Pic pétrolier
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Le pic pétrolier désigne le maximum prévisible (ou historique) de production pétrolière, aussi bien pour un gisement, une zone ou un pays, que pour le monde. Après ce maximum, les conditions d'exploitation font que, bien que les réserves soient abondantes, la production ne fera que décroître.
Le terme désigne également la crise prévisible découlant de l'épuisement des ressources pétrolières mondiales. On entend fréquemment le terme anglophone peak-oil, mais il s'agit en fait d'une application particulière de la loi plus générale dite du pic de Hubbert.
Les plus optimistes (les économistes, les gouvernements états-unien et des pays de l'OPEP, les compagnies pétrolières) évaluent publiquement qu'il surviendrait vers 2030 ou après, quand les experts de l'ASPO donnent la date de 2010, voire 2008 (bulletin officiel de l'ASPO, traduit en français).
La croissance économique rapide de la Chine et de l'Inde incite à avancer cette date. Certains des plus grands gisements pétroliers auraient déjà dépassé leur pic.
Les appels de plus en plus pressants de scientifiques à préparer nos infrastructures et notre mode de vie à l'après pic pétrolier sont pour l'instant peu entendus. Les solutions essentiellement pressenties sont le recours accru aux énergies renouvelables, aux économies d'énergie et au nucléaire, ce qui rejoint les préoccupations liées à l'effet de serre. Une autre piste explorée, l'usage des hydrates de méthane, présenterait des problèmes très importants en matière d'effet de serre.
Certains experts estiment qu'après le pic pétrolier, la production agricole baissera en raison de la pénurie d'engrais, dont la production est liée à la pétrochimie, ce qui provoquerait des famines de grande échelle. D'autres prédisent que la pénurie de carburant provoquera une diminution de la vitesse des moyens de transport et des distances parcourues selon le slogan : « moins vite, moins loin, moins souvent ! »
Sommaire |
[modifier] Définition d'un pic pétrolier
[modifier] Pour un gisement pétrolifère
La production de pétrole au cours du temps peut être représentée par une courbe. Cette courbe commence à zéro quand l'exploitation du gisement commence, et finit également à zéro lorsque le gisement est totalement épuisé. Entre ces deux moments, la production passe nécessairement par un maximum qui coïncide à peu près au moment où la moitié du pétrole a été extrait. Une fois le pic passé, la production ne peut que décroître. En outre, le pétrole restant est considérablement plus difficile à extraire et est donc plus cher.
Il faut également noter que la production de pétrole n'est pas uniquement une question d’argent mais aussi d’énergie. En effet, le pompage et les diverses opérations mécaniques effectuées consomment de l'énergie. Quand le gisement s’épuise, il faut en dépenser de plus en plus pour extraire des quantités toujours décroissantes de pétrole. À la fin, on peut atteindre un point où l’énergie nécessaire pour extraire un litre de pétrole dépasse celle contenue dans ce même litre. Le gisement n’est alors plus une source mais un puits d'énergie et son exploitation pour le pétrole-énergie n'est plus rentable. On peut cependant encore l'exploiter comme matière première (pour les plastiques par exemple). En d’autres termes, un gisement peut être considéré comme épuisé même s’il contient encore une quantité appréciable de brut.
[modifier] Pour les principales régions de production
Ce phénomène est général et se vérifie pour toutes les zones de production. Ainsi en 1956, le géologue King Hubbert avait prédit la diminution de la production états-unienne de brut à partir de 1970. Ce qui s’est produit. Le pic de production a déjà été dépassé dans de nombreux pays producteurs, tels que la Libye (1970), l’Iran (1976), l’URSS (1987), le Royaume-Uni (2000) et la Norvège (2000). Au total, une soixantaine de pays aurait déjà dépassé leur pic. Naturellement, si l’on considère la production mondiale de pétrole, il est évident que le même phénomène est à l’œuvre. La seule inconnue est la date à laquelle ce pic surviendra.
Pour savoir quand aura lieu le pic pétrolier d’une région, il suffit en théorie de connaître le montant des réserves à un moment donné et les quantités extraites depuis le début de son exploitation : lorsque les quantités déjà extraites sont égales à celles restant à extraire, le pic est atteint. Toutefois, il est souvent difficile de connaître la valeur précise des réserves, et le pic n’est généralement identifié comme tel que plusieurs années après qu’il se soit effectivement produit.
Selon Matthew Simmons, qui a exercé un rôle d’expert auprès de la Task Force présidée par Dick Cheney (et supposée définir la politique énergétique des États-Unis), l’Arabie saoudite aurait également passé son pic en 2004. Très récemment, le 12 novembre 2005, une nouvelle (publiée entre autres par AME Info et reprise par de nombreux médias dont Kuwaittimes.net) a stupéfié beaucoup d’experts : le champ de Burgan, situé au Koweït, 2e champ pétrolier de la planète par sa capacité a atteint son pic de production. Les experts pensaient extraire 2 Mbbl/jour pendant encore 30 à 40 ans, mais il plafonne désormais autour de 1,7 Mbbl/j malgré tous les efforts entrepris pour maintenir son débit initial. De plus, un autre très grand champ pétrolier, le complexe de Cantarell au Mexique a atteint son pic en 2006, selon les responsables de son exploitation. Pour ce qui concerne le plus grand champ pétrolier, le gisement de Ghawar, plusieurs spécialistes estiment qu’il est proche du pic, même si les officiels le contestent. Les quatre plus grands champs du monde en termes de production (Ghawar, Cantarell, Burgan et Daqing) seraient donc tous en déclin.
