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Opus Dei

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L’Opus Dei – « Œuvre de Dieu » en latin – est une institution hiérarchique de l’Église catholique fondée le 2 octobre 1928 par un prêtre espagnol, Josémaria Escriva de Balaguer. En 1928, celui-ci est seul dans l’Opus Dei. En 1939, les fidèles de l’Opus Dei ne sont qu’une douzaine. En 1950, ils sont presque 3 000. À la mort du fondateur le 26 juin 1975 à Rome, leur nombre atteint 75 000. Encouragée dès le début par les autorités ecclésiastiques diocésaines, la croissance spectaculaire de l’Opus Dei nécessite dès les années 1940 une reconnaissance juridique venant de Rome. Celle-ci, accordée en 1947, n’empêche pas de violentes critiques contre la toute jeune institution de l’Église catholique de se poursuivre voire de s’intensifier dans les années 1950. Dès lors, il convient de s’interroger sur ce qu’est l’Opus Dei, sur les objectifs qu’elle poursuit, sur son organisation ainsi que sur les polémiques dont elle fait l’objet depuis maintenant 60 ans.

Sommaire

[modifier] Rappel historique : l’Opus Dei de 1928 à nos jours

L’histoire de l’Opus Dei est intimement liée à celle de son fondateur, Josemaria Escriva de Balaguer, jusqu’à la mort de celui-ci le 26 juin 1975 à Rome. C’est à Madrid que lors d’une retraite spirituelle, il voit le 2 octobre 1928 ce que Dieu attendait de lui : l’Opus Dei. À partir de ce jour, il se met à travailler avec toute l’intensité dont il est capable pour mener à bien cette mission : il continue son ministère sacerdotal, s’occupe des pauvres de la banlieue madrilène et commence à fréquenter des étudiants et des jeunes professionnels à qui il explique l’Opus Dei. Certains demandent à en faire partie. Pour eux, le fondateur est désormais "Le Père".

L’expansion de l’Opus Dei est freinée par l’éclatement de la guerre civile en Espagne en 1936. Le fondateur de l’Opus Dei se trouve alors à Madrid, dans la zone contrôlée par le gouvernement républicain légitime. Obligé de se cacher pendant des mois pour éviter la persécution religieuse, il n’en continue pas moins d’exercer son ministère dans la mesure de ses possibilités et souvent au péril de sa vie. Sur le conseil de ses disciples, il accepte de s’enfuir de Madrid pour rejoindre Burgos (en zone franquiste) et y poursuivre librement ses activités pastorales. En 1939, quand la guerre civile s'achève par la victoire des franquistes, soutenus par Hitler et Mussolini, il rentre à Madrid et se remet activement au travail, s’adonnant de toutes ses forces au développement de l’Opus Dei avec le soutien et l’encouragement de l’archevêque de Madrid, Monseigneur Leopoldo Eijo y Garay. Le nombre de fidèles de l’Opus Dei ne cesse d’augmenter et passe d’une douzaine en 1939 à 2954 dont 23 prêtres en 1950.

Dès 1946, Josemaria Escriva se fixe à Rome afin de préparer les documents nécessaires à la curie romaine pour donner à l’Opus Dei une structure juridique, ce qu’il obtient dès l’année suivante par une première approbation pontificale. De Rome, il s’occupe aussi du gouvernement et de l’expansion de l’Opus Dei dans le monde. Le rythme est impressionnant : en 1946, l’Œuvre s’implante dans le Portugal de Salazar, en Italie et en Grande-Bretagne, en 1947 vient le tour de la France et de l’Irlande, du Mexique et des États-Unis en 1949. Par la suite, l’expansion se poursuit et explique le fait qu’Escriva érige à Rome en 1948 le Collège romain de la Sainte-Croix puis en 1953 le Collège romain de Sainte-Marie pour les femmes. Dans ces collèges, prêtres et laïcs de l’Opus Dei reçoivent une solide formation philosophique et théologique. Devenu romain, Josemaria Escriva ne quitte la ville éternelle que pour rendre visite aux membres de l'Opus Dei, dispersés dans le monde entier. Il leur prodigue alors conseils et encouragements. En 1965, Josemaria Escriva est témoin des conclusions du concile Vatican II (1962 - 1965) confirmant et étendant à l’Église tout entière ce qu’il prêchait depuis 1928, l’appel universel à la sainteté. Entre 1970 et 1975, Josemaria Escriva, souffrant de ce qu'il considère comme une déformation de l’enseignement de Vatican II, entreprend de nombreux voyages à but catéchétique pour diffuser la doctrine catholique. Il parle alors devant des publics atteignant plusieurs milliers de personnes. Épuisé, il continue de mener un rythme intense de travail et de prière jusqu’au jour de son décès à Rome, le 26 juin 1975.

