Révolte du papier timbré
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La Révolte du papier timbré désigne la révolte anti-fiscale et anti-nobiliaire qui eut lieu en Bretagne en 1675. Elle est déclenchée par une hausse des taxes, notamment celle sur le papier timbré, nécessaire pour les actes authentiques.
Elle est également appelée Révolte des Bonnets Rouges, où certains insurgés portaient selon la région des bonnets bleus ou rouges, mais seuls ces derniers sont restés dans la mémoire des historiens.
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[modifier] Une révolte exceptionnelle
Pour l'historien Alain Croix, il s'agit d'un révolte exceptionnelle dans le cadre du royaume :
«
Ce qui se passe (…) est tout bonnement inouï dans le contexte de l'époque. Concevables à l'époque de Louis XIII, les événements ne le sont plus depuis l'arrivée au pouvoir de Louis XIV, et restent d'ailleurs absolument uniques, à l'échelle du royaume, entre la Fronde et 1789, si l'on excepte bien entendu le cas très particulier des camisards cévenols <ref>Croix (Jean) L'âge d'or de la Bretagne 1532-1675 Ouest-France Université, 1993, p.522</ref> » </blockquote>
[modifier] Origines et faits
Colbert, devant financer les guerres de Louis XIV contre les Provinces-Unies alliées des Habsbourg, et les fastes de Versailles, venait d'imposer à l'ensemble de la France des taxes supplémentaires, dont l'instauration du papier timbré imposé pour la rédaction des actes productibles en justice (cf. Papier timbré).
Un mécontentement inévitable en résulta, mais il fût attisé par les parlementaires qui craignaient que le coût de ces papiers timbrés soit déduit des "épices" que devaient leur verser les justiciables. Aussi, pour obtenir un soutien populaire à la défense de leurs privilèges, les Parlementaires trompèrent-ils la population qui leur faisait confiance, en faisant un amalgame entre le nouveau droit de timbre qui ne frappait essentiellement que les riches ou les gens aisés, avec la gabelle qui, elle, était réellement un impôt oppressif insupportable aux plus pauvres.
En Bretagne, où la gabelle n'existait pas, les nouvelles taxes qui, outre le papier timbré, englobent des droits sur les péages, moulins, pêcheries, batelleries..., touchent beaucoup plus sévèrement les paysans et le petit peuple des villes que les nobles<ref>Collectif, Histoire de la Bretagne et des pays celtiques, Skol Vreizh, tome 3, p. 104.</ref>.
Le soulèvement démarra alors à Bordeaux, en avril et atteint rapidement Rennes et Nantes au cours du même mois. En Bretagne, où les nouvelles taxes violent le traité d'union du 4 août 1532 (en effet les États de Bretagne n'ont pas été consultés, en outre, ces édits royaux ont été "rachetés" l'année précédente par les États et donc supprimés, avant d'être réinstaurés un an plus tard par l'administration royale sans consultation et donc tout-à-fait illégalement<ref>Collectif, Histoire de la Bretagne et des pays celtiques, Skol Vreizh, tome 3, p. 104</ref>!), une partie des habitants se souleva dans de nombreuses villes et campagnes, car ces nouvelles taxes accablaient une population miséreuse. Le mouvement gagna les campagnes de Basse Bretagne, Pontivy, Carhaix, Chateaulin, où les châteaux furent assiégés et pillés. Fin juillet, un incident se produisit au cours du pardon de Saint-Urlo en Lanvénégen. Les paysans révoltés établirent un Code Paysan établi en l'église Notre-Dame de Tréminou, préfiguration du contenu des cahiers de doléances de la Révolution française, et proclamant l'abolition des droits de champart et corvée prétendus par les gentilhommes et la défense de la liberté armorique.
[modifier] Chronologie
Image:Papier-timbre-9-aout-1674.jpg
- 1673:
- le papier timbré est taxé à 1 sol la feuille.
