Panthéon de Paris
Un article de Wikivisual, l'encyclopédie libre.
- Pour les articles homonymes, voir Panthéon (homonymie). Image:Disambig.svg
| | Cet article n'est pas fini. Son état est provisoire et sera modifié. Une version améliorée est en préparation.
|
Le Panthéon est un monument situé sur la Montagne Sainte-Geneviève, dans le Ve arrondissement de Paris, au cœur du quartier Latin de Paris. Il est entouré notamment par l'Église Saint-Étienne-du-Mont, la Bibliothèque Sainte-Geneviève, l'Université de Paris I (Panthéon-Sorbonne), l'Université de Paris II (Panthéon-Assas), la mairie du Ve arrondissement et le Lycée Henri-IV. La rue Soufflot lui dessine une perspective à partir du Jardin du Luxembourg. Construit à l'origine comme une église pour accueillir la châsse de sainte Geneviève, ce monument a maintenant vocation à accueillir les cendres de grands personnages ayant marqué l'histoire de France. Ses différentes destinations, sa décoration, ses inscriptions et ses symboles permettent de parcourir la lente et contrastée construction de la nation française.
| Ce site est desservi par les stations de métro : Cardinal Lemoine et Place Monge. |
Coordonnées géodésiques : 48 50 46.5 N 2 20 46 E
[modifier] Histoire
[modifier] Tout commence par une église …
En 1744, Louis XV, souffrant d’une grave maladie à Metz, fit le vœu de créer une église dédiée à sainte Geneviève s’il survivait. Rétabli, il chargea le marquis de Marigny, directeur général des Bâtiments, de l’édification de l'église en lieu et place de l’ancienne abbaye de Sainte-Geneviève, alors en ruine. En 1755, le marquis de Marigny confia la responsabilité des plans à l’architecte Jacques-Germain Soufflot.
Les fondations furent creusées dès 1758, la première pierre posée par Louis XV le 6 septembre 1764, devant une grandiose reproduction grandeur nature, en toile et en charpente, représentant le futur portail, peinte par Pierre-Antoine Demachy.
Des difficultés financières et la mort de Soufflot en 1780 retardèrent sa construction. Il fut finalement achevé par les associés de Soufflot, Jean-Baptiste Rondelet et Maximilien Brébion, en 1790.
Entre 1791 et 1793 il fut profondément modifié par Quatremère de Quincy qui lui donna son apparence actuelle pour devenir un Panthéon.
C’est maintenant un édifice long de 110 mètres et large de 84 mètres. La façade principale est décorée d’un portique aux colonnes corinthiennes, surmonté d’un fronton triangulaire réalisé par David d'Angers. L’édifice, en forme de croix grecque, est couronné par un dôme haut de 83 mètres, coiffé d’un lanterneau. L’intérieur est décoré par des peintres académiques comme Puvis de Chavannes, Gros ou Cabanel.
[modifier] De l'église catholique au temple républicain
Sur la proposition de Claude-Emmanuel de Pastoret, l’Assemblée nationale décide, par un décret du 4 avril 1791, d’utiliser l’édifice qui vient d'être achevé et n'est pas encore consacré comme église afin qu'il serve de nécropole aux grands hommes de France : que le temple de la religion devienne le temple de la patrie, que la tombe d'un grand homme devienne l'autel de la liberté. Le bâtiment est modifié en ce sens, et au fronton est placé l’inscription « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante » suggérée par Pastoret.
Sous le Ier Empire, par le décret du 20 février 1806, le bâtiment est à la fois le lieu d’inhumation des grands hommes de la patrie et un lieu de culte. La crypte reçoit donc des grands serviteurs de l'état tandis que la partie supérieure est le lieu de cérémonies religieuses liées aux commémorations impériales.
De 1814 à 1830, le lieu n’est plus un Panthéon mais exclusivement une église restaurée (consacrée à sainte Geneviève) par Louis XVIII.
La monarchie de Juillet retire l'église Sainte-Geneviève au culte catholique le 15 août 1830 et lui rend sa destination de Panthéon ; il s’appelle alors le Temple de la Gloire. David d'Angers refait le fronton et la devise « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante » réapparaît.
Sous le Second Empire (1851-1870), l’édifice redevient une église et l’inscription disparaît.
Depuis 1885, date de l’inhumation de Victor Hugo au Panthéon, la basilique Sainte-Geneviève n’existe plus. Le bâtiment est bien le lieu de repos des grands hommes honorés par la République.
[modifier] Architecture du bâtiment
[modifier] Le projet architectural de Soufflot
Sur ce thème on peut consulter le site : Le projet de Soufflot 1755-1780 Image:Premier projet du Panthéon Soufflot (1756).png Le projet architectural de Soufflot est une église à dôme en forme de croix grecque.</br> Sa recherche principale a été la légèreté et l'abondance de lumière. Pour atteindre ce but, il a puisé dans différents styles architecturaux, ce qui fera écrire à Maximilien Brébion : « Le principal objet de M. Soufflot en bâtissant son église a été de réunir sous une des plus belles formes la légèreté de la construction des édifices gothiques avec la magnificence de l'architecture grecque. »<ref>Maximilien Brébion, Mémoire à monsieur le comte de la Billarderie Angiviller 1780, publié par Michael Petzel, Soufflots Sainte-Geneviève und der französische Kirchenbau des 18. Jahrunderts, Berlin, 1961, p. 147.</ref></br>
Soufflot a composé son église avec une structure gothique : colonnes supportant des voûtes ; à un vocabulaire formel classique : colonne corinthienne portant un entablement (l'usage à l'époque était les piliers carrés portant des arcades, voir l'église Saint-Sulpice), dôme à tambour sur pendentifs ; voire antique : péristyle à fronton triangulaire (unique à l'époque). Ce mélange des références fera considérer à Pierre Lavedan et Louis Hautecœur l'église Sainte-Geneviève comme le premier édifice éclectique.<ref>Michael Petzel, Soufflot et l'ordonnance de Sainte-Geneviève, in Soufflot et l'architecture des Lumières (actes du colloque Soufflot et l'architecture des Lumières), 1980, ed. Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts, Paris, p. 12 à 25, ISBN 2-903639-00-0.</ref></br> D'un point de vue structurel, les quatre nefs servent à contrebuter les poussées latérales du dôme. Cependant, le recours à la pierre armée est inévitable compte tenu des poussées à contenir. Cette technique de construction nécessite un entretien régulier, pour éviter que l'humidité n'entre dans la maçonnerie et ne fasse rouiller le fer des armatures qui risquent à leur tour de faire éclater la pierre.</br>
Dès 1764, ce projet audacieux est l'objet de protestations de la part du clergé catholique qui s'élève contre la construction d'une église dont le plan au sol ne serait pas celui d'une croix latine. Soufflot doit donc revoir son plan. Il allonge d'une travée le bras du chœur, ce qui permet de créer une abside flanquée de deux tours abritant des chapelles au rez-de-chaussée et des clochers en élévation. Le bras de la branche ouest, prolongée elle aussi, présente désormais une sorte de pronaos.
