Préfet du prétoire
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Le préfet du prétoire (præfectus prætorio) est l'officier commandant la garde prétorienne à Rome, sous le Haut-Empire, et un haut fonctionnaire à la tête d'un groupe de provinces, la préfecture du prétoire, dans l'Antiquité tardive.
Sommaire |
[modifier] Le préfet du prétoire sous le Principat
Cette charge a été créée par Auguste et réservée aux membres de l'ordre équestre. Elle dura jusqu'à la fin de l'Empire.
Les deux préfets du prétoire avaient ainsi en charge la protection de l'empereur. Tibère donna cette charge à un seul homme ; toutefois il plaça la cohorte de service au palais sous son commandement direct. L'empereur Vespasien marqua sa volonté d'associer au trône son fils Titus en lui confiant la charge de préfet du prétoire, bien qu'il n'ait jamais été chevalier.
Antonin le Pieux, brièvement, puis Marc Aurèle presque systématiquement et Commode - sauf à la fin de son règne - nommèrent à nouveau deux préfets, ce qui fut la norme au troisième siècle. Plus tard Constantin Ier en porta le nombre à quatre, lorsqu'il partagea l'empire en quatre préfectures. Depuis le principat de Septime Sévère, la surveillance de l'entretien des routes italiennes semble être assurée par le préfet du prétoire, dont dépendent les curateurs des routes italiennes.
Ils étaient au début uniquement chefs de la garde prétorienne, alors seule force armée présente à Rome. Ses cohortes avaient des effectifs doubles de ceux d'une légion normale. Peu à peu, les préfets du prétoire acquirent une juridiction, au point d'obtenir un pouvoir proche de celui de l'empereur, et aux IIe et IIIe siècles, ils accaparèrent presque toute l'autorité. Ce fut alors l'époque de leur plus grande puissance : ils donnèrent parfois l'empire à un prétendant ou se l'attribuèrent.
Le préfet du prétoire était alors le deuxième personnage de l'Empire ; cette fonction était le sommet d'une carrière équestre et militaire.
[modifier] Le préfet du prétoire dans l'Antiquité tardive
En 312, Constantin, après sa victoire sur Maxence supprima les cohortes prétoriennes. Dans les années qui suivirent, sous Constantin lui-même et sous le règne de ses fils, la fonction fut profondément remaniée, la réduisant à un pouvoir civil. Mais il leur donna toutefois autorité à chacun sur un quart de l'empire, déjà divisé en quatre préfectures, qu'ils gouvernèrent désormais : les Gaules, l'Italie, l'Illyrie et l'Orient. À præfectus prætorio, on ajouta alors per Gallias, per Italiam, per Illyricum, per Orientem.
Les préfets du prétoire devinrent des administrateurs civils, formant un collège de deux à six membres, les plus élevés en grade, juste en-dessous des empereurs. Ils avaient les pouvoirs de ministres du souverain dans les quatre parties citées, mais leurs actes n'étaient valables que sous son approbation.
[modifier] Préfets du prétoire célèbres
Sous le Haut-Empire:
- Séjan sous Tibère
- Sextus Afranius Burrus sous Néron
- Tigellin sous Néron
- Macrin, sous Caracalla, premier chevalier devenu empereur
- Ulpien, sous Sévère Alexandre
- Timésithée, sous Gordien III (241-243)
- Philippe l'Arabe, brièvement sous Gordien III (243)
- Iulius Placidianus, sous Aurélien (270-275)
- Ablabios
[modifier] Liste des préfets du prétoire de l'Antiquité tardive
[modifier] Préfecture du prétoire d'Italie
[modifier] Préfecture du prétoire d'Afrique
[modifier] Préfecture du prétoire d'Orient
- ???? : Domitien
- ???? : Musonien
- vers 344 - 351 : Flavius Philippus, consul en 348.
- vers 361 - 363 : Sallustius, nommé par Julien
- vers 380 : Domitius Modestus, à l'époque des empereurs Valens (364-378), Valentinien (364-392) et Gratien (367-383)
- vers 388 : Cynegius
- 388 - 392 : Tatianos, de religion païenne. Préfet du prétoire d’Orient sous Théodose Ier (379-395) de 388 à 392, date à laquelle son fils est exécuté et lui-même renvoyé en Lycie (il était originaire de Sidyma). (NOTE : Rufinus est dit succéder à Tatianos, mais pb de dates entre Aurélien et Tatianos; l'explication réside peut-être dans le fait qu'Aurélien est préfet de Constantinople et non d'Orient)
- 393 - 394 : Aurélien, ancien préfet de Constantinople
- 394 - 395 : Flavius Rufinus
- ??? : Césaire (1ere fois ?)
