Régine Chopinot
Un article de Wikivisual, l'encyclopédie libre.
| Image:Pierre-Auguste Renoir 146.jpg | Cet article est une ébauche à compléter concernant la danse, vous pouvez partager vos connaissances en le modifiant. |
Régine Chopinot (née en 1952, à Fort-de-l'Eau, en Algérie) est une danseuse et chorégraphe française contemporaine.
[modifier] Biographie
Attirée dès son plus jeune âge par l'art chorégraphique, Régine Chopinot étudie la danse classique, puis découvre la danse contemporaine avec Marie Zighera en 1974. Elle va ensuite enseigner sur les pentes de la Croix-Rousse (Véronique Ros de la Grange a été une de ses élèves) et fonder à Lyon, en janvier 1978 - époque durant laquelle la jeune danse française est en ébullition créative - , sa propre compagnie, la « Compagnie du Grèbe », associant danseurs, comédiens et musiciens. Elle signe alors ses premières chorégraphies. Trois ans plus tard, elle reçoit le deuxième prix au Concours International de Chorégraphie de Bagnolet (Seine-Saint-Denis) pour la pièce « Halley's Comet » (1981).
Ses créations suivantes, Délices et Via, font entrer le multimédia et le cinéma dans le monde de la danse et utilisent de nouvelles techniques d’éclairage.
En 1986, elle est nommée directrice du Centre chorégraphique national de Poitou-Charentes à La Rochelle, qui devient en 1993, le « Ballet Atlantique-Régine Chopinot » (BARC). Au départ, elle a choisi La Rochelle parce que c'était un endroit où il lui était donné de pouvoir travailler, « un espace ouvert sur la mer, sans limite, sans barrière, où l'on peut se projeter loin et c’est une sensation fondamentale pour un artiste en recherche ».
Régine Chopinot, perturbatrice et indisciplinée, dynamite toutes les conventions de son art. La plupart des cinquante pièces chorégraphiques qu'elle a créées depuis 1978 sont nées de la collaboration avec des artistes plasticiens comme Andy Goldsworthy, Jean Le Gac ou Jean-Michel Bruyère, des musiciens comme Ton-That Thiet ou Bernard Lubat. De 1983 à 1993, le couturier Jean-Paul Gaultier conçut les costumes de tous ses spectacles.
Il est difficile de définir un unique fil conducteur dans la totalité de son œuvre chorégraphique, vaste et volontairement multiforme. Après les pièces riches en couleur de ses débuts où dominèrent l’humour et la provocation esthétique, la deuxième moitié des années 90 se caractérisa par une méditation sur la nature et l’essence de l’être humain. En 2002, Chair-Obscur, pièce composée pour six danseurs, marqua le début d’une nouvelle phase de travail explorant les méandres de la vie et de la mort, du temps et de la mémoire, tout en dissolvant peu à peu la forme chorégraphique.
En 2004, W.H.A continua ce chemin de manière sensible, six interprètes déconstruisant temps et espace dans une débauche euphorique d’énergie.
Le 2 mars 2006, elle crée, à la chapelle Fromentin, à La Rochelle, O.C.C.C, qui vient clôre ce « Triptyque de la Fin des Temps », une vaste remise en cause de la création chorégraphique à travers une mise en crise volontaire des notions générales de temps, de mémoire et de construction. Les conditions successives du triptyque accompagnent et traduisent les évolutions de la chorégraphe engagée dans une hypothèse de travail expérimental : « Ayant déçu tous les pronostics, craintes et espoirs eschatologiques, une fin des temps n'aurait-elle pas pu avoir lieu déjà, mais sans qu'il y ait eu moyen immédiat de le savoir ? Ne pourrait-elle pas être advenue sans engager la disparition de l'existence, mais seulement celle de la vie humaine, de la vie en ce qu'elle a d'humaine ? C'est-à-dire, avoir été une fin des temps à la lettre : une disparition du temps, la disparition du passé et du futur, de l'expérience et du devenir ». O.C.C.C. envisage le présent, comme dernier des temps, comme temps restant toujours déjà fini, un présent sempiternel et effondré, dans lequel nous serions à « rester » seulement, sans origine et sans but, dans la raréfaction de la relation et, probablement, tous peu à peu ré-animalisés. À moins que nous trouvions là une fois de plus et malgré l'extrémité de la circonstance, le moyen de garder mouvant le mouvement de la relation, cet enroulement perpétuel de l'Un au déroulement infini de l'Autre et dont l'irréductibilité seule, maintient l'homme dans l'humain ?
Parallèlement à son travail de chorégraphe, Régine Chopinot collabore en tant qu’interprète avec des artistes dont l’univers lui est proche, comme le chorégraphe Alain Buffard (Wall dancin' - Wall fuckin’ - (2003), Mauvais Genre - (2004) ), le duo de performeurs sud-africains Elu et Steven Cohen (I wouldn’t be seen dead in that, créé avec la compagnie du BARC en 2003).
La présentation de son spectacle La danse du temps lors du festival Hué 2000, a permis de mettre en place un projet avec des danseurs vietnamiens dans le cadre d’une collaboration avec l’école supérieure de danse du Viêt Nam et l’Opéra-Ballet de Hanoï. Depuis 2002, Régine Chopinot travaille régulièrement avec onze danseurs vietnamiens qui sont venus travailler neuf mois à La Rochelle. L’un des objectifs de cette collaboration du BARC avec le Viêt Nam est l’ouverture d’un centre de danse contemporaine au Viêt Nam. Ce partenariat lui permet de former des danseurs et de créer des spectacles. En 2002, elle créa la pièce Anh Mat avec des danseurs vietnamiens pour le Festival d’Hué. En 2004, elle y présente Giap Than, une nouvelle création avec les mêmes interprètes vietnamiens, qui allie une écriture chorégraphique précise et des espaces d’improvisation.
[modifier] Choix de spectacles
- Délices, (1983) ;
- Le Défilé, (1985) ;
- K.O.K., (1988) ;
- Saint-Georges, (1991) ;
- Façade, (1993) ;
- Végétal, (1995) ;
- Paroles du Feu, (1997) ;
- La Danse du Temps, (1999) ;
- Trans(E), (2000) ;
- Chair-Obscur, (2002) ;
- W.H.A.(Warning Hazardous Area), (2004) ;
- O.C.C.C, (2006).