[modifier] Le secret des trois coupoles
Image:Panthéon Soufflot - élevation principale.png Un élément essentiel de la construction reste invisible aux yeux du visiteur. Alors que l'on pourrait penser qu'une seule coupole soutient le lanterneau et la croix à son sommet, en réalité, trois coupoles sont emboîtées les unes dans les autres.</br>
Le dôme extérieur est en pierre recouverte de bandes de plomb, et non pas en charpente, comme il était de tradition à l'époque. Sa mise en œuvre constitue d'ailleurs une véritable prouesse technique.</br> De l'intérieur, on peut voir une coupole à caissons, ouverte au centre par un oculus.</br> Entre ces deux coupoles est construite une troisième coupole technique qui soutient le lanterneau de pierre, qui pèse plus de 5 tonnes. C'est sur la face intérieure de cette coupole, qu'est peinte l'apothéose de sainte Geneviève que l'on peut admirer à travers l'oculus de la coupole intérieure.</br> De forme parabolique (en gros, de la forme d'un demi-œuf), elle n'est pas constituée d'un manteau de pierre continu comme le dôme extérieur. Elle est ajourée par quatre arcs. Ces derniers permettent de faire descendre les charges du lanterneau vers les piles. Les jours, quant-à eux, laissent passer la lumière prise par les fenêtres en partie haute du tambour entre les deux coupoles inférieures pour nimber la peinture de l'apothéose de Sainte-Geneviève.</br> La coupole basse s'appuie sur la partie basse du tambour, au niveau de la colonnade extérieure, qui contrebute les trois coupoles.
On pourra comparer cette méthode de circulation de la lumière avec celle qu'ont adoptée les prédécesseurs de Soufflot. Par exemple, le Panthéon de Rome et son oculus central à ciel ouvert, ou la coupole des Invalides de Paris de Hardouin-Mansart. Il est à noter qu'un dispositif à trois coupoles semble avoir été utilisé à la cathédrale Saint-Paul de Londres un peu auparavant, avec cependant un dôme en charpente.
Oculus de la coupole du Panthéon de Rome |
Coupole du dôme de l'hôtel des Invalides à Paris |
Coupe sur la triple coupole de la cathédrale Saint-Paul de Londres |
Cliquez sur une vignette pour l'agrandir.
On comprendra ce système de construction en visualisant le panorama de la maquette réalisée par Rondelet sur le site Internet de l'Université de Columbia à l'adresse Maquette du Panthéon. Cette maquette est d'ailleurs toujours visible ; elle est exposée dans la chapelle annexe nord du bâtiment.</br> Sur un autre panorama on peut voir également les clochers que Soufflot avait mis à l'origine et qui furent rasés par la suite.
[modifier] La crypte
La crypte couvre toute la surface de l'édifice. Elle n'est pas véritablement enterrée comme une cave. On le constate en remarquant les fenêtres en haut de chaque galerie ouvertes sur l'extérieur.</br> Elle est constituée de galeries chacune sous un bras de la nef. On y pénètre par une salle décorée de colonnes doriques (en référence au temple de Neptune à Paestum, que Soufflot avait relevé pendant son voyage en Italie), réalisée avec un soin remarquable, comme tout le reste de cette partie. En avançant, on découvre ensuite au centre du bâtiment la vaste salle de plan circulaire voûtée et la petite pièce centrale, située juste au centre du dôme.</br>
On peut s'interroger sur ses vastes dimensions. Les 73 hôtes actuels ne sont pas à l'étroit puisque la capacité totale d'accueil est d'environ 300 places.</br> Quel pouvait être le projet initial de Soufflot ? Une hypothèse est que Louis XV voulait en faire un mausolée pour les Bourbon.
[modifier] Les étapes de la construction
Il s'agissait d'abord de trouver de l'argent pour réaliser ce projet. On majora le prix des trois loteries mensuelles, leur coût passant de 20 sols à 24, ce qui rapporta 400 000 livres.</br>
Ensuite il fallait trouver un terrain. On décida de le prendre sur la partie ouest du jardin de l'abbaye sainte Geneviève. Les travaux commencèrent en 1755. L'argent récolté ne permit que de réaliser les fondations. Car le terrain était miné par les galeries qu'avaient forées, 16 siècles plus tôt, les potiers gallo-romains pour extraire l'argile. On dénombra au moins sept puits de 25 mètres de profondeur, et une centaine d'autres, moins profonds.</br>
Enfin le 6 septembre 1764 Louis XV vint poser la première pierre. On avait édifié pour l'occasion une reproduction du futur édifice, un trompe-l'œil grandeur nature, de toile et de charpente, représentant le futur portail de l'église (une toile de Demachy au musée Carnavalet représente cette cérémonie).</br> La construction avança malgré tout avec régularité : en 1769, les murs étaient élevés et en 1776, les voûtes terminées et décintrées.
Mais le projet fut très contesté. Bien que cette idée fît école (le monument fut imité à Copenhague, Potsdam, Saint-Pétersbourg), il fut attaqué par de nombreux détracteurs. L'audace du projet, mais aussi, il est vrai, des tassements dans les maçonneries dus à une mauvaise exécution, alimentèrent libelles et mémoires explicatifs. La polémique fut telle que c'est désespéré que Soufflot mourut le 5 janvier 1780 avant que le projet ne fût terminé. Les critiques principales tendaient à établir que les quatre groupes de trois colonnes destinées à soutenir les trois coupoles, imaginées par l'architecte, manquaient de solidité et que l'édifice allait s'écrouler.
[modifier] La réalisation de l'édifice par Rondelet et Brébion : 1780-1790
La suite des travaux fut confiée à deux collaborateurs de Soufflot, les architectes Rondelet et Brébion aidés d'un parent de Soufflot, Soufflot dit le Romain.</br> Pour la structure, leur principal apport fut de substituer de massifs piliers aux colonnes imaginées par Soufflot pour soutenir le dôme.</br> Ils assurèrent également le suivi du chantier. On trouvera sur le site italien Vita e opere de nombreuses gravures sur la construction de l'église sainte Geneviève, plans de coupe du bâtiment, croquis de machines de chantier pour tester la solidité de la pierre et pour le renforcement de la pierre par des armatures de métal.</br> Le sculpteur Guillaume II Coustou réalisa le fronton.
[modifier] Les modifications de Quatremère de Quincy pour en faire un temple républicain
Le 4 avril 1791, l'Assemblée constituante transforme l'église Sainte-Geneviève en « Panthéon des grands hommes ». Elle charge Quatremère de Quincy d'adapter les lieux à cette nouvelle fonction. 19</br> Les choix de l'architecte vont modifier l'idée initiale de Soufflot :</br> Extérieurement il modifie l'apparence en supprimant le lanterneau et les clochers, devenus inutiles. Intérieurement il obture 38 des 42 fenêtres, modifiant ainsi profondément la circulation de la lumière à l'intérieur du volume du bâtiment. Alors que le projet initial était de faire entrer le plus de lumière possible, l'obturation des ouvertures plonge maintenant la base du lieu dans une semi pénombre. Elle accentue la lumière zénithale issue de l'oculus de la coupole à caissons, comme c'est le cas pour l'austère Panthéon de Rome.</br> </br>
Il faut noter que la fermeture de ces fenêtres perturbe la ventilation du bâtiment ; elle accroît en particulier le taux d'humidité et est à l'origine, au XXe siècle, de fissures et d'érosion des structures métalliques.
