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Napoléon Ier

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Napoléon Ier
Image:Ingres, Napoleon on his Imperial throne.jpg
Napoléon sur son trône impérial
par Ingres
Naissance 15 août 1769 </br> Ajaccio, en Corse
Décès 5 mai 1821 </br> île Sainte-Hélène
Pays
Titre Empereur des Français
(1804 - 1814)
Dynastie {{{dynastie}}}
Grade militaire
Arme
Service de {{{débutdecarriere}}} à {{{findecarriere}}}
Couronnement 2 décembre 1804
Investiture
Prédécesseur (Consulat)
Successeur (Restauration) Louis XVIII
Conflits
Commandement
Faits d'armes Il conquit et gouverna la plus grande
partie de l’Europe continentale
Distinctions
Hommage
Autres fonctions
Fils de Charles Marie Bonaparte
et de
Maria Letizia Ramolino
Conjoint Joséphine de Beauharnais
puis
Marie-Louise d’Autriche
Enfants Napoléon II (1811-1832)
Maîtresses Marie Waleska, Catherine Éléonore Denuelle de la Plaigne

Napoléon Bonaparte (né le 15 août 1769 à Ajaccio, en Corse ; mort le 5 mai 1821 sur l'île Sainte-Hélène), général de la Révolution française<ref>Pierre Larousse dans son dictionnaire donne la définition suivante : Bpnaparte, - le nom le plus grand, le plus glorieux, le plus éclatant de l’histoire, sans excepter celui de NAPOLÉON, général de la République française, né à Ajaccio (île de la Corse), le 15 août 1769, mort au château de Saint-Cloud près de Paris, le 18 brumaire, en l’an VIII de la République française, une et indivisible (9 novembre 1799). » et il rajoute, dans la droite ligne des encyclopédistes : « Ce début, qui va faire dresser plus d’une oreille, montre tout simplement qu’en toutes choses nous aimons les situations tracées ; et les oreilles reviendront à leur état normal quand nous aurons dit que nous voyons deux hommes, aussi bien que deux noms, en Napoléon Bonaparte : Bonaparte et Napoléon ; le général républicain, l’écolier de Brienne, le brillant officier de Toulon, le convive républicain du Souper de Beaucaire, le vainqueur d’Arcole, etc. ; puis le colosse d’Austerlitz, le maître de l’Europe, le vaincu de Waterloo, le prisonnier de Sainte-Hélène. Oui, il y a deux hommes en cette personnalité, en cet être si singulièrement doué, dont le double nom et le double visage, d’un caractère tout particulier, se sont trouvés admirablement appropriés au double rôle qu’il a joué dans le monde. Auguste a beau s’appeler Octave ; Octave a beau se nommer Auguste ; c’est toujours le même homme, rusé, timide, hypocrite, astucieux, reniant ses amis quand son intérêt lui commande de les sacrifier. Ici, nous le répétons, nous avons un homme distinct, en même temps que deux noms séparés.</ref>, dirigea la France à partir de la fin de l’année 1799 ; il fut Premier consul du 10 novembre 1799 au 18 mai 1804 puis Empereur des Français, sous le nom de Napoléon Ier, du 2 décembre 1804 au 3 avril 1814, puis du 20 mars au 22 juin 1815. Il a aussi été président de la République italienne de 1802 à 1805, puis roi d’Italie du 17 mars 1805 au 11 avril 1814, mais encore médiateur de la Confédération suisse de 1803 à 1813 et protecteur de la Confédération du Rhin de 1806 à 1813. Il conquit et gouverna la plus grande partie de l’Europe continentale et plaça les membres de sa famille sur les trônes de plusieurs royaumes européens : Espagne, Naples, Westphalie et Hollande.</br> Napoléon tenta de mettre un terme à la série de guerres que menaient les monarchies européennes contre la France depuis 1792, et face aux diverses coalitions montées et financées par la Grande-Bretagne (qui est devenue le Royaume-Uni en 1801), l’épopée impériale prit fin en 1815.

L’historien Steven Englund écrivit « le ton (…) qui convient le mieux pour parler de Napoléon serait (…) une admiration frisant l’étonnement et une désapprobation constante frisant la tristesse. »</br> Elie Faure, dans son ouvrage Napoléon qui a inspiré Abel Gance, le compare à un prophète des temps modernes.

Hudson Lowe, geôlier de Napoléon à Sainte-Hélène, devant son lit de mort, a déclaré :
« 

Messieurs, c’était le plus grand ennemi de l’Angleterre, c’était aussi le mien. Mais je lui pardonne tout. À la mort d’un si grand homme, on ne doit éprouver que tristesse et profond regret. » </blockquote>

Sommaire

[modifier] Biographie

[modifier] Jeunesse et ascension dans l’armée

[modifier] Naissance de Napoléon

Napoléon Bonaparte naquit à Ajaccio en Corse, le 15 août 1769, un an après l’achat par la France de l’île à Gênes (1768). Issu d’une famille faisant partie de la petite noblesse corse fière mais peu fortunée (d’origine toscane), il était le deuxième enfant de Charles Marie Bonaparte, avocat au Conseil Supérieur de l’île, et de Maria Letizia Ramolino.

L’origine toscane de sa famille a fourni un prétexte à certains de ses adversaires pour le nommer Buonaparte, alors même que son nom était bien Bonaparte.

Image:Searchtool.svg Voir l’article Naissance de Napoléon Bonaparte.

[modifier] La formation militaire

En 1777, Charles Bonaparte fit partie de la députation que l’Assemblée générale des États de la Corse envoyée à Versailles auprès du roi Louis XVI. C’est à cette occasion, et par l’influence de M. de Marbeuf, évêque d’Autun, neveu du lieutenant-général Charles Louis de Marbeuf, lequel avait des obligations à la famille Bonaparte, que Charles obtint pour son fils Napoléon une bourse à l’École royale militaire de Brienne-le-Château (Aube).

Image:Searchtool.svg Voir l’article Études de Napoléon Bonaparte.

En janvier 1778, Napoléon fut amené provisoirement par son père au collège d’Autun ; il avait alors neuf ans et demi. Son père s’arrangea pour qu’il suive des études sur le continent, où Napoléon s’établit, en compagnie de son frère aîné Joseph.

Charles Bonaparte ayant fourni les preuves de noblesse exigées par les règlements pour l’admission des élèves à l’École militaire de Brienne, Napoléon y entra le 23 avril 1779. C’est l’un des douze collèges de France qui accueillent les enfants de la noblesse pauvre. Il va y rester cinq ans. Bon élève, Bonaparte n’est pas très aimé de ses camarades. Il montre déjà une propension à l’art du commandement, en organisant des jeux militaires dont il prend la tête.

Image:Searchtool.svg Voir l’article Napoléon Bonaparte en 1784 et 1785.

En 1784, son mari étant mort et malgré les bourses accordées, la mère de Napoléon éprouve des difficultés à financer les études de tous ses enfants : son fils Joseph étudie le droit, Lucien entre au séminaire d’Aix-en-Provence et ses sœurs sont éduquées par Mme Campan. Napoléon Bonaparte, qui doit donc trouver un revenu rapidement pour soulager sa famille, est jugé apte à passer l’examen d’entrée à l’École militaire de Paris, afin de parfaire sa formation. Il y entre comme cadet gentilhomme le 22 octobre. Étudiant le Traité de mathématiques de Bezout jour et nuit, il conclut sa formation en 10 mois au lieu des 4 années standard et, en septembre 1785, il entre avec son ami Grenier dans l’artillerie, au sein du Régiment de La Fère, à Auxonne. Il est alors affecté comme lieutenant en second à Valence en 1787.

[modifier] Les premières armes

Image:Searchtool.svg Voir l’article Napoléon Bonaparte de 1785 à 1793.

Lorsque la Révolution éclata en 1789 le lieutenant Bonaparte était présent à Paris et fut spectateur de l’invasion des Tuileries par le peuple. Napoléon retourna en Corse à plusieurs reprises où les luttes de clans avaient repris. Les paolistes soutenaient la monarchie modérée à l’anglaise, et les Bonaparte soutenaient la Révolution. Napoléon se fit élire à la tête de la Garde nationale en 1792 en arrachant de force l’accord du commissaire du gouvernement. Mais l’exécution du roi provoqua une révolte des indépendantistes.

Une guerre civile éclata et la famille de Napoléon, dont la maison a été mise à sac par les paolistes, est contrainte de quitter l’île précipitamment à destination de Toulon, le 10 juin 1793. Lorsque Napoléon Bonaparte débarque avec sa famille en France à l’été 1793, le Midi est en pleine révolte contre la Convention, et les Britanniques occupent Toulon.

Image:Searchtool.svg Voir l’article Napoléon Bonaparte de 1793 à 1795.

