Philippe Val
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Philippe Val (né le 14 septembre 1952 à Paris) est le directeur de la publication et de la rédaction du journal Charlie Hebdo. Il est également humoriste, écrivain, musicien, chanteur et chroniqueur radio.
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[modifier] Biographie
Chroniqueur à France Inter depuis 1992, d’abord chez Jean-Luc Hees, dans l’émission « Synergie », puis au côté de son successeur, Albert Algoud dans les émissions « La partie continue » et « Charivari », Philippe Val a refondé avec Cabu, après la brève aventure de « La grosse Bertha », le nouveau Charlie Hebdo, héritier du journal mythique de la « bande à Choron » des années soixante-dix, dont il est devenu le rédacteur en chef, puis, une semaine après la mort de Gébé, en avril 2004, le directeur de la rédaction et directeur de la publication. Il publie chaque semaine un éditorial dans lequel il n'hésite pas à pousser de violents « coups de gueule » ne plaisant pas à tout le monde et à se poser en pourfendeur de la bêtise.
Polémiste de talent, il est régulièrement invité dans Le premier pouvoir, émission de critique des médias sur France Culture, ainsi que sur I-Télé.
Philippe Val s'est également illustré dans le duo comique Font et Val avec Patrick Font, de 1970 à 1995. Également musicien (chant et piano) il se produit dans les années 2000 avec le bassiste Emmanuel Binet. Son dernier album paru s'appelle tout simplement Philippe Val (2000).
Il est encore écrivain et a publié un certain nombre de livres, qui reprennent ses chroniques et ses éditoriaux. Depuis septembre 2006 il participe tous les vendredis à l'émission hebdomadaire de José Artur et David Glaser "Inoxydable" sur France Inter.
[modifier] Prises de positions de Philippe Val
Philippe Val est réputé pour avoir la « dent dure » dans ses éditoriaux. Il dit dénoncer toute forme de censure, en particulier religieuse.
Après avoir dénoncé presque exclusivement l’extrême droite et l’intégrisme chrétien dans ses éditoriaux, Philippe Val dénonce aujourd’hui également les rapprochements entre une partie de la gauche et les mouvements islamistes, ce qui lui vaut des critiques virulentes de la part de l'extrême-gauche, l'accusant d'être devenu réactionnaire. Il co-organise et signe et publie dans Charlie-hebdo le manifeste des douze: un appel à la lutte contre l’islamisme, défini comme un totalitarisme religieux mettant en danger la démocratie.
Philippe Val a publié dans le n° 714 de Charlie Hebdo une pétition pour le droit au blasphème, signée entre autres par Bernard-Henri Lévy, Salman Rushdie et Taslima Nasreen. Dans le n° 715 du 1er mars 2006 de Charlie Hebdo, il a rapporté la rencontre organisée par l'association le "Manifeste pour les libertés", animée par des intellectuels libéraux de culture musulmane et en lutte contre l'islamisme, où des intellectuels et militants issus du monde musulman sont venus défendre le droit au blasphème et leur désaccord avec la notion d'islamophobie et l'usage qui en est fait (l'islamophobie remplacerait ainsi aujourd'hui la notion classique de racisme). Charlie Hebdo rapporte les propos de Ghaleb Bencheik, pour qui la notion d'islamophobie serait dangereuse parce qu'elle conditionnerait un aveuglement sur les pires abus de pouvoir effectivement commis au nom de l'islam. Bencheik pense que les gens de gauche « sont trop souvent bernés par le discours des islamistes qui utilise les passages du Coran sur les damnés de la terre ». Philippe Val partage ces critiques au sujet de la naïveté de l'extrême-gauche.
Philippe Val a eu l'occasion d'écrire qu'il existe un poujadisme de gauche <ref>Lire Charlie Hebdo du 22 juin 2005 (extraits).</ref> et que l'extrême gauche « n'est pas parvenue à exorciser » son démon que fut son positionnement « antidreyfusard » <ref>Soirée Théma sur Arte, le mardi 13 avril 2004, « De quoi j’me mêle : Tous manipulés ? ». Lire un compte-rendu sur le site de CQFD.</ref> et qu'elle n'est pas toujours très lucide quant à l'antisémitisme. Il a eu l'occasion de se faire l'écho des critiques relatives au MRAP sur ces questions (Charlie Hebdo n° 715).