- 1675
- le monopole du tabac passe à 20 sols la livre; marquage obligatoire de la vaisselle d'étain à 1 sol la pièce;
- mars: troubles dans plusieurs provinces françaises; ils sont très graves à Bordeaux où la rébellion est maîtresse de la ville pendant cinq jours;
- avril: à partir du 18, troubles à Rennes, au moins une dizaine d'émeutiers tués; ces troubles urbains s'étendent ensuite à Saint-Malo, Dinan, Nantes (dans cette ville, les autorités adoptent une position conciliatrice), Vannes, Lamballe, Morlaix et Guingamp (trois émeutiers y sont pendus), Dol; le tabac est volé, le papier timbré détruit; le 25 : nouveaux troubles à la périphérie de Rennes avec l'incendie du temple protestant de Cleunay (devenu depuis un quartier de Rennes);
- mai: le 2, le duc de Chaulnes, devenu officiellement gouverneur depuis peu, arrive à Rennes;
- juin: du 8 au 11, nouveaux troubles à Rennes suite à l'entrée de trois compagnies du régiment de la Couronne dans la ville le 8 dans l'après-midi, en violation des droits de Rennes; les troupes sont renvoyées à Nantes le 10; un émeutier est tué le 11; le 9, le tocsin sonne à Briec; les troubles s'étendent de Briec à Châteaulin et de Douarnenez à Rosporden; le dimanche 23, Nicolas Euzénou de Kersalaün, seigneur du Cosquer, est mortellement blessé à Combrit, son manoir est mis à sac;
- juillet: le 2, réunion des insurgés du pays bigouden à Notre-Dame de Tréminou; du 3 au 6, les troubles gagnent Daoulas, Landerneau et Carhaix; le 12, c'est au tour de Brasparts, Callac et Gourin. Pontivy est attaquée le 21 par 2000 paysans. Le 17, saccage du bureau du timbre, au Parlement de Rennes: "Comme au jour de la première sédition, tout ce que renfermait le bureu, presse, timbres, machines, papier ordinaire ou papier timbré, tout fut pillé, dispersé, brisé, anéanti" (Arthur Le Moyne de La Borderie).Les 27 et 28, l'agitation s'étend à Guiscriff, Lanvénégen, Le Faouët et Scaër;
- août: le 30, le duc de Chaulnes et ses troupes à Quimperlé;
- septembre: du 2 au 17, plusieurs églises "décapitées" en Pays bigouden; le duc de Chaulnes et ses troupes le 18 à Carhaix, le 20 à Morlaix, le 26 à Lannion.
[modifier] Décès de Sébastien Le Balp et fin de la Révolte des Bonnets Rouges
L'un des principaux chefs Sébastien Le Balp, fut tué par surprise à Poullaouen, d'un coup d'épée la nuit précédant l'insurrection générale par un noble français , le 3 Septembre 1675 :
Charles Maurice de Percin, marquis de Montgaillard (Tarn-et-Garonne), canton de Lavit dans le pays de Lomagne, en Gascogne Orientale dite Gascogne Toulousaine ) qui était alors prisonnier des Bonnets Rouges. Celui-ci était alors gardé à vue avec son frère Claude de Percin dans le château du Tymeur en Poullaouen, propriété de sa femme dans l' attente de leur exécution imminente par les Bonnets rouges qui disaient vouloir les pendre aux fenêtres du château.
Sébastien Le Balp et ses 600 Bonnets Rouges avaient précédemment investi et pillé de force le château et en avaient brûlé tous les papiers et archives.
Ce noble de Gascogne membre d' une famille anciennement originaire d' Angleterre, ancien colonel, de l'Armée française au régiment de Champagne dont la seigneurie venait d' être érigée en marquisat par le roi Louis XIV en 1671 et qui avait épousé une veuve, Renée Mauricette de Ploeuc marquise du Tymeur, était devenu le chef de la réaction nobiliaire contre l'insurrection, populaire bretonne et venait d’ être félicité par le duc de Chaulnes, pour la réussite de ses actions de mobilisation de la noblesse.
Charles d'Albert d'Ailly (1625-1698) 3ème duc de Chaulnes, gouverneur de Bretagne, après avoir été caillassé et insulté par la foule quelques mois avant, au sortir de sa demeure de Rennes, leva des troupes et réprima violemment ces insurrections. Le duc fit procéder à la pendaison des paysans révoltés par centaines : Chaulnes écrivit au roi « Les arbres commencent à se pencher sur les grands chemins du poids qu'on leur donne ». En outre, les clochers de nombreuses paroisses rebelles furent décapités, notamment ceux de Lambour en Pont-l'Abbé, Languivoa, Lanvern, Tréguennec, Saint-Honoré et Combrit. Enfin, Chaulnes rentra dans Rennes avec 5000 soldats, en vida les faubourgs pour y loger ses troupes, et fit déplacer le siège du Parlement de Bretagne à Vannes jusqu'en 1690.
Un pardon, célébré le quatrième dimanche de septembre en l'église Notre-Dame de Tréminou vient commémorer cet épisode douloureux de l'histoire bretonne.
