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Paul de Tarse

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(Redirigé depuis Paul (apôtre))

Paul de Tarse (à l'origine Saul) ou saint Paul est considéré comme l'une des figures centrales du christianisme primitif, par le rôle qu'il a joué dans son développement, et par son interprétation de l'enseignement de Jésus. Selon le Nouveau Testament (livre des Actes des Apôtres et les lettres de Paul), Paul se revendique comme l'un des principaux disciples (comme un apôtre) de Jésus-Christ qui, quelques années après sa mort et sa résurrection, lui serait apparu et l'aurait converti. Il eut un rôle de première importance dans le développement et la diffusion du christianisme primitif, au point que certains théologiens, estimant que Paul donne un enseignement différent de celui de Jésus de Nazareth, le considèrent comme le véritable fondateur du christianisme.

L'apôtre Paul, peinture de Rembrandt (1635)

Sommaire

[modifier] Ébauche de la vie de Paul

Il y a très peu de certitudes sur les événements de la vie de Paul, et il est possible, par exemple, de mettre en doute la date et le lieu de sa naissance. Quoique la critique radicale hollandaise, au début du siècle, ait commencé par mettre en doute l'authenticité de l'ensemble du corpus paulinien, la vie de Paul est esquissée et/ou suggérée par :

Mis à part la question des miracles qui sont du domaine de la foi, les faits relatés dans les Actes des Apôtres ne s'accordent pas sur tous les points avec les épîtres. Il est légitime de penser que Luc, s'il est bien « l'auteur à Théophile », aurait édulcoré les tensions existant dans les communautés ou églises, d'autant plus facilement qu'il ne connaîtrait pas le contenu des lettres de Paul. Sous la forme d'une histoire, il véhicule une théologie.

Les Épîtres donnent quelques renseignements :

« 

Car moi aussi je suis Israélite, de la postérité d'Abraham, de la tribu de Benjamin. — (Rom. 11:1) » </blockquote>

« 

Moi, circoncis le huitième jour, de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu né d'Hébreux ; quant à la loi, pharisien ; quant au zèle, persécuteur de l'Église ; irréprochable, à l'égard de la justice de la loi. — (Phil. 3:5) » </blockquote>

Selon Luc, Paul est né d'une famille juive à Tarse en Cilicie (située dans l'actuelle Turquie) :

« 

Je suis juif, reprit Paul, de Tarse en Cilicie, citoyen d'une ville qui n'est pas sans importance. — (Ac. 21, 39) » </blockquote>

Mais, selon Jérôme :

« 

Les parents de Paul étaient originaires de Gyscal, province de Judée, et lorsque toute la province fut dévastée par les armées romaines et les Juifs dispersés dans tout l'univers, il furent transportés à Tarse, ville de Cilicie. Paul, tout jeune encore, suivit ses parents. —  » </blockquote>

Il serait né autour de l'an 10. Il avait un frère, si on interprète ce qui suit au sens littéral :

« 

Saluez Rufus, l'élu du Seigneur, et sa mère, qui est aussi la mienne. — (Rom. 16:13) » </blockquote>

Il aurait été, vers douze ou treize ans, envoyé par ses parents à Jérusalem, pour suivre la carrière de scribe et aurait été instruit par Gamaliel (cet aspect sur l'éducation de Paul est contesté, spécifiquement parce que les textes le montrent aussi se revendiquant « citoyen romain », situation incompatible avec celle de pharisien sauf à entraîner un heremréf. nécessaire) :

« 

Je suis juif, né à Tarse en Cilicie ; mais j'ai été élevé dans cette ville-ci, et instruit aux pieds de Gamaliel dans la connaissance exacte de la loi de nos pères, étant plein de zèle pour Dieu, comme vous l'êtes tous aujourd'hui. — (Act. 22, 3) » </blockquote>

Il fit preuve d'un zèle profond pour sa religion (le judaïsme, de la secte des pharisiens) et rejoignit les rangs des persécuteurs des premiers disciples du Christ. Il participa à cette période à la lapidation d'Étienne.

