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Spondylarthrite ankylosante

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La spondylarthrite ankylosante, aussi connue sous le nom de morbus Bechterew, est une spondylarthropathie atteignant surtout le bassin et la colonne vertébrale.

Sommaire

[modifier] Signification du nom

Spondylarthrite vient du grec "spondylos" (spondyl) qui veut dire vertèbre et de "arthrite". Ankylosante vient de Ankylose, qui veut donner comme sens: se solidifie, consolide.

[modifier] Synonymes

  • Morbus Bechterew est un autre nom de la maladie. Il est surtout employé hors du monde francophone. Morbus signifie en latin maladie et Bechterew, du nom du neurologe russe Vladimir Bechterew, qui au début du XIXe siècle fit une analyse scientifique de la maladie.
  • Pelvispondylite rhumatismale
  • Spondylite ankylosante
  • SPA

[modifier] Causes

C'est une maladie relativement fréquente (entre 0,5 et 2 % de la population générale), avec une prédominance masculine nette (5 hommes pour une femme).

La spondylarthrite ankylosante est étroitement liée au gène HLA-B27, 90 % des malades étant porteurs de ce gène. Ce dernier n'étant présent que dans moins de 10 % de la population normale, cela témoigne d'une prédisposition héréditaire. Toutefois la cause en reste indeterminée et la plupart des personnes ayant ce groupe HLA ne sera jamais atteint par la maladie. Les avancées scientifiques de ces dernières années tendent à rapprocher la spondylarthite ankylosante des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin. En effet, dans cette maladie, l'intestin est le siège d'une inflammation chronique et souvent asymptomatique.

Certaines hypothèses font état d'un lien entre la spondylarthrite ankylosante et la bactérie intestinale Klebsiella pneumoniae, un mécanisme de mimétisme moléculaire serait à l'origine de la maladie. Des anticorps dirigés contre la bactérie seraient capables de s'attaquer aux cellules porteuses du gène HLA-B27.

[modifier] Effets de la maladie

La maladie apparaît entre 15 et 35 ans.

  • Sacro-iliite (ou sacro-iléite) se traduisant par une douleur du bas du dos, chronique, avec un caractère inflammatoire (relativement calmée par l'exercice et non par le repos, survenant souvent la nuit), parfois latéralisée et pouvant irradier à l'arrière de l'une ou des deux cuisses.

D'autres organes en dehors de l'appareil locomoteur peuvent être touchés plus ou moins fréquemment :

Une fatigue peut être présente.

La maladie ne diminue pas l'espérance de vie du patient.

[modifier] Symptômes et évolution de la maladie

Les spondylarthrites touchent préférentiellement les enthèses.

Les enthèses et les enthèsites sont la source de la majorité des douleurs et des enraidissements d’une partie des spondylarthrites.

Les symptômes sont très variés. En effet, la spondylarthrite atteint le dos, les fesses mais aussi les genoux, les talons, les orteils, les doigts. Elle provoque l’inflammation des enthèses engendrant de fortes douleurs.

Au niveau du bassin, l’articulation sacro-iliaque est fortement touchée car elle est composée de très nombreux ligaments.

Le genou composé de très nombreux ligaments et de très gros tendons peut être aussi le siège d’inflammation.

Au niveau du talon, l’inflammation commence dans l’os, puisque le tendon d’Achille s’insère en profondeur dans l’os, pour diffuser d’une part dans l’os mais aussi dans le tendon lui-même.

Au bout d’un certain temps (plusieurs années d’inflammation), les tendons, les ligaments, les capsules (ce qui est autour de l’articulation) vont s’ossifier. La forme du tendon d’Achille se modifie et celui-ci s’ossifie. C’est comme la cicatrisation de l’inflammation. Malheureusement, l’inflammation siège surtout en profondeur dans l’os et persiste.

Au niveau des sacro-iliaques, il y a une fusion entre les deux os (le bassin et le sacrum) et surtout entre les vertèbres. Ces fusions s’appellent des syndesmophytes . Dans ce cas là, on peut aboutir à une spondylarthrite ankylosante c’est à dire à une inflammation suffisamment sévère pour occasionner des enraidissements.

