Paul de Samosate
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Paul de Samosate, évêque de Samosate est condamné par le concile d'Antioche de 269 comme hérétique, il fut suspendu de ces fonctions d'évêque d'Antioche en 270.
[modifier] L'hérésie Paulinienne
L'hérésie de Paul de samosate fait l’objet d’un développement dans l’Histoire ecclésiastique d’Eusèbe de Césarée (VII, XXX). Paul de Samosate s’était mis en marge de l’Eglise en niant la divinité du Christ, et en faisant un homme par l’intermédiaire de qui Dieu avait parlé. Il avait à Antioche des partisans, les Pauliniens (à ne pas pas confondre avec la secte des Pauliciens), qui formèrent une secte qui allait perdurer jusqu’à l’époque Constantinienne. Eusèbe rapporte qu’il fut l’objet de deux conciles (264, et 268 ou 269), dont le second décida de son excommunication (Histoire ecclésiastique, XXIX, XXX, 1-18). Eusèbe se fait l’écho de l’opinion générale des évêques orthodoxes, en citant le texte d’une lettre adressée par eux à Denys, évêque de Rome, où les mœurs dissolues de Paul sont fustigées : cupidité, il aurait eu un mode de vie fastueux et se serait approprié les biens de l’Eglise d’Antioche, orgueil, il aurait demandé des applaudissements et des chants à sa gloire au cours des cérémonies( XXX, 9, 10), luxure, il aurait entretenu des concubines pour des orgies (XXX, 12)… Il faut toutefois se garder de reprendre toutes ces considérations pour vraies, car elles semblent surtout destinées à diaboliser ce personnage qui s’était écarté de la doctrine chrétienne orthodoxe, tandis qu’Eusèbe ne s’étend guère sur le contenu de son «hétérodoxie » (XXIX, 1). Toujours est il que le synode s’est unanimement prononcé sur son éviction et son remplacement par Domnus (XXX, 17, 18). Décision ignorée par l’évêque hérétique, qui, exerçant la charge financière importante de Ducenarius (XXX, 8), pour le compte des princes de Palmyre, n’avait que faire des condamnations de la toute jeune, et peu influente, Eglise. Il décida donc de ne pas céder la maison épiscopale (XXX, 19).
[modifier] Le jugement d'Aurélien et l'expulsion de Paul
Antioche débarrassé de la présence palmyrénienne, suite à la première campagne d'Orient d'Aurélien (été 272), les chrétiens ont pu faire appliquer leurs revendications. Voici ce que dit Eusèbe de la décision d’Aurélien : « l’empereur Aurélien à qui l’on s’adressa prit une décision très favorable sur la conduite à tenir : il ordonna que la maison fut attribuée à ceux avec qui correspondaient les évêques de la doctrine chrétienne en Italie et dans la ville de Rome. C’est ainsi que l’homme susmentionné est chassé de l’Eglise avec la dernière honte par le pouvoir séculier ». Cette décision d’Aurélien a été l’objet de maintes interprétations, plus ou moins satisfaisantes. l’Empereur a exercé ici son pouvoir légal de justice, à la demande d’un certain nombre de citoyens présents à Antioche. En effet, Zosime précise (Histoire Nouvelle, LII, 2), qu’Aurélien avait « réglé les problèmes en suspens dans cette ville » avant de faire route vers Emèse. Domnus et ses amis étaient des citoyens comme les autres, qui avaient en tant que tel le droit de faire appel à l’Empereur pour une décision de justice, sa présence dans la ville étant une occasion inespérée. Quant à la reconnaissance de l’autorité du synode orthodoxe pour la nomination des évêques, elle était tout à fait explicable dans le cadre de l’édit de tolérance de Gallien, qui reconnaissait aux chrétiens le droit d’exercer leur culte. Aurélien s’est contenté de reconnaître en ce domaine la validité de la décision de la majorité, plus que de la hiérarchie, encore embryonnaire à cette époque, des membres du culte chrétien.