Il aurait obtenu des lettres de recommandation pour rechercher et persécuter les chrétiens à Damas. Selon les Actes des Apôtres, au cours du voyage pour s'y rendre, il rencontra Jésus ressuscité (vers 33). Il sortit de cette rencontre momentanément aveugle. Trois jours plus tard, il fut guéri par un disciple vivant à Damas : Ananie. Il se convertit au christianisme et se fit baptiser. Il se présente alors lui-même comme un apôtre du Christ, et comme le bénéficiaire de la dernière apparition de Jésus : il est l'avorton, en grec l'ektrôma (1 Co. 15, 8). A la suite de cette vision, il part vers le sud (Ga 1,17), ce que certains interprètent comme un séjour de 3 ans chez les Arabes nabatéens, mais cette précision n'a pas d'appui archéologique et pas même scripturaire.

Il aida, mais sans en être l'initiateur, l'« ouverture vers les gentils » de l'Église naissante. À cette époque, l'enseignement s'adressait principalement aux Juifs que l'on cherchait à convertir. Aux yeux des premiers chrétiens, qui se sentaient encore juifs, les incirconcis étaient des personnes peu fréquentables, voire impures, et le message du Christ semblait ne pas leur être destiné. Paul, à la suite de Barnabé, alla prêcher chez ces gens. Selon Luc, il réussit à convaincre le conseil de Jérusalem que l'on pouvait être baptisé sans avoir été au préalable circoncis. Ce point est toutefois controversé, et des tensions sont perceptibles dans les Actes des apôtres : il ne semble pas en effet que cette idée fut admise par tous. Il poursuivit donc l'action de quelques devanciers, et le christianisme put s'étendre au monde non juif (Romains, Grecs). Paul, grand voyageur, a fondé et soutenu des Églises dans tout l'Est du bassin méditerranéen. Quand il ne leur rendait pas visite personnellement, il communiquait avec eux par lettres (épîtres).

Son engagement auprès des gentils et ses convictions religieuses lui attirèrent l'inimitié de certains juifs. Il fut arrêté à Jérusalem et manqua d'être lynché. Arrêté par les Romains, il argua de sa citoyenneté romaine pour être jugé non par le Sanhédrin mais par le gouverneur. Celui-ci l'emprisonna durant deux ans à Césarée. Puis, sur la demande de Paul, il fut conduit à Rome pour comparaître devant l'empereur. Une tempête le détourna sur Malte où il resta quelques mois puis il s'installa à Rome, d'abord en liberté surveillée puis complètement libre. Il y mourut décapité (en tant que citoyen romain), probablement en 67, à la suite de l'incendie de Rome (64), et après un procès probable sous le règne de Néron :

« On raconte que, sous son règne, Paul eut la tête coupée à Rome même […] » (Eusèbe, Histoire ecclésiastique, II, XXV, 5)

[modifier] Problématiques diverses autour de la biographie de Paul

Plusieurs aspects de la vie de Paul demeurent mystérieux.

  • Sa double appartenance juive et romaine, dont il se vante à plusieurs reprises peut laisser sceptique ; même Jérôme, le traducteur de la Vulgate s'interroge sur ce point.
  • Sa conversion radicale pose la question de sa formation théologique : comment passe-t-on d'un judaïsme « orthodoxe » à un christianisme « novateur » ? Ou encore, le judaïsme de Paul était-il orthodoxe et le christianisme était-il novateur ? Existait-il une orthodoxie juive au temps de Paul ou bien cette conception d'une orthodoxie est-elle une vision anachronique ?
Image:Searchtool.svg Voir l’article Christologie de Paul.
  • Ses contacts avec les autorités romaines sont troublants : pourquoi un petit missionnaire, comme il se décrit parfois, aurait-il droit à une escorte de 70 cavaliers et 200 gardes pour son transfert de Jérusalem à Césarée. On évoque aussi de nombreux entretiens entre Paul et Felix, entre Paul et Festus et même une entrevue entre Paul et le roi Agrippa. Il semblerait donc que Paul ait une importance politique plus grande qu'il ne semble l'admettre, que ce soit par modestie ou non.
  • Sa fin de vie reste obscure. Les Actes des Apôtres se terminent à l'arrivée de Paul à Rome. On semble garder des traces de lui jusqu'en 64. Ensuite deux thèses sont émises :
    • Paul serait mort en 64 lors de la persécution des chrétiens
    • Paul, relâché, aurait continué ses activités missionnaires en Espagne, en Grèce, en Macédoine, en Épire, en Asie mineure et en Crète. De nouveau arrêté, il aurait été ramené à Rome et décapité.

