sa morgue de la classe des grands propriétaires terriens dont il était issu.

Lors de l'affaire des Balkans, en 1909, Raspoutine se rangea dans le parti de la paix, aux côtés de la tsarine et d'Anna Vyroubova contre le reste du clan Romanov. Raspoutine pensait que l'armée impériale était sortie affaiblie par la défaite de 1905 contre le Japon, et n'était pas prête à se lancer dans un nouveau conflit. Il ne put arrêter les évènements, mais lorsque la France et l'Angleterre, intervinrent contre la Russie, il réussit à convaincre le tsar de ne pas étendre le conflit à toute l'Europe.

Le président du Conseil Stolypine fit surveiller Raspoutine par l'Okhrana, la police secrète du Tsar. Les rapports accablèrent le staretz et en 1911, Raspoutine fut écarté de la cour et exilé à Kiev, mais lors d'une transe, il prédit la mort prochaine du ministre : « La mort suit sa trace, la mort chevauche sur son dos ». Il se décida alors à partir à destination de la Terre sainte, mais revint à la Cour dès la fin de l'été.

Le 14 septembre 1911, alors que Stolypine vient d'autoriser les paysans à quitter le mir, leur permettant ainsi d'accéder à la propriété individuelle de la terre, et que cette réforme est acclamée à travers toute la Russie, le Premier ministre fut assassiné par un jeune anarchiste Mordka Bogrov, à l'opéra de Kiev, en présence de toute la famille impériale, des ministres, des membres de la Douma et de Raspoutine. Cet assassinat marqua la fin des réformes sociales, alors que la situation internationale devenait instable.

Lors de l'été 1912, le tsarévitch Alexis, en déplacement en Pologne, suite à un accident, est victime d'une nouvelle hémorragie interne très importante, risquant d'entraîner sa mort, et reçoit même l'extrême-onction. Raspoutine, aussitôt averti, se met en extase devant l'icône de la vierge de Kazan, puis quand il se relève, épuisé, il expédie au palais le message : « N'ayez aucune crainte. Dieu a vu vos larmes et entendu vos prières. Ne vous inquiétez plus. Le Petit ne mourra pas. Ne permettez pas aux docteurs de trop l'ennuyer ». Dès la réception du télégramme, l'état de santé du tsarévitch Alexis se stabilise et dès le lendemain commence à s'améliorer, l'enflure de sa jambe se résorba, et l'hémorragie interne arrêta. Les médecins purent bientôt le déclarer hors de danger, et même les plus hostiles au « staretz » durent convenir qu'il s'était produit là quelque chose de quasiment miraculeux.

[modifier] La grande guerre

Derrière le démembrement de l'Empire ottoman et la question des Balkans se mettaient en place les conditions d'une guerre mondiale. Raspoutine et ses alliés de la paix freinaient la marche de la Russie vers la guerre. Lorsque, le 28 juin 1914, l'archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d'Autriche-Hongrie est assassiné à Sarajevo par un anarchiste serbe, la guerre semble devenir inévitable, d'autant plus que le lendemain, 29 juin, Raspoutine est lui-même poignardé par une mendiante, Khionia Gousseva, ancienne prostituée, au sortir de l'église de son village sibérien. L'enquête a montré que l'ordre était venu du moine Iliodore qui lui reprochait ses croyances Khlysty.

Après cet attentat et son rétablissement, l'importance de Raspoutine devint primordiale et son influence s'exerçait dans tous les domaines; il intervenait dans les carrières des généraux, des métropolites et même dans la nomination des ministres, mais la peur l'avait envahi. Il se mit encore plus à boire de l'alcool, et à participer à encore plus de nombreuses soirées de débauche et d'orgies dans les cabarets tsiganes; il n'était plus le staretz ascétique que tout le monde respectait. Cependant, malgré sa vie de plus en plus débauchée et son aspect de moins en moins engageant, ses conquêtes féminines furent de plus en plus nombreuses dans la haute-société.