Bonaparte soutient la Révolution, et est envoyé en 1793, en tant que capitaine d’artillerie, au siège de Toulon qui s’est livré aux Britanniques. Le plan qu’il soumet au général Dugommier permet la reprise de la ville aux troupes royalistes et britanniques.

C’est à Toulon qu’il fait la connaissance d’Augustin Robespierre — le frère de Maximilien — et qu’il entame une relation avec lui.

En décembre 1793, Bonaparte est chargé de commander l’artillerie qui va attaquer la ville. Il manœuvre avec une telle adresse qu’il décroche pour cet exploit le titre de Général de Brigade. Après cette brillante victoire, on propose à Bonaparte de prendre le commandement d’une brigade sous l’autorité de Lazare Hoche contre les insurgés de l’ouest. Bonaparte refuse et se rend à Paris.

À partir de 1793, Napoléon Bonaparte commence son irrésistible ascension. De Toulon, où il fait ses premières armes, à l’Italie, où il galvanise ses soldats et remporte de brillantes victoires, il est désormais en marche pour une destinée hors du commun.

Ses amitiés avec les Jacobins (relation avec Augustin Robespierre) lui valent d’être brièvement arrêté après la chute de Robespierre le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794).

[modifier] Le 13 Vendémiaire, le mariage et l’armée d’Italie

Image:Searchtool.svg Voir l’article Napoléon Bonaparte en 1795 et 1796.

Libéré, il végète un temps sans commandement effectif, puis Barras lui offre de combattre l’insurrection royaliste de Vendémiaire contre la Convention en 1795. À cette occasion, Bonaparte eut sous ses ordres un jeune officier, Joachim Murat, son futur beau-frère. L’opération fut un succès, la canonnade de Saint-Roch dispersant les forces royalistes. Quelques jours plus tard, Bonaparte est promu général de division, puis est nommé commandant de l’armée de l’intérieur, succédant à Barras qui devient l’un des 5 membres du directoire : une promotion d’une rapidité étonnante.

Officier d’artillerie de formation, il innove vers cette époque dans l’utilisation de l’artillerie (canon de Gribeauval) comme force mobile d’appui des attaques d’infanterie.

[modifier] Campagne d’Italie

Image:Searchtool.svg Voir l’article Campagne d'Italie (1796-1797).

Nommé le 2 mars 1796 commandant en chef de l’armée d’Italie de 40 000 hommes mal nourris et mal vêtus, il entraîne ses hommes et bat à plusieurs reprises l’armée autrichienne du général Beaulieu plus nombreuse et mieux équipée : Montenotte, Lodi, ou Arcole — où Napoléon mène lui-même l’assaut, sous la pluie de feu qui tue son ami et aide-de-camp Muiron. Il bat également l’armée sarde à la bataille de Millesimo et de Mondovi en avril 1796. Les sardes, vaincus, demandent un armistice, qui sera signé à Cherasco, le 28 avril 1796. En 18 jours d’une activité prodigieuse, Bonaparte a battu deux armées, remporté de nombreuses victoires, qui vont assurer sa popularité en France.

Du côté autrichien, Beaulieu a été relevé de son commandement pour être remplacé par Wurmser qui est vaincu à son tour par Bonaparte à la bataille de Castiglione (août 1796) et à la bataille de Bassano (septembre 1796). Suite à cette défaite, Wurmser est remplacé par Alvinczy qui est, à son tour, vaincu à la bataille d’Arcole (novembre 1796). En janvier 1797, Alvinczy revient avec une armée de 45 000 hommes en Italie et est battu de nouveau à la bataille de Rivoli (janvier 1797) et est obligé de capituler le 2 février 1797. Au printemps, Bonaparte bat l’armée autrichienne de l’archiduc Charles sur Le Tagliamento (mars 1797) puis à la bataille du col de Tarvis (avril 1797) et encore à la bataille de Neumarkt (avril 1797). Suite à cette dernière défaite, les Autrichiens demandent un armistice.

Durant la campagne d’Italie, Bonaparte perçoit la valeur d’un officier encore anonyme, Lannes. Durant ces batailles, les peintures d’époque de son quartier général montrent qu’il utilisa (comme tous les généraux de la Révolution) le premier système de télécommunications au monde, le sémaphore de Chappe. L’Autriche, dirigée par l’Archiduc Charles, dut négocier un traité défavorable à Campo-Formio en octobre 1797.

En Italie, le général Bonaparte prend conscience de ses forces et de la situation qui est la sienne. Il règne sur les champs de bataille et a la faveur du public (italien comme français) : une petite cour se forme autour du général républicain à Milan. En 1797, par le truchement du général Augereau, Bonaparte organisa une manœuvre politique qui permit d’écarter plusieurs royalistes du pouvoir à Paris et de préserver la république jacobine.

[modifier] Campagne d’Égypte

Image:Antoine-Jean Gros - Bonaparte visitant les pestiférés de Jaffa.jpg

Image:Searchtool.svg Voir l’article Campagne d'Égypte.

À son retour d’Italie, en octobre 1797, Bonaparte, tout auréolé de ses victoires, persuade le directoire de porter la guerre en Égypte, où il pourra couper à la Grande-Bretagne la route des Indes. En 1798, inquiet de la popularité de Bonaparte, le Directoire, sous prétexte de barrer aux Britanniques la route des Indes, le charge d’envahir l’Égypte trop content de se débarrasser de ce bouillant et très encombrant général !

Le 23 février 1798, le projet est présenté à Barras. En avril 1798 est créée l’Armée d’orient, celle-ci placée sous les ordres de Bonaparte. Admirateur du Siècle des Lumières, Bonaparte décide d’emmener des scientifiques, et fonde l’Institut d’Égypte. Il est en outre accompagné du général Kléber. Découverte par un jeune officier du génie, Pierre-François-Xavier Bouchard, la pierre de Rosette permettra à Jean-François Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes.

Le 19 mai 1798, Bonaparte quitte Toulon avec le gros de la flotte française et arrivera à échapper à la poursuite de la flotte britannique de Nelson pendant toute la durée de la traversée qui se termine le 1er juillet 1798 à Alexandrie où les français débarquent sans coup férir. Au passage, les Français s’emparent de Malte, le 10-11 juin 1798, Bonaparte en ayant le plus grand besoin pour assurer les communications ultérieures avec la métropole. Le 19 juin 1798, après avoir laissé une garnison de 3 000 hommes sur place, la flotte met le cap sur Alexandrie qu’elle atteindra le 1er juillet 1798. Après une courte résistance, la ville est prise le 2 juillet 1798.

Bonaparte laisse 3 000 hommes à Alexandrie et commence à remonter le Nil. Le premier véritable combat de la campagne d’Égypte a lieu à Chebreïs le 13 juillet 1798 où les cavaliers mamelouks sont défaits, grâce à l’artillerie de l’armée d’Orient. Le 21 juillet 1798, à la bataille des Pyramides de Gizeh, Bonaparte bat à nouveau l’armée des mamelouks. Le 24 juillet 1798, Bonaparte et son armée entre triomphalement au Caire. Les 1er et 2 août 1798, la flotte française est presque entièrement détruite à Aboukir par les navires de Nelson. Désormais, les Britanniques sont maîtres de la Méditerranée et Bonaparte est prisonnier de sa conquête. Suite à cette défaite, les Turcs,le 9 septembre 1798, déclarent la guerre à la France. Il faut rappeler qu’à cette époque l’Égypte fait partie de l’empire ottoman comme la majorité du Moyen-Orient.

Pendant qu’il décide de faire de l’Égypte un véritable état capable de vivre en autarcie, Bonaparte envoie le général Desaix poursuivre Mourad Bey jusqu’en Haute-Égypte, complétant ainsi la soumission du pays. Poussé par les Britanniques et les Turcs, les mamelouks survivants travaillent la population du Caire qui se révolte le 21 octobre 1798 contre les Français. Cette révolte est impitoyablement réprimée par les troupes. Le calme revient et Bonaparte rétablit la situation en décrétant finalement une amnistie générale, non sans avoir fait couper bon nombre de têtes exhibées à la foule terrorisée et canonné la Grande Mosquée du Caire.

En février 1799, Bonaparte se déplace en Syrie pour affronter les troupes ottomanes que le sultan a envoyé pour attaquer les Français en Égypte. Le 10 février 1799, Bonaparte quitte le Caire avec son armée et bat les Turcs aux combats d’El-Arich et de Gaza. Le 7 mars 1799, la ville de Jaffa est prise et pillée par les Français. C’est à ce moment-là que la peste apparaît dans les rangs des Français.

