Pollution lumineuse
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L’expression pollution lumineuse désigne à la fois la présence nocturne anormale de lumière et ses conséquences sur la faune, la flore, les écosystèmes ou la santé humaine.
Comme celle de pollution du ciel nocturne qui la remplace parfois, la notion de pollution lumineuse (light pollution en anglais) est récente : apparue dans les années 1980, elle a évolué depuis.
Cette notion est originellement portée par les astronomes nord-américains puis européens et leurs organisations représentatives (Association française d’Astronomie en France, Darsky.org en Amérique du Nord..) confrontés à une dégradation rapide de l’environnement nocturne, puis par d’autres acteurs, écologues, aménageurs, énergéticiens, médecins, agences impliquées dans le champ du développement durable.
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[modifier] Sources de pollution lumineuse
Stricto sensu, l'expression « pollution lumineuse » désigne le phénomène récent et croissant d'altérations de l'environnement par immision de lumière artificielle dans l'environnement nocturne, et plus précisément les impacts négatifs de cette lumière sur certaines espèces (dont les insectes, les chauve-souris, les amphibiens..) et au delà sur le fonctionnement et l'intégrité des écosystèmes.
La pollution lumineuse a comme principale source physique la lumière perdue ou réfléchie, émise par des sources fixes et permanentes telles que les luminaires des villes, des ports, des aéroports, des routes, des installations industrielles et commerciales, publicitaires, etc ou encore par les phares des littoraux. Elle est plus importante lorsque la lumière est émise de manière peu directionnelle (exemple : lampadaire-boule). Des sources mobiles comme les phares de véhicules y contribuent également pour une part encore difficile à mesurer, mais qui ne devrait pas être sous-estimée, avec le phénomène dit de Roadkill.
Par exension, l'expression désigne aussi la lumière « utile » ou plus souvent « perdue » dispersée ou réfléchie par les molécules de certains gaz et les particules en suspension dans l'atmosphère terrestre. Ainsi se forme un halo lumineux diffus qui - en augmentant la luminance générale du ciel - masque la vision de la voûte céleste et donne une couleur orangée à brunâtre au ciel nocturne. Ce halo diffus est exacerbé dans les cas où l’air est humide et/ou pollué par des particules (suies, gaz d'échappement, poussières, particules fines..).
D'un point de vue chronologique, l'expression a en fait d'abord désigné la gêne occasionnée par les halos lumineux aux astronomes qui ont besoin d’un ciel pur et d’une bonne obscurité pour observer les astres. Ils doivent s’éloigner de plus en plus des villes et des zones éclairées pour pouvoir correctement observer le ciel. De nombreux observatoires astronomiques d’universités situés en ville ou dans leurs banlieues ont du être abandonnés en Europe et aux USA, dont l’observatoire royal de Greenwich.
[modifier] Conséquences culturelles
Cette notion évoque des aspects culturels : L’humanité a toujours vécu avec et sous les étoiles. Les étoiles et constellations étaient les repères nocturnes des bergers et des marins bien avant l’invention des sextants, et les astres ont guidé et guident encore les hommes sur terre, au travers des déserts et sur mer.
Depuis les années 1970, sans nier les apports de l'éclairage artificiel, on se demande quelles peuvent être les conséquences socio-psychologiques de la perte du contact de l’homme avec la nature, y compris avec l'environnement nocturne et la beauté du ciel profond, de la voie lactée auquelles une part croissante des populations contemporaines n'a plus accès... Jusqu’à l’ONU qui accorde au ciel étoilé une valeur particulière, comme patrimoine commun de l’humanité. Depuis peu, aux solutions techniques envisagées et localement testées s'ajoutent des enjeux d'économies d'électricité et d'émissions de gaz à effet de serre, ou de diminution de l'empreinte écologique.