Du bouillonnement des idées de la Révolution française, concernant le Panthéon, il faut retenir l'idée de Charles De Wailly de modification de l'édifice pour le mettre au goût de l'époque, et pour lui donner le caractère de solidité qui semblait lui manquer. </br>
[modifier] Les éléments de décors
Passées ces étapes de construction, le bâtiment ne subira plus de modification de structure.
Au gré de l'Histoire des XIXe siècle et XXe siècles, du Premier Empire au début de la Quatrième République, chaque pouvoir en place utilisera la destination de cet édifice comme l'affirmation de sa conception de l'État, et en particulier de son rapport avec le pouvoir religieux.</br> L'étude et l'observation des différents éléments des décors intérieurs et extérieurs — chrétiens, patriotiques, républicains, francs-maçons, philosophiques — rendent compte des âpres débats politiques d'une période.</br> Le choix de ceux qui ont été retenus puis retirés, ceux qui ont été modifiés, ceux qui ont survécu, comme les projets refusés, sont aussi l'illustration de l'art officiel du moment.
[modifier] La Révolution Française
Les symboles religieux sont enlevés et le fronton est modifié pour accueillir un motif révolutionnaire. Des fragments de cet ancien fronton sont encore visibles dans le bras sud de la crypte, en particulier un profil de Louis XVI.</br> Le nouveau motif, du sculpteur Jean Guillaume Moitte qui en acheva l'exécution en 1793, représentait la Patrie, couronnant la Vertu, tandis que la Liberté saisissait par leur crinière deux lions attachés à un char qui écrasait le Despotisme et qu'un génie terrassait la Superstition.</br> L'inscription « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante » y est apposée.</br> Au dessus des portes latérales sont posés deux bas-reliefs : à gauche, « L'Instruction publique », œuvre de Lesueur ; à droite, "Le Dévouement patriotique", œuvre de Chaudet.
Lors de la bataille du 13 prairial an II, le vaisseau Le Vengeur, faisant partie de l'escadre de Brest, sombre en livrant bataille contre une escadre anglaise voulant empêcher le passage de 160 navires en provenance d'Amérique, chargés de blé pour assurer le ravitaillement des Français. La légende raconte que pendant le naufrage du bateau les marins criaient « Vive la Nation ! Vive la République ». La Convention décrète alors qu’une maquette du bateau serait suspendue à la voûte du Panthéon et que les noms des membres de l’équipage seraient gravés sur les colonnes du monument. Le 9 Thermidor empêcha cette réalisation.</br>
Plus tard, un monument sera placé le long d'un des piliers (date inconnue).
[modifier] La période napoléonienne
Napoléon rend à l'édifice sa fonction d'église mais y installe dans la crypte des dignitaires de l'Empire.
En 1801, Somer transporte dans cet édifice l'orgue des Bénédictins anglais.
L'architecte Rondelet est chargé de consolider les piliers du dôme dès 1806 et en 1811 on commande à Antoine Gros une peinture représentant l'apothéose de sainte Geneviève. Dans cette peinture l'Empereur y tenait naturellement une place importante, tenant à la main le Code civil. Les changements politiques de 1815 nécessitèrent des transformations dans les personnages représentés.</br>
Sur les pendentifs, Carvallo peint, d'après des dessins de Gérard, des allégories relatives au premier Empire : la Gloire, la Mort, la Patrie, la Justice.<div style="clear:both;" />
[modifier] Les Première et Seconde Restauration 1814-1830
Louis XVIII décide d'en faire en totalité une église. Le 3 janvier 1822, jour de la fête de la patronne de Paris, l'église est inaugurée. Le fronton est modifié en conséquence. Il représente maintenant une croix de pierre au milieu de rayons fulgurants ; l'inscription « Aux grands hommes la patrie reconnaissante » est remplacée par l'inscription « D.O.M. sub invocat. S. Genovefae. Lud. XV dicavit. Lud. XVIII restituit »</br> On aménage la chapelle, située sous l'ancien clocher nord, avec un décor de pilastres orange et une coupole en pierre à caissons ornés de roses finement sculptées.</br>
La peinture de Gros, remaniée, est visitée par le roi Charles X en 1824. Elle sera achevée à cette date ou en 1827 selon les auteurs.
[modifier] La Restauration de Louis-Philippe 1830-1848
Louis-Philippe transforme à nouveau l'édifice en Panthéon.</br> En 1837 on commande à Nanteuil trois bas-reliefs au centre du péristyle, pour remplacer ceux de l'époque révolutionnaire. Au-dessus de la porte centrale « L'Apothéose du héros mort pour la patrie », encadré par « Les Sciences et les Arts » et « La Magistrature ».
Entre 1831 et 1837 David d'Angers réalise alors une sculpture pour le fronton La Patrie couronnant les hommes célèbres (le plâtre de ce bas-relief est visible à la galerie David d'Angers à Angers).</br> Le motif représente La Patrie, entre la Liberté et l'Histoire, distribuant des couronnes aux grands hommes :</br> - à droite : Malherbe, Mirabeau, Fénelon, Manuel, Carnot, Berthollet, Laplace, Louis David, Cuvier, La Fayette, Voltaire, Rousseau, Bichat.</br> - à gauche : groupe de soldats de toutes armes, avec, en tête, Bonaparte. On y reconnaît le grenadier Trompe-la-Mort, l'enfant qui battit la charge au pont d'Arcole et des polytechniciens.</br>
L'inscription : « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante » est remise en place.</br> Enfin on décide d'entourer le monument d'une grille à palmettes. Son dessin, ainsi que celui des deux candélabres en bronze, sont dus à Baltard, créateur des Halles. La réalisation en sera confiée à l'architecte Destouches.</br> Baltard rétablit également le lanterneau du dôme, supprimé à la Révolution.
[modifier] La Seconde République 1848-1851
En 1848, Ledru-Rollin et le gouvernement provisoire passent commande au peintre Chevanard de la décoration intérieure. Ce dernier imagine de réaliser une histoire de l'humanité et de son évolution morale, interprétée comme une suite de transformations devant aboutir à une fin générale et providentielle. La partie gauche représenterait l'ère païenne, le chœur une « Prédication de l'Évangile », fin des temps antiques et début des temps nouveaux. À droite, des fresques illustreraient les temps modernes. Enfin sur le pavage serait placée, au centre, une gigantesque synthèse de la « Philosophie de l'histoire », nouvelle École d'Athènes du XIXe siècle, entourée par l'« Enfer », le « Purgatoire », la « Résurrection » et le « Paradis ».</br> Ce projet fut arrêté par le décret de 1851. (voir la section Second Empire)
[modifier] Le Second Empire 1851-1871
Le 6 décembre 1851, le futur Napoléon III retransforme le Panthéon en basilique nationale, mais dédiée à Sainte-Geneviève.</br>
L'inauguration a lieu le 3 janvier 1852.</br>
La commande passée au peintre Chevanard est arrêtée. Le prince-président en rendant l'édifice au culte catholique, ne pouvait pas voir dans ce syncrétisme encyclopédique une affirmation suffisante du rôle de l'Église dans la constitution de l'État français.</br>
Les cartons préparatoires, présentés en 1855, ressuscitèrent la polémique. Ils sont actuellement au musée de Lyon.</br>
Le mobilier religieux est alors remis en place et on enlève l'inscription « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante ».</br>
L'église est confiée aux « Chapelains de Sainte Geneviève ». La nécessité de grandes orgues se fait sentir. En novembre 1852, le génial facteur d'orgues Aristide Cavaillé-Coll propose le projet d'un nouvel orgue en l’église Sainte-Geneviève. Le 17 décembre suivant, le ministre de l'Intérieur signe le marché, d'un montant de 20.000 francs. En 1853, Cavaillé-Coll réalise et installe le nouvel instrument, un 8 pieds de deux claviers-pédalier et de 21 jeux, qui participe ainsi au service de la liturgie. Clément Loret en est le titulaire.