Si l'on peut donc encore douter de la validité du dépassement du pic pétrolier pour l'Arabie Saoudite, 1er producteur mondial, nous devrons attendre quelques années avant d'avoir une réponse claire. Quant au pic au niveau mondial, il reste encore dépendant de l'affinage des capacités d'évaluation ainsi que de la découverte de nouveaux gisements offshore, notamment dans le Golfe de Guinée.
[modifier] Calcul des réserves mondiales
Il existe différentes façons de calculer les réserves de pétrole mondiales.
[modifier] Différents types de réserves
L’estimation des réserves disponibles dans un gisement est faite lors de sa découverte : il s’agit au départ de paris de géologues et d’ingénieurs. Ces réserves sont les réserves initiales, celles sur lesquelles on se base pour calculer le prix de vente du gisement, l’investissement fait pour son exploitation, la valeur d’une entreprise. Ce premier type d'estimation est assez peu fiable, non en raison de l'avancement de la science, mais en raison des enjeux financiers : ainsi, en 1988, lors de la découverte du champ pétrolifère de Cusiana, en Colombie, la compagnie états-unienne Triton (aujourd'hui Amerada Hess) a estimé son potentiel à 3 milliards de barils, une quantité importante qui a fait remonter le cours de son action. Mais BP a fait une nouvelle estimation du gisement après avoir commencé d’extraire le brut à Cusiana : 1,5 milliards de barils. Des experts de l’ASPO pensent que ce gisement ne dépasse pas 800 millions de barils.
En partant des gisements découverts, on extrapole différentes valeurs sur les réserves restantes à découvrir :
- la première, appelée réserves prouvées ou F95, est la quantité de pétrole qui sera exploitée avec les moyens actuels avec une probabilité de 95 % ;
- la deuxième, appelée réserves probables ou F50, est la quantité de pétrole qui sera produite, mais avec une probabilité de 50 % ;
- la troisième, appelée réserves possibles F5, est la quantité de pétrole très hypothétiquement produite, si le prix de vente augmente de façon à absorber les coûts d'extraction qui seront très élevés, avec une probabilité de 5 %.
Ainsi, pour l'Algérie, on a F95 égal à 1,7 milliards de barils, F50 évalué à 6,9 milliards de barils et F5 estimé à 16,3 milliards de barils (données publiées par l'United States Geology Survey, dont la mission est d'informer le ministère de l'Intérieur états-unien). Ces probabilités de découverte servent à juger de l'assise financière d'un pays ; mais les gouvernements comme les banques utilisent en général une valeur médiane des trois, soit 7,7 milliards de barils, qui a moins d'une chance sur deux d'être finalement découverte.
Le sujet est extrêmement sensible pour les pays pétroliers : ainsi en 2002, la Douma russe a voté une loi d’après laquelle révéler les réserves de gaz et de pétrole russe est un crime passible de 7 ans de prison.
Pour justifier les différentes estimations, les rapports s’appuient sur le fait qu'il existe plusieurs types de pétrole :
- le pétrole conventionnel (95 % de ce qui a été exploité jusqu’ici) ;
- et le pétrole non-conventionnel :
- schistes bitumeux ;
- sables pétrolifères ;
- et le pétrole inexploitable avec la technologie actuelle.
Des experts estiment cependant que les quantités de pétrole non-conventionnel produites seront toujours secondaires, car l’exploitation, même possible, de ces gisements, restera toujours difficile, lente et coûteuse. Elle présente aussi le handicap fondamental d'avoir une production nette d'énergie limitée ; l’extraction et la transformation de ces pétroles non conventionnels consomment une part significative de leur énergie (30 % dans le cas des sables bitumeux de l’Alberta). Cela augmente significativement la pollution générée par unité d’énergie finale.
[modifier] Remise en cause des estimations officielles
Les pays producteurs de l’OPEP ont décidé en 1985 d’indexer leur production sur leurs réserves. Ce qui était sage à l'époque, provoqua des relèvements des estimations à la hausse, afin d’obtenir des droits de production supérieurs. Ce relèvement permet également d’obtenir des prêts plus élevés et de meilleurs taux. C’est cette dernière raison qui explique le relèvement des réserves estimées de l'Irak en 1983, alors en guerre contre l'Iran.