Le 19 mars 1799, Bonaparte met le siège devant Saint-Jean d’Acre. Le 13 avril 1799, les cavaliers de Junot mettent en déroute les cavaliers ottomans à la bataille de Nazareth et le 16 avril 1799, Bonaparte et Kléber écrasent l’armée turque de secours envoyé par le sultan pour libérer le siège de Saint-Jean d’Acre à la bataille du mont Thabor. Bien que victorieuse à cette bataille, le 16 avril 1799, l’expédition en Syrie sera décimée par la peste puis arrêtée à Acre. Bonaparte règle de manière expéditive le sort des pestiférés de Jaffa.

De retour à Acre, Bonaparte essayera en vain du 24 avril au 10 mai 1799 de prendre la ville. Le 17 mai 1799, Bonaparte décide d’abandonner le siège et retourne en Égypte. Le 14 juin 1799, il arrive au Caire et, dans un retournement de situation, bat les Turcs le 25 juillet 1799 à la bataille d’Aboukir.

La situation du Directoire lui paraissant favorable à un coup de force, Bonaparte, qui n’a plus qu’une armée de terre affaiblie, ayant perdu sa marine, abandonne le commandement de l’armée d’Égypte à Kléber.

[modifier] Retour à Paris, situation de la France

Image:Searchtool.svg Voir l’article Retour de Napoléon Bonaparte à Paris en 1799.

Il rentre en France, le 23 août 1799, en catimini, à bord de la frégate La Muiron, abandonnant au général Kléber une armée diminuée et malade . Il débarque à Fréjus le 9 octobre 1799 après avoir miraculeusement échappé aux escadres britanniques pendant les 47 jours de la traversée.

Sur le chemin qui le mène à Paris, il est acclamé par la population. Kléber se révélera un excellent administrateur et le 20 mars 1800, il réalisera l’exploit de vaincre les Turcs à la bataille d’Héliopolis. Cette victoire permet à la France de conserver l’Égypte, mais Kléber meurt assassiné, le 14 juin 1800 au Caire, le jour où Napoléon gagne de justesse la bataille de Marengo en Italie, grâce à la charge héroïque de Desaix, qui est tué lors de l’assaut.

Le successeur de Kléber, le général Menou capitulera le 31 août 1801 devant les forces turco-britanniques après avoir perdu 13 500 hommes, principalement victimes des épidémies au cours des négociations de paix. Les soldats français restants sont rapatriés sur les vaisseaux britanniques vers la France.

[modifier] Le Consulat

Image:Searchtool.svg Voir l’article Consulat (Histoire de France).

[modifier] Le coup d’État

Arrivé dans la capitale, le général s’entretient avec Talleyrand, homme politique d’expérience et fin connaisseur des forces en jeu.

Image:Searchtool.svg Voir l’article Coup d'État du 18 brumaire.

Le schéma du coup d’État du 18 Brumaire (9 novembre 1799) (cf. l’article) prévoit les opérations suivantes : Bonaparte aura le commandement en chef de l’armée pour le maintien de l’ordre dans Paris et dans les assemblées. On envisage de déplacer les assemblées à Saint-Cloud sous le prétexte d’un péril jacobin. En effet, depuis 1789, les assemblées se trouvent toujours sous la menace de la population parisienne.

L’essentiel des événements se déroule le 19 brumaire à Saint-Cloud. Les révisionnistes avaient envisagé une démission collective des cinq directeurs, mais les assemblées ont du retard car cette idée ne fait pas l’unanimité ; Bonaparte s’impatiente et décide d’intervenir.

Il tient un discours maladroit devant le Conseil des Cinq-Cents, discours très mal perçu par les députés qui l’accusent de vouloir instaurer la dictature. Bonaparte est alors contraint de quitter l’assemblée. Mais il prend rapidement la situation en main avec l’aide de son frère Lucien qui préside les cinq-cents. Lucien évite que Napoléon soit mis en cause par les députés qui veulent voter pour mettre hors-la-loi Bonaparte. Lucien retarde le vote et va chercher Murat qui vient avec la troupe et met de l’ordre dans les assemblées, disant que certains députés voulaient poignarder Bonaparte pour justifier une intervention de l’armée.

Les représentations des députés sortant par les fenêtres et voulant poignarder Napoléon sont très répandues. Bonaparte est de fait l’homme fort de la situation, qui fait basculer un coup d’État parlementaire en un coup d’État militaire.</br> Mais Bonaparte reste attaché aux formes juridiques et dans la soirée du 19 Brumaire, les députés restent à Saint-Cloud pour voter la décision de nommer deux commissions pour préparer une nouvelle constitution. On constate alors une volonté d’appuyer le régime sur le vote des représentants du peuple.

Le 20 Brumaire les trois Consuls sont désignés : Bonaparte, Sieyès et Ducos. C’est le début du Consulat. Roger Ducos est tout acquis à Bonaparte, alors que Sieyès lui n’entend pas se résigner à abandonner le pouvoir à Bonaparte seul. Il entend bien jouer un rôle dans le gouvernement du Consulat. Pour contrecarrer son encombrant collègue, Bonaparte, multipliant les provocations, maintient aux portefeuilles ministériels les ennemis de Sieyès en offrant les relations extérieures à Talleyrand et celui de la Police à Fouché.

Le travail de rédaction de la Constitution est confié officiellement à deux commissions législatives formées de députés des Cinq-Cents et des Anciens. Mais en fait, c’est Sieyès qui va proposer un projet. À l’examen, le projet s’avérera trop complexe, voire irréaliste. En effet, il prévoit l’instauration d’un régime démocratique fondé sur un pouvoir législatif fort représenté par trois chambres. L’exécutif sera, quant à lui, réduit à une magistrature à vie purement honorifique et à deux consuls aux fonctions limitées.

Bonaparte profite des faiblesses de ce plan pour imposer son propre projet et se débarrasser de son encombrant rival. Du 4 au 13 décembre 1799, il réunit ainsi les deux commissions dans son bureau pour élaborer le texte de la nouvelle constitution.

La Constitution de l’an VIII est adoptée en comité restreint le 13 décembre 1799. Elle s’inspire en partie du projet de Sieyès, mais intègre les idées politiques de Napoléon Bonaparte, notamment concernant le pouvoir exécutif. Sieyès, lui-même, sera chargé de désigner les trois consuls de la république: Bonaparte comme premier consul, puis Cambacérès et Lebrun, comme 2e et 3e consuls de la République. Sieyès, quant à lui, sera relégué au poste de président du Sénat.

[modifier] La Constitution

La Constitution de l’an VIII entre en vigueur le 25 décembre 1799. Bonaparte établit la Constitution sous des apparences démocratiques, mais organise un pouvoir autocratique, toutes les évolutions du régime ne feront qu’accentuer le caractère autocratique du pouvoir.

Le pouvoir législatif est divisé en 4 assemblées (parlement quadricaméral) :

  • le Conseil d’État, chargé de rédiger les textes législatifs
  • le Tribunat discute les lois sans les voter
  • le Corps législatif (ou « Corps des muets ») adopte ou rejette les lois
  • le Sénat est chargé de vérifier que la loi est conforme à la constitution.

Le pouvoir fonctionne de manière autoritaire, les procédés de démocratie semi-directe (quelque peu fictive) sont soigneusement organisés et contrôlés. Le consul corrige lui-même les résultats s’ils ne sont pas satisfaisants. Le Consulat est une forme de despotisme éclairé.

[modifier] Du Consul à l’Empereur

Image:Searchtool.svg Voir l’article Napoléon Bonaparte sous le Consulat.

En 1800, Bonaparte attaqua et vainquit l’Autriche une nouvelle fois. Battus à Marengo par Napoléon et à Hohenlinden par Moreau, les Autrichiens durent signer le traité de Lunéville le 9 février 1801, ce qui amena les Britanniques à signer la paix d’Amiens le 25 mars 1802 (4 germinal an X, contresignée deux jours plus tard). Si son pouvoir était fragile au lendemain de Brumaire, la victoire de Marengo et ses suites consolidèrent fortement la situation de Bonaparte.

Le 24 décembre 1800, une « machine infernale » (bombe) l’attendait rue Saint-Nicaise. Le cocher du Premier consul passa au grand galop. La bombe explosa trop tard et seules les vitres du véhicule furent soufflées. Sur place, en revanche, ce fut le carnage. On dénombra une dizaine de morts. Fouché, alors ministre de la Police, réussit à prouver que l’attentat était l’œuvre des royalistes, alors que Bonaparte était persuadé avoir affaire aux Jacobins. L’exécution du duc d’Enghien en sera une conséquence.