Son successeur, Alvaro del Portillo, fidèle à l’esprit de son fondateur, présente cette nouvelle période de l’histoire de l’Opus Dei comme celle de la « continuité ». En 1982, lorsque Jean-Paul II donne à l’Opus Dei son statut juridique définitif en l’érigeant en prélature personnelle (une sorte d'évêché, mais basé sur l'adhésion des fidèles et non une délimitation géographique), Alvaro del Portillo est nommé prélat.

L’expansion de l’Opus Dei se poursuit toujours et atteint dans les années 1980, Hong Kong, Singapour, Macao et Taiwan, la Suède, la Finlande, le Congo, la Côte d’Ivoire et le Cameroun. Dès la chute du mur de Berlin, des centres de l’Opus Dei s’ouvrent en Pologne, Hongrie et République tchèque. Alvaro del Portillo meurt à Rome le 23 mars 1994. Le travail qu’il laisse derrière lui est considérable. L’Opus Dei est devenu prélature personnelle, s’est étendu à 20 nouveaux pays. Alvaro del Portillo a suivi le procès de canonisation d’Escriva demandé par plusieurs milliers de personnes, dont environ 1/3 de l’épiscopat mondial. Il a assisté devant 300 000 pèlerins à la béatification du fondateur de l’Opus Dei par Jean-Paul II le 17 mai 1992 place Saint-Pierre.

Le successeur d’Alvaro del Portillo, Javier Echeverria Rodriguez, est l’actuel prélat de l’Opus Dei. Le 6 octobre 2002, avec 600 000 pèlerins, il assiste place Saint-Pierre, à la canonisation d’Escriva de Balaguer par Jean-Paul II.

[modifier] Organisation et pratiques

a) les fidèles de l'Opus Dei

L'Œuvre, basée à Rome, avance en 2004 environ 85 000 membres — dont 98 % de laïcs — répartis dans une soixantaine de pays. Ceux-ci se répartissent en diverses catégories :

  • tous les membres sont des laïcs, chrétiens ordinaires, à l'exception de ceux qui, pour les besoins des apostolats, se dirigent vers la prêtrise.
  • les numéraires, femmes ou hommes, sont principalement chargés de la formation des autres membres et de la direction des apostolats. Ils habitent habituellement dans des maisons (centres) de l'Opus Dei et vivent le célibat apostolique.
  • les numéraires auxiliaires sont des femmes dont le métier consiste à s'occuper des tâches ménagères des centres de l'Opus Dei ;
  • les agrégés, femmes et hommes, vivent également le célibat. Ils participent, dans une moindre mesure, aux charges de formation et de direction. Ils vivent soit avec leur famille, soit seuls.
  • les surnuméraires sont des laïcs, mariés ou se destinant au mariage, qui vivent la même vocation, mais avec une disponibilité plus limitée, à la suite de leurs obligations familiales ;
  • les coopérateurs sont des sympathisants, pas nécessairement catholiques ni même chrétiens. L'Opus Dei est la première institution catholique ayant intégré en son sein des coopérateurs non catholiques.

b) Organisation de l’Opus Dei


À tous les échelons, l’Opus Dei est organisée de façon hiérarchique. Son gouvernement s’exerce toujours collégialement.

1. Direction centrale

Le prélat de l’Opus Dei, actuellement, Javier Echeverria Rodriguez, est à sa tête. Il réside à Rome où il est assisté par un Conseil Général composé d’hommes et par un Conseil Central pour les femmes. Tous les 8 ans, un congrès général de la prélature se réunit afin de dresser un bilan du travail apostolique réalisé, de fixer les prochains objectifs et de procéder aux renouvellements ou aux nominations des membres des conseils.

2. Direction locale

Elle est composée d’abord de la commission régionale pour les hommes et du conseil régional pour les femmes, la région étant une entité territoriale se conformant ou non aux frontières étatiques. Le vicaire régional est le représentant du prélat dans sa région. Les membres des conseils régionaux sont nommés par Rome. Les conseils locaux de chaque centre sont composés d’un directeur laïc et d’au moins deux autres fidèles de l’Opus Dei. Ils s’occupent directement des activités pastorales.