L'État commande à Hippolyte Maindron deux groupes de statues à placer sous le péristyle d'entrée : Attila et Sainte Geneviève (1857) et La conversion de Clovis par saint Rémi (1865). Ces deux grands ensembles ont été renvoyés aux réserves des musées lors de la dernière restauration du monument, et ne sont donc plus visibles.<ref>Extrait de l'article de Jean Vuillemin paru dans « Arts et Métiers Magazine », p. 40, Octobre 2001.</ref></br> Ces œuvres restent néanmoins visibles au musée d'Angers.
[modifier] La Commune de Paris 1871
François Jourde, communard, annonce à la foule que le Panthéon sera retiré au culte pour être affecté au culte des grands hommes. Cette décision n'aura pas le temps d'être appliquée.</br> Le 2 avril 1871 les petites branches de la croix qui surmonte l'édifice sont sciées et un drapeau rouge est planté au sommet.</br> Le Panthéon sera le théâtre de combats lors de la Semaine Sanglante. Les Communards en feront leur quartier général. Le bâtiment recevra 5 obus et échappera de peu à la destruction.</br> Le 24 mai 1871, le Panthéon sera repris par les Versaillais et 700 Communards seront exécutés, dont le député Jean-Baptiste Millière, à genoux sur les marches.
[modifier] La Troisième République
L'architecte Louvet procède à des restaurations et replace en juillet 1873 la croix du sommet.
À l'occasion de l'enterrement de Hugo au Panthéon en 1885, on décide de transformer de nouveau l'église Sainte-Geneviève en Panthéon.</br> On enlève le mobilier religieux et on remet l'inscription « Aux grands hommes la Patrie reconnaissante ». L'orgue se fait entendre une dernière fois dans ce lieu, car en 1891, par entente entre les départements de la Guerre et des Travaux Publics, l’orgue est affecté à l’église de l’hôpital militaire du Val-de-Grâce où il est transféré la même année par le facteur Merklin.
Une commande est passée par le marquis de Chennevières, en 1874, pour la réalisation d'un grand cycle de peinture sur l'histoire de France. Ces huiles sur toile marouflée seront accrochées devant les fenêtres obturées par Quatremère de Quincy, rendant ainsi quasi-définitivement impossible le retour au projet initial de Soufflot.</br> Image:Panthéon mosaïque abside.JPG
On peut remarquer :</br> - La suite décorative consacrée à sainte Geneviève par Puvis de Chavannes</br> - La prédication de saint Denis par Galand</br> - Le martyre de saint Denis par Bonnat</br> - Sainte Geneviève rend le calme aux Parisiens à l'approche d'Attila par Delaunay</br> - La vie de saint Louis par Cabanel</br> - L'histoire de Jeanne d'Arc par Lenepveu</br> - La mort de sainte Geneviève par J.P. Laurens</br> - La bataille de Tolbiac et le baptême de Clovis par Paul-Joseph Blanc</br> - L'idée de la Patrie, de l'Abondance, la Chaumière, la Peste par Humbert</br> - Charlemagne couronné empereur protégeant les Arts par H. Levy</br>
De 1875 à 1884, Ernest Hébert réalise la mosaïque de l'abside, représentant Le Christ montrant à l'ange de la France les destinées de son peuple.
Une sculpture de Mirabeau est commandée à Injabert. Dans le même temps on commande à Rodin un monument à la gloire de Victor Hugo. Le projet avait été conçu par Edward Lockroy, en hommage aux grands hommes de l'histoire française. Il devait comporter 100 sculptures qui auraient été placées dans le transept nord. L'idée était de reconstituer la fierté nationale mise à mal par la défaite récente de 1870 face aux Prussiens. Le comité chargé de juger les œuvres conclura que les propositions de Rodin ne s’harmonisaient pas avec la statue de Mirabeau. C’est donc cette statue seule qui est donc placée derrière l’autel.
De 1902 à 1905 Édouard Detaille peint vers la gloire', hymne pictural à la République. Deux sculptures du début du XXe siècle sont placées dans le transept. Face à celle de Landowski au nord dédiée « À la mémoire des artistes dont le nom s'est perdu » se trouve celle de Bouchard en hommage « Aux héros inconnus, aux martyrs ignorés morts pour la France ».</br>
En 1906 une copie du penseur de Rodin est placée devant le Panthéon. Elle fut retirée par la suite.
En 1913, on place un autel républicain dans l'espace initialement prévu par Soufflot dans la destination première de l'édifice. C'est Sicard qui réalisera cet ensemble, à la gloire de la Convention nationale.</br>
Après la guerre de 1914-1918, a été apposée une plaque portant le nom des écrivains morts pour la France pendant cette période.
Le Panthéon de Paris a été classé monument historique en 1920.</br>
[modifier] La Quatrième République
Après la guerre de 1939-1945, a été apposée une plaque portant le nom des écrivains morts pour la France pendant cette période.</br> </br> De part et d'autre du Panthéon ont été érigées en 1952 les nouvelles statues en pierre de Pierre Corneille (Rispal) et de Jean-Jacques Rousseau (Bizette-Lindet) en remplacement de deux statues envoyées à la fonte en 1942.
[modifier] La Cinquième République
Cette période semble marquer une certaine stabilité ; aucun élément architectural n'a été modifié, retiré ou ajouté depuis 1958.</br> Pourtant un élément de décoration symbolique est venu occuper le centre de la nef, jusqu'à ce jour désespérément vide et sans affection : la reconstitution de l'expérience du pendule de Foucault en 1995. Depuis cette date, la boule de laiton partage l'univers en deux alors que tourne autour d'elle la déesse égyptienne Bastet, statue installée en 1996 pour la cérémonie de transfert de Malraux.
Cette époque contemporaine marque un souci de préservation et de conservation du monument.</br> L'obturation des ouvertures imaginées par Soufflot modifie la ventilation du bâtiment et augmente le taux d'humidité, provoquant l'effritement des pierres et la corrosion de l'architecture métallique.</br>
En 1984, l'architecte en chef des monuments historiques, Hervé Baptiste, est chargé de la restauration du bâtiment.</br> Le projet de loi de finances pour 2006 prévoit la poursuite de la rénovation de l'édifice.