| Déclarations de réserves avec augmentations suspectes (en milliards de barils) d'après Colin Campbell, SunWorld, 80'-95 | |||||||
| Année | Abu Dhabi | Dubaï | Iran | Irak | Koweit | Arabie saoudite | Venezuela |
| 1980 | 28,00 | 1,40 | 58,00 | 31,00 | 65,40 | 163,35 | 17,87 |
| 1981 | 29,00 | 1,40 | 57,50 | 30,00 | 65,90 | 165,00 | 17,95 |
| 1982 | 30,60 | 1,27 | 57,00 | 29,70 | 64,48 | 164,60 | 20,30 |
| 1983 | 30,51 | 1,44 | 55,31 | 41,00 | 64,23 | 162,40 | 21,50 |
| 1984 | 30,40 | 1,44 | 51,00 | 43,00 | 63,90 | 166,00 | 24,85 |
| 1985 | 30,50 | 1,44 | 48,50 | 44,50 | 90,00 | 169,00 | 25,85 |
| 1986 | 31,00 | 1,40 | 47,88 | 44,11 | 89,77 | 168,80 | 25,59 |
| 1987 | 31,00 | 1,35 | 48,80 | 47,10 | 91,92 | 166,57 | 25,00 |
| 1988 | 92,21 | 4,00 | 92,85 | 100,00 | 91,92 | 166,98 | 56,30 |
| 1989 | 92,20 | 4,00 | 92,85 | 100,00 | 91,92 | 169,97 | 58,08 |
| 1990 | 92,20 | 4,00 | 93,00 | 100,00 | 95,00 | 258,00 | 59,00 |
| 1991 | 92,20 | 4,00 | 93,00 | 100,00 | 94,00 | 258,00 | 59,00 |
| 1992 | 92,20 | 4,00 | 93,00 | 100,00 | 94,00 | 258,00 | 62,70 |
| 2004 | 92,20 | 4,00 | 132,00 | 115,00 | 99,00 | 259,00 | 78,00 |
Le total des réserves déclarées est de 701 milliards de barils, dont 317,54 douteux.
Ce tableau suggère trois choses :
- tout d'abord, les pays producteurs affirment que les découvertes de nouveaux gisements, année après année, remplacent exactement ou presque exactement les quantités produites, puisque les réserves disponibles de ces pays ne varient quasiment pas d'une année sur l'autre. Par exemple, l'Arabie Saoudite extrait 3 milliards de barils par an, on devrait logiquement voir les réserves diminuer d'autant. De même, Abu Dhabi déclare exactement 92,2 milliards de barils depuis 1988, alors qu'en 16 ans, 14 milliards en ont été sortis de terre. Une explication avancée est que les pays du Golfe incluent le pétrole déjà produit dans les "réserves".
- en l’absence de grandes découvertes les justifiant, les réserves annoncées par ces pays sont au moins à 45 % fausses, sauf à supposer que les chiffres étaient délibérément sous-évalués jusqu'aux années 1980 ; cette hypothèse d’une sous-évaluation antérieure des réserves ne semble cependant pas avoir de justification.
- on remarque clairement la surenchère entre pays : le Koweït s'étant attribué 90 milliards de barils de réserves, Abu Dhabi et l'Iran ont répondu avec des chiffres très légèrement supérieurs, afin de se garantir un quota de production similaire. Saddam Hussein, soucieux de ne pas être dépassé par des pays qu’il ne portait pas dans son cœur, a répliqué avec un chiffre arrondi à 100.
D'autres exemples incitent à une extrême vigilance sur les chiffres officiels des réserves :
- en janvier 2006, la revue Petroleum Intelligence Weekly a déclaré que les réserves du Koweït étaient en fait égales à seulement 48 milliards de barils, dont seulement 24 "pleinement prouvés", s’appuyant sur des "fuites" de documents confidentiels koweïtiens. Il s'agit d'une division par deux du chiffre officiel, ce qui va encore plus loin que les allégations de l'ASPO. Il n'y pas eu de démenti formel des autorités koweïtiennes.
- la société Shell a annoncé le 9 janvier 2004 que 20 % de ses réserves devaient passer de prouvées à possibles (c'est-à-dire incertaines). Cette annonce a fait chuter le cours de l’action et valut à la société un procès, la valeur de la société ayant ainsi été frauduleusement surévaluée. Depuis, elle a de nouveau révisé ses réserves trois fois, les faisant diminuer à 10 133 millions de barils (contre 14 500 millions). Son président, Phil Watts, a dû démissionner.
- Comme on le remarque dans le tableau ci-dessous, les réserves revendiquées par le Koweït avant et après la guerre du Golfe sont les mêmes, 94 milliards de barils, bien que les immenses incendies des puits déclenchés par les forces iraquiennes avant de se retirer aient détruit environ 6 milliards de barils.
- En 1970, l’Algérie, probablement sous l'influence russe, a augmenté ses « réserves prouvées », qui jusque-là se situaient aux alentours de 7-8 milliards de barils, pour les porter à 30 milliards. Deux ans plus tard, ce chiffre passe à 45 milliards. Puis les volontés politiques changent et, après 1974, le pays retourne à des chiffres inférieurs à 10 milliards de barils (fait rapporté par Jean Laherrère).
- La Pemex (compagnie d’État du Mexique, qui a le monopole de l'extraction du pétrole dans le pays) a, en septembre 2002, revu ses réserves à la baisse de 53 %, passant de 26,8 à 12,6 milliards de barils. Peu après, elle les a relevés sensiblement, à 15,7.
- Bien sûr, il existe aussi des exemples où les réserves sont sous-estimées. En 1993, les réserves de la Guinée équatoriale se limitaient à quelques gisements insignifiants; l'Oil And Gas Journal les estimait à 12 millions de barils. Deux gisements géants et plusieurs de taille moindre ont été découverts par la suite, mais la valeur annoncée resta inchangée jusqu’en 2003. En 2002, le pays avait toujours 12 millions de barils de réserves d’après le journal, alors qu'il produisit 85 millions de barils dans l'année ! De même, les réserves de l’Angola sont restées à 5,421 milliards de barils (trois chiffres significatifs, ce qui donne l’impression d’une très grande précision) de 1994 à 2003, malgré la découverte de 38 nouveaux gisements de plus de 100 millions de barils chacun.