- après 399 : Aurélianus est nommé préfet du prétoire à Constantinople (juillet)
- vers 401 : Césaire, plus favorable aux Goths, succède à son frère Aurélien et retrouve sa charge de préfet du prétoire.
- 405 - 414 : Anthémius, grand-père maternel d'Anthémius (Attention, plusieurs Anthémius/ à voir) préfet du prétoire d’Orient de 405 à 414
- 435-436 : Isidore, oncle maternel d'Anthémius préfet du prétoire d'Orient, en 435-436
- vers 469 : Amasius, préfet du prétoire de Constantinople ou d'Orient (à préciser).
[modifier] Préfecture du prétoire des Gaules
Les préfets, d'origines pour la plupart gallo-romaines, souvent tiraillés entre leurs attaches locales et leur fonction romaine (cf. Arvandus, ..), ont un rôle civil et non militaire bien que parfois dans le contexte de l'époque, la distinction soit difficile à faire (voir Exuperantius, Tonantius Ferreolus, Paeonius). Une autre caractéristique des préfets du prétoire des Gaules, réside dans la présence de véritables "dynasties" familiales récipiendaires de cette fonction, comme par exemple au Ve siècle les familles d'Avitus et de Sidoine Apollinaire.
En 407, le siège de la préfecture du prétoire des Gaules est rapatrié de Trèves à Arles.
L' Histoire critique de l'établissement de la monarchie françoise dans les Gaules - LIVRE 1 CHAPITRE 7 décrit l'organisation de la préfecture du prétoire des Gaules à ce début du cinquième siécle :
- Il y avoit sous le préfet du prétoire du département des Gaules trois vicaires géneraux, dont l' un étoit pour les Gaules, le second pour l' Espagne, et le troisiéme pour la Grande-Bretagne. Nous nous bornerons ici à celui des Gaules, qui s' appelloit le vicaire des dix-sept provinces. Cet officier avoit sous lui les dix-sept gouverneurs ou recteurs de ces provinces ; six d' entre eux portoient le titre de président, et les onze autres celui de proconsul. Les comtes qui dans chaque cité particuliere veilloient à l' administration de la justice, et aux affaires de police et de finance, étoient subordonnés au gouverneur dans la province dont étoit leur cité, soit que ce gouverneur s' appellât président, soit qu' il s' appellât proconsul<ref> Cf. Détails ici</ref>.
Après 477, à la suite de l'annexion de la Provence par les Wisigoths, la préfecture du prétoire des Gaules disparait jusqu'en 509, date de son rétablissement par Théodoric.
- vers 303 : Rictiovarus - il aurait ordonné le supplice de Victoric et Fuscien deux jeunes Romains, dans le nord de la France, lors des persécutions de Dioclétien.
- vers 340 : Ambrosius, père de Saint Ambroise
- vers 353 - 361 : Florentius, homme de Constance II. Dans le courant de l’hiver 358-359, il aurait eu à juger un fonctionnaire accusé de péculat et se serait opposé à Sallustius, conseiller de Julien.
- vers 361 - 363 : Felix Philagre, patricien, aeuïl présumé d'Avitus, préfet du prétoire des Gaules sous Julien. Il aurait été arien.
- 378 - après 378 : Ausone - co-préfet des Gaules
- 378 - 380 : Hespére, fils d'Ausone avec qui il a probablement partagé la charge de préfet
- vers 384 - 386 : Evodius, chargé par Maxime de l'affaire Priscillien, il condamna à mort Priscillien et ses compagnons pour hérésie; rencontre l'évêque Saint Martin
- vers 389 : Arbogast - Il fait exécuter le césar Victor, fils de Maxime, sur ordre de Théodose Ier, à Trèves, au printemps 389.
- avant 396 : Théodore
- 396 - 401 : Vincent, successeur de Théodore. Il est préfet du prétoire des Gaules pendant cinq ans et séjourne souvent à Tours ; consul en 401<ref> Cf. Histoire littéraire de la France, Congrégation de Saint-Maur - pages 63 et suivantes, sur Gallica ici</ref>.
