Poliorcétique
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Le terme poliorcétique vient du grec poliorketikos, qui désigne ce qui est relatif à la technique du siège des villes et places fortes, ou l'art et la technique du siège. On l'applique aussi à la défense des villes contre les sièges.
Sommaire |
[modifier] Techniques de siège
Sommairement, un siège consiste à cerner totalement (ou presque) une place forte afin d'empêcher toute entrée et toute sortie de cette dernière. On espère ainsi s'emparer du lieu par le temps plutôt que par la force, un assaut frontal contre un lieu retranché étant par définition coûteux en vies humaines.
Parmi les plus longs sièges de l'histoire figurent ceux de la ville grecque de Troie, raconté par Homère dans l'Iliade, et qui est censé avoir duré 10 ans ; celui de Numance, qui dura 11 ans (jusqu'en 130 avant J.-C.).
Les techniques couramment employées au cours de l'histoire sont :
- La Circonvallation visant à isoler la fortification de ses ravitaillement et à protéger l'armée assiégeante.
Cette méthode serait la moins dangereuse (pas d'assaut) car permettant de faire tomber un lieu fortifié par la famine, mais elle demande du temps. Or ce temps, ravagera aussi l'armée assiégeante par usure (maladie, désertions). De plus celle-ci reste vulnérable aux coups d'une armée de secours. C'est pourquoi une "contrevallation" doit elle être érigée afin de protéger les assiégeants. Cette technique romaine a été mises en œuvre à la bataille d'Alésia par Jules César. On pourra aussi faire appel à une seconde armée (mobile) protégeant la première immobilisée par le siège.
- Les Mines et sapes visant à percer un trou dans les défenses fortifiées afin d'autoriser un assaut du site. Cette technique a pour but de venir à bout d'une tour ou d'une muraille en sapant sa base. On construisait un tunnel ou une tranchée (protégée par une structure de bois et de peaux humides) qui arrivait sous l'ouvrage. On bourrait alors l'espace de paille, de bois, de cochons morts (les plus gras possibles), de poix ou d'huile, puis on y mettait le feu. La chaleur faisait éclater pierres et mortier, provoquant l'effondrement de la cible. Une fois la poudre noire importée en Europe, elle fut aussi utilisée à cette fin.
Dans ce but, le Bélier permet d'enfoncer une porte ou d'ébranler un mur, aboutissant au même résultat que la sape.
- Le Bombardement. Les engins de sièges sont souvent des engins permettant d'envoyer des projectiles sur ou par dessus les murailles, comme par exemple la catapulte. On pouvait envoyer de lourdes pierres, mais aussi des cadavres afin de propager des maladies, ou des bombes incendiaires. Le bombardement permet de réduire le moral adverse en atteignant ses facultés de résistance (abri, ravitaillement, conditions d'hygiène). Par la suite, grâce à leur développement technologiques (trébuchet, poudre), les engins de siège ont permis de détruire directement les ouvrages fortifiés en vue de permettre un assaut de la place.
- "Le parachutiste militaire". Un lieu fortifié vise à interdire son accès aux attaquants en érigeant une défense en profondeur où chaque ouvrage intérieur commande les ouvrages extérieurs. Donc placer des attaquants directement au coeur d'un système fortifié, leur livrera directement le contrôle de tout le lieu. Cette technique a été mise en œuvre en Belgique pendant la prise du fort d'Ében-Émael par les paras allemands en juin 1940.
[modifier] Techniques de poliorcétique par époque
[modifier] Époque hellénistique
- Démétrios Ier de Macédoine (336 av. J.-C.-283 av. J.-C.), surnommé le Poliorcète, en raison de son habileté à réussir un siège.
- Philon de Byzance (approximativement 280 av. J.-C.-220 av. J.-C.), le premier théoricien de la poliorcétique, et Héron d'Alexandrie.
- Enée le Tacticien, auteur d'une Poliorcétique (vers 360 av. J.-C.-356 av. J.-C.), véritable manuel sur le sujet
[modifier] Poliorcétique romaine
[modifier] Époque médiévale
[modifier] Généralités
- La poliorcétique médiévale reprend en grande partie les techniques antiques : les tours mobiles, le chat et le bélier étaient déjà utilisés par les Grecs.