En 1802, Bonaparte demande que les cendres du Maréchal de Turenne soient transférées aux Invalides. Il est en effet un fervent admirateur de Turenne, dont il reprendra avec succès la stratégie d’attaque par surprise (Bataille de Turckheim, 1675) dans ses campagnes de 1805 à 1812. Par la suite, enivré par ses victoires, s’engageant avec témérité en Russie avec la Grande Armée, il oubliera que toute campagne nécessite une étude approfondie et collective du terrain et de la psychologie de l’ennemi.

La même année, Bonaparte rétablit l’esclavage dans les colonies. Ce rétablissement devait faire repartir une économie défaillante dans les colonies des Antilles.

Il fallut attendre 1848 pour que l’abolition définitive de l’esclavage soit promulguée.

Bonaparte vendit la Louisiane, immense territoire d’Amérique du Nord, aux États-Unis, en 1802.

Il envoya une armée forte de 34 000 hommes à Saint-Domingue sous les ordres du général Leclerc pour rétablir l’autorité de la France. Après quelques succès, notamment la capture de Toussaint Louverture (qui mourut au Fort de Joux, dans le Doubs, le 7 avril 1803), son armée fut anéantie en partie par une épidémie de fièvre jaune.

Après que Bonaparte étend son influence sur la Suisse, qui mit en place les institutions décentralisées actuelles, et sur l’Allemagne, une dispute à propos de Malte servit de prétexte aux Britanniques pour déclarer une nouvelle fois la guerre à la France en 1803, et pour soutenir l’opposition royaliste à Bonaparte. Celui-ci réagit : l’idée d’une invasion du Royaume-Uni se fait jour, et pour ramener à la raison les royalistes, qui, peut-être, complotent dans l’ombre, le Premier consul fait exécuter le duc d’Enghien, prince Bourbon. L’exécution qui se déroule à Vincennes après un simulacre de procès, ne suscite pas d’autre protestations que celles du Royaume-Uni, de la Russie et de l’Autriche s’en tenant à quelques timides reproches. Voilà cependant l’acte qui assoit la réputation de « Robespierre à cheval » de Napoléon (à Sainte-Hélène, Napoléon assumera cet acte, malgré la très probable implication de Talleyrand). Après ce gage donné aux républicains, dans la mesure où le Premier consul réitère le crime des régicides, celui-ci se couronne Empereur le 2 décembre 1804.

À proprement parler, l’Empire naît à la demande du Sénat. Steven Englund se rallie à l’opinion selon laquelle il s’agissait, initialement, de protéger la République. Le Consulat abattu, l’ordre se serait effondré avec lui. Empereur, il devenait une institution, scellant la pérennité des valeurs républicaines. Il pouvait mourir : l’hérédité du titre était censée protéger le pays des bouleversements et de la perte des acquis révolutionnaires (avec, en premier lieu, l’égalité, loin devant la liberté). C’est ainsi que les monnaies impériales portent, sans hypocrisie, la mention « Napoléon Empereur - République française ».

Par suite seulement, cet Empire « républicain », protégeant les acquis révolutionnaires, se fera « impérialiste ».

[modifier] L’Empire

Image:Searchtool.svg Voir l’article Premier Empire.

[modifier] La symbolique impériale

Le sacre impérial, événement unique dans l’Histoire de France représenté sur le tableau de Jacques-Louis David, Le Sacre de Napoléon, est lourdement chargé en symboles. Le passage de la République à l’Empire nécessite la création d’armoiries impériales, ainsi que la création d’objets symboliques destinés à établir une tradition auparavant inexistante. Napoléon, qui se veut rassembleur, décide d’associer aux symboles de son règne les images qui ont pu représenter auparavant la France, ainsi que les pouvoirs forts européens. Image:Jacques-Louis David 006.jpg

L’aigle est choisi en référence aux aigles romaines, portées par les légions, mais il est également le symbole de Charlemagne, l’aigle éployée. C’est d’ailleurs une erreur de lecture qui donnera pour symbole de l’Empire français un aigle aux ailes déployées : en héraldique, une aigle éployée veut dire un aigle à deux têtes. La couleur rouge du manteau impérial, est une référence directe au pourpre de l’imperium romain. Napoléon se pose ainsi en héritier de l’Empire romain et de Charlemagne.

Les abeilles sont censées rappeler les Mérovingiens (des broches les représentant ayant été retrouvées dans des tombeaux de cette époque), et leur disposition sur les armoiries et le manteau impérial doit rappeler les fleurs de lys des capétiens. La main de justice, utilisée par les Capétiens lors des sacres royaux doit faire apparaître qu’il est l’héritier de leur pouvoir. Là, Napoléon veut montrer qu’il est le fondateur de la « quatrième race », celle des Bonaparte, après les Mérovingiens, les Carolingiens, et les Capétiens.

D’autres symboles utilisés pendant le sacre sont chargés de valeurs morales. Ainsi, Napoléon tient un moment le globe de Charlemagne ; il porte la couronne de ce même empereur (ces deux éléments ayant été forgés de toute pièce avant le sacre). Son épée et son sceptre sont dits de Charlemagne : ils ont été en réalité utilisés depuis plusieurs siècles par les Valois puis les Bourbons lors de leurs sacres.

[modifier] Napoléon et l’Église

Le sacre de Napoléon, sous les yeux du Pape, réduit à bénir le couronnement du maître de la France, est également l’occasion de revenir sur les rapports entre la France et le Vatican. La signature du Concordat par le Premier consul en 1801 reconnaît le catholicisme comme la religion « de la majorité des Français », et non plus religion d’État. Les prêtres reçoivent désormais un traitement de la part de l’État. Restauration catholique, moins de dix ans après la confiscation des biens de l’Église ? Napoléon préserve les apparences : en 1804, ce n’est pas l’Empereur qui ira se faire sacrer à Rome, à l’image des empereurs germaniques, mais ce sera le pape que l’on fera venir à Paris, comme un vulgaire aumônier. Napoléon l’accueille en forêt de Fontainebleau, à cheval et en habit de chasse, mettant ainsi en scène le caractère fortuit de la rencontre. Napoléon l’offensera encore en lui prenant des mains la couronne de l’impératrice, mais surtout en se couronnant lui-même. De cette manière, il affirme la primauté du politique (et donc du séculier) sur le religieux.

Image:Searchtool.svg Voir l’article Le Sacre de Napoléon.

Le rapprochement entre Napoléon et l’Église est donc le fruit d’un calcul politique. Au delà de la valeur morale qu’à pu avoir un sacre religieux aux yeux des catholiques, de la valeur symbolique d’un couronnement pontifical rappelant le sacre des empereurs germaniques, Napoléon se place à l’égal, voir au-dessus des rois européens. La présence du pape au sacre donne une dimension universelle à l’Empire. Celui-ci n’est plus simplement le fruit d’une révolution, c’est un couronnement divin qu’aucun des souverains d’Europe ne peut égaler.

La présence du pape est donc davantage un message aux pays européens qu’une affirmation catholique tardive d’un ex-révolutionnaire.

Napoléon, d’ailleurs peu sensible au sort du pape, n’hésitera pas à le retenir prisonnier à Fontainebleau. Dans l’idée d’affirmer la puissance politique, et donc religieuse de la France, il envisagera de transférer la résidence du Pape de Rome à Paris, avant d’abandonner cette idée.

[modifier] L’Empire victorieux

Image:Searchtool.svg Voir l’article Premières années du Premier Empire.
Napoléon Bonaparte

En 1804, l’heure n’est donc pas encore aux vastes conquêtes, et, persuadé depuis longtemps que le seul moyen d’obtenir une paix définitive était de neutraliser le Royaume-Uni, Napoléon mit au point, avec l’amiral Latouche-Tréville (qui mourra avant d’avoir pu l’exécuter), un plan visant à l’invasion du Royaume-Uni. Celui-ci échoua définitivement à la bataille de Trafalgar, où la flotte franco-espagnole commandée par l’amiral de Villeneuve fut disloquée par l’amiral Nelson. Le Royaume-Uni en tira la domination des mers pendant le siècle suivant.

En 1805, la Troisième coalition se forma en Europe contre Napoléon. L’Empereur qui, à Boulogne, supervisait les préparatifs en vue de l’invasion du Royaume-Uni, dut faire face à une guerre soudaine, et à l’autre bout de l’Europe. Il mena une offensive immédiate, acheminant la Grande Armée en Autriche à marche forcée, et s’assura une brillante victoire contre l’Autriche et la Russie à la bataille d’Austerlitz, dite « bataille des Trois-Empereurs ». En 1806, la Prusse provoque un nouveau conflit. La campagne que mène Napoléon est impressionnante de rapidité : « l’Âme du monde » (Hegel) : il balaie l’armée prussienne à la bataille d'Iéna (doublée de la brillante victoire de Davout à Auerstaedt). L’année suivante, Napoléon traverse la Pologne, remporte une victoire sur les Russes à Friedland et finit par signer, à Tilsit, au milieu du Niémen, en une mise en scène travaillée pour frapper les esprits, un traité avec le tsar Alexandre Ier, divisant l’Europe entre les deux puissances.