[modifier] Histoire
Au XVIIe siècle, l’éclairage public apparaît avec la création des compagnies de lanterniers pour éclairer certaines rues de Paris, puis des capitales de provinces. En 1667, Louis XIV imposa l’éclairage de toutes les rues de la capitale pour lutter contre les vols et les crimes. Avec l’invention du gaz de houille (dit gaz de ville) produit par les usines à gaz, l’éclairage s’est étendu et a développé ses premiers impacts écologiques, signalés par quelques chroniqueurs de l’époque (nuages de papillons s'épuisantà tournoyer autour des bec de gaz et venant pondre par dizaines sur les futs des lanternes (au Cimetière du Père-Lachaise par exemple). Mais c’est surtout avec l’apparition et la diffusion rapide de l’ampoule électrique, que l’éclairage public s’est répandu dans le monde, produisant dès les années 40 un début de halo lumineux déjà repéré par les astronomes. Ces halos ont été fortement réduits en zone occupée lors des guerres mondiales, pour économiser l’électricité et surtout à cause des couvre-feux imposés par l’occupant ou les forces alliées. (En 1918, alors que les véhicules motorisés étaient encore rares, les codes étaient autorisés, mais il fallait s’arrêter lors des alertes et en cas de passages d’avions). En 39-45, les vitres devaient être teintées de bleu, généralement au moyen d’une peinture appliquée à l’extérieur ou obturées, et en zone occupée, mêmes les phares des vélos - comme ceux des autos et camions - devaient être muni d’un cache ou d’une peinture bleue ne laissant visible qu’une fente. Après les guerres les périodes d’euphorie et de relance de la consommation se sont accompagnées d’incitations au développement de l’usage de l’électricité et de l’éclairage. Entre 1919 et 1939, les lampes à acétylène se sont développées dans les habitations, notamment pour éclairer le dimanche quand les moulins et certaines usines s’arrêtaient. Les éclairages urbains extérieurs étaient alors alimentés par les nombreuses usines à gaz alimenté par le charbon.<ref> source Livre la France électrique</ref>
Dans les années 1960-1970, la lumière perdue par les éclairages est appelée pollution lumineuse ; elle inonde les villes et de plus en plus la campagne, masquant les étoiles jusqu’à les faire totalement disparaître. La notion de « pollution lumineuse » est née (sous cette dénomination) à la fin des années 1980.
- Elle regroupait principalement des facteurs aujourd’hui groupés sous l’expression « nuisances lumineuses », mêlant les artéfacts qui gênent ou rendent impossible l’observation astronomique de certaines parties du ciel à partir des observatoires, à des aspects complexes tels que les impacts potentiels, pressentis ou avérés de la lumière intrusive sur la santé des enfants ou des adultes qui y sont exposés.
- Dans les années 1990, les astronomes et physiciens de l’atmosphère ont commencé à développer des instruments pour mesurer cette nouvelle forme de modification de l’Environnement en général et de l’Environnement nocturne en particulier.
- À partir des années 1995, comme en témoignent le titre des colloques et symposiums qui traitent de ce problème, les impacts écologiques prennent une importance croissante. Les chercheurs et les naturalistes commencent à les mettre en évidence et à les quantifier, alors que la réflexion concernant les impacts sur la santé se poursuit, non sans difficultés en raison du manque de données épidémiologiques collectées spécifiquement pour étudier la question. Les chercheurs s’appuient sur des données ou études relatives à la vision, et sur des études et la recherche appliquée (dont ce qui concerne les traitements contre le rachitisme par les UV, les thérapies par exposition à la lumière pour resynchroniser l’horloge interne ou soigner des patients dépressifs, etc.).
- Quelques études sont en cours sur le moyen ou long terme portant sur les liens entre sécurité, criminalité, cambriolage et éclairage, qui mettent en évidence la complexité de la question et bousculent quelques idées reçues.
- D’autres disciplines, allant de la géographie et de l’urbanisme à l’ergonomie se saisissent de la question depuis la fin des années 1990, y compris au travers de l’étude de la vie nocturne, urbaine notamment. La première thèse de géographie exclusivement consacrée à la pollution lumineuse démarre en 2006.
L’imagerie satellitaire commence à permettre de quantifier et cartographier d’une manière objective la pollution lumineuse, mais les images de haute précision ou de la face non éclairée de la terre prises dans l’infrarouge ou l’ultraviolet restent propriété des militaires ou inaccessibles pour des raisons de coût.