Pour s'être plusieurs fois distingué du mouvement altermondialiste et antiraciste (en particulier lors de la Conférence de Durban en 2001, où il reproche à ce mouvement d'avoir défilé en qualifiant le sionisme de "racisme") et pour avoir été sévère avec plusieurs mouvements d'extrême-gauche, en particulier pour leur manière de critiquer les médias, les accusant de céder à la théorie du complot, il s'est très violemment fait critiquer par ces derniers. En effet, à propos d'Acrimed, par exemple, il eut l'occasion d'écrire<ref>Charlie Hebdo n°601 – 24.12.2003</ref>
«
Quand on s’explique tellement mal avec son public, comme le fait Acrimed, et que la conclusion qui en est tirée, c’est que les journalistes et le monde de la presse sont les tentacules du pouvoir central, ça relève de la théorie du complot. Et pour moi, jusqu’à une époque extrêmement récente, c’était fondamentalement un thème d’extrême droite. J’ai horreur de ce qui entretient la paranoïa des gens et de ce qui l’encourage. J’accepte toutes sortes de critiques, mais rendre les gens dépendants de leurs paranoïa, s’en servir, être suffisamment pervers pour l’alimenter, je trouve ça ignoble. Ils sont dangereux, mais heureusement ils sont minoritaires. » </blockquote>
Cette citation est extraite d'un article où il critique également l’Observatoire français des médias qu'il accuse de fonctionner selon les mêmes principes, le Réseau Voltaire qui, selon Philippe Val, représente « la quintessence de l'art de recourir à l'explication par le complot »<ref>Éditorial de Philippe Val titré "La presse a besoin de flics", Charlie Hebdo daté du 24 décembre 2003.</ref>.
Lors du référendum du 29 mai 2005 sur le Traité constitutionnel européen, il a signé des éditoriaux en faveur de la ratification tout en laissant les différents points de vue s'exprimer dans Charlie Hebdo, publiés dans un recueil intitulé Le Référendum des lâches. Il se prononce en faveur du fédéralisme européen. Selon lui l'enjeu du débat était : « accepte-t-on, oui ou non, d'abandonner la Nation comme entité politique souveraine en Europe ? ».
[modifier] Critiques à l'encontre de Philippe Val
Il est considéré par certains, en particulier l'association Acrimed et les publications associées PLPL et Le Plan B<ref>Voir le site d'Acrimed, qui tient un « dossier Philippe Val ».</ref>, comme un patron de presse dirigiste et autoritaire (« Charlie Hebdo, c'est moi ! »). Ses détracteurs relèvent notamment ses méthodes contestées au sein de la rédaction, mises au jour par de nombreux cas d'opposition ou de démission ces dernières années, ainsi que sa reconnaissance publique et médiatique grandissante (il est régulièrement invité à s'exprimer dans les médias).
Ses détracteurs critiquent également l'évolution de ses opinions politiques au fil des années, qu'ils jugent parfois en contradication avec les idéaux qu'il affichait par le passé : son soutien à l'intervention l'OTAN au Kosovo, sa position sur le traité constitutionnel européen, ainsi que son soutien à la politique de l'État d'Israël qui a été interprété comme une adhésion aux thèses et au parcours des néo-conservateurs américains.
Par ailleurs, il participa à la création d'ATTAC avant de tourner le dos à l'association.