Cet homme formé dans les écoles et par les maîtres de l’Ancien Régime, officier de l’armée royale, brise les anciennes conceptions militaires. Il ne s’agit plus de livrer une guerre de siège à l’aide de 30 à 50 000 hommes, mais de rechercher la bataille décisive, engageant plus de 100 000 hommes s’il le faut. Il ne s’agit plus de rester maître du champ de bataille, mais d’anéantir l’ennemi.

En 1808 il crée la noblesse d’Empire : bientôt ses maréchaux et généraux arboreront les titres de comte d’Empire, prince de Neuchâtel, duc d’Auerstaedt, duc de Montebello, duc de Dantzig, duc d’Elchingen, roi de Naples.

Du 27 septembre au 14 octobre 1808, Napoléon donne rendez-vous à Alexandre Ier à Erfurt, pour un nouveau traité, afin qu’ils s’unissent contre l’Autriche qui menace de redéclarer la guerre à la France. Le tsar refuse en préférant que ce traité soit établi dans le but de renouveler l’alliance qui s’était forgée entre eux l’année précédente à Tilsit ; cela permit en fait à Napoléon de s’assurer encore plus longtemps de la fidelité d’Alexandre.

Image:Searchtool.svg Voir les articles Traité de Tilsit et Convention d'Erfurt.

En 1810, Napoléon édifie le « Grand Empire » : d’Amsterdam à Rome, celui-ci compte 132 départements ainsi que plusieurs états vassaux et sa population est de 70 millions d’habitants, dont 30 seulement sont Français ; l’Empire est à son apogée.

Image:Searchtool.svg Voir l’article Étendue de l'Empire français en 1810.

Le 2 avril 1810, il épouse l’archiduchesse Marie-Louise d’Autriche, qui, le 20 mars 1811, lui donnera le fils qu’il aura tant attendu ; cet enfant sera surnommé le roi de Rome et nommé « Napoléon II ».

Image:Searchtool.svg Voir les articles Marie-Louise d'Autriche et Napoléon II.

[modifier] Campagnes de la péninsule Ibérique, d’Autriche, de Russie et d’Allemagne

Image:Searchtool.svg Voir l’article Le Premier Empire en 1812-1813.

À la suite de l’attitude britannique vis-à-vis des bateaux de commerce français, Napoléon tenta d’imposer un blocus continental visant à asphyxier l’industrie britannique. Le Portugal, vieil allié des Britanniques, refusa de signer ce traité. Napoléon, recherche donc l’aide de l’Espagne pour envahir le Portugal. Il finit par envahir l’Espagne et installa son frère Joseph Bonaparte comme roi. Le Portugal fut également envahi, mais les trois campagnes (1808, 1810, 1811) menées, notamment par les maréchaux Junot et Masséna ne mirent pas fin à la résistance britanno-portugaise. Une partie de la population espagnole se souleva contre les Français. Bientôt l’excellente infanterie britannique, commandée par le futur duc de Wellington, mit pied en Espagne, en passant par le Portugal, en 1808 et, avec l’aide des nationalistes espagnols, poussa l’armée française hors de la péninsule Ibérique, en 1812. Alors que les meilleures troupes de l’armée française étaient engagées en Espagne, l’Autriche attaqua une nouvelle fois la France en Allemagne et fut finalement vaincue lors de la bataille de Wagram. Le maréchal Lannes, compagnon et ami de l’Empereur, périt à la bataille d’Essling.

Image:Searchtool.svg Voir l’article Campagne de Russie.

Alexandre Ier, poussé par la noblesse russe acquise aux Britanniques, refusa de coopérer avec Napoléon pour porter le coup final au Royaume-Uni. Napoléon, croyant cette guerre inévitable, envahit la Russie en 1812. La Grande Armée, appuyée des alliés italiens, allemands, autrichiens, devint gigantesque : ce sont 600 000 hommes qui franchirent le Niémen.

Les Russes, dirigés par Koutousov, suivirent la stratégie de la terre brûlée, reculant sans cesse devant les troupes françaises. La bataille de la Moskowa, le 12 septembre, ne permit pas de désigner un vainqueur. Bien que les Russes abandonnent le terrain, les pertes furent presque équivalentes dans les deux camps.

Dès le lendemain de l’entrée des troupes françaises dans Moscou, les Russes incendièrent la ville et Napoléon dut faire retraite. L’hiver, soudain en ces régions, était dangereusement proche : Napoléon, espérant une démarche de la part d’Alexandre, fit retarder la retraite jusqu’au dernier moment. Les troupes françaises effectuèrent une retraite extrêmement éprouvante vers l’Allemagne dans l’hiver russe et par les régions dévastées qu’elles avaient parcourues à l’aller. Des 600 000 hommes qui entrèrent en campagne, seules quelques dizaines de milliers franchirent la Bérézina. La Grande Armée était détruite.

Encouragés par ce dramatique échec, plusieurs rois reprirent les armes contre la France. À la suite de deux victoires remportées en Allemagne (Bautzen et Lutzen), une partie de ses troupes le trahit et Napoléon subit une défaite décisive à Leipzig, aussi appelée « Bataille des nations », qui vit s’opposer 180 000 Français à 300 000 alliés (russes, autrichiens, prussiens, suédois). Le maréchal Poniatowski, prince polonais et neveu de Stanislas II, dernier roi de Pologne, y perdit la vie en tentant de traverser l’Elster avec ses hommes. On dénombra 100 000 morts et blessés.

[modifier] La campagne de France

Image:Searchtool.svg Voir l’article Campagne de France (1814).

En 1814, une alliance entre le Royaume-Uni, la Russie, la Prusse et l’Autriche fut formée. Malgré les incroyables victoires aux batailles de Champaubert et de Montmirail, que Napoléon remporta à la tête d’une armée de jeunes recrues inexpérimentées (les « Marie-Louise »), Paris tomba le 31 mars et les maréchaux forcèrent Napoléon à abdiquer. L’intention de Napoléon était d’abdiquer en faveur de son fils (Napoléon II) mais les puissances alliées exigeaient une abdication inconditionnelle.

Napoléon pensait que les alliés allaient le séparer de l’Impératrice et de son fils le Roi de Rome ; alors, dans la nuit du 12 au 13 avril, il prit la dose de poison qui devait lui permettre de se suicider, de l’opium dans un peu d’eau. On lui avait assuré que ce poison était plus que suffisant pour tuer deux hommes. Il a choisi cette mort parce qu’il pensait qu’on allait par la suite exposer son corps aux Français, et il voulait que sa garde reconnaisse son visage calme qu’elle lui connaissait au milieu des batailles. Après de longues minutes d’agonie, l’Empereur se plaignait du lent effet de la préparation d’opium qu’il avait prise. Il déclara à Armand de Caulaincourt : « Qu’on a de peine à mourir, qu’on est malheureux d’avoir une constitution qui repousse la fin d’une vie qu’il me tarde tant de voir finir ! ». Les nausées de Napoléon furent de plus en plus violentes, il ne fut plus maître de s’empêcher de vomir, comme il l’avait été jusqu’alors, puis par la suite viennent les effets de vomissement, la longue agonie se poursuivit jusqu’à la venue du docteur Yvan. Napoléon lui demanda de lui donner une autre dose de poison pour qu’il puisse mourir, le docteur refusa en disant qu’il n’était pas un assassin et qu’il ne ferait jamais quelque chose contre sa conscience. L’agonie de l’empereur se poursuivit, Caulaincourt sortit de la pièce pour demander au valet de chambre et au service intérieur de garder le silence. Napoléon rappela Caulaincourt en lui disant qu’il préférait mourir plutôt que de signer le traité. Les effets du poison se sont par la suite dissipés et l’Empereur a pu reprendre ses activités normales. On ne sait pas exactement comment l’Empereur a survécu à la dose de poison qu’il a prise, soit son estomac se révulsa, soit le poison avait perdu de sa force. Il fut déchu par le Sénat le 3 avril et exilé à l’île d’Elbe, selon le Traité de Fontainebleau signé le 11 avril, conservant le titre d’Empereur mais ne régnant que sur cette petite île.

[modifier] Les Cent-Jours

Image:Searchtool.svg Voir l’article Cent-Jours.

En France, Louis XVIII écarta « Napoléon II » et prit le pouvoir. Napoléon s’inquiéta du sort de sa femme et surtout de son fils qui était aux mains des Autrichiens. Le gouvernement royaliste refusa bientôt de lui verser la pension promise et des rumeurs circulèrent quant à sa déportation vers une petite île de l’océan Atlantique sud. Napoléon décide donc de retourner sur le continent pour reprendre le pouvoir.