Un autre fait rendra urgent la restauration ; lors de la tempête du dimanche 26 décembre 1999, la toiture du dôme subit des dégâts importants. La couverture a été fortement endommagée ; des plaques de plomb se sont envolées, provoquant des dégâts aux alentours. Le Ministère de la Culture, à l'époque, évalue les travaux à 5 MF pour l'urgence, et à 40 MF pour la restauration définitive du dôme.
[modifier] Pourquoi une croix chrétienne surmonte-t-elle l'édifice, dans une république laïque ?
La croix actuelle qui surmonte le Panthéon a une longue histoire :
En 1790, lors de l'achèvement du dôme par Jean-Baptiste Rondelet, architecte chargé de finir le monument après la disparition de Jacques-Germain Soufflot, on place une croix provisoire en attendant la statue de Geneviève qui doit surmonter l'édifice.
En 1791, l'Assemblée constituante décide de transformer l'église Sainte-Geneviève en mausolée pour accueillir les cendres de Mirabeau. L’architecte Quatremère de Quincy fait remplacer la croix par La Renommée, une statue de Claude Dejoux, de 9 mètres de hauteur, représentant une femme embouchant une trompette19.
Le 20 février 1806 Napoléon rend l'édifice à sa destination première, mais laisse la statue au sommet de l'édifice. Le 3 janvier 1822 l'église est enfin inaugurée. On place au sommet une croix en bronze doré. Le 26 août 1830, Louis Philippe retransforme le bâtiment en Panthéon. On enlève la croix et on la remplace par un drapeau. Le 6 décembre 1851 par un décret du prince président Louis-Napoléon Bonaparte, le Panthéon est rendu au culte catholique et on replace une croix sur le dôme.
Le 2 avril 1871, Les Communards scient les petites branches de la croix et placent au sommet un drapeau rouge.</br> Les canons de la place du Panthéon saluaient le drapeau qui venait remplacer la croix par laquelle le catholicisme impérial avait marqué sa prise de possession de l’édifice.</br> La Commune reprenait au clergé ce que le clergé avait usurpé. Le drapeau était rouge. Nous ne sommes pas de ceux que le rouge effarouche.</br> Ce n’est pas une couleur nouvelle pour nous. Pendant tout l’exil, le drapeau rouge a été le drapeau de la République proscrite ; et nous trouvons tout simple que la République rentre en France avec son drapeau.[…]</br> Le drapeau tricolore, qui a été celui de la première République, a eu, certes, ses jours glorieux ; mais l’empire l’a traîné dans la boue de Sedan, et ce n’est pas nous qui l’y ramasserons. (Auguste Vacquerie, Le Rappel, 29 mars 1871)
En juillet 1873 une croix en pierre est remise, haute de 4 mètres et pesant 1500 kg avec son socle et sa boule. Pour le transfert des cendres de Victor Hugo la IIIe république redonne à l'édifice le statut de Panthéon. Mais on laisse la croix.
Plus tard, dans le doute que la protection de la croix ne soit pas suffisante, on surmonta celle-ci d'un paratonnerre.
[modifier] Légendes anecdotes
- Chaque bâtiment donne souvent lieu à la création de légende, comme le fantôme de l'Opéra de Paris.</br>
Pour le Panthéon, on raconte que, menacé par l'humidité du sol, l'édifice aurait été sauvé par l'ingéniosité d'un architecte qui aurait eu l'idée de soulever le bâtiment pour injecter dessous du plomb fondu. La méthode ? Pratiquer à intervalles réguliers des trous du diamètre d'une barre à mine tout autour de la base de l'édifice, bourrer ces trous de sciure de bois et arroser copieusement le tout. Le bois mouillé aurait alors, en gonflant, soulevé le tout de quelques millimètres, suffisamment pour y couler du plomb en fusion. En séchant, la sciure aurait alors redéposé le Panthéon en douceur sur sa base.
- On cite cette phrase de Louis XVIII à qui on proposait de retirer Voltaire du Panthéon, rendu au culte catholique sous son règne : Laissez-le, il est bien assez puni d'avoir à entendre la messe tous les jours.
[modifier] Les funérailles nationales
"Aux grands hommes la patrie reconnaissante"
[modifier] Qui décide d'une inhumation ?
Commençant avec la Révolution française dans un bâtiment neuf et encore non consacré comme église, la « panthéonisation » est une tradition reprise des Égyptiens, et qu'ont suivie ensuite les Grecs puis les Romains. Le choix de donner à un personnage l'hommage ultime de « grand homme » de la nation française, ainsi que la mise en scène de la cérémonie, varient suivant les périodes de l'histoire de France.
En 1791, au moment de la création du concept de Panthéon français, c'est l'Assemblée constituante qui décide. La Convention en 1794 prendra le relais pour le choix de l'inhumation de Jean-Jacques Rousseau, mais aussi pour retirer Mirabeau en 1794 et Marat.
Pendant le Premier empire, c'est bien sûr Napoléon Ier qui s'en attribuera le privilège. En 1829, le constructeur principal de l'édifice, Soufflot, y est transféré, mais non pas au Panthéon car le bâtiment a été rendu au culte sous le nom d'église sainte Geneviève.
Sous la Troisième République, ce sont les députés qui proposent et décident. Certains transferts comme celui d’Émile Zola en 1908 déclencheront de violentes polémiques.
À l'heure actuelle, ce choix revient au président de la République. Il s'agit plus d'un état de fait qu'un véritable droit, aucun texte officiel ne régissant ni les critères ni la forme de la cérémonie. On peut toutefois noter que plusieurs présidents de la cinquième république (de Gaulle, Mitterrand, Chirac) auront voulu ponctuer leur époque par des panthéonisations, symboliques de leur propre vision de l'Histoire française.
[modifier] Les grands hommes inhumés au Panthéon
Le Panthéon accueille, en 2005, 73 personnes inhumées (tombes ou urnes funéraires), situées dans la partie inférieure du monument.
Date d'inhumation :
- Révolution française : 1791 - 1792 - 1793 - 1794</br> - Premier Empire : 1806 - 1807 - 1808 - 1809 - 1810 - 1811 - 1812 - 1813 - 1814 - 1815</br> - Restauration : 1829</br> - Troisième République : 1885 - 1889 - 1894 - 1907 - 1908 - 1920 - 1924 - 1933</br> - Quatrième République : 1948 - 1949 - 1952</br> - Cinquième République : 1964 - 1987 - 1988 - 1989 - 1995 - 1996 - 2002
</br> 1791 Honoré-Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau (1749-1791), homme politique, un des chefs de l'Assemblée constituante.</br> La cérémonie
Voltaire (1694-1778), philosophe et écrivain.</br> La cérémonie</br> Retour aux dates
1792
Nicolas-Joseph Beaurepaire (1740-1792), général s'étant suicidé ou ayant été tué à cause de son refus de la reddition de la ville de Verdun. Son corps ayant disparu le transfert ne fut jamais exécuté</br> Retour aux dates
1793
Louis-Michel Le Peletier de Saint-Fargeau (1760-1793), homme politique, juriste et député de la noblesse de Paris à la Constituante. Aristocrate célèbre pour avoir voté la mort du roi Louis XVI, alors que le vote n’a été acquis qu’à une seule voix près, la sienne. La veille de l'exécution du roi, il est assassiné par un royaliste, la Convention en fait alors le « martyr de la liberté ». Son corps a été récupéré par sa famille le 14 février 1795.
