Peuples gaulois
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Le terme de Gaulois désigne les populations celtiques qui résidaient en Gaule, (Gallia en latin), c'est-à-dire approximativement sur les territoires actuels de la France, le sud de la Belgique, et de l'Italie du Nord protohistoriques, probablement à partir du premier âge du fer (vers -800). Les Gaulois étaient divisés en de multiples tribus ou peuples, parfois fédérés, chacune présentant une culture originale. Les civilisations gauloises sont rattachées en archéologie à la civilisation celtique de La Tène (du nom d'un site découvert sur le lac de Neuchâtel, en Suisse). La civilisation de la Tène s'épanouit sur le continent au deuxième âge du fer et disparut en Irlande durant le haut Moyen Âge.
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[modifier] Le nom
Les Romains ont donné à ces Celtes le nom latin de Galli, pluriel de Gallus, habitants de la Gallia, « Gaule », termes associés à la Renaissance grâce à une homonymie au mot gallus, « coq », devenu l'animal emblématique de la France. Quant aux Grecs, ils nommaient les Gaulois Κελτοι (Celtes, dixit Jules César) ou encore Γαλάται, pluriel de Γαλάτης, Galátai / Galátês, que l'on peut rendre par Galates.
Enfin, le mot français Gaulois vient du francique *Walhisk, dérivé de *Walha (qui nous donne Gaule), mot désignant les Romans, habitants de la Romania, et qui en allemand moderne a donné Welsch, terme souvent péjoratif par lequel les Allemands désignent les populations de langue romane. Le lien avec les langues indo-européennes est aussi clair à travers Wala, en sanskrit, qui représente l'Homme. De meme Manushiam en Hindi signifie l'homme (masculin) qui donne le Manouche-homme gitan (Gipsy-venant d'Égypte ou plus certainement de la péninsule indienne).
[modifier] Limites chronologiques et géographiques
[modifier] Les origines
Les débuts de l'époque gauloise sont difficiles à dater et varient selon les régions et la chronologie considérées. Il est communément admis que la civilisation gauloise s'épanouit avec La Tène, c'est-à-dire au deuxième âge du fer, vers le Ve siècle av. J.-C.
[modifier] Témoignages archéologiques et historiques
Certains archéologues font toutefois remonter la civilisation gauloise au VIIIe siècle av. J.-C. ou VIIe siècle av. J.-C. (époque de la civilisation celtique de Hallstatt) : les sources archéologiques de cette époque, telles le tombeau de la princesse de Vix (Côte-d'Or)), daté du début du Ve siècle av. J.-C., offrent l'image d'une société marquée par la domination d'une caste aristocratique et guerrière faisant usage du char et de l'épée longue.
Dans les sources grecques, en particulier de l'époque macédonienne, de nombreuses mentions de Celtes appartenant sans doute à des peuples gaulois sont présentes : il est surtout fait référence à leur courage et à leur valeur guerrière. Cela correspond à la période de la plus grande expansion celtique (IVe siècle av. J.-C. et IIIe siècle av. J.-C.).
Dans les sources latines postérieures, les Gaulois des IIe siècle av. J.-C. et Ier siècle av. J.-C. sont clairement distingués des Cimbres, des Teutons (peuplades germano-celtiques), des Bretons et des Helvètes (peuplades celtiques de Grande-Bretagne et de Suisse).
[modifier] La fin de l'indépendance
Indépendante sans être pour autant unifiée, la Gaule fut incorporée militairement à la république romaine en deux étapes : la Gaule méridionale au-delà des Alpes (Gallia bracata en latin, c'est-à-dire Gaule en braies) fut conquise dès la fin du IIe siècle av. J.-C. et « romanisée », semble-t-il, en moins d'un siècle. Elle devint la première province romaine hors d'Italie : la Narbonnaise, et compta la première cité de droit romain hors d'Italie (Narbonne).
La Gaule septentrionale (nommée Gallia comata, c'est-à-dire Gaule chevelue, par Jules César) fut soumise entre -58 et -51 par les légions de ce dernier. Cette « Guerre des Gaules » culmina avec la défaite d'une coalition gauloise menée par l'Arverne Vercingétorix, à Alésia, en -52. L'historiographie romaine ne situe toutefois la fin de la pacification qu'en -51, à la suite d'une ultime victoire sur les restes des coalisés rassemblés sous les ordres du chef Lucterios. La présence de très nombreux lieux-dits « camps de César » en France ne doit pas tromper : la plupart d'entre eux sont des sites postérieurs, datant parfois du Moyen Âge. Cependant, il est probable que la pacification fut plus longue que ce que l'on a longtemps cru et dura au moins jusqu'à l'imperium d'Auguste.