[modifier] La Route Napoléon et le « Vol de l’Aigle »
  • 1er mars 1815 : Débarqués à Golfe-Juan, Napoléon et sa petite troupe, gagnent Cannes où ils arrivent tard et d’où ils repartent tôt.
  • 2 mars : Voulant éviter la voie du Rhône qu’il sait hostile, Napoléon fait prendre alors la route de Grasse pour gagner, par les Alpes, la vallée de la Durance. Au-delà de Grasse, la colonne s’engage dans de mauvais chemins muletiers et s’arrête à Saint-Vallier, Escragnolles, et Séranon.
  • 3 mars : Après une nuit de repos, elle gagne Castellane ; dans l’après-midi, elle atteint Barrême.
  • 4 mars : Napoléon trouve à Digne la route carrossable et fait étape le soir au château de Malijai, attendant avec impatience des nouvelles de Sisteron dont la citadelle, commandant le passage étroit de la Durance, peut lui barrer la route.
  • 5 mars : Sisteron n’est pas gardée et Napoléon y déjeune, puis quitte la localité dans une atmosphère de sympathie naissante. Le soir, il arrive à Gap et y reçoit un accueil enthousiaste.
  • 6 mars : Il couche à Corps.
  • 7 mars : Il gagne la Mure, puis trouve en face de lui, à Laffrey, des troupes envoyées de Grenoble. C’est ici que se situe l’épisode fameux que commémore aujourd’hui, dans la « prairie de la Rencontre », un monument. Le soir même, Napoléon fait son entrée à Grenoble aux cris de « Vive l’Empereur ».

Les armées envoyées pour l’arrêter l’accueillirent en héros partout sur son trajet, sur la route qui porte désormais son nom. Le maréchal Ney, qui avait juré à Louis XVIII de lui ramener Bonaparte dans une cage de fer, s’inclina devant son ancien souverain, ce qui lui valut d’être le seul maréchal exécuté pour trahison lors de la Seconde Restauration. Napoléon arriva sans coup férir à Paris. Cette montée à Paris est connue comme le « Vol de l’Aigle » inspiré des paroles de Napoléon : « L’Aigle volera de clocher en clocher jusqu’aux tours de Notre-Dame ». En 1932, la Route Napoléon sera naugurée entre Golfe-Juan et Grenoble. Des aigles volants jalonnent ce parcours.

[modifier] Le retour au pouvoir et la défaite finale

Le retour de Napoléon aux Tuileries le 20 mars 1815 marque le début de la période dite des Cent-Jours. Napoléon fait établir l’Acte additionnel aux Constitutions de l’Empire (22 avril), connu aussi sous le nom de Charte de 1815. Une Chambre des représentants est élue.

Sur le plan international, Napoléon affirme ses volontés pacifiques puisqu’il n’avait pas le choix, mais les alliés n’acceptent pas ce retour et reprennent les hostilités contre la France. L’armée napoléonienne est finalement défaite à la bataille de Waterloo le 18 juin 1815. La jonction des armées prussiennes et britanniques, que n’a pu empêcher le maréchal Grouchy, eut raison des troupes impériales.

Le retour de Napoléon et sa défaite finale empire la situation internationale de la France. Laquelle est traité plus durement encore qu’initialement prévue, lors des traités de Vienne. Napoléon laisse une France exsangue. Démographiquement, la France a perdu environ 1 700 000 hommes depuis 1792, dont la majorité pendant les guerres napoléonniennes. Économiquement, la France est ruinée. Ses ports et ses arsenaux sont ruinés. La France a perdu toutes ses colonies qui lui restaient de l’Ancien Régime. Son influence internationale mise en place depuis Richelieu et Louis XIV est réduite à néant. Napoléon laisse une France plus petite territorialement que sous Louis XVI. Même la Sarre et les villes de Marienbourg, Philippeville et Landau, acquises sous Louis XIV, sont cédées aux coalisés. Napoléon laisse une France occupée par les coalisés. La France doit payer une lourde indemnité de guerre pour l’entretien des troupes étrangères sur son territoire. Lorsque Napoléon quitte la France, il n’est pas regretté. C’est à Sainte Hélène que va pourtant se forger sa légende.

[modifier] Déportation à Sainte-Hélène et mort

Image:Searchtool.svg Voir les articles Déportation à Sainte-Hélène et mort de Napoléon et Mort de Napoléon.

Napoléon fut emprisonné et déporté par les Britanniques sur l’île Sainte-Hélène, commandée par Sir Hudson Lowe, avec une petite troupe de fidèles, parmi lesquels le comte de Las Cases et Montholon, il se dédia à l’écriture de ses mémoires pour la postérité.

Il essaya aussi d’apprendre l’anglais ; il recevait plusieurs visiteurs de passage à Sainte Hélène, qui à l’époque était une escale importante pour tout navire voyageant entre l’Amérique du Sud et l’Europe. Une fois installé à Longwood, il évitait de sortir parce que Lowe avait donné l’ordre que l’empereur devait partout être sous garde.

Progressivement, Napoléon tombe malade et s’affaiblit. Il demanda dans son testament au général Baron de Marbot de continuer à œuvrer dans ses écrits « pour la grandeur de la France ». Dans la seconde moitié du mois d’avril 1821, il écrivit ses dernières volontés et plusieurs codicilles lui-même, une quarantaine de pages au total. Ses derniers mots furent : « France, armée, Joséphine », ou, selon les « mémoires de Sainte-Hélène » : « tête… armée… Mon Dieu ! ». Nerval, dans son poème À la mort de l’Exilé, note : « Les dernières paroles de Napoléon mourant furent : « Mon Dieu et la nation française… française… mon fils… tête armée ». On ne sait ce que signifiaient ces mots. », et une version courante affirme qu’il aurait dit en fait : « tête d’armée », ce qui est bien moins énigmatique. Napoléon meurt un samedi, le 5 mai 1821, « à 17 heures et 49 minutes ».

Image:Searchtool.svg Voir l’article Le Mémorial de Sainte-Hélène.

[modifier] Hommages

Image:Searchtool.svg Voir l’article Honneurs rendus à la mémoire de Napoléon.

Napoléon demanda à être enterré sur les bords de la Seine, auprès du peuple français qu’il a tant aimé, mais lorsqu’il mourut en 1821 il fut inhumé à Sainte-Hélène. Image:Napoleon tomb bordercropped.jpg

Dix-neuf ans après la mort de Napoléon, le roi Louis-Philippe Ier a pu obtenir du Royaume-Uni la restitution des cendres de l’ex-empereur. L’exhumation du corps de Napoléon eut lieu le 15 octobre 1840. Son corps fut rapatrié triomphalement à Paris et enterré aux Invalides, dans un sarcophage en porphyre (don de la Russie à la France).

À partir de 1854, l’Empereur Napoléon III négocia avec le gouvernement britannique l’achat de Longwood House et de la vallée du Tombeau (Sainte-Hélène), qui devinrent propriétés françaises en 1858 et gérées depuis par le Ministère des affaires étrangères.

[modifier] Découvertes scientifiques après sa mort

La cause officielle de sa mort était un cancer de l’estomac, et même si l’empereur montrait un certain embonpoint au moment de sa mort (75,5 kg pour 1,67 m, qualifié de « surpoids » et pouvant engendrer des risques médicaux non négligeables), certains chercheurs ont observé les pantalons qu’il mettait à l’époque et constaté qu’au cours des 5 derniers mois avant sa mort, il avait perdu près de 11 kg.

En 1955, le journal de Louis Marchand, le valet de Napoléon, fut publié. Il décrit les derniers mois de Napoléon jusqu’à sa mort et beaucoup en conclurent qu’il fut possiblement victime d’un empoisonnement à long terme à l’arsenic qui l’aurait suffisamment affaibli pour que les traitements médicaux de l’époque puissent l’achever<ref>Sten Forshufvud, Napoléon a-t-il été empoisonné ?, Plon, Paris, 1961.</ref>.

Il est à noter que cette thèse est mal acceptée en France. D’un côté, Pascal Kintz, de l’Institut Légal de Strasbourg, accrédita en 2001 cette thèse avec une étude du niveau d’arsenic trouvé dans les cheveux de Napoléon après sa mort, de 7 à 38 fois le niveau normal. Par contre les analyses du magazine Science & vie montrent que des concentrations similaires d’arsenic peuvent être trouvées dans des échantillons prélevés en 1805, 1814 et 1821.

Des études françaises ont montré que Napoléon plongeait quotidiennement ses cheveux dans des bains d’arsenic car la croyance populaire voulait que l’arsenic prolonge la vie et l’éclat de la chevelure ce qui expliquerais le taux anormalement élevé d’arsenic retrouvé dans ses cheveux.