Auguste-Henri-Marie Picot de Dampierre (1756-1793), général qui s'est distingué à Valmy et à Jemmapes, mort au combat. Son corps fut retiré à la demande du terrible Couthon du Comité de Salut Public qui le soupçonnait de trahison. Son corps a disparu.</br>
Jean-Paul Marat (1744-1793), journaliste et homme politique extrémiste du parti des Enragés. Son corps fut retiré le 5 février 1795, pour « trahison » et ses cendres placées dans le cimetière de Saint-Étienne du Mont.</br> La cérémonie</br> Retour aux dates
1794
Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), philosophe et écrivain.</br> La cérémonie</br> Retour aux dates
42 hauts dignitaires de l'Empire mis au Panthéon sur ordre de Napoléon Ier entre 1806 et 1815
1806
François-Denis Tronchet (1749-1806), homme politique et juriste. Président de l’Assemblée Constituante au début de la révolution, Il est un des pères du Code Civil.
Claude-Louis Petiet (1749-1806), grand organisateur de troupe. </br> Retour aux dates
1807
Jean-Baptiste-Pierre Bevière (1723-1807), célèbre pour avoir rédigé le serment du Jeu de Paume, constituant rallié à l'Empire.
Louis-Joseph-Charles-Amable d'Albert, duc de Luynes (1748-1807), aristocrate membre du Tiers Etat, militaire puis sénateur et pair de France. Retiré du Panthéon.
Jean-Etienne-Marie, comte de Portalis (1746-1807), homme politique spécialiste des questions religieuses. Il est à l'origine de l'Edit de Tolérance de 1787 qui reconnaissait les mêmes droits civiques aux protestants. Ministre des cultes de Napoléon Ier, académicien, il négocie le Concordat de 1801 avec le légat du pape Caprara.
Louis-Pierre-Pantaléon Resnier (1759-1807), homme de lettre et sénateur. </br> Retour aux dates
1808
Antoine-César de Choiseul, duc de Praslin (1756-1808), sénateur
Jean Frédéric Perregeaux (1744-1808), financier et premier dirigeant de la Banque de France.
Jean-Pierre-Firmin, comte Malher (1761-1808), général qui s'est illustré pendant la campagne d'Italie. Urne avec son cœur.
Pierre-Jean-Georges Cabanis (1757-1808), médecin, poète et philosophe
François-Barthélémy, comte Beguinot (1757-1808), soldat de la République, homme politique et général
Gabriel-Louis, marquis de Caulaincourt (1741-1808), militaire de carrière et père de deux généraux d'Empire.</br> Retour aux dates
1809
Girolamo-Luigi, comte Durazzo (1739-1809), dernier doge de Gênes qui se mît au service de Napoléon. Urne avec son cœur.
Jean-Baptiste Papin, comte de Saint-Christau (1756-1809), homme politique et juriste.
Joseph-Marie, comte Vien (1716-1809), premier peintre du roi en1789, le maître du peintre officiel de l'Empire Jacques-Louis David.
Pierre-Garnier, comte de La Boissière (1755-1809), général de cavalerie, sénateur et comte d'Empire.
Justin-Banaventure, comte Morard De Galle (1761-1809), amiral, sénateur et comte d'Empire. Urne avec son cœur.
Jean-Pierre, comte Sers (1746-1809), armateur, mémorialiste et comte d'Empire. Urne avec son cœur.
Emmanuel Cretet, comte de Champmol (1747-1809), directeur des Ponts et Chaussées. On lui doit de beaucoup de routes et de canaux, le canal de l'Ourcq, par exemple. </br> Retour aux dates
1810
Louis-Vincent-Joseph Le Blond, comte de Saint-Hilaire (1766-1809), général blessé à Essling et comte d'Empire.
Jean Lannes, duc de Montebello (1769-1810), maréchal d'Empire. Soldat réputé pour sa bravoure, il est de toutes les campagnes depuis l’Italie, il est blessé à Arcole, jusqu’à Essling en 1809 où il meurt. L’empereur en fut très affecté.
Giovanni Baptista, Cardinal Caprara, comte de Monte Cucolli, Légat du Pape à Paris. Négociateur du Concordat de 1801.
Charles-Pierre Claret, comte de Fleurieu de la Tourette (1738-1810), Marin et homme politique français, capitaine de vaisseaux, chefs des ports et arsenaux, ministre de la marine, gouverneur de Louis XVII, gouverneur des Tuileries…
Jean-Baptiste, comte Treilhard (1742-1810), avocat et député de la convention, considéré par Napoléon Ier comme l'âme de la commission qui a rédigé le Code Civil, le Code Pénal et le Code d'Instruction. </br> Retour aux dates
1811
Nicolas-Marie, comte Songis des Courbons (1761-1811), général de division, commandant de l'artillerie, comte d'Empire.
Charles, Cardinal Erskine of Kellie (1739-1811), un cardinal jamais ordonné prêtre.
Alexandre-Antoine Hureau, comte de Senarmont (1769-1811), artilleur des armées, baron d'Empire. Urne avec son cœur.
Michel, comte Ordener (1755-1811), général qui s'illustra à la bataille d'Austerlitz.
Louis-Antoine, comte de Bougainville (1729-1811), navigateur. </br> Retour aux dates
1812
Jean-Guillaume de Winter, comte de Huessen (1761-1812), amiral batave, comte d'Empire.
Jean-Marie-François Le Paige, comte Dorsenne, dit Dorsenne le Paige (1773-1812), général. </br> Retour aux dates
1813
Joseph-Louis, comte de Lagrange (1736-1813), mathématicien.
Jean-Ignace Jacqueminot, comte de Ham (1758-1813), avocat et comte d'Empire.
Hyacinthe-Hughes Timoléon de Cosse, comte de Brissac (1746-1813), chambellan de Madame-Mère.
François-Marie-Joseph-Justin, comte de Viry (1737-1813), préfet de la Lys, gloire d'Austerlitz, comte d'Empire.
Jean, comte Rousseau (1738-1813), homme politique, membre du conseil des Anciens.
Frédéric-Henri, comte Walther (1761-1813), soldat qui s'illustra pendant toutes les campagnes napoléonienne, d'Italie jusqu'en Russie, comte d'Empire. </br> Retour aux dates
1814
Jean-Nicolas, comte Demeunier (1751-1814), spécialiste des institutions, comte d’Empire.
Jean-Louis-Ebenezer, comte Reynier (1771-1814), général, il s’est illustré depuis la campagne d’Egypte jusqu’en Pologne, comte d’Empire.
Claude Ambroise Régnier, duc de Massa di Carrara (1746-1814), grand juge de l’Empire. </br> Retour aux dates
1815
Claude-Juste-Alexandre, comte Legrand (1762-1815), général, s’est illustré à Austerlitz.
Antoine-Jean-Marie, comte Thevenard (1733-1815), vice-amiral de la Révolution, sénateur et comte d’Empire. </br> Retour aux dates
Suivent 28 grands hommes dont une femme, Marie Curie, qui ont été panthéonisés par la République Française et 3 exceptions qui n’ont pas reçu les honneurs de cette cérémonie : l’architecte Soufflot inhumé ici en tant que concepteur du bâtiment, Marc Schoelcher, le père de Victor, qui repose avec son fils pour respecter leur volonté commune et Sophie Berthelot, la femme du chimiste pour la même raison. Du reste, Marcellin Berthelot est décédé une heure après son épouse, ne pouvant supporter son chagrin.