[modifier] Modélisation
Certains modèles intégrant les principes optiques de la réfraction ou diffusion de la lumière sur les matières existaient déjà, développés pour le cinéma, les jeux vidéo et les logiciels graphiques ou de simulations. D’autres modèles mathématiques ont été élaborés par des physiciens de la lumière et de l’atmosphère, avec des astronomes et des spécialistes de l’imagerie satellitaire pour tracer des cartographies et faire des études prospectives (dont pour positionner les nouveaux observatoires astronomiques). Ces modèles s’avèrent de plus en plus performant lorsqu’on compare leurs résultats avec les mesures de terrain ou les images satellitaires. Quelques cartographies grand-public ou destinées aux astronomes ont été publiées après les années 2000, après la publication le 1er août 2001 par une équipe de chercheurs italiens et américains, dirigée par le professeur Pierantonio Cinzano, de l’Atlas mondial de la clarté artificielle du ciel nocturne, souvent renommé « Atlas mondial de la pollution lumineuse » . Une traduction française en existe, faite par l’ ANPCN.
[modifier] Dimension éthique et philosophique
Comme en témoignent les alignements de menhirs, les configurations de sites préhistoriques et historiques alignées sur les astres des solstices, comme en témoignent l’importance du ciel nocturne pour toutes les mythologies et nombre des religions, ainsi que les noms donnés aux étoiles et constellations, ou l’importance qu’ont accordée les civilisations passées aux phénomènes astronomiques, nos ancêtres se sont beaucoup interrogés sur le ciel et les étoiles qu’ils ont interprétés et cartographiés. La poésie a également de tous temps fait références à la splendeur du ciel étoilé. « Pour combien de temps encore pourrons-nous observer le ciel ? » s’interrogent les astronomes, mais aussi nombre d’humanistes.
La vie terrestre dans sa quasi-totalité, et depuis 3,7 milliards d’années, est réglée par l’alternance du jour et de la nuit. Et les processus hormonaux qui en dépendent sont localisés dans les parties les plus primitives de notre cerveau, ce qui semble impliquer que des adaptations physiologiques ne sont pas possibles chez la plupart des espèces, dont peut-être l’Homme. Or, la pollution lumineuse affecte une part croissante du ciel nocturne pour au moins 75 % de la population de la planète et tout particulièrement pour les urbains des pays riches. Elle nous prive de la beauté naturelle du ciel en plus d’avoir certains impacts sur la faune et la flore, ...
[modifier] Causes
Image:Empire State Building Night.jpg La peur instinctive du noir, une augmentation considérable de l'offre en matériels d'éclairage et en électricité (abondante et moins chère la nuit) ainsi qu'une forte demande de sécurité de la part du public et des élus sont généralement citées comme principales causes de l'hyper éclairage urbain et périurbain, lequel a engendré divers gaspillages voire des utilisations peut-être abusives de la lumière.
Des éclairages inutiles ou inappropriés avec parfois des faisceaux de lumière projetés directement vers le ciel, l'utilisation d'ampoules inutilement puissantes ou de matériels désuèts (lampes à vapeur de mercure haute pression, luminaires en forme de boules, ballast très consommateurs d'énergie...) sont responsables d'une pollution lumineuse que les satellites mesurent (hausse de 5 à 10 % par an fin des années 90). Une quantité considérable de lumière est perdue vers le ciel, créant un halo lumineux de plus en plus important, qui voile les étoiles. A ce phénomène s'ajoutent les impacts des « canons à lumière » (souvent improprement nommés lasers), ou des lasers qui balaient le ciel au dessus des édifices. Les panneaux publicitaires, néons, les vitrines des magasins et l'éclairage dispersant de centaines de milliers d'édifices éclairés (monuments, châteaux, ponts, berges, églises, etc.) par de puissants spots qui restent souvent allumés toute la nuit.
Enfin, le faible coût de l'électricité, surtout dans les pays qui en produisent beaucoup a longtemps incité à la surconsommation électrique pour l'éclairage, dans un contexte où les lois protégeant l'environnement nocturne sont quasi-absentes ou peu respectées. Cependant, de nombreux pays disposent principalement de centrales thermiques ou seulement de celles-ci pour leur production électrique, l'augmentation inévitable des cours du pétrole devrait les inciter à réviser leurs pratiques d'éclairage public.
[modifier] Conséquences
La pollution lumineuse a de nombreuses conséquences négatives :
- Surtout sur la Faune et au moins de manière indirecte sur la flore;
- Les grandes agglomérations fortement lumineuses perturbent le sens de l'orientation des oiseaux migrateurs.