[modifier] Dirigeants

[modifier] Les objectifs de l’Opus Dei

[modifier] Son message

Pedro Rodriguez, prêtre de l’Opus Dei, définit dans l’ouvrage L’Opus Dei dans l’Église le message transmis par Josemaria Escriva de Balaguer de la façon suivante :

« 

Dieu appelle cette foule de chrétiens :
a) d’une façon baptismale, c’est-à-dire qu’il les appelle à se configurer au Christ dans l’Église, à la sainteté ;
b) personnellement, c’est-à-dire non pas en masse mais un par un, chacun par son nom, vocavi te nomine tuo ;
c) au milieu de la vie ordinaire et, précisément à se sanctifier dans et à partir des réalités ordinaires de la vie qu’ils mènent, au nombre desquelles le travail humain, la réalité polyvalente des activités professionnelles et sociales se détachent et revêtent un caractère configuratif. » </blockquote>

Ce paragraphe résume le but poursuivi par l’Opus Dei : diffuser le message évangélique en encourageant chaque homme, personnellement, à chercher à devenir saint (le plus parfait possible) dans le cadre de ses activités quotidiennes, qu’elles soient professionnelles, sociales ou familiales. Dans son contenu, le message de l’Opus Dei est donc simple. Il rappelle que le Christ demande à tous les chrétiens de chercher à vivre la phrase de l’Évangile « Soyez parfait comme mon Père céleste est parfait ». Pour cela, il n’est pas nécessaire de s’éloigner du monde ou de réaliser des actes de bravoure inouïs. C’est dans le concret de la vie ordinaire que l’immense majorité des hommes et des femmes sont appelés par Dieu à se sanctifier en faisant de leur mieux pour L’aimer et servir leur prochain.

[modifier] Les activités

Innombrables sont les activités menées de façon personnelle par des fidèles de l’Opus Dei. Elles n’engagent qu’eux-mêmes et n’impliquent en rien la Prélature de l’Opus Dei.

En revanche, l’Opus Dei a pris l’initiative d’encourager certaines initiatives à caractère social ou éducatif. Il s’en porte moralement garant et prend en charge leur orientation chrétienne. Il s’agit alors d’œuvres collectives. En font partie L’Université de Navarre, fondée en 1952 à Pampelune, l’hôpital Monkole à Kinshasa, ou encore le Midtown Sports and Cultural Center, collège-lycée situé dans un quartier difficile de Chicago. Dans tous les cas, ces activités sont à but non lucratif. Il s’agit de participer par ces initiatives à la formation scolaire, médicale, sportive, des populations locales.

[modifier] Controverses autour de l'Œuvre

[modifier] Critiques par d'anciens membres

Quelques anciens membres, critiques, et d'autres personnes, appartenant pour certains à l'Église Catholique, affirment que l'Opus Dei agit en véritable secte à l'intérieur de l'Église, et considérent que l'Œuvre présente des caractéristiques qui s'apparentent à celles des sectes.

Il existe un bon nombre d'ex-membres qui écrivent des livres, ou des articles de presse, pour relater leur expérience de l'Opus Dei. Les éléments suivants, bien entendu sujets à caution, reviennent souvent dans ces témoignages d'anciens numéraires :

  • Captage et prosélytisme agressif d'adolescents, spécialement dans les [collèges dirigés par l'Opus Dei].
  • Encouragement des membres à rompre le contact avec leurs amis et leur famille au profit de contacts internes à l'Œuvre.
  • Contrôle absolu sur les activités quotidiennes des membres titulaires.
  • Manque de respect de la correspondance des numéraires, qui reçoivent fréquemment les lettres de leurs amis et de leur famille ouvertes et lues par les responsables des centres.
  • Autorisation nécessaire pour effectuer toute activité non prévue par l'Œuvre.
  • Contrainte, au moins psychologique, envers les membres qui souhaitent abandonner l'Opus Dei.
  • Obligation de verser tout le salaire à l'organisation et d'écrire son testament en sa faveur.

Malgré sa pleine adhésion à Vatican II, l'Opus Dei est souvent décrite comme un mouvement traditionaliste, politiquement proche de la droite conservatrice. On lui attribue en Amérique latine une influence considérable comme instrument de la lutte du Vatican contre la théologie de la libération.


Par ailleurs, l'Opus Dei ne cultivant pas la publicité, les informations à son sujet sont donc extrêmement fragmentaires. Ainsi les constitutions de l'œuvre, rédigées en 1950, n'ont été publiées qu'en 1986 grâce aux révélations d'anciens membres. Elles sont cependant depuis longtemps accessibles en latin sur son site internet officiel. Pour parer aux informations pouvant donner à penser que l'action de cette institution était loin d'avoir toujours été exemplaire et s'exonérer de l'image de vaste société secrète complotant pour la domination du monde, les responsables de l'Opus Dei ont consenti à un important effort de communication à l'occasion de la béatification de Josémaria Escriva.