[modifier] La répression vue par Madame de Sévigné
Madame de Sévigné, dans ses lettres à sa fille, écrivait :
«
Voulez-vous savoir des nouvelles de Rennes ? Il y a toujours 5 000 hommes, car il en est venu encore de Nantes… Cette province est un bel exemple pour les autres et surtout de respecter les gouverneurs et les gouvernants, de ne leur point dire d'injures et de ne point jeter de pierres dans leur jardin. On a chassé et banni toute une grande rue et défendu de les recueillir sous peine de vie, de sorte qu'on voit tous ces misérables, femmes accouchées, vieillards, enfants, errer en pleurs au sortir de cette ville sans savoir où aller, sans avoir de nourriture ni de quoi se coucher… On en a pris 60 : on commence à pendre demain… Tout y est plein de gens de guerre, et il s'en écarte qui vont chez les paysans, les volent, les dépouillent… Pour nos soldats, ils s'amusent à voler, ils mirent l'autre jour un petit enfant à la broche… » </blockquote>
[modifier] Le temps des transactions
En juillet 1675, les insurgés de vingt paroisses de Scaër au Huelgoat, assiègent et pillent le château du Kergoët, en Saint-Hernin, près de Carhaix. Le propriétaire, Le Moyne de Trévigny, seigneur du Kergoët, est réputé être lié à ceux qui avaient amené en Bretagne les impôts du timbre et du tabac. Les révoltés craignent, de plus, l'imposition de la gabelle. Les paysans pillent et brûlent le château. Une transaction entre les paroisses et Le Moyne de Trévigny est approuvée par les États de Bretagne en octobre 1679. Voir Saint-Hernin.
En août 1675, sept habitants de Plomeur sont mandatés pour traiter avec Monsieur du Haffont pour le dédommager du pillage de son manoir situé à Plonéour-Lanvern. La transaction aboutit à un accord devant notaire. Un accord semblable est passé avec les habitants de Treffiagat. En juin 1676, les sommes dues sont réduites de moitié. Le mois suivant, des habitants de Plonéour-Lanvern et de Plobannalec sont mis en demeure de fournir 8 tonneaux de grains pour remplacer le blé pillé. En 1692, le fils de Monsieur du Haffont, décédé entre-temps, se plaint de n'avoir toujours pas reçu un sou de dédommagement. D'autres contentieux de ce type traîneront devant les tribunaux jusqu'en 1710 au moins.
[modifier] La liste des exceptés de l'amnistie royale de février 1676
Ce document permet de mesurer l'intensité de la répression qui reste à effectuer cinq mois après la fin de la révolte. Ce sont surtout Rennes et la Cornouaille qui sont touchées. La mention de personnes déjà condamnées et exécutées a pour but de garantir les droits des parties civiles. Les noms des paroisses, quasiment toutes devenues communes à la Révolution française, sont donnés sous leur forme officielle d'aujourd'hui. Certaines erreurs patentes de transcription ont été rectifiées, tant pour les noms de personnes, de professions que de lieux. Le vocabulaire courant a été mis aux normes actuelles. Une classification par lieux est donnée, une classification partielle par catégories sociales est indiquée. Voir Liste des exceptés de l'amnistie de 1676 en Bretagne.
[modifier] Les Codes revendicatifs
Les paysans révoltés établirent divers Codes (certains appelés paysan, d'autres Pessovat, ce qui veut dire, en breton, "ce qui est bon”), préfigurant par certains aspects les cahiers de doléances qui amenèrent la première Révolution française. Mais les paysans se trompaient en partie de cible, car les vrais privilégiés, ceux qui les exploitaient et les trompaient le plus, étaient "leurs" parlementaires, ces magistrats propriétaires de leur charge, ces nobles de robe, qui exploitaient les justiciables et allaient faire avorter par la suite toutes les tentatives de réforme royales.
Voici des extraits du Code païsan, dit "des 14 paroisses, qui s'en prenait, remarquons le, à toutes sortes de droits féodaux qui n'avaient rien à voir avec le droit de timbre:
«
Article premier — Les dites quatorzes paroisses [du pays bigouden], unies ensemble pour la liberté de la province Bretagne, députerons six des plus notables de leur paroisse aux États de Bretagne prochains pour y déduire les raisons de leur soulèvement, lesquels seront défrayés aux dépens de leur communautés qui leur fourniront à chacun un bonnet et camisole rouge, un hault-de-chausse bleuf, avec le reste de l'équipage convenable à leurs qualités.
Article quatre — Les droits de champarts et de corvée prétendus par lesz gentilhommes seront abolis comme une tyrannie ennemie de la liberté armorique.