1829
Jacques-Germain Soufflot (1713-1780), premier architecte du Panthéon </br> Retour aux dates
1885
Victor Hugo (1802-1885), écrivain</br> La cérémonie</br> Retour aux dates
1889
Théophile-Malo Corret de la Tour d'Auvergne (1743-1800), soldat, « premier grenadier de la République ». Inhumé lors de la commémoration du centenaire de la Révolution française.
Lazare-Nicolas-Marguerite, comte Carnot (1753-1823), conventionnel, général et scientifique. Technicien qui permis l’organisation de l’Armée de l’An II. Inhumé lors de la commémoration du centenaire de la Révolution française.
Jean-Baptiste Baudin (1811-1851), député qui est devenu célèbre en mourant sur une barricade constituée par les républicains pour s’opposer au coup d’état de Louis-Napoléon Bonaparte, le futur Napoléon III. Il devient un symbole pour les républicains de la lutte contre le nouveau régime. Inhumé lors de la commémoration du centenaire de la Révolution française.
François-Séverin Marceau-Desgraviers, dit Marceau (1769-1796), général de la République. Inhumé lors de la commémoration du centenaire de la Révolution française - Seule une partie de son corps est inhumée. </br> Retour aux dates
1894
Sadi Carnot (1837-1894), Président de la République française de 1887 à 1894, assassiné à Lyon par un anarchiste. Inhumé immédiatement après son assassinat. </br> Retour aux dates
1907
Marcellin Berthelot (1827-1907), chimiste, homme politique et son épouse Sophie Berthelot (1837-1907), scientifique.</br> La cérémonie</br> Retour aux dates
1908
Émile Zola (1840-1902), écrivain.</br> La cérémonie</br> Retour aux dates
1920
Léon Gambetta (1838-1882), homme politique républicain, dirige le gouvernement de la Défense Nationale pendant la guerre de 1870-1871, après la chute de l’Empire de Napoléon III. Son cœur repose dans une urne placée dans l'escalier qui descend à la crypte.</br> La cérémonie</br> Retour aux dates
1924
Jean Jaurès (1859-1914), homme politique socialiste. Assassiné à la veille de la 1ère Guerre Mondiale.</br> La cérémonie</br> Retour aux dates
1933
Paul Painlevé (1863-1933), mathématicien et homme politique.</br> Retour aux dates
1948
Paul Langevin (1872-1946), physicien. Inhumé le même jour que Jean Perrin.</br> La cérémonie</br> Retour aux dates
Jean Perrin (1870-1942), physicien. Inhumé le même jour que Paul Langevin</br> La cérémonie</br> Retour aux dates
1949
Adolphe-Sylvestre-Félix Éboué (1894-1944), né à Cayenne, homme politique, député de la France coloniale. Premier homme de couleur au Panthéon ; Depuis 2002, il y a aussi Dumas.</br> La cérémonie
Victor Schoelcher (1804-1893), homme politique, figure de la lutte pour l’abolition de l’esclavage. Inhumé avec son père Marc Schoelcher pour respecter sa volonté.</br> La cérémonie</br> Retour aux dates
1952
Louis Braille (1809-1852), professeur et inventeur de l’écriture pour les aveugles. Inhumé au Panthéon lors du centenaire de sa mort.</br> La cérémonie</br> Retour aux dates
1964
Jean Moulin (1899-1943), chef combattant de la Résistance.</br> « Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d’exaltation dans le soleil d’Afrique et les combats d’Alsace, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège… » (André Malraux)</br> La cérémonie</br> Retour aux dates
1987
René Cassin (1887-1976), juriste, résistant, prix Nobel de la paix. A l’origine de la création de L’UNESCO et auteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.</br> La cérémonie</br> Retour aux dates
1988
Jean Monnet (1888-1979), économiste, père de l’idée d’union européenne. Entre au Panthéon 100 ans après sa naissance.</br> La cérémonie</br> Retour aux dates
1989
L'abbé Baptiste-Henri, comte Grégoire (1750-1831), ecclésiastique, sénateur et comte d’Empire. Il fut un partisan de l’octroi de la citoyenneté française aux juifs et de l’abolition de l’esclavage. Inhumé lors de la commémoration du bicentenaire de la Révolution française.
Gaspard Monge, comte de Péluse, (1746-1818), mathématicien. Inventeur de la géométrie descriptive, il est le fondateur de l’École Polytechnique. Inhumé lors de la commémoration du bicentenaire de la Révolution française.
Marie-Jean-Antoine-Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet (1743-1794), philosophe, homme politique et mathématicien. Inhumé lors de la commémoration du bicentenaire de la Révolution française.</br> La cérémonie</br> Retour aux dates
1995
Pierre(1859-1906) et Marie(1867-1934) Curie, physiciens, prix Nobel de physique. Marie Curie a obtenu un deuxième prix Nobel en continuant ses travaux après la mort de son mari. </br> La cérémonie</br> Retour aux dates
1996
André Malraux (1901-1976), écrivain et ministre de la Culture du Général De Gaulle. </br> La cérémonie</br> Retour aux dates
2002
Alexandre Dumas (1802-1870), écrivain. </br> La cérémonie</br> Retour aux dates
[modifier] Les inscriptions
La patrie honore aussi ses fils en inscrivant leurs noms sur les murs du temple républicain.</br> De part et d'autre du monument à la Convention nationale on trouve :
- le nom des écrivains morts pour la France pendant la guerre de 1914-1918 (soit 562 dont Alain-Fournier, Apollinaire, Charles Péguy, Victor Segalen),
- le nom des écrivains morts pour la France pendant la guerre de 1939-1945 (soit 197 dont Saint-Exupéry, Pierre Brossolette, Robert Desnos, Max Jacob).
Au mur de la nef quelques incriptions de personnages ayant marqué l'Histoire de France par leur combat et leurs idées :
- Henri Bergson : Philosophe dont l'ouvre et la vie ont honoré la France et la pensée humaine
- Antoine de Saint Exupéry : Poète, romancier, aviateur, disparu au cours d'une mission de reconnaissance le 31 juillet 1944
- Toussaint Louverture
Dans la crypte, sont accrochées des plaques de bronze sur lesquelles on peut lire les noms des victimes de la révolution de 1830.
[modifier] Les cérémonies à l'occasion de transferts de cendres
[modifier] Mirabeau, samedi 2 avril 1791
Il meurt à Paris, le 2 avril 1791. Son corps est porté la nuit aux flambeaux au Panthéon, à travers le vieux Paris, aux sons formidables et inconnus d'instruments de musique imaginés par François-Joseph Gossec. L'édifice n'étant pas encore adapté à sa nouvelle destination, le cercueil est en fait déposé dans un caveau de l'ancienne église abbatiale.