Selon Luc Nefontaine, le discours de l'Opus Dei est davantage centré sur le droit canon, le dogmatisme et la soumission à l'autorité hiérarchique que sur l'étude des Évangiles, que les membres sont pourtant invités à méditer et vivre quotidiennemnt.

[modifier] L'Opus Dei et le pouvoir

Son goût de la discrétion lui a valu une réputation de lobbying auprès des instances politiques et d'infiltration au sein d'autres organes de l'Église.

  • L'un des soupçons vis-à-vis de l'œuvre est celui de l'évangélisation des peuples par l'intermédiaire des classes dirigeantes : « Cuius regio, eius religio » (« celui qui gouverne un pays détermine sa religion »), mais ce principe n'apparaît nulle part dans les publications de l'institution. Malgré la directive officielle de s'abstenir de toute intervention politique, l'organisation est soupçonnée d'exercer de discrètes influences dans les milieux dirigeants. Elle serait toujours influente auprès de la droite espagnole en particulier, même si cette réputation semble non prouvée.
  • L'œuvre est également critiquée pour son élitisme. On la dit très active auprès des étudiants des grandes universités où elle tente de recruter les futurs dirigeants afin d'asseoir son influence sur les sociétés.
    • Selon le cardinal John O’Connor, ancien archevêque de New York, aujourd’hui décédé, « Je crois qu’il est important de chasser l’idée, une idée dont vous avez l’habitude et qui frôle la calomnie, que l’Opus Dei privilégie seulement les riches et les intellectuels. »
    • Le cardinal Albino Luciani a déclaré, un mois avant d’être élu pape sous le nom de Jean Paul Ier : « L’extension, le nombre et la qualité des membres de l’Opus Dei ont fait penser à je ne sais quelles ambitions de pouvoir ou je ne sais quelle obéissance aveugle et grégaire. La vérité est autre : il n’y a que le désir de faire des saints, mais dans la joie, avec un esprit de service et une grande liberté ».
  • D'après des critiques de l'Opus Dei, le titre de prélature personnelle (attribué en 1982) permet à l'Opus Dei de dépendre directement de Rome sans être soumise aux évêques locaux, ce qui correspond de facto à un statut d'extraterritorialité (à l'égard de la hiérarchie catholique locale) et donc à n'avoir de compte à rendre à personne excepté au pape lui même.
    • Les membres de l'Opus Dei, dans la vie courante et paroissiale, restent tout de même sous l'autorité de leur évêque local.
    • La "prélature personnelle" est une des multiples formes d'organisation des fidèles prévues par le droit canonique. Ainsi, à côté du diocèse qui est la forme habituelle, il existe aussi des prélatures territoriales, des administrations apostoliques, des vicariats apostoliques, des préfectures apostoliques, des missions sui juris, etc. la plupart étant destinée aux territoires de Mission. Le qualificatif "personnelle" signifie que cette prélature n'a pas de juridiction sur un territoire pariculier (c'est la cas des diocèses ou des prélatures territoriales) mais sur des personnes indépendamment du territoire sur lequel elles résident. La juridiction personnelle du prélat de l'Opus Dei sur les membres de la prélature se cumule avec la juridiction ordinaire, territoriale, de l'évêque du lieu.
    • Par ailleurs, l'autorisation de l'évêque du lieu est toujours nécessaire pour l'ouverture d'un centre de l'Opus Dei.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Ouvrages

  • L'Opus Dei, Dominique Le Tourneau etc. – 6e édition refondue – Paris : Presses universitaires de France, 2004.
  • Opus Dei : l’enquête, Vittorio Messori ; traduction par Lise Bossi – 2e édition, révision et augmentation – Paris : C. Vigne, 1995.
  • Au pas de Dieu : Josemaría Escrivá, fondateur de l’Opus Dei, François Gondrand – 3e édition révision et correction - Paris : Édition France-empire, 1991.
  • Le Tourneau, Dominique, L’Opus Dei, collection Que sais-je ?, n° 2207, 6e édition, Paris, P.U.F., 2004.
  • Mazery, Bénédicte et Patrice (des), L’Opus Dei Enquête sur une église au cœur de l’Eglise, édition Flammarion, 2005.
  • Patrice de Plunkett, L'Opus Dei, enquête sur le "monstre" , Presses de la Renaissance, 2006.

[modifier] Liens externes

Les controverses citées plus haut expliquent que les sites web se partagent clairement entre défenseurs et opposants à l'Opus Dei. Les deux listes reprises ci-dessous suivent ce découpage.

[modifier] Favorables à l'Opus Dei

[modifier] De l'Opus Dei elle-même

[modifier] Critiques sur l'Opus Dei

Il fournit des documents "secrets"

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