- 402 - 408 : Pétronius, premier préfet du Prétoire résidant à Arles
- vers 408 : Limenius - assassiné le 13 août 408 à Pavie - Sidoine Apollinaire, souvent partial, évoque sa lacheté.
- vers 408 : Apollinaris, grand-père paternel de Sidoine Apollinaire
- 409 - 414 : Claudius Posthumus Dardanus, fidèle à l'empereur légitime Honorius contre l'usurpateur Jovin; deux fois préfet - Riche propriétaire arlésien, Dardanus se convertit au christianisme et se retire dans les Alpes où il entreprend une relation épistolaire avec Saint Jérôme et Saint Augustin
- 409 - 413 : Decime Rustique (?) préfet des Gaules
- vers 414 : Julius - il aurait séjourné à Autun
- 416 - 418 : Agricola, destinataire en 418 de l'édit d'Honorius fixant à Arles l'assemblée des Sept-Provinces, consul de Rome en 421.
- 421 - 424 : Exuperantius, citoyen du diocèse de Poitiers, il est nommé préfet par Constance III puis tué par la garnison romaine d'Arles à l'époque du siège de la cité par les Wisigoths. Sous Honorius, probablement en 416 ou 417, il traite avec les Armoriques, pour les ramener sous l'autorité de Rome.
- vers 425 : Amatus ou Amatius. Destinataire en 425, avec l'évêque d'Arles Patrocle, d'un des premiers décrets de l'empereur Valentinien III où il est stipulé l’interdiction faites aux Juifs d’occuper des fonctions judiciaires, de servir dans l’armée et de posséder des serviteurs chrétiens.
- 426 - ??? : Aétius; il obtient de Galla Placidia la préfecture des Gaules
- 435 - 437 : Auxiliaris; il aurait accordé des remises d'impôts à Saint Germain évêque d'Auxerre. Auxiliaris était alors préfet des Gaules et résidait à Arles.
- 439 - ??? : Avitus, préfet du prétoire d'origine arverne, grand diplomate gaulois, et futur empereur en 455-456
- 440 - ??? : Albinus; il aurait eu des démélés avec Aetius vers 440 <ref> Histoire de France - MEZELAY, François Eude de, page 207 ici
On sait aussi qu'à la mort de Sixte III, le 19 août 440, le futur pape Léon, l'homme de confiance de Sixte, est en Gaule à la demande de la cour de Ravenne afin d'arbitrer un conflit entre le patrice Aetius et le préfet du prétoire Albinus.</ref> - vers 441 - 445 : Marcellus; vers 441-445, il aurait participé financièrement avec l’évêque de Marseille Venerius (431-452) et Agroecius et Salutius, riches laïcs narbonnais, sous la direction de Rusticus évêque de Narbonne de 427 à 461, à la reconstruction de la cathédrale de Narbonne détruite par un incendie.
- 448-449 : Le père de Sidoine Apollinaire, dont le nom exact ne nous est pas conservé<ref> En 449, Sidoine Apollinaire assiste à dix-neuf ans, debout à côté de la chaise d'ivoire de son père, aux fêtes données à Arles pour l'inauguration du consulat d'Astère et de Protogène</ref>.
- entre 419 et 455 : Trigetius, ami de Sidoine Apollinaire, peut-être préfet des Gaules (ou préfet de Rome) sous Valentinien III (probablement plutôt vers les années 450)
- 451 - 453 : Tonantius Ferreolus, préfet du prétoire des Gaules de 451 à 452-453 (d'autres sources indiquent 450 - 453)
- avant 456 : Valérien; Priscus Valerianus qui semble bien avoir été préfet du prétoire des Gaules et cousin de l'empereur Avitus. Parent de Saint Eucher, évêque de Lyon (+ 449)
- après 456 - 458 : Paeonius - Après la déposition de l'empereur Avitus en 456, suivie peu de temps après de sa mort, Sidoine Apollinaire nous parle d'une "conjuration Marcelliana" en Gaule, dirigée par un nommé Paeonius qui, assumant "de facto" le titre vacant de préfet du prétoire des Gaules. Participe avec l'empereur Majorien et l'ancien préfet Magnus à une réunion à Arles en 461.
- 459 - 460 : Magnus - Originaire de Narbonne, nommé par Majorien, il aurait succédé à Paeonius - consul en 460. Il aurait eu trois enfants : Magnus Felix, Probus, Araneola.