Notons enfin que la définition des réserves prouvées change selon les pays. Ainsi, aux États-Unis, la règle est de ne classer comme prouvées que les réserves qui sont en communication avec un puits en production. C'est donc une définition prudente, mais elle a pour effet que l'on peut accroître les réserves en forant un nouveau puits dans un gisement connu depuis des décennies. À l’inverse, l'Arabie Saoudite classe en réserves prouvées les gisements encore inexploités. Quant au Venezuela, il semble qu'il inclut dans ses réserves une partie des pétroles non conventionnels (bitumes) de l'Orinoco.
[modifier] L'ASPO
Article principal : ASPO
L'ASPO est l'Association pour l'étude du pic pétrolier et gazier (Association for the Study of Peak Oil and gas).
[modifier] Liste des pays qui ont déjà atteint le pic
La Pennsylvanie fut le premier territoire à atteindre son pic de production en 1891. Le premier pays serait la Pologne en 1909 selon certaines sources, mais le sujet est peu documenté. Les Etats-Unis furent en tout cas le premier producteur Majeur à franchir le pic en 1971, donnant raison à King Hubbert, malgré les dénégations de l'USGS. La liste des pays qui ont déjà franchi le pic suit. Biensûr, il est possible que certains d'entre eux voient leur production rebondir et franchir un deuxième pic plus tard, mais ce n'est vraiment probable que pour les petits producteurs ayant encore des régions significatives à explorer, cela n'a par exemple aucune chance d'arriver pour la Grande-Bretagne. Il peut aussi être intéressant de suivre les pics par groupes de pays. L'OCDE a atteint son pic en 1997, à 21.1 Mbbls/j, et perdu près de 10% de sa production depuis. L'ensemble des pays non-OPEP et non-ex-URSS (ce qui inclut l'OCDE) semble avoir atteint le pic en 2002.
| Pétrole classique (léger, lourd, profond, polaire) | Autres réserves d'hydrocarbures | Notes | ||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Pays | Pic des découvertes de pétrole | Pic de la production de pétrole | Mi-point de l'épuisement du pétrole | Pic du gaz naturel | Pic du charbon | Pic des sable bitumeux, shale | ||||
| Amérique du Nord | ||||||||||
| Canada | 1958 | 1973 | 1988 | 2002 | Importance du pétrole extra-lourd | |||||
| États-Unis | 1930 | 1971 | 2003 | 1974 | Cas d'école du peak oil, King Hubbert | |||||
| Mexique | 1977 | 2003 | 1999 | En phase de plateau, début de déclin à priori très rapide | ||||||
| Amérique du Sud | ||||||||||
| Argentine | 1960 | 1998 | 1994 | |||||||
| Colombie | 1992 | 1999 | 1999 | |||||||
| Venezuela 1 | 1941 | 1970 | 2003 | Importance du pétrole extra-lourd | ||||||
| Chili | 1960 | 1982 | 1979 | ~1980 | ||||||
| Équateur 2 | 1969 | 2004 | 2007 | |||||||
| Pérou | 1861 | 1983 | 1988 | |||||||
| Trinidad | 1969 | 1978 | 1983 | |||||||
| Europe | ||||||||||
| Albanie | 1928 | 1983 | 1986 | |||||||
| Autriche | 1947 | 1955 | 1970 | |||||||
| Croatie | 1950 | 1988 | 1987 | |||||||
| Danemark | 1971 | 2002 | 2004 | |||||||
| France | 1958 | 1988 | 1987 | 1978 | ||||||
| Allemagne | 1952 | 1966 | 1977 | 1979 | ||||||
| Hongrie | 1964 | 1987 | 1987 | |||||||
| Italie | 1981 | 1997 | 2005 | 1994 | ||||||
| Pays-Bas | 1980 | 1987 | 1991 | 1976 | Production de gaz réglementée | |||||
| Norvège | 1979 | 2003 | 2003 | |||||||
| Roumanie | 1857 | 1976 | 1970 | 1982 | Fut le premier pays producteur | |||||
| Ukraine | 1962 | 1970 | 1984 | avt 85 | ||||||
| Royaume-Uni | 1974 | 1999 | 1998 | 2000 | Offshore, déclin très rapide | |||||
| Afrique | ||||||||||
| Cameroun | 1977 | 1986 | 1994 | |||||||
| Rép. Congo | 1984 | 2001 | 2000 | 2e pic possible grâce à l'offshore lointain | ||||||
| Égypte | 1965 | 1995 | 2007 | |||||||
| Gabon 2 | 1985 | 1996 | 1997 | |||||||
| Libye 1 | 1961 | 1970 | 2011 | |||||||
| Tunisie | 1971 | 1981 | 1998 | |||||||
| Moyen Orient | ||||||||||
| Bahrein | 1932 | 1970 | 1977 | |||||||
| Oman | 1962 | 2001 | 2003 | |||||||
| Qatar 1 | 1940 | 2004 | 1998 | Immenses réserves de gaz | ||||||
| Syrie | 1966 | 1995 | 1998 | |||||||
| Yemen | 1978 | 1999 | 2003 | |||||||
| Eurasie et Asie centrale | ||||||||||
| Turquie | 1969 | 1991 | 1992 | |||||||
| Ouzbekistan | 1992 | 1998 | 2008 | |||||||
| Reste de l'Asie | ||||||||||
| Brunei | 1929 | 1978 | 1989 | 2003? | ||||||
| Chine | 1953 | 2003 | 2003 | |||||||
| Inde | 1974 | 2004 | 2003 | |||||||
| Indonésie 1 | 1955 | 1977 | 1992 | Pic secondaire en 1996 | ||||||
| Malaisie | 1973 | 2004 | 2002 | En phase de plateau | ||||||
| Pakistan | 1983 | 1992 | 2001 | |||||||
| Thaïlande | 1981 | 2005? | 2008 | |||||||
| Océanie | ||||||||||
| PNG | 1987 | 1993 | 2007 | |||||||
| Australie | 1967 | 2000 | 2000 | Déclin très rapide | ||||||
| Nlle-Zélande | 2001 | Pénurie de gaz, crise économique | ||||||||
Données issues de [1] et du rapport annuel du British Petroleum Energy.