Sa dépouille fut déposée à l'église Sainte-Geneviève, transformée en Panthéon par Quatremère de Quincy. Mais, en novembre 1792, la découverte de l'armoire de fer aux Tuileries livra la preuve des subsides qu'il avait touchés de la Cour… Le 25 novembre 1793, son cercueil était sorti du Panthéon par une porte latérale, tandis que celui de Marat franchissait la porte d'honneur. Dans son discours, David souligna cette simultanéité : « Que le vice, que l'imposture fuient du Panthéon. Le peuple y appelle celui qui ne se trompa jamais ». Les restes de Mirabeau n'ont jamais été retrouvés.<ref>Source : site internet de l'Assemblée nationale Assemblée nationale</ref></br> Ses cendres auraient été jetées aux égouts.
[modifier] Voltaire, lundi 11 juillet 1791
Cette décision des Révolutionnaires français de transférer les restes de Voltaire au Panthéon marque pour eux l'affirmation d'une filiation avec le siècle des Lumières. Pour Voltaire il s'agit sans doute d'une suggestion des Girondins, qui se réclamaient volontiers des idées du philosophe.</br> C'est sans doute aussi l'affirmation du Panthéon comme un temple laïque ; il faut se souvenir qu'à sa mort en 1778, ce franc-maçon, anticlérical, avait été enterré presque clandestinement, l'église catholique ayant refusé des obsèques religieuses.
La cérémonie</br> Treize ans après sa mort (30 mai 1778), la dépouille de Voltaire est transférée au Panthéon. La cérémonie est mise en scène par l'architecte Cellerier, adepte d'un style gréco-romain.</br> Une foule immense accompagne le cortège composé d'acteurs, d'ouvriers, de membres de l'Assemblée nationale, de magistrats, etc. Le clergé ne participe pas à la cérémonie. Après avoir été exposé à la Bastille, symbole de la révolution survenue deux ans auparavant, le cercueil de Voltaire est conduit au Panthéon. L'épitaphe porte ces mots: « Il combattit les athées et les fanatiques. Il inspira la tolérance, il réclama les droits de l'homme contre la servitude de la féodalité. Poète, historien, philosophe, il agrandit l'esprit humain, et lui apprit à être libre ».
La nuit précédant le convoi funèbre, le cercueil fut placé dans les ruines de la Bastille, prison où avaient été détenus Voltaire et d'autres ennemis de l'Ancien Régime. Le convoi vers le Panthéon, le lendemain, fut l'une des premières cérémonies révolutionnaires.
Le convoi funèbre était conduit par un détachement de cavaliers, suivi par les délégations des écoles, des clubs, des confréries et des groupes d'acteurs de théâtre. Puis venaient des ouvriers ayant pris part à la démolition de la Bastille, portant des boulets et des chaînes trouvés dans la prison. Quatre hommes en costume de théâtre classique soutenaient une statue dorée de Voltaire. Des acteurs brandissaient des bannières avec les titres de ses principaux ouvrages. Ensuite venait un coffre doré, contenant une édition complète de ses œuvres, récemment publiée, en 92 volumes.
Un orchestre complet précédait le sarcophage, tiré par douze chevaux blancs. Les parois étaient décorées de masques de théâtre, avec cette sentence: « Poète, historien, philosophe, il agrandit l'esprit humain, et lui apprit à être libre ».
Les membres de l'Assemblée nationale, les magistrats et le Conseil municipal de Paris suivaient le cercueil. Le convoi s'arrêta à l'Opéra, à l'Ancienne et à la Nouvelle Comédie, et vers minuit atteignit le Panthéon, où Voltaire fut placé dans sa dernière demeure.
Le musicien François-Joseph Gossec composa pour la cérémonie un hymne sur la translation du corps de Voltaire au Panthéon, poème de M.-J. Chénier, pour chant et cuivres (ou pour 3 voix choeur d'homme et orchestre d'harmonie).
La cérémonie coûta 36 868 livres dont 602 pour le banquet offert aux gardes nationaux ayant formés le cortège.
Peinture de Pierre-Antoine Demachy
[modifier] Jean-Paul Marat, lundi 25 novembre 1793
Son corps d'abord inhumé au couvent des Cordeliers est ensuite transféré au Panthéon.</br> Le peintre Jacques-Louis David fut chargé d'organiser de grandioses funérailles.</br> Tandis que son corps franchissait la porte d'honneur celui de Mirabeau était sorti par une porte latérale. Dans son discours, David souligna cette simultanéité : « Que le vice, que l'imposture fuient du Panthéon. Le peuple y appelle celui qui ne se trompa jamais ».</br> L'éloge suivant lui fut faite : « Comme Jésus, Marat aima ardemment le peuple et n’aima que lui. Comme Jésus, Marat détesta les rois, les nobles, les prêtres, les riches, les fripons et comme Jésus, il ne cessa de combattre ces pestes de la société ».</br> En février 1795, il est considéré comme traitre. Son cercueil retiré du Panthéon, tous les bustes le représentant sont brisés, jetés dans les égouts. Il repose désormais dans le cimetière de l'église saint-Étienne-du-mont proche du Panthéon.
[modifier] Jean-Jacques Rousseau, samedi 11 octobre 1794
Image:Jean-Jacques Rousseau (photo of his crypt).jpg
La Convention nationale prit un décret le 14 avril 1794 ordonnant la translation des restes de Rousseau au Panthéon. Robespierre, disciple fidèle du Genevois, s'est chargé de présenter à la Convention le décret qui doit asseoir la Révolution sur une base spirituelle et offrir au pays, pour remplacer les fêtes chrétiennes interdites, des cérémonies civiques où seront célébrés les dogmes de la morale nouvelle.</br> La cérémonie</br> Les cérémonies se déroulèrent les 9, 10 et 11 octobre. Un grand cortège gagna les Tuileries où une île factice avait été reproduite dans un grand bassin. Une veillée s'organisa toute la nuit autour de l'urne.
Voir la peinture d'Hubert Robert : Cénotaphe de J-J. Rousseau élevé au Jardin des Tuileries, en attendant la translation de ses cendres au Panthéon - nuit du 10 au 11 octobre 1794 - Musée Carnavalet.
Le lendemain un grand cortège conduisit les reliques de Rousseau au Panthéon sur des airs du Devin du village2.
[modifier] Victor Hugo, lundi 1er juin 1885
Le Panthéon sera au centre de ces funérailles que la jeune République organise comme un événement fondateur de la symbolique républicaine.</br> Quand, deux ans avant sa mort, Hugo ajoute un codicille à son testament : Je donne cinquante mille francs aux pauvres. Je désire être porté au cimetière dans leur corbillard. Je refuse l’oraison de toutes les églises, je demande une prière à toutes les âmes. Je crois en Dieu, il ne peut sans doute pas imaginer comment cette déclaration déiste va s'harmoniser avec la philosophie laïque et républicaine du gouvernement. Un corbillard des pauvres, certes, mais exposé sous l’Arc de triomphe, voilé de noir, trônant au sommet d’un gigantesque catafalque construit par Charles Garnier, l’architecte de l’Opéra de Paris.</br> Un comité est chargé d'organiser ces obsèques que le gouvernement décide nationales. Il comprend d’illustres noms, comme Renan, Garnier, Auguste Vacquerie, ami proche du défunt, et Michelin, président du conseil municipal de Paris. C'est un conseil dominé pa