Dans les formes les plus évoluées, il peut y avoir une ossification complète avec soudure de tous les os concernés : les vertèbres lombaires forment un seul bloc. Cela arrive au niveau du dos mais aussi au niveau du cou.

Dans certaines zones de l’organisme tel que les sacro-iliaques, lorsque l’ankylose apparaît les douleurs disparaissent.

[modifier] Diagnostic

Le diagnostic de cette maladie repose sur un ensemble d'éléments dont :

[modifier] Examen clinique

L'ankylose du rachis peut être quantifié (test de Schober). Une douleur peut exister à la pression au niveau des articulations sacro-iliaques.

[modifier] Biologie

Un syndrome inflammatoire est souvent présent avec une élévation du taux sanguin de CRP et une vitesse de sédimentation accélérée.

[modifier] Imagerie

Le diagnostic repose sur la visualisation de l'atteinte de l'articulation sacro-iliaque (sacro-iliite).

  • Les radiographies du bassin permettent de visualiser un contour estompé de l'articulation sacro-iliaque, voire un élargissement de la jonction. A un stade plus avancé, elles mettent en évidence des érosions ou des ossifications aux endroits où s’insèrent les enthèses. Parfois, la colonne vertébrale paraît complètement ossifiée et fusionnée avec l'aspect de tronc de bambou dans les formes évoluées.
  • La scintigraphie permet de repérer les zones inflammatoires mais cet examen a beaucoup de limite car sensible, mais peu spécifique. Il est souvent peu informatif.
  • L’IRM permet aussi de repérer les zones inflammatoires de manière précoce.
  • Le scanner est utile pour montrer les conséquences à long terme en visualisant les ossifications débutantes.
  • L'échographie peut aider au diagnostic des atteintes des enthèses.

En France, entre le début de la maladie et son diagnostic, il s'écoule en moyenne 7 ans

[modifier] Autres examens

Une complication est systématiquement recherchée :

[modifier] Traitement

Le traitement de référence demeure les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), pris de façon discontinue ou continue selon la sévérité. Ils sont généralement très efficaces, au point que la sensibilité à ces traitements fait partie des critères diagnostiques de la maladie. En raison de leurs effets sur la synthèse des prostaglandines, les AINS provoquent chez 20 à 40 % des patients des lésions de la muqueuse de l'intestin grêle et/ou du côlon, ils peuvent provoquer aussi des lésions de la muqueuse gastro-duodénale.

Les antalgiques sont également utiles.

La lutte contre l'ankylose rachidienne est essentielle. Elle passe par une gymnastique régulière, si possible quotidienne, et des séances de kinésithérapie. L'activité physique et sportive est recommandée.

Si les anti-inflammatoires ne suffisent pas à contrôler la maladie, des traitements de fond peuvent être envisagés. La Salazopyrine ou le méthotrexate sont parfois utilisés, surtout dans les formes périphériques, mais les biothérapies - en particulier les anti-TNF - ont supplanté ces traitements et s'imposent comme le traitement de référence. Leurs effets secondaires et leur effet purement suspensif ne les font cependant prescrire que dans les formes les plus sévères, alors que les formes bénignes sont nombreuses.

Dans des cas bien ciblés, une chirurgie peut aider le patient : fixation vertébrale entraînant une immobilisation de la colonne vertébrale mais aussi un soulagement des douleurs.

D'autres thérapeutiques telles que la phytothérapie (Harpagophytum, cassis, prêle des champs, reine des prés, lithothame, l'écorce de saule blanc, les feuilles de frêne élevé, vergerette du Canada ...) ou la nutrithérapie (nutrition Seignalet) ont été proposées, mais elles n'ont pas été validées scientifiquement avec suffisamment de poids.

[modifier] En France

Actuellement (décembre 2006), la spondylarthrite sévère figure dans la liste des 30 maladies dites affections de longue durée qui ouvrent droit à la prise en charge à 100 % (exonération du ticket modérateur) par la sécurité sociale des soins liés à cette pathologie.

[modifier] Malades célèbres

[modifier] Webographie

[modifier] Référence

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Image:Star of life3.svg Spondylarthrite ankylosante
CIM-10: M45

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