Noces de Cana
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Les noces de Cana est un événement relaté dans la Bible. Il n'est présent que dans l'Évangile selon Jean et n'est pas rapporté par les évangiles synoptiques.
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[modifier] L'Histoire
Dans le pays de Galilée, se trouve la ville de Cana. Ce jour là, on y fête un mariage. Marie, la mère de Jésus, Jésus et ses disciples sont invités à la noce.
On ne sait pourquoi, mais à un certain moment, le vin vient a manquer. La mère de Jésus le lui dit et Jésus répond: « Que me veux-tu, femme ? Mon heure n'est pas encore venue. ». Elle dit alors aux serviteurs : « Quoi qu'il vous dise, faites-le. »
Sur place, se trouvaient six jarres qui servaient à la purification des Juifs. Jésus dit aux serviteurs de remplir les jarres d'eau et de les porter au maître du repas. Ils lui en portèrent et il goûta l'eau devenue vin. Il dit alors au marié : « Tout le monde offre d'abord le bon vin et, lorsque les convives sont gris, le moins bon ; mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à maintenant ! »
[modifier] Sens symboliques
Le miracle de Cana est le premier de Jésus, c'est dire toute son importance symbolique et sa portée spirituelle. Il s'agit pour Jésus de convaincre ses disciples de sa divinité. Un des élément important concerne l'endroit où l'eau fut changée en vin : dans des jarres en grès qui servaient aux ablutions.
À l'époque de Jésus, ce sont les pharisiens qui dictaient au peuple les rituels d'ablution (en entrant dans une maison, avant de passer à table ...). Ils étaient alors très nombreux et très influents et enseignaient ces pratiques comme nécessaire à la pureté. Ils pratiquaient eux-mêmes ses ablutions avec un soin tout particulier, par exemple en se lavant les mains jusqu'aux coudes de façon très précise et superstitieuse. Le fait que Jésus et ses disciples ne respectaient pas scrupuleusement ces consignes fût l'occasion pour eux de lui reprocher. Mais Jésus leur faisait remarquer que c'est une attitude hypocrite et que la pureté réside à l'intérieur même de l'homme.
Les jarres prennent ainsi tout leur sens, représentant les Hommes : chargés d'un contenu contraignant (l'eau destinée aux ablutions) qui devient une source de réjouissance (vin destiné à la noce). D'une certaine façon, Jésus déclare qu'il est venu donner la vraie purification aux pécheurs, et gratuitement. Remplaçant avantageusement un rituel fait d'eau et de superstition par le sang expiatoire de son sacrifice, symbolisé ici par le vin.
[modifier] Le texte de l'Évangile selon Jean
- « Le troisième jour, il y eut une noce à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi fut invité à la noce ainsi que ses disciples. Le vin venant à manquer, la mère de Jésus lui dit « Ils n’ont pas de vin ». Jésus lui dit « Que me veux-tu, femme ? Mon heure n’est pas encore venue ». Sa mère dit aux serviteurs : « Faites ce qu’il vous dira ».
- « Or il y avait là six jarres de pierre, pour les purifications des Juifs, contenant chacune deux ou trois mesures. Jésus dit aux serviteurs : « Remplissez d’eau ces jarres ». Ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit : « Puisez maintenant et portez-en au maître d’hôtel ». Ils lui en portèrent. Quand le maître d’hôtel eut goûté l’eau devenue du vin - il en ignorait la provenance, mais les serveurs la savaient, eux qui avait puisé l’eau - il appelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert d’abord le bon vin et, quand les gens sont ivres, alors le moins bon ; toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent ».
- « Tel fut le commencement des signes de Jésus ; c’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui ». (Évangile selon Jean, 2,1-11).
[modifier] Les Noces de Cana en peinture
Le thème des « Noces de Cana » a toujours beaucoup inspiré les peintres. L'un des tableaux les plus célèbres sur ce thème a été peint à Venise pour le réfectoire - construit par Andrea Palladio - du monastère bénédictin de San Giorgio Maggiore (en face du Palais des Doges) en 1562-1563, par l'un des plus grands - avec Le Titien et Le Tintoret - peintres vénitiens, Paolo Caliari dit Véronèse, alors que celui-ci avait 35 ans. Véronèse y a représenté une scène bibilique dans le cadre d'une fête vénitienne, mêlant les personnages de la Bible et des figures contemporaines. On peut, parait-il, y reconnaître quelques-uns des plus grands souverains de l'Europe : le roi de France François Ier, l'empereur Charles-Quint, le sultan ottoman Soliman II le Magnifique, la reine Marie d' Angleterre, les seigneurs et les dames les plus illustres par leur valeur et leur beauté, Éléonore d'Autriche, Alphonse d'Avalos, les cardinaux Bernardo Navagero et Charles de Lorraine, ainsi que, Le Titien, Bassano et Véronèse lui-même parmi les musiciens, Pierre L'Arétin en maître de cérémonie.
Le tableau lui a été commandé dans le cadre des travaux de reconstruction du couvent. Dans le réfectoire, il surplombait la chaire d'où l'abbé faisait la lecture pendant le repas, ce qui obligeait les regards à converger vers lui. Il est peint sur toiles car les fresques se conservait très mal à Venise en raison du haut degré de salinité. La représentation d’un banquet semble tout à fait logique dans le cadre d’un réfectoire. Véronèse s'est vraisemblablement inspiré, pour la mise en scène de son tableau d'un texte de L'Arétin, qui rédigea en 1535 les Quatre livres de l'humanité du Christ - ouvrage de vulgarisation de l'histoire sainte - dans lequel celui-ci indique des détails (que l'on retrouve dans le tableau) qui ne figurent pas dans le texte de saint Jean.
La scène se déroule sur une sorte de terrasse surplombée par une balustrade et une esplanade contre laquelle s'appuyent des personnages. On aperçoit sur la droite et la gauche du tableau des monuments, et l'on peut voir que ceux-ci relèvent de différents styles architecturaux : colonnes doriques, puis corinthiennes, enfin composites. Une tour à plan carré a été placée au centre du tableau, légèrement sur la droite, afin de rompre la symétrie qui, sans elle, serait trop écrasante. Sur cette terrasse est dressée un grande table, autour de laquelle sont installés les convives en grand nombre (on en compte 132), entourés par les serviteurs. Curieusement, ce ne sont pas les mariés qui occupent le centre de la scène, mais le Christ, qui a, à sa droite la Vierge Marie et Pierre, et, à sa gauche, André, Philippe et Barthélemy, en habit de pèlerins. Les mariés sont exilés en bout de table à gauche. Véronèse mêlant le sacré et le profane, le sujet religieux disparaît quelque peu dans l'éblouissement de cette fête princière. Les symboles religieux annonçant la Passion du Christ côtoient une vaisselle d'argent et une orfèvrerie luxueuses du XVIe siècle. Il a apporté un soin particulier à tous les détails et cette minutie contribue à faire de ce tableau un chef d'œuvre, et l'une des œuvres majeures de la Renaissance.
Ce tableau est actuellement exposé au musée du Louvres à Paris, faisant face à la Joconde de Leonard de Vinci.
Parmi les autres peintres qui ont représenté cet épisode des Noces de Cana dans un tableau, on peut citer : Giotto (début du XIVe siècle), Léonard de Vinci (œuvre perdue ou détruite), Gérard David (v. 1501-1502), Giuseppe Maria Crespi (Lo Spagnuolo) (v. 1587-1588),
[modifier] Lien interne
- Voir l'article : Les Noces de Cana (Véronèse).de:Hochzeit zu Kana