Le 1er août, l'Allemagne déclare la guerre à la Russie. Le patriotisme russe s'exalte — surtout en raison des premiers succès — et Raspoutine voit sa faveur nettement diminuer. Mais la situation militaire se détériore rapidement : hiver rigoureux, manque d'armement, d'approvisionnement, commandement indécis. Le tsar, décide de prendre la situation en main et s'installe sur le front laissant la régence à la tsarine et à son conseiller privé Raspoutine.

Il se crée alors de plus en plus d'ennemis, en particulier chez les politiques, les militaires et dans le clergé orthodoxe qui, au début, l'avait pourtant bien reçu mais que son inconduite révolte. Les pires calomnies vont alors se répandre en même temps que la guerre tourne au désastre. En 1916, à la « Douma », la tsarine et Raspoutine sont ouvertement critiqués et accusés — la tsarine étant d'origine allemande — de faire le jeu de l'ennemi.

[modifier] L'assassinat de Raspoutine

Les inimitiés du clan Romanov se cristallisèrent contre lui et une conjuration aboutit à son assassinat dans la nuit du 16 au 17 décembre 1916 — 29 au 30 décembre du calendrier actuel — alors qu'il était l'invité du Prince Félix Ioussoupov. Il fut empoisonné sans aucun succès — ayant sans doute pratiqué la mithridatisation en vue d'éventuels complots contrelui —, puis blessé de trois coups de trois pistolets différents, dont le dernier fut probablement fatal. Même si les deux premiers tireurs sont des membres du complot — Ioussoupov et Pourichkevitch —, le troisième tireur, plus expérimenté que les deux autres, tira précisément au centre du front. Contrairement à la croyance populaire, la traînée de sang très droite laissée par son passage laisse entendre qu'il ne se serait même pas rendu dehors par lui-même. L'autopsie de son corps retrouvé 4 jours plus tard révéla cependant, la présence d'eau dans ses poumons; ce qui signifie qu'il respirait encore lorsqu'il fut jeté dans l'eau... Il fut ligoté, enfermé dans une toile, et jeté encore vivant dans un trou de glace, où il mourut noyé dans la petite Neva (Nevka); après avoir été empoisonné, sauvagement battu et avoir reçu trois projectiles d'armes à feu, Raspoutine est mort noyé.

Parmi les principaux conjurés, se trouvaient le Grand-duc Dimitri Pavlovitch, cousin du tsar Nicolas II, le député d'extrême droite, Vladimir Pourichkevitch, l'officier Soukhotine, le docteur Lazovert, et le prince Félix Ioussoupov chez qui fut commis le crime, et dont il publia, en 1927 le récit détaillé mais un peu arrangé — voir le livre La fin de Raspoutine par le prince Youssoupov.

Il fut retrouvé le 1er janvier 1917 et inhumé le 3 janvier — 22 décembre du calendrier russe — dans une chapelle en construction, près du palais de Tsarskoïe Selo, la résidence de la famille impériale.

Raspoutine avait fait une prédiction au Tsar : « Je mourrai dans des souffrances atroces. Après ma mort, mon corps n'aura point de repos. Puis tu perdras ta couronne. Toi et ton fils vous serez massacrés ainsi que toute la famille. Après le déluge terrible passera sur la Russie. Et elle tombera entre les mains du Diable. ».

Le 27 février 1917, le député Alexandre Kerenski défia le gouvernement et le tsar : « Pour éviter la catastrophe, le tsar doit être déposé, et par des méthodes terroristes s'il n'en existe pas d'autres ». À partir du 9 mars, la foule envahit les rues, et la première fusillade se produisit au Palais Nevsky, la révolution commençait, et le 15 mars le tsar abdiqua en faveur de son frère, le grand-duc Mikhail, qui fut, durant une seule journée, le dernier tsar de la dynastie des Romanov.

Au soir du 22 mars, sur ordre du Gouvernement révolutionnaire, le corps de Raspoutine fut exhumé et brûlé, et ses cendres furent dispersées dans les forêts environnantes. Mais selon la légende : seul le cercueil brûla, le corps de Raspoutine resta intact sous les flammes.