- Cependant, au XIe siècle, les techniques de siège se renouvellent ; au XIVe siècle, les débuts de l'artillerie changent profondément la construction des forts et des murailles : à partir de 1370-1380 se répandent les canons à boulets de pierre.
- La guerre au Moyen Âge est plutôt une succession de sièges que des batailles rangées ; les villes sont des obstacles plus difficiles que les châteaux isolés : le siège de Saint-Jean d'Acre en Terre Sainte s'étend de juin 1189 à juillet 1191. La difficulté de la prise d'une ville réside dans la capacité d'une population nombreuse à résister. Pourtant, dans la guerre médiévale, le contrôle des villes est indispensable à la maîtrise du territoire.
[modifier] Évolution des techniques
- À l'époque des mottes (Xe et XIe siècles), il était facile de détruire les forteresses de bois.
- Différentes techniques de siège (1100-1400) étaient utilisées conjointement :
- Les assiégeants construisaient des lignes concentriques autour du château, constituées de palissades de bois de tours et de fossés. En 1203, le roi de France Philippe Auguste fait aménager deux lignes de circonvallation autour de Château-Gaillard.
- L'opération la plus délicate était le franchissement des fossés ; il fallait les combler sous le tir ennemi.
- Tour de siège et beffrois : connus des Babyloniens, ces édifices en bois étaient mobiles et utilisables seulement sur terrain plat, sec et solide. En 885, les Danois en auraient utilisé dans le siège de Paris, de même que les Croisés au XIe siècle, lors de leurs opérations militaires en Terre Sainte (siège de Jérusalem en 1099). La tour avait cinq fonctions principales :
- abriter les assaillants ;
- protéger l'action des sapeurs ;
- porter haut les armes lourdes ;
- donner aux arbalétriers un commandement efficace contre les défenseurs du château ;
- donner un accès au chemin de ronde ;
- Les tours étaient vulnérables aux projectiles enflammés. Elles étaient donc blindées par des plaques de fer ou un revêtement de cuir.
- Chat : engin d'approche sur roues pour saper les bases de la muraille. On les appelait aussi truie, taupe ou renard.
- Bélier : utilisé dans le monde grec antique, il devait ébranler les murailles. Composé d'une tête de métal et d'une poutre en bois. Il était actionné par balancement grâce à des chaînes et des cordes. Le choc était peu efficace sur un mur de pierre. Des brèches ouvertes pouvaient ensuite être enflammées.
- Escalade : technique très répandue au Moyen Âge, elle se faisait par des échelles. Les assaillants se protégeaient sous des pavois. L'escalade était efficace à la suite d'une trahison, d'une attaque-surprise et avec un rapport numérique favorable.
- Sape et mine : mine ou sape souterraine (rare) par creusement d'une galerie. Des poteaux de bois enduits de poix, de soufre, de bitume ou de graisse de cochon étaient introduits dans les brèches pour faire s'écrouler la courtine.
- Fascines : Fagot recouvert d'une matière très inflammable employé comme artifice incendiaire. Utilisées pour incendier les portes par exemple.
- Les machines de siège utilisées au Moyen Âge :
[modifier] Liste de sièges célèbres du Moyen Âge
- Article détaillé : Liste des sièges.
- Siège de Paris (800)
- Siège de Jérusalem (1099)
- Siège de Saint-Jean d'Acre de juin 1189 à juillet 1191
- Siège de Constantinople de novembre 1203 à avril 1204 (quatrième croisade)
- Siège de Toulouse par Simon IV de Montfort d'octobre 1217 à juin 1218
- Siège de Château-Gaillard (1203-1204)
- Siège de Montségur
- Siège de Constantinople (1453)
[modifier] Époque moderne
[modifier] Voir aussi
- Castellologie
- Liste des sièges
- Engin de siège
- Bataille d'Alger (Guerre d'Algérie)
- Guerre au Moyen Âge
- Artillerie médiévale
[modifier] Liens externes
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