[modifier] Les Gaulois de l'empire
Les termes « gaulois » et « Gaule », ainsi que l'essentiel des noms de tribus (par la suite des cités) de la Gaule protohistorique restèrent en usage pour désigner peuples et territoires (cités) au moins jusqu'au VIIe siècle, c'est-à-dire jusqu'à l'époque mérovingienne.
En archéologie et en histoire, on a longtemps désigné les Gaulois romanisés ou romains sous le nom de gallo-romains, quoique ce terme n'ait jamais été employé dans les sources.
[modifier] Héritage gaulois
L'héritage que les Gaulois transmirent au reste du monde antique concerne principalement les domaines de l'artisanat : ébénisterie, forge, etc. (le tonneau, notamment, serait une invention gauloise), des arts culinaires, des arts militaires (la cotte de mailles celtique fut sans doute le modèle utilisé par les Romains et son usage se répandit en Europe au haut Moyen Âge) et de la langue. Il a survécu à travers la culture romaine durant le haut Moyen Âge.
Dans un but de propagande nationale, l'idéologie de l'école de Jules Michelet, notamment au début du XXe siècle dans le contexte de l'opposition à l'Allemagne, a propagé une vision ethnocentriste du peuple français, privilégiant un élément gaulois indigène par rapport aux éléments romains, germaniques et romans postérieurs. En fait, au XIXe siècle, Napoléon III, auteur d'une biographie de Jules César, a beaucoup contribué à remettre les Gaulois au goût du jour par son implication dans les chantiers de fouilles qui visaient à exhumer les sites de la guerre des Gaules.
Le français, quant à lui, doit plus aux apports successifs du latin ; c'est une langue romane et le gaulois n'a laissé qu'un nombre réduit de termes (on parle d'un substrat gaulois qui a longtemps été sous-estimé mais est actuellement réévalué à la hausse de manière régulière1 sur une base latine). Les Gaulois utilisaient peut-être (mais les témoignages ne sont pas directs et peu sûrs) le système de numération vigésimal (en base 20) ; la présence résiduelle en français de celui-ci (80 se disant quatre-vingts et non octante comme en latin, etc.) est donc vraisemblablement due à cet héritage.
Trace notable, dans la Turquie actuelle, la Galatie est un lointain témoignage de la présence de Gaulois (Galates) qui servirent Alexandre le Grand comme mercenaires avant de s'établir dans cette région d'Asie mineure. Un quartier d'Istamboul leur aurait été réservé et aurait pris leur nom, celui de Galatasaray, « palais des Galates », où auraient résidé les mercenaires engagés par le pouvoir byzantin. C'est du moins l'une des origines possibles du toponyme. À en croire saint Jérôme, dans son commentaire de l’Épître aux Galates, ces derniers parlaient encore au IVe siècle la même langue que les Trévires. Il faut donc supposer qu’à cette époque le gaulois n’avait pas encore disparu d’Asie mineure, ni d'ailleurs de la région de Trèves.
1. de plusieurs centaines à plus d'un millier de termes : voir notamment :
- (fr) Pierre-Yves Lambert, La langue gauloise, Paris, 2002
- (fr) Xavier Delamarre, Dictionnaire de la langue gauloise, Paris, 2001
Les Gaulois célèbres :
- Vercingétorix, roi arverne de la coalition gauloise qui s'opposa à la conquête romaine et aux Éduens.
- Lucterius, (grec Lucterios) le dernier chef gaulois qui résista à Jules César sur le site d'Uxellodunum en territoire lge »)
[modifier] Clientélisme
Les Gaulois, comme nombre de civilisations antiques, tenaient entre eux des rapports fonctionnant sur le principe de la clientèle. Ce lien social très fort apparut à l'époque aristocratique (IIIe siècle av. J.-C. et IIe siècle av. J.-C.) et perdura jusqu'à la conquête, lorsque des notables locaux (les « Vergobrets » étaient l'équivalent de maires) s'étaient substitués aux nobles. Les clients servaient des patrons, sans doute originellement afin de rembourser d'anciennes dettes, de réparer certaines fautes, ou pour d'autres raisons à caractère social et ce lien se transmettait héréditairement. L'homme ou le peuple client était libre (le clientélisme antique est différent de l'esclavage) mais il devait rendre des services ou s'acquitter de tributs. Un patron pouvait avoir plusieurs clients. Il pouvait, enfin, défaire le lien qui pesait sur sa clientèle ou bien transmettre sa clientèle à un autre. Des gens, des familles entières, pouvaient ainsi être clientes d'une personne ou d'une famille puis d'une autre.