1 membre de l'Opep. Ces pays ont connu un pic "artificiel" avec l'établissement du quota, mais la plupart ne pourront jamais rejoindre les chiffres de production de cette époque. Il en va de même pour quelques pays non-Opep comme Brunei et Trinidad, qui eux aussi ont volontairement restreint leur production dans les années 70.
2 anciens membres de l'Opep.
[modifier] Conséquences sur l'économie
Le pétrole connaît quatre débouchés principaux. Les deux premiers utilisent son potentiel énergétique, il s'agit des transports et de l’énergie domestique : chauffage en grande partie, et électricité. Il fournit au total 40 % de ressources énergétiques consommées annuellement sur la planète. Les deux autres utilisent une part significativement moins importante de la production pétrolière, mais l'un est essentiel dans nos sociétés, il s’agit de l'agriculture, et l’autre est devenu incontournable comme fournisseur de matières premières légères, il s’agit de la plasturgie.
Le prix des énergies devrait beaucoup augmenter, compte tenu de la demande croissante. La conversion des infrastructures énergétiques est un processus long, de plusieurs dizaines d'années, les solutions technologiques de remplacement existent, mais il est probable que le retard qui est pris dans la mise en place de ces alternatives génère un choc d’autant plus violent que la prise de conscience de l’impact économique sera tardive.
[modifier] Transports
Actuellement, 96 % des transports mondiaux utilisent des hydrocarbures comme énergie : que ce soit le transport maritime, le transport aérien, fluvial, routier, tous utilisent des moyens de propulsion (moteur à explosion, turboréacteur, turbopropulseur) brûlant du pétrole (ou parfois du gaz). Le seul secteur où le pétrole n’est pas prépondérant est le transport ferroviaire, en partie électrifié - mais une part non négligeable de cette électricité est produite avec des hydrocarbures.
On peut noter que les transports maritimes et fluviaux ne seront a priori que faiblement pénalisés par le pic pétrolier et la hausse des prix du carburant, car les volumes de marchandises sont tels que le prix du transport est largement dilué dans le prix total. Seules les marchandises de faible valeur seront pénalisées.
Il est probable que les transports terrestres et maritimes se tourneront partiellement vers les biocarburants et le gaz naturel, voire le charbon (trains et bateaux) ; le transport aérien reste par contre prisonnier du kérosène pour de nombreuses années encore, aucune solution alternative n'ayant dépassé le stade du laboratoire, à part le pétrole "Fischer-Tropsh" produit à partir de charbon, qui fournit le tiers de la consommation de l'Afrique du sud, mais dont la production émet beaucoup de CO2.
Voir aussi : Biocarburant - essence synthétique - Syncrude - Économie hydrogène
[modifier] Énergie domestique
Pour ce qui est du chauffage, pour remplacer le fioul et l’électricité d’origine pétrolière, diverses solutions existent :
- bois : Sous diverses formes (granulés, sciure ou copeaux, bûches). Cette ressource n'est renouvelable et neutre en CO2 que si son exploitation est modérée et bien organisée, la quantité de bois utilisée étant compensée par les arbres qui poussent. Si le bois vient de la déforestation, la ressource s'épuise et son utilisation dégage du CO2 dans l'atmosphère ; il y a donc peu de différences avec un combustible fossile. Rappelons toutefois que le manque de bois a été au XVIIe siècle la cause de la première crise de l'énergie en Europe, conduisant à l'exploitation de plus en plus poussée du charbon de terre. Aujourd'hui, ce sont des pays comme l'Indonésie qui sont dans la même situation, ayant détruit en quasi-totalité leurs forêts primaires. Cependant, le problème de son transport et de son stockage est important dans les centres urbains. En outre, la combustion du bois produit des polluants: SO2, NOx responsables des pluies acides, de l'émission de poussières inhalables voire, dans le cas de bois traités dont l'utilisation est interdite en France hors installation spécialisée équipée de filtres, de HAP, dioxine ou métaux lourds et des cendres. Ces dernières peuvent cependant servir d'amendements pour l'agriculture ou la sylviculture afin de limiter l'appauvrissement des sols.
- houille : La solution est limitée (en Europe, elle est peu exploitable, mais le reste du monde possède des ressources disponibles importantes) ; ses inconvénients sont les suies et les gaz à effet de serre principalement ; il s'y ajoute des coûts importants en vies humaines chez les mineurs (accidents et silicose), même avec les dispositifs de sécurité existants.