[modifier] L’héritage napoléonien

Image:Searchtool.svg Voir l’article Légende napoléonienne.

[modifier] Continuateur ou assassin de la Révolution ?

Fin 1799, l’état de la France est catastrophique. L’anarchie administrative règne, les impôts n’arrivent pas aux caisses de l’état, le brigandage s’est développé, les routes sont défoncées, les régions frontalières dévastées à cause de la guerre, le commerce est au plus mal, l’industrie (notamment celle de la soie à Lyon) ruinée, le chômage fait une percée, le prix du pain est trop élevé pour les ouvriers, les hôpitaux ne marchent pas… C’est le moment que Bonaparte, qui était à l’époque encore un général révolutionnaire, choisit pour abandonner son armée en Égypte et monter à Paris, fomenter un coup d’État, le 10 novembre 1799. Entouré d’une auréole de prestige (il vient de sortir vainqueur de la campagne d’Italie et la campagne d’Égypte est, pour le moment, encore une réussite), il ne trouve que peu de résistances et l’opinion publique ne le désavoue pas. Mais les républicains sont inquiets. Napoléon a-t-il permis à la Révolution de s’installer dans le temps, où a-t-il au contraire détruit l’héritage révolutionnaire ? Il solidifie l’héritage de la révolution ; Napoléon en finit avec la République et arrête le mouvement révolutionnaire mais non la Révolution, dont le Consulat sera les trois parties.

Le Consul Napoléon Bonaparte, grâce à une série de mesures, permet à la révolution de s’installer dans le temps. Tout d’abord Bonaparte crée de nouvelles institutions, qui ont survécu jusqu’à aujourd’hui. La nouvelle constitution qu’il fait rédiger renforce le pouvoir exécutif au détriment du pouvoir législatif, crée une administration centralisée, organisée en directions et ministères (dont le nouveau ministère de l’intérieur, confié à Fouché) spécialisés et uniformisés. Il garde les divisions administratives créées lors de la Révolution. Ces institutions solides permettent un renforcement de l’autorité de l’Etat, font revivre le pays et éloignent un peu plus le risque de retour à l’Ancien Régime. Les caisses de l’État sont renflouées.

Ensuite, Napoléon Bonaparte s’inscrit dans la lignée de la Révolution. Après le coup d’état, les institutions changent, mais la majorité des personnes qui vont occuper des postes étaient déjà en place lors du Directoire : dans les assemblées crées par la Constitution de l’an X, la plupart des sénateurs, tribuns ou membres du conseil d’État avaient déjà des postes à responsabilité sous le régime précédent, les préfets sont choisis dans les assemblées révolutionnaires… Cela permet à Bonaparte de mieux contrôler l’opposition. Les réformes qu’il met en place sont la suite logique de celles déjà entreprises sous la Révolution. Les réformes financières et commerciales qui lui sont attribuées ont, pour une partie d’entre elles, été imaginées par les membres du Directoire. Ceux-ci avaient déjà tenté le Blocus continental que Napoléon mettra en œuvre contre le Royaume-Uni en 1806. Même certaines techniques de guerre utilisées par Napoléon et dont il est considéré comme l’inventeur avaient déjà été mises en application sous la révolution. La rédaction d’un code civil elle-même avait déjà été entreprise sous la révolution. De plus, il stabilise le paysage politique en pacifiant le pays et garantit ainsi l’inscription dans la durée de son gouvernement. La paix signée avec les royalistes Vendéens, dès décembre 1799, marque un grand pas en avant dans l’apaisement du pays, aucun gouvernement auparavant n’avait réussi à l’obtenir.

La signature du Concordat en 1801 permet à Napoléon de s’assurer le soutien de beaucoup de catholiques qui étaient hésitants jusqu’alors, et les royalistes en perdent autant, l’une des raisons fondamentales de l’appui de la population à ce mouvement étant le caractère anti-catholique de la Révolution. Ce Concordat, qui n’instaure pas le catholicisme comme religion dominante et qui aurait put être vu comme une volonté de retour à l’Ancien Régime, permet à Bonaparte d’obtenir une nouvelle légitimité et d’asseoir un peu plus son autorité. Le Concordat maintient la vente des biens nationaux. Grâce à ces deux traités, Bonaparte neutralise l’opposition royaliste et semble s’inscrire dans l’héritage révolutionnaire.

Finalement, le Code civil est un ouvrage révolutionnaire. Commencé en 1800 et publié finalement en 1804, il remplace tout le droit antérieur, et conserve la méritocratie, l’impôt égalitaire, la conscription, la liberté d’entreprise et de concurrence ainsi que de travail, consacre la disparition de l’aristocratie féodale, et en principe l’égalité devant la Loi. En conservant et en inscrivant dans le Code tous ces acquis de la révolution, Bonaparte leur permit de traverser les régimes et rassura une grande partie de la population.

Mais Napoléon a aussi supprimé bon nombre d’acquis révolutionnaires. Tout d’abord, les cultes révolutionnaires sont abolis. Les libertés d’expression, de réunion, de circulation et de presse sont supprimées au profit d’un état autoritaire et d’une surveillance très accrue de la population, orchestrée par Fouché. L’égalité proclamée dans le Code civil n’est pas respectée : la femme dépend de son mari ; les patrons ont un très grand pouvoir sur les ouvriers ; le livret ouvrier les réduisant à être des quasi-serfs ; l’esclavage est rétabli dans les colonies ; les fonctionnaires sont privilégiés en matière de Justice… Ensuite, l’instauration des préfets, qui sont l’équivalent des intendants, la création du conseil d’État, équivalent du conseil du roi, d’une nouvelle noblesse basée sur la notabilité, les faux plébiscites organisés (des votes sont inventés, il n’y a pas de secret de vote, on ratifie un fait déjà accompli…) font redouter le pire aux jacobins. Le spectre du retour à la monarchie les hante.

Finalement, en devenant tour à tour premier consul, consul à vie puis empereur, il en finit avec la République. La faveur publique lui permet de rédiger la Constitution de l’an VIII, qui lui donne la réalité des pouvoirs et surtout ne fais pas mention de la souveraineté nationale. Cette constitution divise le pouvoir législatif, qui à partir de ce moment, perdra toute influence. C’est au cours de l’an X que s’est opérée la transformation du régime encore républicain en un despotisme auquel ne manquait qu’une couronne. Le poste de premier consul à vie sonne le glas de la République. Néanmoins, lorsqu’il est sacré empereur en 1804, il respecte l’esprit de la Révolution, il change seulement les apparences extérieures du pouvoir exécutif : en effet, entre premier consul et empereur, la différence est essentiellement symbolique. Ces changements de régime permettent surtout à Napoléon d’être de moins en moins dépendant de ses succès ou échecs et lui donnent une autre dimension vis-à-vis des autres dirigeants européens. Napoléon a donc aussi enterré momentanément bon nombre d’acquis révolutionnaires.

Napoléon arrête le mouvement révolutionnaire mais non la Révolution. En obtenant la confiance des bourgeois (grâce à la vente des biens nationaux, à la paix maritime et continentale, à la création d’une noblesse méritocratique…), grâce au prestige de grandes victoires (Marengo 1800), à la bonne résolution des crises telle celle de 1802 (disette et chômage), Napoléon obtient le soutien populaire et s’affranchit peu à peu du processus révolutionnaire, qui ne lui est plus nécessaire. Au fil des années, alors que sa popularité ne va cesser de croître, il va monter en puissance et s’éloigner de la République. En 1804, après divers complots visant son assassinat et la reprise des hostilités avec le Royaume-Uni, il est perçu comme le seul rempart face aux ennemis de la Révolution, et la question de l’hérédité devient un sujet de préoccupations. Il en profite pour se faire sacrer Empereur (ou plutôt, se sacrer). Ce qui pourrait être vu comme l’aboutissement du projet d’un tyran ne l’est pas. En effet, lors du sacre, Napoléon déclara être dans la continuité de la révolution, et est soutenu par les révolutionnaires eux-mêmes, malgré la fin du processus révolutionnaire.

Les guerres impériales ont perpétué la Révolution. Dans tous les pays conquis, Napoléon I{er} impose le Code civil et par conséquent toutes les notions révolutionnaires qui en font partie. Il est considéré dans un premier temps comme le libérateur de l’Europe. Mais à partir de la Quatrième coalition, qui commence en 1806, le but de ces guerres ne sera plus la propagation des idées révolutionnaires. Malgré la défaite napoléonienne de 1815, les idées de liberté et d’égalité resteront fermement implantées dans les pays qui avaient été conquis, et de nombreux bouleversements au fil du XIXe siècle en découleront.

