Poème holorime
Un article de Wikivisual, l'encyclopédie libre.
Un poème holorime est un poème constitué de vers entièrement homophones ; c'est-à-dire que la rime est constituée par la totalité du vers, et non pas seulement par une ou plusieurs syllabes identiques à la fin des vers comme dans la rime « classique ».
Cette figure de style est ancienne, mais le premier sonnet entièrement holorime recensé est l'œuvre de Jean Goudezki (1866-1934). Daté de 1892 et dédié à Alphonse Allais, il s'intitule « Invitation » et a été écrit au célèbre cabaret du Chat noir à Paris.
Exemples :
- Par les Bois du Djinn, où s'entasse de l'effroi,
- Parle et bois du gin !... ou cent tasses de lait froid. (Alphonse Allais)
- Gall, amant de la Reine, alla, tour magnanime,
- Galamment de l'arène à la tour Magne, à Nîmes. (Marc Monnier<ref>Ce distique est souvent attribué à tort à Victor Hugo</ref>)
- Ô, fragiles Hébreux ! Allez, Rebecca, tombe !
- Offre à Gilles zèbre, œufs. À l'Érèbe hécatombe ! (Victor Hugo)
- Dans ces meubles laqués, rideaux et dais moroses,
- Danse, aime, bleu laquais, ris d'oser des mots roses. (Charles Cros)
- Danse, prélat ! L'abbé t'apprit l'air en plain-chant !
- Dans ce pré-là, la bête a pris l'air en pleins champs (Luc Étienne)
Comme beaucoup de ces formes basées sur des contraintes extrêmes, les poèmes holorimes tiennent en général plus à la prouesse qu'à la littérature. Louise de Vilmorin pourtant, dans son recueil L'Alphabet des aveux, parvint à la synthèse du jeu et de l'émotion :
- Étonnamment monotone et lasse
- Est ton âme en mon automne, hélas !
Sommaire |
[modifier] Notes
<references/>
[modifier] Voir aussi
[modifier] Liens internes
- Contrainte
- Contrainte artistique volontaire
- Littérature
- Littérature à contraintes
- Oulipo
- Poésie
- Rime