[modifier] Conversion de Paul

Elle présente deux aspects

  • l'un théologique
  • l'autre historique

[modifier] Aspect théologique

« … Lorsqu'il était en chemin, et qu'il approchait déjà de Damas, il fut tout d'un coup environné et frappé d'une lumière du ciel. Et tombant par terre, il entendit une voix qui lui disait : Saul, Paul, pourquoi me persécutez-vous ? Il répondit : Qui êtes-vous Seigneur ? Et le Seigneur lui dit : Je suis Jésus, que vous persécutez ; il vous est dur de regimber contre l'aiguillon. Alors, tout tremblant et tout effrayé il dit: Seigneur, que voulez-vous que je fasse ?… » (Actes des Apôtres. Chapitre IX. D'après la Vulgate, traduit par Lemaistre de Sacy , édition de 1844. voir le texte dans Wikisource)

Paul avait un physique peu avantageux (« Or moi-même, Paul, […] moi qui, présent, quant à l'apparence suis chétif au milieu de vous, » 2 Corinthiens 10:1). Tite l'avait décrit comme un homme de petite taille, le front dépouillé, les jambes courbées… (référence ?) À cela s'ajoutait une infirmité : un mal aigu et cuisant, dit-il dans ses épîtres (2 Corinthiens 12,7, qui est comparable à une épine ou à une écharde plantée dans la chair. On a émis beaucoup de conjectures à ce sujet.

[modifier] Aspect historique

[modifier] Premières approches

Les historiens qui ne sont pas tenus à croire au miracle, pensent que Paul devait déjà se poser des questions sur son attitude dans sa lutte contre les premiers disciples de Jésus (celui que les apôtres présentaient comme le Messie tant attendu par Israël), et qu'il aurait donc pu inventer cet épisode. Quelques historiens depuis la fin du XIXe siècle pensent qu'harassé par un long voyage, il fut victime d'une crise d'épilepsie accompagnée d'hallucinations complexes, en arrivant dans la plaine brûlante en vue de Damas.

[modifier] Approches contemporaines

La lecture des épîtres de Paul élabore traditionnellement en doctrines du Christ les déclarations sur Jésus qu'elles contiennent à la lumière de l'épisode du « Chemin de Damas » raconté dans les Actes des Apôtres. Le lien entre les unes et les autres, celui-là même qui autorise l'interprétation des Épîtres par les Actes se situe dans la personne de l'auteur supposé des Actes : « Luc », le médecin grec, supposé compagnon de Paul. La recherche et la critique récente attirent notre attention sur deux aspects : si les pères grecs font de Luc un compagnon de Paul, la lecture attentive des épîtres ne révèle aucun Luc dans l'entourage de Paul. Réciproquement, la lecture attentive des Actes montre une parfaite méconnaissance de la théologie développée dans les épîtres ; quoique s'attachant au récit des faits et gestes de Pierre et de Paul, le récit ne présente aucun épisode montrant Paul en train de faire du courrier non plus qu'en train de le dicter. Marguerat nous invite à conclure que l'auteur principal des Actes ne connaissait pas Paul directement.

Ce premier aspect n'a aucun fondement sérieux :