[modifier] Peuples gaulois
Les Gaulois étaient divisés en peuples, 44 à l'époque de la conquête romaine pour être exact. Ceux-ci, regroupés en autant de cités, ont formé la Gaule celtique, et furent inclus dans la Gaule romaine.
En voici la liste non-exhaustive pour l'instant - certaines cités ont plusieurs capitales, celles-ci ayant été réparties dans le temps, et non au même moment (cette liste correspond au découpage administratif établi à la mort d'Auguste en 14 de l'ère chrétienne):
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(participez a son élaboration ici) |
[modifier] Liste par grandes régions
[modifier] En Gaule chevelue
- Civitates Foederatæ, unies à Rome et exemptes d'impôts.
- Civitates Liberæ, récompensées de leur fidélité ancienne ou nouvelle mais que l'on espère gagner tout à fait par l'inappréciable avantage de l'immunité.
- les Segusiaves - Segusiavi, capitale Forum Segusiavorum (Feurs -Loire-),
- les Viducasses - Viducasses, capitale Aragenuae (Vieux),
- les Meldes - Meldi, capitale Iatinum (Meaux),
- Civitates Stipendiariæ, les autres.
- les Abrincates - Abrincatui, capitale Ingena (Avranches),
- les Agnutes
- les Ambilatres
- les Andecaves - Andecavi, capitale Juliomagus (Angers),
- les aulerques
- les Aulerques Éburovices -Aulerci Eburovicii, capitale Mediolanum Eburvicum (Vieil-Evreux),
- les Aulerques Cénomans - Aulerci Cenomani, capitale Suidinum (Le Mans),
- les Aulerques Diablintes - Aulerci Diablintes, capitale Noviodunum (Jublains),
- les Bajocasses, capitale Augustodurum (Bayeux).
- les Calètes - Caletii, capitale Juliobona Lillebonne et Caracotinum (Harfleur),
- les Coriosolites - Coriosilitae, capitale Arvii puis Fanum Martis (Corseul),
- les Lexoviens - Lexovii, capitale Noviomagus (Lisieux),
- les Namnètes - Namnetes, capitale Condenvincum (Nantes),
- les Osismes - Osismii, capitales Vorganium Coz Castell Ac'h et Vorgium (Carhaix),
- les Parisii - Parisii, capitale Lutece et/ou Lucotecia (Paris),
- les Pictons, Pictoni, capitale Limonum (Poitiers).
- les Redones - Redones, capitale Condate (Rennes),
- les Sénons - Senones, capitale Agendicum (Sens),
- les Turones - Turoni, capitale Caesarodunum (Tours),
- les Tricasses - Tricassii, capitale Augustobona (Troyes),
- les Unelles - Unelli, capitale Crouciaconum (Carentan),
- les Vénètes - Veneti, capitale Dariorigum (Vannes),
- les Véliocasses - Veliocassii, capitale Rothomagus (Rouen),
[modifier] En Gaule aquitaine
- Aquitaine première
- Aquitaine seconde
- les Agenais - Aginnenses, puis les Nitiobroges ou Nitiobriges - Nitiobrogii, capitale Aginnum (Agen),
- les Bituriges Vivisques (Bordelais)
- les Santones (Saintonge, Capitale : Saintes)
- les Pétrocores (Petrocorii vers Périgueux)
- les Pictons (Poitou),
- Novempopulanie
Se reporter à Novempopulanie pour la liste des peuples de l'Aquitaine antique.
[modifier] En Gaule belgique
- les Rèmes, - capitale Durocortorum (Reims), capitale de la Gaule Belgique (à l'époque romaine)
- les Atrebates, - capitale Nemetocenna (Arras)
- les Bituriges Cubes,
- les Éburons, - capitale Aduatuqua (Tongres)
- les Leuques, - capitale Nasium (Naix) et Tullum (Toul), peut-être les ancêtres des Lequeux
- les Morins, - capitale Tarvenna (Thérouanne)
- les Trévires, - capitale Augusta Treverorum (Trèves)
- les Viromandui - dont la capitale est inconnue mais qui ont donné son nom à Vermand dans l'Aisne (02). Leur nom semble bien signifier "hommes petits", peut-être parce qu'ils étaient peu puissants et clients d'autres tribus.