L'association Acrimed juge également contradictoire le comportement de Philippe Val vis-à-vis de Thierry Ardisson : après avoir très fortement critiqué l'émission Tout le monde en parle dans les colonnes de Charlie Hebdo<ref>Charlie Hebdo, 10 avril 2002. « Tout écrivain, tout acteur, tout créateur, tout journaliste qui va sur le plateau de Tout le monde en parle est mort. Il vend trois cent mille, certes, mais pas pour ce qu’il écrit. Parce qu’il est devenu un clown. »</ref>, il va y vendre son livre Bons Baisers de Ben Laden. Philippe Val avait justifié sa décision de participer à cette émission par le fait que Thierry Ardisson s'était engagé à soutenir Charlie Hebdo dans le procès que lui avait intenté Thierry Meyssan, mis en cause dans le journal. Ardisson admettait qu'il avait été abusé par Meyssan et qu'il regrettait de l'avoir invité dans son émission.
Il choisit aussi d'aller débattre chez Marc-Olivier Fogiel lors de l'affaire des caricatures de Mahomet.
Lors des ennuis judiciaires de son ancien ami Patrick Font, condamné pour des atteintes sexuelles sur des mineurs de moins de quinze ans, Philippe Val prit quelques distances. Il consacra un éditorial sur ce sujet pour expliquer sa position. Il a également écrit une chanson à propos de cette affaire. Patrick Font a exprimé sa gratitude et sa compréhension par rapport à l'attitude de Philippe Val.
Il occulterait également le rôle du Professeur Choron comme fondateur de « Charlie Hebdo », dont le nom n'est jamais écrit dans les colonnes du journal. Le recueil « Les années Charlie », sorti fin 2004, ne fait aucune mention de son fondateur.
Ses détracteurs l'accusent parfois de censure, tel le dessinateur Lefred-Thouron lorsqu'il démissionne de Charlie-Hebdo après que Philippe Val eut refusé un dessin sur l'« affaire Font » impliquant Patrick Font dans une affaire de pédophilie (dessin finalement publié la semaine suivante dans Charlie Hebdo), ou bien encore Pierre Carles au sujet d'un article dans Charlie Hebdo<ref>Lettre de Pierre Carles adressée à Philippe Val.</ref>.
Cependant, les admirateurs de Philippe Val le créditent d'avoir fait de Charlie-Hebdo un journal adulte, rompant définitivement avec un style qualifié de «ringard soixante-huitard attardé» et en prise avec les véritables problème sociétaux actuels. Les critiques visant le Charlie-Hebdo de Philippe Val seraient, selon ces mêmes sources, le fait d'idéologues ayant vainement tenté de mettre la main sur l'un des titres les plus indépendants et les plus dynamiques de la presse française.
[modifier] Bibliographie
Philippe Val est l'auteur de plusieurs ouvrages :
- Allez-y, vous n'en reviendrez pas. - Le cherche midi
- Allez-y, vous n'en reviendrez pas, la suite. - Le cherche midi
- Bonjour l'ambiance. - Le cherche midi avec France Inter
- Bons Baisers de Ben Laden. - Le cherche midi avec France Inter
- Fin de siècle en solde. - Le cherche midi avec France Inter
- No problem ! - Le cherche midi avec France Inter
- Vingt ans de finesse. (Font & Val) - Le cherche midi avec France Inter
- Le réferendum des lâches. Les arguments tabous du oui et du non à l'Europe - Le cherche midi, 2005.
[modifier] Notes
<references/>
[modifier] Liens externes
- Sa biographie sur le site des éditions le « Cherche-midi »;
- Éditoriaux de Philippe Val critiquant Noam Chomsky;
- Article contradictoire sur les précédents éditoriaux de Philippe Val;
- Article critiquant les critiques de Philippe Val;
- « Philippe Val, vendeur de l’idéologie néo-conservatrice américaine » (par Pascal Boniface sur « Oumma.Com »);
- Tous les articles sur Philippe Val — sur le site Acrimed;
- L'obscurantisme beauf, Le tête-à-queue idéologique de Charlie hebdo — sur le site Périphéries
- Chronique (positive) du livre « Le Référendum des lâches »
- « L'opinion du chef », article d'un ancien de Charlie, Olivier Cyran, sur Philippe Val;en:Philippe Val