  1. Une simple lecture des épîtres montre que Luc est un compagnon et collaborateur de Paul (voir Colossiens 4:14, 2 Timothée 4:11, Philémon 24).
  2. Si les Actes ne montrent pas Paul en train d'écrire les épîtres, les épîtres montrent Paul en train de voyager selon ce qui est décrit dans les Actes (voir 2 Corinthiens 1, 1 Thessaloniciens 3).
  3. Dans les discours et les actes de Paul retranscrits par Luc dans le livre des Actes, on trouve les éléments essentiels de la doctrine paulinienne:
    • Jésus Fils de Dieu (Actes 9:24);
    • le rejet pour un temps des Juifs comme peuple de la promesse (Actes 22:18) et la grâce apportée aux nations (Actes 22:21);
    • l'Église achetée par le sang (Actes 20:28), l'Église corps de Christ (persécuter l'Église, c'était persécuter le Christ: Actes 9:5), l'établissement des anciens dans l'Église (Actes 20:28), le déclin de l'Église (Actes 20);
    • la responsabilité des païens par rapport à la révélation de Dieu (Actes 17), la repentance (Actes 20:21) et le salut sur le principe de la foi (Actes 16:31), la justification par la foi et non par la loi (Actes 13:39), la réception de l'Esprit Saint (Actes 19:2);
    • les souffrances du chrétien (Actes 14:22);
    • la conscience (Actes 24:16);
    • le jugement final (Actes 17:31).

 En revanche, un consensus s'établit sur le fait que l'auteur principal des Actes et l'auteur de l'évangile mis sous l'invocation de Luc présentent les mêmes caractéristiques stylistiques et que les Actes sont, possiblement, la deuxième partie de l'évangile selon Luc, artificiellement éditée en 2 tomes ultérieurement. Il en résulte que rien ne prédispose à lire les épîtres à la lumière de la 2e partie de l'œuvre de « l'auteur à Théophile ». Ces éléments amènent quelques auteurs d'enracinement très divers comme Peter J. Tomson<ref>professeur de Nouveau Testament à la faculté de théologie protestante de Bruxelles, auteur de Relation des auteurs du Nouveau Testament</ref> et Daniel Boyarin<ref>professeur de Talmud à Berkeley, Californie, auteur de divers ouvrages dont Mourir pour Dieu, traduit de l'anglais en 2000 chez Bayard ; cf. aussi son Paul, a radical Jew</ref> à repenser la conversion de Paul à nouveaux frais, chacun dans leur coin. Examinant les origines du christianisme, dont chacun sait qu'il ne surgit pas au lendemain de la Pentecôte, on le voit se différencier depuis les autres sectes messianiques par l'accentuation de son aspect eschatologique. De même, le judaïsme rabbinique que nous connaissons aujourd'hui n'a pas grand chose à voir avec les diverses sectes (dont les messianiques) formant au premier siècle de l'ère commune, du judaïsme du second temple jusqu'à la domination pharisienne après 90. Boyarin insiste donc sur le fait que le christianisme ne découle pas du judaïsme mais que de la fin du Ier siècle jusqu'au IVe siècle de l'ère commune l'un et l'autre sont en recherche polémique de différenciation et que celle-ci n'est réalisée qu'au IVe siècle. Au bout de l'un et l'autre phénomène se développent deux mythes des origines et Boyarin recommande qu'on ne souscrive pas les yeux fermés à l'affirmation des rabbins que le judaïsme rabbinique est le judaïsme de toujours alors qu'au premier siècle, le judaïsme du second temple se caractérise par une diversité de sectes qu'il a perdue. De même, il serait imprudent de considérer que Paul se convertit au christianisme : tout au plus change-t-il de secte (aieresis) quittant le courant pharisien pour l'un des courants messianiques. Le récit du Chemin de Damas est celui d'une vision de rabbin, motif traditionnel dans les récits du Ier siècle quand il s'agit de parler de son inspiration qui peut asseoir son autorité. (on notera toutefois que c'est lui qui a fondé les églises en milieu païen dont Antioche où pour la première fois on nomma les disciples de Christ "chrétiens" : voir Actes 11:26)

<references/>

[modifier] Voyages de Paul

Après sa conversion, Paul séjourne quelque temps à Damas, puis en Arabie, puis à Jérusalem, Tarse, avant d'être invité par Barnabé à Antioche. C'est de cette ville qu'il partira pour ces voyages missionnaires. On peut raisonnablement dater ses voyages dans un intervalle de quelques années autour de l'année 50.

