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Révolution nationale

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La Révolution nationale est l'idéologie officielle du régime de l'État français mis en place par le maréchal Pétain en juillet 1940.

Sommaire

[modifier] Principes

Ses principes sont une adaptation des idées de la droite nationaliste de l'époque (monarchisme, bonapartisme, nationalisme intégral maurassien) à un régime de gouvernement "de crise":

  • Confusion des pouvoirs législatifs et exécutifs. Les Actes Constitionnels rédigés le 11 juillet 1940 par Philippe Pétain lui attribuent "plus de pouvoirs qu'à Louis XIV"Réf. nécessaire, y compris celui de rédiger une constitution.
  • Corporatisme avec l'établissement de la Charte du travail (suppression des syndicats remplacés par des corporations par branches d'activité, suppression du droit de grève).
  • Stigmatisation des responsables supposés de la défaite : la Troisième République, en particulier la politique du Front populaire, les communistes, les juifs, tous considérés comme des traîtres à la Patrie.
  • Antisémitisme d'État. Au nom de la limitation de l'"influence" des Juifs, ceux-ci sont exclus de la Nation et ne peuvent plus travailler dans l'administration ; un numerus clausus limite drastiquement leur nombre à l'Université, parmi les médecins, les avocats, les cinéastes, les métiers des arts et des spectacles, ou encore dans la banque, le petit commerce... Bien vite la liste des métiers interdits s'alongera démesurément. On estime qu'en moins d'un an, plus la moitié de la population israélite de France sera privée de tout moyen de subsistance.Réf. nécessaire
  • Cohésion de la société, chaque classe sociale étant censée être solidaire des autres afin de maintenir l'ordre social.
  • Rejet du modernisme culturel et des élites intellectuelles et urbaines (politique du "retour à la terre", qui ne convaincra d'ailleurs pas plus de 1.500 personnes de revenir aux champsRéf. nécessaire).
  • Culte de la personnalité. Le portrait du Maréchal Pétain, omniprésent, apparaît sur les monnaies, les timbres, les murs des édifices publics, ou en buste dans les mairies. Une chanson à sa gloire, le fameux Maréchal nous voilà, devient l'hymne national officieux. La soumission inconditionnelle au Chef et à la hiérarchie est exaltée.

[modifier] Courants

La Révolution nationale a particulièrement attirée trois groupes de personnes :

  • Les réactionnaires, au sens propre du terme, c'est-à-dire tous ceux qui rêvaient d'un retour à "avant" : avant 1936 ; avant 1870 et la IIIe République ; avant 1789 et la révolution française.

On retrouve là notamment les partisans de l'Action française.

  • Les partisans d'un fascisme à la française, qui pouvaient être rebutés par certains aspects traditionnalistes (cléricalisme, scoutisme naïf, etc.) mais pensaient quand même que c'était en premier pas vers un véritable régime fasciste.

Ce sont les partisans du RNP de Marcel Déat, du PPF de Jacques Doriot, etc.

  • Les réformateurs impatients de la IIIe république et les partisans de solutions politiques et sociales nouvelles, nombreux à la fin de la IIIe République.

On trouve parmi eux des non-conformistes des années 1930, des personnalistes démocrates-chrétiens, des néo-socialistes, des planistes, des jeunes turcs radicaux, des technocrates, etc. Tous ces milieux ont cependant fourni également à la Résistance de nombreuses recrues, et ceci dès juin 1940. Beaucoup ne sont pas anti-démocrates dans l'âme mais veulent juste profiter de la table rase de juin 1940. Tous ont en commun de penser que la chute de la IIIe République et la disparition de blocages "libéraux" ou "bourgeois" laisse la place à de nouvelles expériences. Leurs solutions sont diverses et parfois contradictoires : vie en petites communautés, coopératives ou corporations, retour à la terre, économie planifiée, pouvoir aux ingénieurs, etc. Exemples : École des cadres d'Uriage, René Belin, etc.

[modifier] Evolution

Largement promue par les gouvernement de Vichy de 1940 à 1942 (traditionnalistes et technocrates), la Révolution nationale n'est plus mise en avant à partir du retour au pouvoir de Pierre Laval (de formation républicaine) en 1942.