- gaz naturel : Il connaîtra un pic similaire à celui du pétrole, bien que plus tard ;
- biogaz : Peut être produit par fermentation de matière organique et notamment de déchets organiques (boues de stations d'épuration, déchets d'ordures ménagères, effluents d'élevage…). L'intérêt de cette source d'énergie contre l'effet de serre est énorme : Non seulement on économise des ressources fossiles, mais surtout on brûle du méthane qui sinon serait émis dans l'atmosphère, tout en émettant du CO2, dont l'impact sur le réchauffement climatique est bien moindre ;
- la combustion des déchets ménagers : Ceux-ci étant le plus souvent humides, leur combustion n'est possible qu'en les mélangeant à des carburants pétroliers. Par ailleurs, les émissions de polluants sont de mieux en mieux contrôlées grâce à des dispositifs de filtrage.
- géothermie : Très écologique cette solution nécessite généralement des sources chaudes ou des surfaces importantes, mais de nombreuses avancées technologiques ont permis de pallier ces problèmes.
- solaire thermique: Encore plus écologique, mais d'intensité variable. Le solaire themique se décompose en 2 branches:
- Le solaire passif, basé sur l'effet de serre des vitrages exposés du SSE au SSO, l'isolation et l'inertie du batiment (voir bioclimatisme, Énergie solaire passive. C'est un apport de "chauffage" exclusivement, au COP infini.
- Le solaire actif (COP de 25 environ), principalement utilisé pour le chauffage de l'eau chaude sanitaire (ECS). Lorsque le bâtiment est très bien isolé: l'appoint chauffage peut être envisagé avec une surface de capteur plus importante et un ballon d'hydroaccumulation ou un plancher solaire direct.
Dans tout les cas, un appoint est nécessaire pour couvrir les épisodes météo défavorables.
- électricité : C'est la seule énergie à la maison qui peut faire fonctionner les appareils électriques / électroniques. L'électicité produite dans le monde est à 66% à partir d'énergie fossile (en France, 78% de l'électricité produite est d'origine nucléaire).
Les économies d'énergie possibles sont à envisager très sérieusement, avec en premier lieu : l'isolation des bâtiments. Il est possible de réduire de 50 à 80 % les dépenses d'énergie domestique, par exemple avec des habitations ne nécessitant pas de chauffage, seule une ventilation mécanique à récupération de chaleur (double flux) étant nécessaire (cette méthode est basée principalement sur l'isolation et l'effet de serre des vitres).
Une approche de cette « bonne conception » architecturale est la démarche Haute qualité environnementale qui se développe principalement dans les chantiers publics à l'heure actuelle ou le concept de maison solaire passive qui se développe dans les pays germaniques.
[modifier] Agriculture
Bien que ce secteur ne semble que peu concerné par un renchérissement fort et durable du pétrole, il sera peut-être le plus durement touché. En effet, l'agriculture intensive repose sur l'utilisation d'intrants (engrais chimiques, pesticides) élaborés à partir de l'énergie pétrolière ou issus de l'industrie pétrochimique. Par ailleurs, l'agriculture consomme de grandes quantités de plastiques (serres, mulch, emballages, outils…) et de carburant pour les engins agricoles (et ce même dans des schémas dits non productivistes).
Par la combinaison de l'augmentation du prix des engrais et de celui des carburants, deux clefs de la révolution verte sont sérieusement remises en question. En effet, le pétrole peut théoriquement être remplacé par des biocarburants (carburants issus de l'agriculture) ou par des huiles végétales. Le bilan énergétique de ces carburants « verts » est cependant pour le moment trop faible. De plus, les techniques de synthèse en chimie organique pour l'élaboration par exemple de molécules pesticides devraient être revues en l'absence de pétrole.
La mutation du modèle agricole actuel vers un système « sans pétrole » sera laborieux. Les pertes de productivité qui pourraient en découler pourraient engendrer des situations de crise alimentaire dans le pire des cas ou, du moins, un questionnement sur la consommation alimentaire et ses modes. Il est peu probable que l'agriculture puisse se maintenir ou se développer dans le modèle productiviste, même sans pic pétrolier (problèmes écologiques, économiques, de santé publique et sociétaux avec par exemple la dégradation de la qualité des eaux et des sols).
Voir aussi : permaculture | agriculture biologique | productivisme | agriculture
[modifier] Plasturgie
Aujourd'hui, une grande part des matériaux d'emballage et de fabrication des produits industriels utilisent du plastique, c'est-à-dire du pétrole transformé. Un choc pétrolier propulsant le prix du baril à plus de 50 dollars de façon durable et irréversible pourrait remettre en cause cet usage du pétrole, qu'il sera difficile de remplacer. La plupart des aliments (vin, moutarde, pâtes, bonbons…) se vendaient en vrac avant les années 1950. Les fibres synthétiques et les emballages unitaires (flacons, pots, tubes…) sont apparus tardivement. De même, l'avènement du tout-jetable est un phénomène relativement récent.
Il est désormais possible de produire certaines matières plastiques en utilisant des végétaux ou des bactéries ; mais pas dans la gamme de diversité obtenue par la pétrochimie traditionnelle. Ces produits ne sont pas encore non plus finalisés pour une utilisation industrielle :
- les surfaces de production agricole ne peuvent pas être immédiatement concédées à ces cultures industrielles (si elles le sont, ce sera sans doute au détriment d'autres cultures, les jachères ne suffisant pas) ;
- la filière industrielle reste à créer.
