Quaker
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Un quaker (prononcez /kwɛ(j)kər/) est membre d'un mouvement religieux connu sous le nom de Société religieuse des Amis. Ce mouvement est un courant du réveil du protestantisme anglo-saxon aux XVIIe siècle et XVIIIe siècles.
Sommaire |
[modifier] Histoire
Contre les anglicans attachés au dogme et les puritains à la lettre de l'Écriture, George Fox (1624-1691) se fit l'apôtre de la lumière intérieure. Dans les réunions, celle-ci se manifestait par des discours improvisés, mais aussi par des tremblements de ferveur (quakers signifiant littéralement « trembleurs » en anglais).
Persécuté, Fox suscita d'ardents prosélytes. Il entreprit une longue suite de voyages missionnaires en Irlande, aux Antilles, en Hollande et en Amérique du Nord.
C'est le quaker William Penn (1644-1718) qui fonda en 1682 la colonie de Pennsylvanie, la dotant d'une constitution remarquable qui servit de base à celle des États-Unis.
Robert Barclay (1648-1690) a posé les bases théologiques du mouvement en 1666 dans son Apologie de la véritable théologie chrétienne ainsi qu'elle est soutenue et prêchée par le Peuple, appelé par mépris, les Trembleurs.
Elias Hicks (1748-1830) fonda la branche américaine des Quakers hickistes, par opposition aux orthodoxes. Il professait des idées unitariennes. Comme de très nombreux Quakers, il fut un ardent anti-esclavagiste. De nos jours, il n'y a plus de controverse concernant la Trinité : chaque membre de la Société peut être trinitaire ou unitarien.
1788 : Fondation de l'Assemblée de France de la Société Religieuse des Amis (Quakers).
1947 : après la Seconde Guerre mondiale, le Prix Nobel de la Paix est attribué à deux comités quakers anglais (le Friends Service Council) et américain (le American Friends Service Committee) pour leur action en faveur de la paix et de la réconciliation des peuples.
Les Quakers ne furent jamais nombreux. Aujourd'hui, ils sont près de 300 000, dont 120 000 aux États-Unis.
[modifier] Spiritualité
Le quakerisme se caractérise par le rejet de tout dogmatisme, des credos « préfabriqués », de toute forme de hiérarchisation religieuse, de formalisme ou de cérémonial rituel.
Les assemblées ne comportent ni autel, ni estrade, ni musique. Il n'y a pas de prêtres, de pasteurs (sauf de nos jours dans certaines assemblées américaines) ni même de président en titre, chacun pouvant prendre la parole s'il se sent animé par l'Esprit de Dieu. Il arrive que le silence, spirituellement très apprécié des Quakers, règne tout au long de l'assemblée.
Le Saint-Esprit est supposé présent toutes les fois que plusieurs personnes se réunissent au nom du Christ : c'est d'ailleurs le but essentiel de l'assemblée.
La lumière intérieure (manifestation intimiste de Dieu et de son Christ) illumine chaque homme qui vient au monde (d'après l'Évangile de Jean, chapitre 1, verset 9).
La Bible est profondément révérée, certes, mais la voix de Dieu parlant dans et par l'âme individuelle est d'une plus grande autorité encore.
Les Quakers ne reconnaissent aucun sacrement. Le pain et le vin sont posés bien en vue lors de certaines assemblées pour rappeler le dernier repas de Jésus. Le mariage est célébré par une cérémonie fort simple.
Les quakers s'abstiennent de jurer ou de prêter serment, ce qui leur valut les pires tourments par le passé. Ils refusent le service militaire et tout acte violent :
- La Pennsylvanie fut du temps de William Penn le seul état à laisser vivre en paix les Indiens (sans volonté de les convertir) et à accueillir des Européens de toutes confessions religieuses : Penn souhaitait instaurer une théocratie qui aurait permis à toutes les confessions de cohabiter dans la paix.
- Ils secoururent matériellement de nombreux pays en guerre, sans prendre jamais parti : leur action pendant la Seconde Guerre mondiale leur valut le Prix Nobel de la Paix.
Autrefois, pour bien montrer que tous les hommes sont égaux devant Dieu, ils n'enlevaient leur chapeau devant personne et tutoyaient tout le monde. Les premiers Quakers revêtaient de sobres habits noirs par humilité, goût de la simplicité et volonté de ne pas montrer les inégalités sociales.
Ils furent et sont encore de farouches anti-esclavagistes.
Ils œuvrent encore beaucoup dans le milieu carcéral en aidant les détenus.
[modifier] Organisation
Comme dans de nombreuses autres congrégations protestantes, les quakers sont démocratiquement organisés, manifestant en tout un souci d'égalité.
Les membres se regroupent en assemblées dites mensuelles qui prennent toutes les décisions utiles à la vie du groupe. Les assemblées mensuelles sont regroupées en assemblées trimestrielles et assemblées annuelles qui correspondent généralement à des zones géographiques.