[modifier] La politique éducative et sportive du régime de Vichy

[modifier] La politique éducative

[modifier] La politique sportive

  • La politique sportive de Vichy trouve son origine dans la conception du sport de Georges Hébert (1875-1957, officier de marine) qui dénonce les dérives du sport, c'est-à-dire la compétition, trop spécialisé à son goût et donc inutile moralement et physiquement ce qui ne peut qu'aboutir qu'au spectacle et au professionnalisme et, chez Pierre de Coubertin chantre de l'amateurisme pur et dur.
  • Par ailleurs la résurrection morale promise à la France est inséparable d'une remise en forme physique selon la formule « Être fort pour mieux servir » ou encore « être fort pour être utile » et donc avec la méthode « Hébert » les écoliers français apprennent à courir, sauter et grimper. Derrière ces deux formules le but était aussi de contrôler rigoureusement la jeunesse, les associations sportives et leurs respectives fédérations.
  • 7 août 1940 : création du Commissariat Général à l’Education Générale et Sportive.
  • 3 hommes au moins concourront à mettre en place cette politique dirigiste dont l'un des piliers est le bannissement du sport professionnel importé du Royaume Uni :
    • Jean Ybarnegaray (président-fondateur de la fédération française et de la fédération internationale de Pelote Basque, député et membre du PSF) : ministre d'État en mai 1940 puis secrétaire d'État de juin à septembre 1940 (postes: Anciens combattants et Famille, Jeunesse et Famille),
    • Jean Borotra (ancien tennisman international de renommée mondiale, membre du PSF ) : 1er Commissaire Général au sport d'août 1940 à avril 1942,
    • le colonel Joseph Pascot (ancien joueur de rugby et champion de France avec Perpignan) : directeur des sports sous J. Borotra puis second Commissaire Général au sport (avril 1942 - juillet 1944).
      • selon Jean Durry (directeur du Musée National du Sport -rattaché au Ministère de la Jeunesse et des Sports-) il était tout-à-fait dans la logique étroite et dirigiste de Pascot et dans le douloureux contexte de Vichy de « mettre au pas » le monde du sport, « d'inciter » à des regroupements de sports présentant une « base similaire ».
  • La politique du contrôle rigoureux tant de la jeunesse que du sport, la politique de regroupements de sports, du bannissement du professionnalisme dans le sport français amènera les deux commissaire généraux au sport à,
    - dès octobre 1940, interdire le professionnalisme immédiatement pour 2 fédérations: tennis et lutte, dans un délais de trois ans pour 4 autres fédérations: football, cyclisme, boxe et pelote basque, interdire les compétitions féminines de cyclisme, football (nocives), interdire et/ ou spolier par saisie des biens au moins 4 fédérations uni-sport: Rugby à XIII, tennis de table, jeu de paume, badminton et 1 multi-sports: FSGT,
    - en avril 1942 : interdire et spolier 2 autres fédérations multi-sports: UFOLEP et USEP,
    note: les biens saisis des fédérations interdites devant être transferés au Conseil National des Sports.

[modifier] Citations

  • « Le maréchal Pétain m’a confié la mission de faire une jeunesse robuste à l’âme bien trempée et à reclasser notre pays au rang des grandes nations sportives. Il faut que la foule des spectateurs passifs descende des gradins où elle assiste chaque dimanche aux ébats des vedettes et vienne prendre part aux jeux du stade », ... « Auprès de chaque école, un terrain de jeu ; dans chaque école, un éducateur » (J. Borotra, discours d’investiture, in avant propose de Le sport, ta joie, ta santé, Charles Tardieu, 1940),
  • « Je tiens (…) à ce que chacun des futurs professionnels éventuels ait un métier, non fictif, et de façon à ne pas risquer d’être un exemple détestable – comme cela a été trop souvent le cas jusqu’ici – pour des centaines de milliers de jeunes participants pour lesquels les vedettes sportives deviennent naturellement des modèles » (Lettre de J. Borotra au président de la FFF, 1940),
  • « Je promet sur l’honneur de pratiquer le sport avec désintéressement, discipline et loyauté pour devenir meilleur et mieux servir ma patrie » (Serment de l’athlète),
  • « être fort pour mieux servir » (IO 1941)
  • « Notre principe est de saisir l’individu partout. Au primaire, nous le tenons. Plus haut il tend à s’échapper. Nous nous efforçons de le rattraper à tous les tournants. J’ai obtenu que cette discipline de l’EG soit imposée aux étudiants (…). Nous prévoyons des sanctions en cas de désertion » (Colonel J. Pascot, allocution du 27 juin 1942)

[modifier] Références

[modifier] Voir aussi

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