Article neuf — Les recteurs, curés et prêtres seront payés pour le service de leurs paroisses sans qu'ils puissent prétendre aucun droit de dîme, novale, ou autres salaires pour toutes les fonctions curiales. » </blockquote>
[modifier] Les conséquences
Les conséquences de cette révolte et de la reprise en mains sont catastrophiques pour la Bretagne. Outre les dégâts humains :
- La répression et la reprise en mains annihilent toute résistance à l’absolutisme. Le Parlement de Bretagne est exilé à Vannes et évite toute opposition politique. Il en est presque de même pour les États de Bretagne qui acceptent une augmentation du don gratuit de 15%, et toutes les demandes financières ultérieures du gouvernement, sans oublier les gratifications aux ministres, en particulier à Colbert et sa famille. Ce qui, ajouté à la politique économique de ce même Colbert, porte un coup très dur à l’économie du pays.
- La Bretagne doit subvenir entièrement aux besoins des troupes de répression, puis d’une armée de 20000 hommes (ce dernier point en représailles aux doléances des États de novembre 1675).
- Ce sera également la porte ouverte à l’établissement d’une Intendance de Bretagne (la Bretagne était la dernière province à ne pas connaître cette institution qui est présentée comme faite pour lutter contre les libertés provinciales et imposer l’absolutisme et la centralisation du pouvoir) que les États de Bretagne avaient jusqu'alors toujours réussi à éviter<ref>Quéniart (Jean), La Bretagne au XVIIIe siècle Ouest-France Université, 2004, p.19 et sq.</ref>.
- La reprise en mains des "âmes" par des missions menées par les missionnaires comme Julien Maunoir prônant la soumission non seulement à Dieu mais à l’ordre établi, laissera des marques qui dureront très longtemps.
[modifier] Points de vues d'historiens
[modifier] Le point de vue d'Arthur Le Moyne de La Borderie
L'historien breton , dans son livre "La révolte du papier timbré advenue en Bretagne en 1675", voit " une révolte anti-fiscale" face "au papier timbré et aux scellés" , à l'impôt sur le tabac et la vaisselle d'étain. Il récuse les explications et les propos du duc de Chaulnes qui accuse les gentilshommes bretons de "mauvais traitements" faits aux paysans. Il explique que la colère des paysans révoltés se tournent contre les nobles pour deux raisons: ils constituent pendant longtemps la seule force de maintien de l'ordre disponible dans les campagnes leurs châteaux servent de cibles, faute d'agents du fisc... Il voit "les passions mauvaises, les idées extrêmes et subversives qui fermentent nécessairement dans toutes les masses révoltées" et, parlant des plus "excités" des révoltés, notent qu'ils en arrivent "au communisme et aux violences contre les prêtres", poursuivant par cette phrase écrite treize ans après la Commune de Paris [1] : "Tant il est vrai que rien n'est nouveau sous le soleil et que les passions populaires, une fois affranchies du frein social, se précipitent d'un seul bond au gouffre de la barbarie". Citant le curé de Plestin ("Les paysans se croyaient tout permis, réputaient tous biens communs, et ne respectaient même plus leurs prêtres: en certains lieux, ils voulaient les égorger, en d'autres, les expulser de leurs paroisses"), il fait à nouveau le lien avec "les folies de notre siècle XIXème, celles-là même que des sectaires emphatiques nous donnent pour le dernier mot du progrès social, (qui) ne sont que de vieilles folies; les noms mêmes qui les désignent, et que nous croyons avoir inventées, ne sont que de vieilles étiquettes usées, fanées, honnies, depuis longtemps, et depuis longtemps,hélas! tachées de sang et de boue!"