Les décisions sont prises à l'unanimité, elles tentent d'exprimer le « sentiment de l'assemblée ».
Les hommes et les femmes sont égaux à l'intérieur de la communauté. Il est à noter que ce mouvement religieux est encore l'un des rares de nos jours à accueillir les homosexuell(e)s sans volonté de les « convertir » : l'orientation sexuelle de ses membres lui est en effet indifférente.
Divers rôles sont dévolus à certains membres du groupe, pour un temps limité.
- Le « secrétaire » (clerk) est chargé des tâches administratives, il ou elle prépare l'agenda des assemblées et rédige les « minutes » ou procès-verbaux. Parfois ce rôle est partagé entre plusieurs personnes.
- Les « anciens » (elders) sont chargés des tâches spirituelles. Leur rôle ne va pas plus loin, ils n'ont aucune attribution sacerdotale et sont en tout point à égalité avec les autres membres du groupe. C'est un trait que l'on retrouve dans l'ensemble de l'ecclésiologie protestante.
- Les « veilleurs » (seekers) s'occupent plus particulièrement de la vie sociale de groupe, dont le soutien aux personnes âgées ou isolées.
Il existe un Comité consultatif mondial des Amis (anglais Friends World Committe for Consultation - FWCC), qui est membre de la Coordination internationale pour la Décennie de la culture de non-violence et de paix (2001-2010).
Adresse en France : Société Religieuse des Amis (Quakers); 114, rue de Vaugirard; 75006 Paris
Adresse en Suisse :
En Suisse, le siège se trouve à la Maison quaker; 13 rue du Mervelet; 1209 Genève.
Des cultes ont régulièrement lieu dans les villes suivantes: Genève, Lausanne, La Chaux-de-Fonds, Bâle, Berne, Zürich et Romanshorn.
[modifier] Personnalités quaker
- Piers Anthony
- Emily Greene Balch, Prix Nobel
- Robert Barclay, théologien
- John Bartram, botaniste
- Antoine Bénézet, philantrope
- Daniel Boone, explorateur
- Pierre Ceresole, pacifiste, fondateur du Service civil international
- John Dalton, chimiste
- Henry Doubleday (1808-1875), ornithologue
- Arthur Eddington, astrophysicien
- George Fox, le fondateur de la Société Religieuse des Amis
- Francis Frith, photographe
- Christopher Fry, dramaturge
- Elizabeth Fry, philantrope
- Grinling Gibbons, sculpteur
- Marius Grout, écrivain, Prix Goncourt
- Edward Hicks, peintre
- Herbert Hoover, président américain
- Ben Kingsley, acteur
- Lucretia C. Mott, abolitionniste et première féministe américaine
- Richard Nixon, président américain
- Alice Paul, suffragette américaine
- William Penn, fondateur de la Pennsylvanie
- Benjamin West, peintre
[modifier] Bibliographie
[modifier] Ouvrages épuisés
- Philippe Naudé, La Religion des Kouakres en Angleterre, Paris (Jean Petit), 1699. Reprend l'Histoire abrégée du Kouakerisme (1692). C'est le premier ouvrage en français sur les Quakers.
- William Penn, Sans Croix, point de Couronne, Dervy-Livres, 1988. On trouve facilement cet ouvrage chez les soldeurs.
- Barclay, Apologie de la vraie théologie chrétienne etc., Dervy, 1993. On trouve facilement cet ouvrage chez les soldeurs.
- Les Quakers en Amérique du Nord au XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle, Dervy-Livres, 1985. Peut se trouver - assez difficilement - chez les soldeurs.
[modifier] Ouvrages disponibles
- Jeanne-Henriette Louis, La Société religieuse des Amis (Quakers), Brepols, coll. Fils d'Abraham, 2006.
- Edouard Dommen, Les Quakers, Paris-Montréal, Cerf-Fides, 1990, 128 p.
Les ouvrages qui suivent peuvent être commandés à l'adresse : Société Religieuse des Amis (Quakers); 114, rue de Vaugirard; 75006 Paris
- George Fox, Journal (1624-1690), La Société Religieuse des Amis, 1962.
- Foi et Pratique du Christianisme dans la Société Religieuse des Amis. Livre de vie du mouvement.
- Henry van Etten, Le Quakérisme, La Société Religieuse des Amis, 1953. Le grand classique sur ce sujet.
[modifier] Autres sources
- Voltaire a écrit sur les quakers dans ses Lettres philosophiques.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
- Les shakers sont issus des quakers.
- Pacifisme
- Cercle international de jeunesse
Autres Eglises traditionnellement pacifistes
- Les Mennonites
- Les Frères ou Brethren
[modifier] Liens externes
- (en) Liste de liens
- Société religieuse des Amis en Suisse
- Réunion mensuelle Belgique et Luxembourg
- Les Quakers en Francebg:Квакери
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