Enfin, compte-tenu de l'impossibilité de consacrer une trop grande partie des terres agricoles à des productions non nutritives, la voie du recyclage des matériaux doit être privilégiée.
[modifier] Conséquences géopolitiques
Le pétrole étant une ressource importante pour les économies des différents pays du monde, sa raréfaction entraînera une crise économique pour les pays n'en disposant pas en quantité suffisante ou ne pouvant pas remplacer le pétrole par une autre source d'énergie.
[modifier] Historique des guerres du pétrole
Les offensives britanniques de la Première Guerre mondiale en Irak et en Palestine visaient à occuper des territoires pressentis comme riches en pétrole. La pacification française de la Syrie assurait à la France un approvisionnement régulier.
La Syrie fut défendue par les troupes vichyssoises contre les FFL, car l'Allemagne nazie avait absolument besoin de son pétrole. Celle-ci mena d'ailleurs une offensive en 1942 vers les gisements russes du Caucase à Bakou, et la constitution de l'Afrika Korps obéissait en partie à cette logique de conquête des ressources. Les alliés bombardèrent plusieurs fois des installations pétrolières en Bessarabie, cette région de Roumanie possédant les principaux gisements de pétrole des terres occupées par l'Axe. Les pénuries de carburant furent un élément important dans la défaite des troupes nazies, surtout à l'extrême fin de la guerre.
En 1941, le Japon considéra qu'il devait faire la guerre aux États-Unis malgré la disproportion des forces, puis mena une offensive vers l'Indonésie, car il avait besoin du pétrole qui s'y trouvait (et qu'il ne contrôla d'ailleurs jamais). Notons d'ailleurs que l'une des étapes importantes de l'escalade qui se termina par la guerre entre les deux puissances du Pacifique est le moment où les États-Unis interdirent l'exportation de pétrole vers le Japon.
Le "contre-choc pétrolier" de 1986 s'explique en partie par la volonté des États-Unis et de leurs alliés moyen-orientaux de mettre l'URSS en banqueroute. Les exportations de pétrole étant vitales pour la balance des paiements soviétique et pour la diplomatie du Kremlin (garantir aux pays satellites un approvisionnement en pétrole était l'un des moyens qu'avait l'URSS de les tenir en captivité politique), les Américains réussirent à convaincre les Saoudiens (qui étaient déjà leurs alliés dans la guerre en Afghanistan), les Emiratis et les Koweitis d'augmenter fortement leur production, afin de faire chuter les cours. Le prix du pétrole en fut divisé par deux.
Le coût fut élevé pour les pays à l'origine de cette offensive économique. Nombre de petits producteurs américains furent mis en faillite, tandis que l'afflux de pétrodevises pour les pays du Golfe se ralentit, causant une sévère réduction de leur "train de vie". Ces "effets secondaires" étaient parfaitement anticipés et acceptés par les gouvernements impliqués, et cette politique porta ses fruits. L'URSS pompa autant de pétrole qu'elle put, mais en 1988 son principal gisement, Samotlar, se mis à décliner sévèrement, entraînant la production du pays. La principale source de devises de l'URSS diminua, alors même que les finances du pays étaient terriblement sollicitées (le conflit afghan et les grands projets militaires s'ajoutant aux dépenses normales). Bien que négligé par nombre d'analyses, ce facteur fut l'un des plus importants dans l'effondrement de l'Union Soviétique.
La guerre entre l'Iran et l'Irak des années 1980 est en partie due à la volonté de l'Irak de contrôler des ressources frontalières. L'invasion du Koweït par l'Irak au début des années 1990 fut également à l'origine d'une guerre dans laquelle les États-Unis sont intervenus pour assurer la sécurité de leurs approvisionnements. Ce pays a depuis eu une politique de prépositionnement (cf. infra).
[modifier] Importateurs principaux
Actuellement, les trois principaux importateurs mondiaux de pétrole sont les États-Unis d'Amérique, la Chine (importateur net depuis 1996 et deuxième consommateur mondial depuis le deuxième trimestre 2003) et le Japon (deuxième consommateur jusqu'en 2003). La Chine notamment voit ses importations croître de 9 % par an, et consomme déjà 20 % de l'énergie des pays de l'OCDE.
Pour ces pays, il est vital de savoir à quel prix et en quelles quantités ils peuvent recevoir du pétrole. Il peut être également très intéressant de pouvoir distribuer certaines quantités à des alliés dans le besoin.
[modifier] Politique de prépositionnement : États-Unis d'Amérique, Chine
Deux des principaux consommateurs de pétrole au monde mènent une politique de prépositionnement dans les zones pétrolifères. Depuis quelques années, les États-Unis mènent des opérations militaires de manière à occuper une position favorable dans ces zones. Ces opérations remplacent la « diplomatie active » qu'ils menaient auparavant.
L'Asie centrale comme le Moyen-Orient sont les principales régions concernées : le Moyen-Orient car il possède les plus importantes réserves prouvées, l'Asie centrale car elle était considérée, il y a quelques années, comme la région la plus prometteuse. Ainsi, l'Afghanistan est occupé depuis 2001. Plusieurs pays d'Asie centrale et du Caucase accueillent des troupes US ou ont signé des accords de coopération. Mais les espoirs sont déçus, puisqu'en 2002, BP annonça que les gisements inexploités de la Caspienne ne recelaient pas 200 milliards de barils comme espéré, mais 39 milliards d'un pétrole de mauvaise qualité.