[modifier] Le point de vue de Boris Porchnev
L'historien soviétique, dans son ouvrage " Les buts et les revendications des paysans lors de la révolte bretonne de 1675", y voit à la fois une révolte contre les impôts et taxes décidés par le pouvoir royal et contre les prélèvements des seigneurs fonciers (nobles et ordres religieux). Il propose également une analyse "patriotique" bretonne de ce soulèvement en écrivant: "Le rattachement définitif de la Bretagne à la France, confirmé par les États de Bretagne, avait eu lieu en 1532. Peut-on parler d'asservissement national et de lutte de libération nationale des Bretons, étant donné que la noblesse bretonne s'était déjà entièrement francisée et que, au fond, seuls demeuraient Bretons les paysans ? La réponse est contenue dans l'état actuel du problème breton en France. En dépit d'une dénationalisation continue d'une partie des Bretons, ce problème demeure typique des "minorités nationales" et ne saurait être résolu dans les conditions d'un régime bourgeois". Il cite un article de N. Ia. Marr "Le parler de la minorité nationale bretonne" qui fait un parallèle entre la situation des Bretons en France et les "allogènes" caucasiens en Russie tsariste où il écrit: " C'est un problème de minorité nationale, à moins qu'on ne le désigne, comme il l'eut fallu, carrément national... Mais quel que soit le nom qu'on donne à la question bretonne: nationale, minorité nationale ou allogène, à notre avis, il est douteux qu'elle puisse être résolue à l'amiable ou, plutôt, une solution à l'amiable n'aboutirait à rien. Une lutte est en vue dont les éléments actifs viendront des masses laborieuses de la population de Bretagne, des paysans unis à la classe ouvrière et de leur intelligentsia. " (N. la. Marr : (Euvres choisies. . vol. IV, p. 211 (en russe) ). Boris Porchnev conclut: "Nous trouvons justement dans le XVIIème siècle les racines historiques lointaines de cette lutte".
[modifier] Le point de vue d'Alain Croix
«La Bretagne en expansion se trouve donc un peu dans la situation de la France du 18e siècle, et de l'affrontement entre la bourgeoisie et ses alliés d'un part, l'"Ancien Régime" d'autre part. Simplement l'échelle est-elle une nouvelle fois différente. La pression en faveur du changement est modeste en Bretagne, et l'originalité de la situation de la province l'isole de toute manière dans le vaste royaume de France: il n'y a d'ailleurs pas ailleurs l'équivalent des révoltes de 1675» <ref>Croix (Jean), op. cit. p. 536</ref>
«(…) l'économie bretonne est une économie de type comparable — à l'échelle près — à celle de l'Angleterre ou des Provinces-Unies, et a besoin d'une large ouverture des marchés et de l'horizon économique. C'est, en forçant un peu le trait, une économie "maritime" — profondément influencée par le commerce, en tout cas —, dans un royaume à l'économie et aux intérêts beaucoup plus "continentaux". (…) Les révoltes de 1675 sont un peu, un tout petit peu, la "Révolution anglaise de la Bretagne"» <ref>op. cit. p.533</ref>
Il est notable de signaler qu'Alain Croix passe complètement sous silence, dans l'ensemble de son livre, les revendications des insurgés en faveur de la Liberté de la Bretagne, des libertés bretonnes...
[modifier] L'image des Bonnets rouges de nos jours
En décembre 2005, le Préfet du Finistère refuse l'installation d'un panneau touristique, présentant la ville de Carhaix, sur le bord de la route nationale, au motif qu’il s’y trouve la représentation d'un insurgé de la Révolte des Bonnets rouges.
Voir le panneau refusé par le préfet: [2]
[modifier] Notes et référence
<references/>
[modifier] Bibliographie
- Léon de la Brière, Madame de Sévigné en Bretagne, Éditions Hachette, Paris, 1882;
- Serge Duigou , La Révolte des Bonnets Rouges en pays bigouden, Éditions Ressac, Quimper, 1989;
- Serge Duigou , Les coiffes de la révolte, Éditions Ressac, Quimper, 1997.
- Serge Duigou , La révolte des pêcheurs bigoudens sous Louis XIV, Editions Ressac, Quimper, 2006.
- Yves Garlan et Claude Nières, Les révoltes bretonnes de 1675, Éditions Sociales, Paris, 1975;
- Charles Le Goffic , Les Bonnets Rouges , La Découvrance, 2001;
- Jean Lemoine, La Révolte du Papier timbré ou des Bonnets Rouges, Plihon, Rennes, H. Champion , Paris, 1898;
- Arthur Le Moyne de La Borderie , La Révolte du Papier Timbré advenue en Bretagne en 1675, réédité dans Les Bonnets Rouges, Union Générale d'Éditions (collection 10/18), Paris, 1975;
- Boris Porchnev , Les buts et les revendications des paysans lors de la révolte bretonne de 1675, paru dans Les Bonnets Rouges, Union Générale d'Éditions (collection 10/18), Paris, 1975;
- Armand Puillandre, Sébastien Le Balp - Bonnets Rouges et papier timbré , Éditions Keltia Graphic- Kan an Douar, Landelo-Speied, 1996.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Lien interne
La Révolte des Bonnets rouges a donné son nom à une bière de la Brasserie Lancelot.
[modifier] Lien externe
- Texte complet du Code paysan "des 14 paroisses"
- Photos de chapelles décapitées dans le pays bigouden
br:Emsavadeg ar Bonedoù ruz ca:Revolta dels Barrets Vermells
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