Race noire
Un article de Wikivisual, l'encyclopédie libre.
| Image:El door in tunisia03.JPG | Cet article est une ébauche à compléter concernant un élément culturel, vous pouvez partager vos connaissances en le modifiant. |
Au XIXe siècle, les Européens ont classifié les peuples humains selon un des critères apparents (théorie racialiste). La « race noire » regroupait les individus mélanodermes, typiquement originaires d'Afrique subsaharienne.
Selon les critères courants, les individus de race noire ont la peau sombre (allant du marron au noir bleuté), les cheveux noirs frisés, le nez large, le front plat et les lèvres proéminentes. Leurs gènes sont principalement classés comme gène dominant.
Sommaire |
[modifier] Usages contemporains
Bien que la génétique ait montré que le concept de race ne s'applique pas à l'être humain, certains pays comme les États-Unis d'Amérique utilisent cette classification. Mais ces derniers ont fini par lui substituer le terme politiquement correct d'afro-américain (African-American). Ce terme n'est pas à prendre techniquement; les Noirs n'ont pas tous des ancêtres d'Afrique (certains ont des origines caribéennes par exemple) et les Nords-Africains ou Blancs ayant vécu en Afrique pendant des générations ne sont pas appelés Afro-américains.
[modifier] Évolution sémantique
[modifier] Du XVIe au XXIe siècle
Le terme « nègre » (au féminin « négresse ») couramment employé en France du XVIe siècle au XXe siècle est aujourd'hui hautement péjoratif et désignait un individu de race noire (fondé sur le mot espagnol negro signifiant « noir »). Ce terme, devenu désuet, correspond à la vision raciste et colonialiste française. Il est aujourd'hui condamnable et condamné par le droit français en tant qu'insulte à caractère racial.
Au XXe siècle, le poète et homme politique sénégalais francophone, Léopold Sédar Senghor, s'est efforcé de retirer la caractère péjoratif de nègre pour lui donner une connotation positive en créant un néologisme, la négritude qui caractérise ce qui a trait à l'homme noir. D'ailleurs, aux États-Unis d'Amérique, les Noirs américains ont parfois tendance à s'appeler nigger (« nègre ») entre eux et à en revendiquer l'expression, par exemple le groupe Gangsta rap : Niggaz With Attitude.
« Noir » (au féminin Noire) est une métonymie hyperbolique désignant de façon non péjorative l'individu de race noire, au même titre que roux, blond, brun ou chauve désigne un individu par la couleur de sa chevelure. Par égard, Noir s'écrit toujours avec une majuscule, comme par ailleurs le terme Blanc (Blanche) désignant un individu de race blanche.
« Black » est un anglicisme asexué (on dit « une Black »), introduit dans le langage français dans les années 1990. Ce terme anglais est un euphémisme, ou la version « politiquement correcte » du terme Noir qui est subitement devenu tabou, en particulier dans les médias et le discours politique, à la même époque.
« Homme de couleur », simple traduction de la locution anglaise colored men, employée dans les États ségrégationnistes nord-américains au XXe siècle, est un autre euphémisme de Noir (qui désignera progressivement aussi les individus qui ne sont pas de race blanche). Il est apparu, notamment dans le langage politique et médiatique français dans les années 2000.
A la même période est apparu, en France, la locution « minorité visible » importée de la législation canadienne, qui n'est qu'une variation sémantique d'« homme de couleur ». Sous couvert d'une fausse neutralité, elle désigne en réalité les individus non-Blancs, implicitement les Noirs qui sont apparus de manière soudaine et médiatique sur le paysage audiovisuel français au poste de présentateurs (TF1, France 3, BFM TV, I-Télé, etc.).
[modifier] La théorie Brucknerienne
Le glissement sémantique récent vers des qualificatifs utilisés en tant qu'euphémismes à Noir que sont "de couleur" et "visible" sont des aberrations sémantiques et apparaissent aux yeux de certains, dont l'auteur français Pascal Bruckner, comme le symptôme d'un malaise et remord post-colonial. En effet, la supposée existence d'"hommes de couleur" et "visibles" renvoie par jeu de miroir, et par simple logique inductive, à l'existence parallèle, paradoxale, et improbable d'"hommes sans couleur" - c'est-à-dire "transparents" - ou d'hommes "invisibles". Ce déni de soi trahit, selon Bruckner, le sentiment de culpabilité tendant à une haine de soi, celle de l'Occidental, ou plus particulièrement de l'homme Blanc cet ancien colon en quête de pénitence. L'auteur propose cette interprétation dans ses ouvrages Le Sanglot de l'homme blanc puis dans La Tyrannie de la pénitence.<ref>La Tyrannie de la pénitence : Essai sur le masochisme Occidental, Pascal Bruckner, Grasset, 2006</ref> <ref>Le Sanglot de l'homme blanc, Tiers-Monde, culpabilité, haine de soi, Pascal Bruckner, Seuil, 1983</ref>
[modifier] Notes
<div style="clear:both;" />