[modifier] Premier voyage de Paul

Carte du premier voyage

C'est un voyage aller-retour qu'il effectue en compagnie de Barnabé et de Jean Marc (cousin de Barnabé). Ce premier acte des missions de Paul nous le montre dans le vif et la rudesse de sa nature, jetant l'anathème à l'ennemi de sa foi, aveuglant, abattant ce qui lui résiste. réf. nécessaire À Paphos, il eut de sa vocation une impression si vive, que sur l'heure, lui qui avait suivi Barnabé et Marc dans les synagogues de Chypre réf. nécessaire, pris en main le commandement et tourna les regards de ses compagnons vers la côte voisine de Pamphylie; c'était là, qu'ils devaient trouver non plus seulement les fils d'Israël, mais les paiens prêts à recevoir la parole évangélique. L'auteur des Actes insinue, qu'à partir de ce jour, Saul, quittant son nom hébreu, s'appela et devint Paul.(le verset Actes 13:9 ne précise pas que c'est à partir de ce jour)

Il visite ainsi Chypre, La Pamphylie (Pergé) et prêche autour d'Antioche de Pisidie. Paul et Barnabé cherchent à convertir des Juifs, prêchent dans les synagogues, sont souvent mal reçus et obligés de partir précipitamment. (à cause de leur annonce du salut et de la résurrection en Jésus : voir Actes 13:15-41 mais pas forcément mal reçus : voir Actes 13:42-44 et 13:48-49. C'est les chefs Juifs qui les chassèrent : voir Actes 13:45 et 13:50)

Sur le chemin du retour, ils ne repassent pas par Chypre et se rendent directement de Pergé à Antioche.

[modifier] Deuxième voyage de Paul

Carte du deuxième voyage

Paul effectue ce deuxième voyage en compagnie de Sylas.

Son premier objectif est de rencontrer à nouveau les communautés qui se sont créées en Cilicie et Pisidie.

À Lystre, il rencontre Timothée qui continue le voyage avec eux. Ils parcourent la Phrygie, la Galatie, la Mysie. À Troie, ils s'embarquent pour la Macédoine. Paul séjourne quelque temps à Athènes puis à Corinthe.

Il retourne ensuite à Antioche en passant par Éphèse et Césarée.

[modifier] Troisième voyage de Paul

Carte du troisième voyage
S'agit-il du troisième voyage ou de la suite du second ? En effet, Paul ne séjourne que peu de temps à Antioche.

C'est un voyage de consolidation : Paul retourne voir les communautés qui se sont créées en Galatie, Phrygie, à Éphèse, en Macédoine jusqu'à Corinthe. Puis il retourne à Troie en passant par la Macédoine. De là, il embarque et finit son trajet par bateau jusqu'à Tyr, Césarée, Jérusalem où il est arrêté.

Certains comptent dans ses voyages, le voyage à Rome qui n'est pourtant pas exactement un voyage missionnaire. (et pourtant lire son évangélisation en Actes 28:30-31)

[modifier] Lettres attribuées à Paul

[modifier] Liste des textes canoniques

Dans la Bible, les épîtres sont rangées par ordre d'importance quantitative et non par ordre chronologique. Les épîtres dont le titre est en italique sont celles dont on discute du lien avec Paul, certaines pourraient être considérées comme pseudépigraphiques; celles adjointes d'une astérisque * sont sans doute dans leur forme finale le travail d'un disciple de Paul.

[modifier] Les Épîtres

Les épîtres nous présentent une peinture assez fidèle des difficultés des nouveaux croyants. Le fait que toutes les épîtres attribuées à Paul ne soient pas de lui réunit une majorité de savants, toutes confessions confondues. Le courants exégétiques de la critique radicale estima longtemps que rien des lettres de Paul n'était authentique. De nos jours, on est plus modéré. On distingue classiquement :

  • les épîtres proto-pauliniennes qui sont probablement de Paul,
  • les épîtres deutéro-pauliniennes qui sont probablement des compagnons de Paul,
  • les épîtres trito-pauliniennes qui sont probablement des successeurs de Paul.