D'autres sources indiquent fin 458 - fin 459<ref> Quand Majorien franchit les Alpes en novembre 458, il est accompagné de Magnus, déjà nommé préfet du prétoire des gaules, ainsi que de hauts-fonctionnaires dont le « questeur du sacré palais », Domnulus et le chef de la chancellerie (magister epistolarum), Petrus. </ref>. - 464 - 469 : Arvandus d'origine gauloise (ou arménienne ?); condamné à mort à Rome pour trahison au profit d'Euric, sa peine est commuée en un banissement sur intervention de Sidoine Apollinaire
- vers 471 : Seronatus. Peut-être simple vicaire du préfet des Gaules, il est exécuté en 471 pour tentative de trahison au profit d'Euric. Evoqué par Sidoine Apollinaire qui loin de le défendre comme Arvandus, l'accable.
- vers 471 : Entrope, ami de Sidoine Apollinaire, il est originaire de l'Auvergne ou du Lyonnais <ref> Cf. Histoire littéraire de la France, Congrégation de Saint-Maur - pages 438 et suivantes, sur Gallica ici</ref> (note : possible aussi vers 474).
- 472 - 473 : Magnus Felix dit parfois Félix (préfet du prétoire, mais doute s'il s'agit de celui d'Italie ou des Gaules), fils du consul Magnus. Ami et condisciple de Sidoine Apollinaire, patrice vers 468, abandonne la vie politique et se retire à Arles entre 475 et 480 auprès de l'évêque Léonce<ref> Cf. Histoire littéraire de la France, Congrégation de Saint-Maur - pages 658 et suivantes, sur Gallica ici</ref>. D'après une lettre de l'évêque Fauste, il est encore en vie en 483.
- ??? - Ecdicius - Fils d'Avitus, il devint préfet des Gaules (? /douteux); nommé magister militum praesentalis en 474
- 475 - après 477 : Polème, issu d'une famille romaine mais né à Bordeaux ou dans ses environs, il est probablement parent de Sidoine Apollinaire. Il est nommé préfet du prétoire des Gaules par Julius Nepos et il assume cette charge pendant plus de deux ans, même après la destitution de l'empereur Népos.<ref> Cf. Histoire littéraire de la France, Congrégation de Saint-Maur - pages 514 et suivantes, sur Gallica ici</ref>
[modifier] Liste des préfets du prétoire du Haut Moyen Âge
Comme de nombreuses institutions (comme le Sénat romain), la préfecture du prétoire survécut en Occident à la chute de l'Empire romain en 476. Elle fut attribuée par des souverains barbares qui gouvernaient des territoires anciennement romains, et qui perpétuaient les coutumes romaines. La nature exacte de leur rôle n'est pas connue, mais l'on sait que Libère nommé par l'ostrogoth Théodoric, roi de Ravennes et d'Italie, eut par exemple à se battre contre les Burgondes dans les années 520, ce qui montre une nouvelle évolution : de strictement administrative, la fonction redevint probablement militaire.
D'après Edourd Baratier <ref> Cf. Histoire de la Provence, page 92</ref>, le Préfet des Gaules aurait subsisté à Arles après 536, date du rattachement de la Provence aux Francs; il aurait été le représentant, pour la Provence gouvernée indivis, des rois Théodeberg et Childebert.
Les préfets du prétoire disparaissent au VIIe siècle, le dernier connu étant Alexandre, attesté en 626.
- Préfecture du prétoire des Gaules :
[modifier] Notes
<references/>
[modifier] Voir aussi
[modifier] Liens internes
[modifier] Liens externes
- Histoire littéraire de la France, Congrégation de Saint-Maur - (Gallica) : contient des notices biographiques concernant les préfets du prétoire
[modifier] Bibliographie
- (en) Alexander Kazhdan (éd.), The Oxford Dictionary of Byzantium, 3 vols., Oxford University Press, 1991 (ISBN 0195046528), s. v. Praetorian Prefect, vol. 3, 1710.
- J.-R. Palanque, Essai sur la préfecture du prétoire du Bas-Empire, Paris, 1933.bg:Преториански префект
de:Prätorianerpräfekt en:Praetorian prefect it:Prefetto del pretorio mk:Преторијански префект nl:Praefectus praetorio sv:Praetorianprefekt