Comme il l'avait prédit, la famille impériale ne survécut pas à son assassinat, la révolution bolchevique obligea le tsar Nicolas II à abdiquer, puis toute la famille fut massacrée dans les caves de la villa Ipatiev, à Iekaterinbourg dans la soirée du 14 juillet 1918.

[modifier] La légende

Après 1917, son image a été largement utilisée par la propagande bolchevique pour symboliser la déchéance morale de l'ancien régime honni. Puis fut reprise, déformée, amplifiée, dès 1917, par la littérature puis, à partir de 1928, par le cinéma et la télévision, qui en ont fait l'exploitation à la limite du fantastique et de l'érotisme. Un pénis momifié de 30 cm qui serait le sien, est conservé et exposé au Musée de l'érotisme de Saint-Pétersbourg.

Au cours des années, Raspoutine est finalement devenu un mythe, servant de prétexte à beaucoup de dirigeants politiques russes et européens de s'exonérer de leurs propres responsabilités dans les événements tragiques survenus en Russie. Ainsi, l'ombre de Raspoutine a servi à occulter bien des trahisons et des iniquités.

Le 17 juillet 1998, lors des obsèques de la famille impériale russe à Saint-Pétersbourg, le Président Boris Ieltsine a déclaré : « ...Nous sommes longtemps restés silencieux sur ce crime monstrueux ; coupables sont ceux qui ont perpétré ce meurtre haineux et ceux qui l'ont justifié pendant des décennies, nous tous. Nous devons dire la vérité : le massacre du tsar est devenu l'une des pages les plus honteuses de notre histoire. En enterrant ces victimes innocentes, nous voulons expier les péchés de nos ancêtres. Nous devons terminer ce siècle qui est devenu le siècle du sang et du non-droit pour la Russie, par la repentance et la réconciliation... ».

[modifier] Citations de Raspoutine

  • « La mer est immense, mais la conscience est encore plus grande. La conscience humaine est sans limites et tous les philosophes réunis ne peuvent la comprendre. »
  • « Pourquoi y a-t-il maintenant tant de religions? Parce que dans l'Église il n'y a plus l'esprit, mais uniquement des mots. Voici pourquoi l'Église est vide »
  • « L'honnêteté est comme l'onde sur l'eau. Si les ondes de la mer arrivent à se calmer, l'honnêteté, elle, se calme uniquement par une bonne action. »
  • « La foi fleurit sans printemps sur les justes ».

[modifier] Voir aussi

Wikimedia Commons propose des documents multimédia sur Grigori Raspoutine.
  • « Raspoutine, L'ultime vérité », biographie d'Edvard Radzinsky, Editions Libre Expression (2000), ISBN 2-89111-931-2
  • « Raspoutine, par son Secrétaire », Biographie par A. Simanovitch, N.R.F (1930) Traduction française Maria de Naglowska - Ed. Gallimard, coll° La Pleiade (2002) ISBN 2070259250
  • Raspoutine est le nom d'un héros des bandes dessinées de Hugo Pratt qui s'est inspiré pour le créer du Raspoutine de la légende, le Raspoutine aux neuf vies comme les chats.
  • « Les rois aveugles » est un roman de 1925 écrit par Joseph Kessel racontant, avec une grande précision historique selon la préface, les derniers mois de Raspoutine, ses relations avec le pouvoir, et les motifs de ses assassins.
  • La BBC, dans un documentaire à paraître le premier octobre, ramène des conclusions différentes sur sa mort. L'ancien détective Richard Cullen, de Scotland Yard a développé une hypothèse basée sur la découverte de Vladimir Zharov, un éminent pathologiste russe. Cette hypothèse avance comme point principal que l'un des assassins était un agent des Services Secrets Britanniques. Le document de presse du documentaire:[1]
  • Raspoutine est un personnage de la série de jeux vidéo World Heroes.
  • Raspoutine est une chanson du groupe disco Boney M.
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