Si l'on ouvre "Épîtres et lettres Ier, IIe siècles" de Régis Burnet, (2003) au Cerf, "les Épîtres pastorales sont des pseudépigraphes" convenait Raymond E. Brown pss ; en cela il rejoint 90% des exégètes. En 2000, la question de l'authenticité des épîtres se présente comme suit :

  • L'Épître aux Colossiens est considérée comme pseudépigraphique par 60% des exégètes. La raison essentielle tient au fait que la ville de Colosse n'existait plus lorsqu'elle fut rédigée ;
  • L'épître aux Ephésiens est considérée comme pseudépigraphique par 80% des exégètes. C'est une resucée de l'épître aux Colossiens ;
  • La 2e aux Thessaloniciens, c'est 50/50 ;
  • Depuis 1976 (Albert Vanhoye), il est admis que l'épître aux Hébreux n'est pas une épître, mais un traité ; elle n'est pas adressée aux hébreux, n'est pas de Paul.

En revanche, évolue la réflexion sur les raisons de la pseudépigraphie, jusqu'ici dominée par la recherche d'excuses aux rédacteurs quant aux raisons pour lesquelles ils se parent des plumes du paon pour habiller leurs écrits.

Les théories de l'excuse d'un canon qui porte la tromperie comme marque d'infamie se répartissent en 3 groupes :

  • la notion d'œuvre donc la propriété intellectuelle n'existait pas dans l'Antiquité… c'est faux (se reporter aux Sophistes, à Platon se proposant de brûler l'œuvre de Démocrite ;
  • la notion d'autorité n'existait pas : c'étaient des écoles d'auteurs… en ce qui concerne les proto-pauliniens, il n'y a aucune trace d'école, c'est bien une autorité qui s'exprime.
  • les rédacteurs n'avaient pas conscience d'être auteurs mais seulement d'être inspirés, possédés par la divinité… Si l'on suit ce raisonnement, Paul qui écrit en son nom a moins de légitimité que ceux qui le contrefont… Ce raisonnement n'est pas très solide vu le sort qu'on fait à Paul dans la plupart des églises chrétiennes.

[modifier] Enseignement

L'examen a posteriori considère que, s'adressant principalement aux gentils, Paul donne au message du Christ un caractère universel. Il affirmerait la valeur de tous les êtres humains, sans discrimination. Il serait ainsi l'un des précurseurs de la notion moderne d'individu, de ses droits et de ses devoirs universels.

Il présente la résurrection de Jésus comme une promesse pour tous les hommes. Selon l'interprétation dominante à partir d'un verset de Galates (2,16), Jésus serait venu sur terre abolir l'Ancienne Loi ; le salut des hommes ne dépend plus des œuvres mais de la foi en Jésus. Chez Paul apparaîssent les concepts de rédemption, de justification, de conscience, de liberté, que l'on ne trouve pas dans les Évangiles, écrits postérieurement, probablement pour contester Paul, selon Daniel Marguerat et alii. Une réflexion sérieuse a été enclenchée sur ce point, produisant des œuvres comme celle de Jean-Noël Aletti<ref>Jean-Noël Aletti: Jésus-Christ fait-il l'unité du Nouveau Testament ? (coll. Jésus et Jésus-Christ n° 61 ; Éditions Desclée) ISBN 2718906448</ref>, où apparaît la cohésion profonde des diverses tendances dans le Nouveau Testament.

Cette doctrine de la Rédemption exposée par Paul est à la base du message chrétien. Cependant, elle n'a pas toujours été admise sans résistance et fut un argument dans la scission entre catholiques et protestants. Une raison de cette division est que Paul, selon les Réformateurs qui se fondent sur ses écrits pour récuser les indulgences, a considérablement théologisé le message du Christ.

En effet, les différences entre le Fils de Dieu de Paul et le Jésus des Évangiles sont parfois jugées considérables et témoignent de la tension entre les diverses communautés à l'origine du Nouveau Testament :

« Le Jésus auquel Paul s'est converti n'est pas le prédicateur du Règne de Dieu. » Alfred Loisy


[modifier] Christologie de Paul

Longtemps on considéra Paul comme le premier chrétien converti du judaïsme à la suite d'une apparition racontée dans les Actes. C'était la seule lecture possible. Depuis une quarantaine d'années, par exemple avec le travail de Anthony Harvey en 1982, les historiens se sont attachés à mieux connaître le milieu culturel, politique et économique du judaïsme du 2nd Temple.