- Les animaux aux moeurs nocturnes sont perturbés et parfois disparaissent de leurs habitats quand ils sont éclairés.
- Un nombre important d’insectes, attirés par la lumière, sont détruits par les ampoules non protégées (ou par les véhicules avec le phénomène de Roadkill) ce qui engendre un déséquilibre de la chaîne alimentaire animale.
- Des effets néfastes indirects (et peut-être directs) sont décrits (ou soupçonnés) sur les plantes qui peuvent moins se « reposer » la nuit et effectuer une photosynthèse normale, malgré un allongement de la durée du feuillage.
- L’éclairage artificiel retarde la chute des feuilles (de plusieurs mois parfois).
- Diminution des récoltes dû à l’éclairage artificiel ? (il y a plus d'adventices (mauvaises herbes) lorsque les graines sont éclairées dans les 4 heures qui suivent leur mise à jour lors d'un labour).
- A titre d'exemple récent d'impact de la pollution lumineuse sur l'avifaune, on peut citer le pont Øresund, plus grand pont d'Europe reliant la Suède au Danemark
- l'alignement de lampadaires de ce pont a été mis en service pour la première fois la nuit du 8 octobre 2000.
- Les automobilistes ont constaté que des milliers d'oiseaux gisaient par terre ou se jetaient sur leurs voitures.
Selon une association ornithologue suédoise, l'ornithologue appelé pour constater les premiers dégâts après la nuit du 8 octobre 2000 a pu ramasser et identifier 344 oiseaux migrateurs parmi les cadavres. Il en restait environ autant mais non identifiables (écrasés par les véhicules). On peut estimer qu’au moins autant, sinon beaucoup plus étaient tombés dans la mer. Ce sont donc 1000 oiseaux au moins qui ont péri en une seule nuit, attiré par les halos lumineux dans le brouillard. C’est autour des endroits les plus éclairés, sur la partie la plus haute du pont, que le maximum de cadavres ont été trouvés..
- La plupart des oiseaux (288) étaient des grives (en pleine migration), tous les cadavres n’étaient plus identifiables, mais voici à titre d’indication l’inventaire dressé pour la première nuit.
Nom suédois Nom français Nom latin Nombre d'oiseaux morts
et identifiablesTaltrast Grive musicienne Turdus philomelos 288 Rödhake Rouge-gorge familier Erithacus rubecula 46 Sånglärka Alouette des champs Alauda arvensis 5 Bofink Pinson des arbres Fringilla coelebs 2 Ängspiplärka Pipit farlouse Anthus pratensis 1 Gärdsmyg Troglodyte mignon Troglodytes troglodytes 1 Sävsparv Bruant des roseaux Emberiza schoeniclus 1 Total des oiseaux 344
- Ces oiseaux, comme la plupart de leurs congénères migrent essentiellement de nuit. On estime qu'ils ont été attirés par le halo (amplifié par la brume et le reflet sur l'eau) ou par les lumières fortes, et soit ils se sont assommés ou blessés sur les structures et superstructures et ils sont tombés sur le pont ou en mer, soit ils ont été assommés ou tués par collision avec des véhicules et ont été écrasés sur la voie. Un certain nombre ont probablement poursuivi leur migration en étant blessé, ce qui diminue leurs chances de survie.
- L'ornithologue suédois note que le phénomène va se reproduire sauf changement dans l’éclairage et suggère qu'on diminue la lumière au maximum les nuits où existent des risques de pluie et/ou brouillard coïncidant avec les dates des grandes migrations.
- Les architectes et aménageurs pourraient apprendre à mieux utiliser des dispositifs rétroréfléchissants ou des éclairages modulables en fonction des risques ou conçus pour ne pas perturber les oiseaux [points lumineux de faible intensité guidant les voitures au lieu d’éclairer directement le sol, avec des fibres optiques ?) par ex], mais malgré leur rentabilité, les technologies les plus sobres et propres ou de haute qualité environnementales (HQE) ne sont que très peu enseignées dans les cursus universitaires et de grandes écoles ou d'écoles d'architecture.
