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République de Venise

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La République de Venise est un État progressivement constitué au Moyen-Âge autour de la cité de Venise, et qui s'est développé par l'annexion de territoires divers et de comptoirs commerciaux le long des côtes de la Mer Adriatique, en Méditerranée orientale et en Italie du nord jusqu'à devenir une des principales puissances économiques européennes. Venise joua un rôle prépondérant dans les échanges économiques entre l'Occident et l'Orient méditerranéen, qu'il fût byzantin ou musulman, ainsi qu'un rôle politique essentiel. A partir du XVIe siècle, la République de Venise connut une phase de déclin politique et de régression territoriale quelque peu occultée par une extraordinaire floraison artistique, avant de disparaître en 1797 sous les coups du général français Napoléon Bonaparte. Venis et ce qui restait de son domaine territorial passa sous la souveraineté de l'Autriche.

Sommaire

[modifier] Les origines de Venise

A l'extrémité nord de la Mer Adriatique, le site ou devait se développer Venise consiste en lagunes séparées de la mer par des cordons littoraux ou se jettent plusieurs fleuves issus des Alpes : Isonzo, Tagliamento, Piave, Brenta, etc... Les affleurements rocheux et les sédiments accumulés formaient une multitude d'îles de très faible altitude peuplées dès l'Antiquité par des pêcheurs, mariniers et sauniers. Cette zone faisait partie de la région X créée par Auguste ; Aquilée, sur la terre ferme, était le centre religieux et portuaire important. La région fut intégrée au royaume des Ostrogoths puis reconquise avec le reste de l'Italie sous Justinien, sans changement significatif.

C'est vers la fin du VIe siècle que, fuyant l'invasion des lombards, de nombreux réfugiés vinrent s'installer dans les îles de la lagune restées sous la juridiction de l'exarchat de Ravenne, donc en dépendance théorique de l'Empire d'Orient. La faiblesse de l'exarchat face aux lombards favorisa l'émergence d'un pouvoir local incarné par le premier duc ou « doge », Paolo Lucio Anafesto, personnage aux confins de la légende et de l'histoire. Les premiers doges, résidaient à Heraclea, aujourd'hui Cittanova, comme l'avait fait le représentant du pouvoir byzantin ou magister militum. Le second doge de la tradition Marcello Tegalliano aurait d'ailleurs été lui-même magister militum lorsque Paolo Lucio traita avec le souverain lombard Liutprand.

Le troisième doge - et premier historique - fut Orso Ipato de 726 à 737 - hypatus signifiant à peu près « consul » en grec. Il tenta de secouer la tutelle byzantine lors de la crise iconoclaste et finit assassiné. Le pouvoir fut exercé pendant cinq ans par des magistri militum avant d'être repris par le fils d'Orso, Teodato. Celui-ci transfère son siège à Malamocco.

La cité de Venise, devenue très riche grâce au commerce maritime en Méditerranée, a su exploiter cette puissance économique pour asseoir sa domination politique sur la région : Vénétie, Istrie, îles et côte dalmates, Crète, et, plus tard, Chypre.

Le système de gouvernement de cet État, relativement original pour l'époque, était la République aristocratique. Les grandes familles de la ville, représentées au Grand Conseil, élisaient le Doge (Duc) élu a vie et qui conduisait la politique.

Gênes fut également une autre République aristocratique.

Il a existé également une république de Venise ou vénitienne en 1848-1849.

[modifier] Institutions

Les Vénitiens ont élaboré au cours des siècles une organisation institutionnelle originale et très complexe visant, d'une part à concentrer les pouvoirs entre un nombre restreint de familles patriciennes d'ancienne origine, d'autre part à éviter toute évolution vers un système de type monarchique, malgré la prééminence d'un personnage, le Doge, qui symbolisait le pouvoir de l'Etat et représentait la Sérénissime République.

A l'origine était l'assemblée populaire ou arengo qui avait le pouvoir législatif. L'arengo élisait le doge, chef de l'Etat investi des pouvoirs exécutif et judiciaire. Il détenait cette charge à vie ; le caractère viager devait se perpétuer sans changement au cours des siècles cependant que le doge perdait peu à peu tout pouvoir personnel. La fonction de doge était dévolue à un membre d'une famille pâtricienne choisie dans un cercle restreint, mais la transmission n'en devint jamais héréditaire malgré les tentatives de quelques-uns. Ces tentatives aboutirent d'ailleurs à faire évoluer le mode de désignation du doge de manière à exclure toute possibilité de transmission héréditaire ou d'accaparement par des factions.

A l'arengo se substitua progressivement le Grand Conseil, autorité suprême, duquel émanèrent tous les autres institutions : leur multiplication et l'enchevêtrement des compétences favorisaient la collégialité des décisions mais aussi la surveillance réciproque. La tendance à déléguer les pouvoirs d'un corps nombreux à une commission restreinte de spécialistes est une caractéristique durable de l'organisation de cette république oligarchique.

[modifier] Grand Conseil

Il était composé des membres des familles inscrites au Patriarcat. Tous les hommes de plus de 25 ans pouvaient y participer, à condition cependant de ne pas avoir épousé de roturière.
Réuni tous les dimanches, le Grand Conseil prenait les décisions politiques, promulguait les lois et choisissait les hauts magistrats.

[modifier] Sénat

Organe législatif composé de 200 membres, le Sénat était chargé de la politique extérieure et de la nomination des ambassadeurs.

[modifier] Le Collège Suprême

Composé du Doge, de ses six conseillers, du chancelier et du président du Conseil des dix, le Collège Suprême était l'organe suprême de la République.

[modifier] Conseil des Dix

Créé en 1310 à titre provisoire, puis rendu définitif en 1335, le Conseil des Dix est une institution judiciaire destinée à sanctionner les complots ourdis contre la République.
Constitué en réalité de 17 membres, il disposait de pouvoirs particulièrement étendus, lui permettant même de destituer le doge.

[modifier] Article connexe

[modifier] Sources

Freddy Thiriet, Histoire de Venise, « Que sais-je ? » PUF, Paris, 1952 (ISBN sans)
André Zysberg et René Burlet, Venise, la Sérénissime et la mer, « Découvertes » Gallimard, Paris, 2006 (ISBN 2070535193)

[modifier] Bibliographie

an:Republica de Benezia

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