[modifier] Peuples de la Provincia Romana
- les Voconces, voisins des Allobroges (Capitale : Vasio / Vaison-la-Romaine)
- les Volques dit Arécomiques (Capitale : Colonia Augusta Nemausus / Nîmes)
- les Volques dit Tectosages (Capitale : Tolosa / Toulouse)
On peut remarquer que certains de ces noms de peuples — ou de leurs capitales — ont des dérivés à notre époque, soit comme noms de villes — provenant du nom de la capitale de cité ou du peuple lui-même — soit comme habitants de villes — bajocasse est le nom d'un habitant de Bayeux.
[modifier] Les différents statuts
Quelques explications sur le pourquoi des différences de statuts entre les cités, notamment le pourquoi des rares Civitaes Foederatæ:
- deux raisons très politiques à cela et différentes pour les deux cités éduenne et carnute :
- les Éduens : rappelons que ce sont les Éduens qui ont « prié » Rome d'intervenir en Gaule, en -47, à cause de certains déplacements de peuples gaulois qui risquaient de restreindre, croyaient-ils, leur territoire. N'attendant que cela, Rome a alors envoyé le sénateur et général Jules César, pour intervenir, et ainsi conquérir d'une façon officielle en Gaule. Les Eduens ont toujours eu des accointances avec Rome, cette dernière l'a donc remercié en lui offrant ce statut particulier.
- les Carnutes : là, on a affaire à une raison différente. La légende qui veut que les druides des différents peuples celtes de Gaule se réunissaient dans la forêt des Carnutes chaque année est vraie, bien que d'une façon différente de l'image donnée par René Goscinny dans sa B.D. Astérix, tome intitulé Astérix et les Goths. C'est la raison principale du statut donné à la cité des Carnutes. Voulant bien se faire voir par les druides, qui ont plus qu'une place importante dans la société gauloise, Rome a décidé de favoriser leur réunion annuelle, en donnant un place importante au lieu de cette réunion. Cette volonté de se faire valoir aux yeux des druides a disparu par la suite lorsque Rome a voulu faire disparaître ces derniers, pour avoir une politique purement basée sur l'influence des pouvoirs humains, chef de cités et autres, que sur les pouvoirs du divin des druides. De plus, l'influence que les cultes et mythes romains semblait avoir aux yeux des Romains sur les Gaulois, une importance plus grande pour favoriser une romanisation plus avancée.
- les différentes cités ayant le statut de liberæ sont dues au fait toujours et principalement que celles-ci, soit parce que clientes des Éduens, soit pour des raisons autres, ont aidé Rome très tôt lors de la guerre des Gaules. N'oublions pas que par la suite une section de l'armée romaine, une aile, fut constituée entièrement de cavaliers gaulois, très réputés.
[modifier] Autres peuples gaulois
- les Allobroges (Capitale : Vienna / Vienne)
- les Ambarres, cousins des Éduens
- les Bellovaques (capitale : Cæsaromagnus / Beauvais)
- les Cadurques Cadurci (Capitale : Cahors)
- les Cavares
- les Ceutrons
- Les Gabales (Capitale: Anderitum / Javols)
- les Médiomatriques, capitale : Dividunum/ Metz
- les Médulles
- les Ménapiens
- les Séquanes
[modifier] Voir aussi
- Articles connexes : Gaule - Celtes - Druide - Âge du fer - Civilisation de Hallstatt - La Tène - Liste des peuples gaulois en France - liste des peuples celtes de Belgique - liste des peuples celtes d'Espagne - liste des peuples celtes d'Italie - liste des peuples celtes de Suisse - liste des peuples celtes d'île de Bretagne - Mythologie celtique
- Astérix : bande dessinée de Goscinny et Uderzo qui raconte les aventures du héros éponyme. Astérix doit défendre son village contre les troupes romaines de Jules César. Il s'agit bien sûr d'une fiction, qui peut apprendre au lecteur informé quelques données importantes du monde antique. Il ne faut cependant pas perdre de vue que l'image proposée dans cette bande dessinée est caricaturale et ne représente que de loin ce qu'était le peuple gaulois. L'aspect chauvin des personnages, par exemple, n'a que peu à voir avec ce que les textes antiques nous rapportent.
- Alix : bande dessinée de Jacques Martin qui narre les aventures d'un jeune Gallo-romain, ami de César et auteur de nombreux voyages dans le monde antique. Les derniers tomes, en particulier, sont d'une exactitude historique remarquable, à l'exception des aventures elles-mêmes qui sont bien entendu imaginaires.
[modifier] Liens externes
- La religion gauloise par Jean-Louis Brunaux, Chargé de recherche au CNRS.
- Cartes des peuples gaulois vers l'an I
- Le calendrier gaulois
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