En 2003, les États-Unis ont envahi l'Irak, qui possède les troisièmes réserves du monde. De plus, il leur donne un droit de regard sur tous les pays environnants :
- le Caucase (pétrole de Bakou et oléoducs d'Asie centrale vers l'Europe) :
- sur l'Iran (pris en tenaille avec l'Afghanistan) ;
- et sur les autres émirats du Golfe persique, au premier chef desquels l'Arabie saoudite.
La Chine s'était opposé à l'ONU à cette guerre. Alors qu'elle exportait du pétrole, elle est devenue depuis 1992 importatrice nette, et sa consommation augmente de 15 % l'an depuis 2001. Elle est le deuxième consommateur mondial, et a donc des intérêts vitaux dans les régions productrices : elle a ainsi construit un oléoduc traversant son territoire jusqu'aux portes de l'Asie centrale, et investi de fortes sommes dans les nouveaux gisements d'Asie centrale, d'Iran et d'Afrique. Elle investit également en Amérique Latine et surtout au Venezuela.
En 2003 également, les îles de Sao Tomé et Principe ont signé un accord autorisant les États-Unis à implanter des bases militaires sur leur territoire. Ces îles offrent des implantations de choix dans le Golfe de Guinée, à proximité des gisements du Nigeria, de l'Angola et du Brésil, qui totalisent près de 85 milliards de barils de réserves, soit de quoi satisfaire 3 à 4 années de la demande mondiale. De plus, le golfe de Guinée est traversé par les pétroliers allant du golfe Persique aux États-Unis.
Ces politiques de prépositionnements durs (États-Unis) ou doux (Chine) n'empêchent pas la diplomatie active de continuer à s'exercer : ainsi, à l'automne 2003, les États-Unis ont soutenu une tentative de coup d'État contre le président vénézuélien Hugo Chavez, qui ne leur est guère favorable mais soutenu fermement par une majorité de sa population.
La Chine mène une campagne d'intimidation vis-à-vis de ses voisins en mer de Chine méridionale à propos de la souveraineté sur les îles Spratley ; ce conflit territorial dissimule des enjeux pétroliers, mais servent également à satisfaire la fierté nationale.
[modifier] Conclusion
Contrairement à leur promesse faite en mai 2004, les pays de l'OPEP ne sont pas parvenus à augmenter leur production, et l'ensemble des infrastructures pétrolières (de la production au raffinage) ont atteint un seuil maximal d'activité. Cela signifie qu'il est impossible de produire et de transformer plus de pétrole en 2005 qu'en 2004, d'autant plus que les investissements prévus en 2005 sont nettement inférieurs à ceux faits en 2004, essentiellement pour maintenir la production du brut. Cela semble confirmer que l'on a bien atteint un plafond de la production de pétrole et confirmerait l'imminence du pic pétrolier.
Le 11 octobre 2004, le baril de brut a de nouveau franchi un plus haut historique au New York Mercantile Exchange (NYMEX), en s'établissant à 53,42 $. Depuis le début de l'année, la hausse se chiffre à 64 %. Quant au baril de Brent, il a pour la première fois franchi la barre symbolique des 50 $ le même jour. Depuis la mi-janvier 2005, le baril de brut se situe au-dessus de 45 $. De même, depuis fin février 2005, celui ci n'est jamais retombé en dessous de 50$, avec des pointes à 57 $. En mars, lors d'une séance d'échange, une transaction a atteint les 100 $ le baril.
Le prix du baril atteint un chiffre record de 70,47 $ le baril le 30 août 2005. Voir graphique.
Le 11 février 2006, Kenneth Deffeyes, professeur à l'Université de Princeton et expert pétrolier ayant travaillé entre autres pour Shell, (en) annonce que pour lui le pic pétrolier a été atteint le 16 décembre 2005 avec 1.006 milliards de barils produits depuis le début de l'ère du pétrole.
| 2001 | 2002 | 2003 | 2004 | 2005 | 2006 |
|---|---|---|---|---|---|
| 77,7 | 77,7 (=) | 79,2 (+1,93 %) | 82,1 (+3,7 %) | 83,2 (+1,3 %) | 84,8 (+1,9 %)(estimation) |
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
- Pic de Hubbert
- Pic gazier
- Courbe de Hubbert
- American way of life
- Choc pétrolier
- Régions pétrolières
- Pétrole apocalypse d'Yves Cochet
- La Vie après le pétrole de Jean-Luc Wingert
[modifier] À lire pour aller plus loin
- Géopolitique : Énergies : quel futur ?. N° 93, janvier 2006. Revue de l’Institut international de géopolitique.
[modifier] Liens externes
- (fr) Site dédié à la fin de l'âge du pétrole
- (fr) Introduction au pic pétrolier
- (fr) Le pic pétrolier, bombe à retardement du XXe siècle
- (fr) Dossier sur l'impasse énergétique actuelle
- (fr) Peak Oil : sommes-nous prêts ?
- (fr) http://apres.petrole.online.fr
- (fr) Le croquemitaine de la pénurie pétrolière, par Corentin de Salle, directeur de l'Atlantis Institute.
- (en) http://www.hubbertpeak.com
- (en) The View from Hubbert's Peak by Kenneth S. Deffeyes
- (en) Point de vue critique sur le Pic Pétrolier
[modifier] Sources
[modifier] Notes
<references/>
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