- L'impact de la lumière en particulier en pleine mer ou sur les littoraux (phares) sur les oiseaux migrateurs est connu mais peu documenté. Il semble que lors de l’ouverture de l’éclairage de l’autoroute A 16 entre la Belgique et Calais un phénomène similaire, mais peut-être de moins grande ampleur s’est produit. Il n’y avait cependant pas eu de comptage.
- Un groupe d'ornitologues travaille aussi sur ce thème à Toronto (Canada) Au USA, un projet d'illumination de pont à Los Angeles a ainsi du être complètement revu après évaluation environnementale.
- Voir aussi : le site du pont-tunnel Øresundsbron
- Sécurité et confort ;
- La majorité des cambriolages ou vols avec agression a lieu en plein jour (statistiques de la police). Les maisons des villages discrètement éclairées sont moins visitées que les maisons hyper- éclairées.
- Les lampadaires mal conçus se trouvant en vision directe vont éblouir l’œil, surtout lors de la conduite automobile.
- Trop d’éclairage incite les automobilistes à augmenter leur vitesse, multipliant les risques d’accidents.
- Les projecteurs lasers ont tendance à distraire les automobilistes et les aviateurs.
- Perturbation des rythmes biologiques en déréglant notre horloge interne (éveil, sommeil).
- La lumière dérange le voisinage avec impossibilité de dormir avec les volets ouverts (lumière intrusive).
- Coûts;
- Diffuser plus de 50% de l’énergie lumineuse produite vers le ciel est un gâchis énergétique et ce sont nous, les contribuables qui payons la facture. Une étude de l’International Dark- Sky Association a montré qu’aux États-Unis environ 1.5 milliards de dollars sont ainsi gaspillés chaque année.
- Astronomie;
- La recherche astronomique est de plus en plus difficile.
- Les photographies prises le soir par les astronomes montrent de fond de ciel jaune à cause de la lumière.
- L’imagerie électronique du ciel est perturbée.
- Impossibilité de regarder la voûte céleste et la nuit étoilée à l’œil nu.
[modifier] Mesure
Un modèle simple proposé par Walker permet de calculer l'intensité de ce halo en fonction du nombre d'habitants des agglomérations. Ainsi a été construit une carte de France synthétique de la pollution lumineuse. Un des buts de cette carte est de trouver les meilleurs endroits pour y installer un observatoire astronomique.
[modifier] Des solutions viables pour garder le ciel noir
[modifier] Prévention
La meilleure solution pour contrer la pollution lumineuse, avant tout, est le bon sens. Bien entendu, il n’est pas question d’éliminer l’éclairage lui- même mais surtout miser sur un éclairage adapté de qualité et sur une réglementation réaliste et appropriée. Pour aider la visualisation du ciel nocturne, il existe plusieurs solutions efficaces. Solutions
L’adoption d’un nouveau système d’éclairage avec abat-jour qui renvoie la lumière vers le bas sur toutes les sources lumineuses éviterait les pertes de lumières en plus de minimiser les risques d’éblouissement. Des verres plats devraient être utilisées parce qu’ils polluent moins que des verres courbes. L’angle des lumières doit être dirigé idéalement à 10° et moins vers le sol. L’éclairage des façades et panneaux publicitaires doit être dirigé vers le bas et non le contraire. Un système de minuterie devrait aussi être intégré. Les panneaux publicitaires et l’éclairage des édifices devraient être coupés après 23 heures. L’utilisation des lampes de sodium à basse pression qui coûtent moins cher et affichent en une couleur rendrait plus faciles la vue des étoiles par les astronomes. Finalement n'éclairer que les lieux où le besoin est présent
[modifier] Alternatives
Pour répondre aux besoins de sécurité des véhicules motorisés (camions, voitures, bus..) ou non motorisés (vélos) munis d'un éclairage emporté, il existe de nombreux systèmes utilisant des dispositifs rétro-réfléchissants, c'est à dire renvoyant vers l'émetteur (mobile ou non) la lumière reçue. Ils sont parfaitement adaptés à bien des besoins de signalisation d'objets (bordures de trottoirs, piquets, poteaux, pieds de panneaux, rambarde de sécurité, pieds de ronds points, d'axes ou passages ou situations dangereuses, etc. Non éblouissant, le dispositif rétro-réfléchissant est très efficaces pour la sécurité, tout en étant parmi les moins coûteux. Dans les pays où la neige est abondante, ils peuvent être fixés en hauteur sur des piquets qui sortent de la neige. Discrets dans le paysage en situation diurne (jour), ils sont également les moins nuisant pour la qualité de l'Environnement nocturne. La lumière renvoyée peut être rouge, orange, jaune ou blanche selon la couleur du matériau utilisé.