Quelques pionniers comme James D.G. Dunn en 1980, Maurice Casey en 1991, plantent le décor de l'histoire culturelle et spirituelle dans laquelle se développe la christologie ; la conférence de Marinus de Jonge en 1998 rassemble le faisceau de questions posées par le témoignage des textes sur les communautés qui donnèrent lieu à ce corpus aujourd'hui nommé le Nouveau Testament et les diverses christologies qu'il recèle.

À la suite de ces travaux, l'exégèse contemporaine commença à revoir sa copie et examine la christologie de Paul à nouveaux frais. Paul expose-t-il une christologie ontologique ?

[modifier] Paul est-il le fondateur du christianisme ?

De ce fait, certains historiens, parmi lesquels des protestants libéraux, des auteurs juifs et des opposants au christianisme, soutiennent que Paul est le fondateur véritable du christianisme.

Cette thèse prend divers aspects selon les auteurs :

  • Paul a théologisé l'enseignement de Jésus ;
  • il a créé une religion en transformant ce qui serait d'abord un mouvement révolutionnaire ;
  • il n'évoque que le Jésus crucifié et ressuscité ;
  • il occupe une grande place dans le Nouveau Testament ;
  • il introduit des concepts tels que rédemption, justification, conscience, liberté, qui ne se trouvent pas dans les Évangiles ;
  • il universalise très nettement la prédication de Jésus.

Si ce dernier point est généralement reconnu (parce que, par exemple, Jésus n'est guère sorti de Galilée que pour aller dans les territoires limitrophes : chez les samaritains, dans le territoire actuel du Liban ou de Jordanie) alors que Paul fut un missionnaire très actif qui ouvrit, envers et contre tous, le christianisme naissant au païens ; en revanche la thèse d'une modification substantielle de l'enseignement de Jésus peut être tenue pour excessive.

L'idée même de fondateur a été critiquée : le christianisme serait plus exactement le fruit d'un développement collectif.


[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens internes

[modifier] Articles généraux

Wikisource propose un ou plusieurs textes de ou sur Paul de Tarse dans le domaine public

[modifier] Lien externe

[modifier] Bibliographie

Wikimedia Commons propose des documents multimédia sur Paul of Tarsus.
  • Collectif, Les Premiers temps de l'Église : de saint Paul à saint Augustin, Gallimard, coll. « Folio histoire », 2004 (ISBN 2070302040) ;
  • Collectif, Aux origines du christianisme, deuxième partie, « La propagation de la foi en Christ », 2. Paul, pp. 307–415, Gallimard, coll. « Folio histoire », 2000 (ISBN 2070411141) ;
  • Alain Badiou, Saint Paul : La Fondation de l'universalisme, Presses universitaires de France, coll. « Essais du Collège international de philosophie », 1998 (ISBN 2130488471) ;
  • Marie-Françoise Baslez, Saint Paul, Fayard, Paris, 1991 ;
  • Abbé C. Fouard, Saint Paul, ses missions, Librairie Victor Lecoffre, Paris, 1895 ;
  • F. Prat (s.j.) Saint Paul, Librairie Victor Lecoffre, Paris, 1922 ;
  • Daniel-Rops, Saint Paul, éd. France-Empire, Paris, 1959 ;
  • Claude Tresmontant, Schaoul qui s'appelle aussi Paulus. La théorie de la métamorphose, O.E.I.L., coll. « Bible », 1988 (ISBN 2868391141) ;
  • Etienne Trocmé, Saint Paul, PUF, Paris, 2003.
  • Michel Onfray, Traité d'athéologie, Grasset, 2005 (ISBN 2246648017) ;
  • Sur sa condamnation de l'homosexualité, lire le réjouissant et iconoclaste « thriller théologique » de Olivier Delorme fondé sur la découverte d'un manuscrit crypté révélant une « vie non autorisée » du saint rédigée par un jeune « disciple » chypriote qui s'est attaché à ses pas et donne une version peu orthodoxe de quelques épisodes des Actes de Apôtres : La Quatrième Révélation, H&O, 2005.ar:بولس

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