Les bandes de métal, tissus ou plastique rétro-réfléchissant fixées sur les vêtements, chaussures et cartables améliorent aussi grandement la sécurité des enfants, des personnels affecté aux travaux publics ou à la surveillance des routes, voies ferrées, aéroports, canaux ou autres installations à risque. Au delà des sujets à risque, ces dispositifs peuvent contribuer à protéger tous les objets et toutes les personnes exposés à des véhicules circulant de nuit et munis de phares. Des couleurs fluo sont parfois utilisées.
[modifier] La lumière intrusive ; nuisance et/ou pollution
Définitions :
- Dans le langage courant, l'expression « lumière intrusive » désigne la lumière non désirée ou non sollicitée qui pénètre dans une pièce à partir de l’extérieur via les fenêtres ou d’autres parties (vitrées ou non.. En zone tropicale, nombre de logements n'ont pas de vitres) (type vélux, véranda, briques de verre, etc).
- Plus généralement, pour les éclairagistes, c’est le flux lumineux qui traverserait une fenêtre ou un mur imaginaire à la limite d’une propriété.
- La lumière intrusive est une nuisance quand le lieux éclairé est une pièce où l’on ne dort pas ou le jardin où l’on voudrait contempler ou étudier les étoiles et autres objets ou évènements célestes. Au Royaume-Uni, une loi de 2006 prend en compte ce problème au motif qu'il peut perturber la santé des victimes.
- C’est une des composantes de la pollution lumineuse dès que cette lumière peut perturber le sommeil et la santé d’occupants susceptibles de dormir dans un lieu (chambre, dortoir, camping, hôpital, hôtel, cellule de prison, etc.).
On peut étendre le concept aux animaux domestiques qui subissent cet éclairage (animaux de zoos ou d’élevage). Occulter les fenêtres ou ouvertures permet de se protéger de cette lumière, mais sans que l’organisme puisse alors s’accorder au rythme naturel des levers et couchers de soleil (rythme nycthéméral).
La notion de lumière intrusive traduit une préoccupation récente, liée à la généralisation de l’éclairage nocturne qui ne date que de quelques décennies. Elle n'est par exemple pas encore reprise par le dictionnaire du vocabulaire normalisé de l’environnement (AFNOR). La Commission internationale de l'éclairage a néanmoins émis une norme sur la lumière intrusive admissible à la limite de propriété. Cette norme n’est cependant pas très utilisée, car méconnue et demandant des calculs parfois complexes, notamment pour la détermination de l’origine des sources de lumière intrusive (éclairage commerce, enseignes lumineuses, rue, voisins, avec ou sans phénomènes de réflexion sur l’eau ou sur une paroi réfléchissante, etc.).
Ci-dessous, pour 3 types de zones environnementales, éclairement maximal (en lux) toléré par la norme, mesuré verticalement, à 1,5 m du sol, à la limite de la propriété (hors lumière provenant de l'éclairage routier).
[modifier] Bénéfices
L’application des moyens de prévention permettra d’améliorer considérablement la lumière qui occupe le ciel nocturne, mais il y aura aussi des conséquences bénéfiques. Puisque les lampadaires envoient environ de 30 à 50 pourcent de leur énergie vers le ciel, on estime qu’elle pourrait rapporter des économies substantielles. De plus, un système d’éclairage approprié apporterait confort et sécurité et éviterait les éblouissements dus aux lampadaires urbains mal conçus qui envoient la lumière directement dans les yeux. La prise de conscience de ces problèmes par la plupart des villes et des organismes permettra peut-être la sensibilisation de la population à ces effets néfastes et aussi l'amélioration l’Environnement.
[modifier] Conclusion
- L'expression "pollution lumineuse" est scientifiquement et juridiquement justifiée, même s'il existe aussi des nuisances lumineuses.
En effet, la pollution lumineuse n’assombrit pas seulement le ciel ; elle affecte indiscutablement aussi les animaux, les écosystèmes et les humains. Elle contribue au gaspillage d’énergie, au risque nucléaire et à la production de déchets radioactifs, ainsi, indirectement, qu'aux modifications climatiques globales via la production de gaz à effet de serre (avec le charbon, le pétrole ou le gaz consommés par les centrales électriques ou pour l’amont et l’aval de la filière nucléaire).
- Une situation qui empire (+ 5% par an en moyenne) : Depuis 50 ans environ, des enjeux commerciaux, électoraux et d'image alimentent une course à l'éclairage systématique et permanent, aux plans lumières, aux panneaux, signes et enseignes lumineux, publicitaires ou non, qui augmentent continuellement la luminance de l'environnement nocturne, urbain et routier notamment.
- Ceci contribue à déshabituer l'Homme du noir, et à généraliser et entretenir une peur du noir, et par conséquent une dépendance artificielle à la lumière, qui se transforme parfois en une phobie de la nuit. Ces aspects socio-psycho-pathologiques sont complexes et semblent freiner l'action des élus et techniciens chargés des questions d'éclairage, même quand ils en ont conscience. C'est pourquoi une approche pluridisciplinaire et écocitoyenne du problème semble nécessaire.
- L’environnement nocturne est un enjeu de développement soutenable ; il peut et doit être préservé, y compris pour des raisons éthiques et esthétiques, car la beauté du ciel étoilé accompagne l’Homme et ses ancêtres depuis bien avant la préhistoire et elle a probablement modelé son psychisme, comme en témoignent les mythes fondateurs de tous les peuples et toutes les religions. Un ciel nocturne pur et profond est un des indicateurs de qualité du développement humain, et une partie du patrimoine naturel que nous avons à léguer aux générations futures, comme le veulent les principes du développement soutenable ratifiés par tous les états de la planète suite au Sommet de la Terre de Rio, en juin 1992.
- Des solutions simples et disponibles existent (abat-jours, minuteries, leds, détecteurs etc.). Elles sont de plus rentables car rapidement remboursées par les économies d’énergie, et elles pourraient avoir des impacts positifs sur la santé. Leur mise en place semblent cependant nécessiter une prise de conscience du problème par la population et ses élus, ainsi qu’une législation intégrant les problèmes de santé et d'environnement, qui devra être respectées, c'est à dire des délais peu compatibles avec les besoins de restauration de l'environnement nocturne.
- Quelques signes rendent optimistes : Des colloques sur ce thème se font périodiquement depuis 15 ans, des études scientifiques commencent à produire des données incontestables, des modules de formations sont mis en place dans quelques pays (écoles d'ingénieurs, formation continue, stage ADEME, etc)... reste à généraliser cette prise de conscience naissante, et les mesures concrètes de restauration de l'environnement nocturne.
[modifier] Notes et références
<references />
[modifier] Bibliographie
Livre :
- J. Sutherland, William, Bird ecology and conservation: a handbook of techniques, Oxford University Press, 2004, 320 pages.
Articles de périodiques :
- Chartrand, Luc,, « La (re)conquête des étoiles », Actualité, vol. 13, 2004, page 55.
- Chiasson, Quy, « Mieux éclaire les villes pas seulement une question de sécurité », Revue municipale et des travaux publics, vol. 79, 2001, pages 6,7.
Article de journaux :
- Gilles Francoeur, Louis, « La pollution lumineuse menace l’Astrolab du Mont Mégantic », Le Devoir, 12 juillet 2005, 858 mots, p. AL
- Science-Presse, « En bref : la pollution lumineuse », Le Devoir, 8 mars 2003, p.B6.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Liens internes
- Association Nationale pour la Protection du Ciel Nocturne
- Halo lumineux
- Plan lumière
- Pont Øresundsbron reliant la suède au Danemark
- Photopériodisme
[modifier] Liens externes
- Association Nationale pour la Protection du Ciel Nocturne
- Cartes de France sur la pollution lumineuse
- L'Observatoire de Haute-Provence
- Gouvernement québécois
- International DarkSky Association
- Site de eclairagepublic.fr
- explications graphiques du phénomène de halo lumineux et de luminance artificielle du ciel nocturne
- Exemple de pollution lumineuse (Viaduc de Millau)
Derniers travaux universitaires de P. Cinzano
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