Grâce à la modernisation des institutions françaises et européennes, à la pacification du pays, à ses victoires militaires et la conquête de la majeure partie de l’Europe, Napoléon a permis l’expansion et la perpétuation de la Révolution. Ainsi, malgré les nombreux changements de régime lors du XIXe siècle, le Code civil restera en vigueur dans l’Europe entière, et les nombreux principes révolutionnaires qu’il contient. Napoléon est donc plus le continuateur que l’assassin de la révolution, malgré l’impasse qu’il fit sur la République. En supprimant les cultes révolutionnaires et autres acquis révolutionnaires qui mettaient en danger l’œuvre de la révolution elle-même, il permit aux autres de traverser les époques.

[modifier] Pourquoi le rétablissement de l’esclavage ?

Tout d’abord, Napoléon n’est pas esclavagiste (le terme est anachronique pour l’époque) comme le prouve pendant sa jeunesse, et jusqu’en 1789 au moins, sa passion pour les ouvrages de l’abbé Raynal. Toutefois, la première abolition de l’esclavage dans les colonies en 1794 et ses conséquences économiques et politiques néfastes amène le Premier Consul à se saisir du problème. Dès leurs entrées en fonction, les 3 Consuls assurent aux noirs que la liberté qui leur a été accordée par la Convention sera respectée. C’est le cas jusqu’en… 1802. Car, à la signature du Traité d’Amiens le 25 mars 1802, l’Angleterre doit rendre à la France les îles occupées. Parmi celles-ci se trouvent des comptoirs en Inde, le Sénégal et surtout la Martinique qui n’ont pas bénéficié de la loi sur l’abolition de l’esclavage. Face à cet imbroglio, le pouvoir en place se décide au statu quo : les îles où il n’y a plus d’esclavage resteront libres, par contre celles occupées jusqu’à là par l’Angleterre conserveront les lois existantes. Cette dualité est considérée comme inconstitutionnelle par le Sénat. Alors, Bonaparte par pragmatisme, et poussé notamment par un entourage proche des propriétaires privés de leur main-d’œuvres lors de l’abolition de 1794 se décide à rétablir l’esclavage. « l’esclavage ainsi que la Traite des Noirs et leur importation dans lesdites colonies auront lieu conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789 »

Début juin, il fait arrêter et déporter Toussaint Louverture, qui avait pris la tête de la révolte des esclaves noirs de Saint-Domingue onze ans plus tôt, et qui, s’appuyant sur les idéaux de la Révolution et confiant dans les hommes censés les représenter, avait rallié l’île à la France. Il devait mourir un an plus tard au Fort de Joux, dans le Doubs. Quant aux armées françaises, elles provoquent bien des massacres lors de la deuxième révolte des esclaves de Saint-Domingue. Le rétablissement de l’ordre voulu par Bonaparte n’avait pas pour but de massacrer une partie des révoltés. Mais à des milliers de kilomètres de la France, le général Richepanse et son état major ont rétablis l’ordre républicain à leur façon. A noter que dans les armées françaises, ils se trouvaient des soldats noirs. Donc la lutte entre les révoltés et le pouvoir consulaire n’a pas d’origine raciale au sens que l’on entend aujourd’hui. Ce sont les révoltés de Saint-Domingue qui sortent victorieux de ces terribles combats et créent la première République Noire indépendante en janvier 1804.

La Guadeloupe se révolte aussi en 1802 mais la rébellion conduite par Louis Delgrès échoue et se termine par le suicide collectif des insurgés.

De retour de l’île d’Elbe, Napoléon décrète une abolition immédiate de la traite des esclaves, qui aligne la France sur la décision que vient de prendre le Congrès de Vienne. Sa décision est confirmée par le traité de Paris le 20 novembre 1815. Néanmoins, à la Restauration, celle-ci reste souvent lettre morte.

[modifier] Les réalisations de Napoléon Bonaparte

[modifier] Sous le Consulat

Le Consulat est essentiellement une période de pacification et de stabilisation de la France, après la décennie révolutionnaire. De nombreuses institutions sont fondées, qui survivent longtemps à leur créateur ; elles reprennent certains acquis de la Révolution.

[modifier] Sous l’Empire

[modifier] L’œuvre législative

Bonaparte opéra dès les débuts du Consulat de nombreuses réformes dans l’éducation, la justice, la finance et le système administratif.

Son ensemble de lois civiles, rédigé par Jean-Jacques Régis de Cambacérès et connu sous le nom de Code Napoléon de 1804, a encore une forte influence dans de nombreux pays de nos jours.

Le Code civil est toutefois très largement inspiré d’un éventail de lois et coutumes diverses déjà existantes sous l’Ancien Régime qu’il unifia. Son œuvre administrative se prolongea jusqu’en 1814. Entre autres réformes, il débutera le travail de cadastrer le territoire français.

[modifier] En architecture et urbanisme

Note : Financées sur le Domaine extraordinaire

[modifier] À Paris

[modifier] En province et à l’étranger

[modifier] Regards des contemporains

« 

Napoléon se servait lui-même des journaux pour faire la guerre à ses ennemis, surtout aux Anglais. Il rédigeait personnellement toutes les notes qu’on insérait dans Le Moniteur, en réponse aux diatribes ou aux assertions qu’on publiait dans les gazettes anglaises. Lorsqu’il avait publié une note, il croyait avoir convaincu. On se rappelle que la plupart des notes n’étaient ni des modèles de décence, ni des exemples de bonne littérature ; mais nulle part il n’a mieux imprimé le cachet de son caractère et de son genre de talent. » </blockquote>

[modifier] Correspondance

Napoléon Bonaparte a entretenu une abondante correspondance, en partie à usage privé, mais surtout une importante correspondance officielle. De son vivant, quelques-unes de ces lettres ont été publiées, soit isolément, soit en recueils, mais souvent dans un but d’exaltation ou au contraire de polémique.

Dans les années 1850, l’empereur Napoléon III fait publier la correspondance de son oncle. Si cette nouvelle publication a aussi un but de propagande, elle sera plus sérieuse que ce qui avait été fait jusque là. Toutefois, certaines lettres n’ont pas été retrouvées, d’autres ont été volontairement omises, et le texte a parfois été expurgé sous divers prétextes.

Dans les années suivantes, de nouvelles lettres ont été publiées, souvent sous la forme de recueils spécifiques (lettres de Napoléon à un même correspondant). D’autres réapparaissaient ponctuellement.

La Fondation Napoléon a entrepris depuis quelques années une vaste entreprise de publication scientifique de l’ensemble de la correspondance de l’empereur. Elle a lancé pour cela un appel afin de récupérer les documents qui pourraient se trouver dans différents dépôts d’archives ou bibliothèques, et surtout chez des particuliers.

Napoléon Bonaparte, introd. générale de Jacques-Olivier Boudon, Correspondance générale, publiée par la Fondation Napoléon, Fayard, Paris, 2004 -->.</br> Napoléon Bonaparte, Correspondance de Napoléon Ier, publiée par ordre de l’Empereur Napoléon III, Imprimerie impériale, Paris, 1858-1869, 32 vol. in-4°.>

Trois volumes sont déjà parus :

  • Thierry Lentz (dir.), Les Apprentissages (1784-1797), Fayard, Paris, 2004, 1464 p. (ISBN 2-213-62138-1) ;
  • Thierry Lentz (dir.), préf. Henry Laurens, La Campagne d’Égypte et l’avènement (1798-1799), Fayard, Paris, 2005, 1270 p. (ISBN 2-213-62139-X).
  • Thierry Lentz (dir.), Les Pacifications (1800-1802), Fayard, Paris, 2006, 1400 p. (ISBN 2-213-62937-4).

[modifier] La famille

[modifier] Famille d’enfance

[modifier] Parents

[modifier] Frères et sœurs

[modifier] Mariages et enfants

Napoléon s’est marié deux fois :

Napoléon a également eu au moins deux enfants illégitimes, qui tous les deux ont eu des descendants :

Et selon des sources plus contestées :

[modifier] Neveux et nièces

[modifier] Descendance célèbre

[modifier] Divers

[modifier] Notes et références

<references/>

[modifier] Citations

  • Un homme comme moi se fout de la vie d’un million d’hommes…, mot adressé au prince de Metternich, principal ministre de l’Empereur François II d’Autriche.
  • Joseph, si notre père nous voyait… mot glissé à son frère Joseph, pendant son sacre.
  • Soldats, vous êtes nus, mal nourris…
  • Soldats, songez que du haut de ces pyramides, quarante siècles vous regardent, mot de Bonaparte en Égypte ;
  • Soldats, je suis content de vous !, phrase très célèbre prononcée après la bataille d’Austerlitz ;
  • Les têtes couronnées n’y entendent rien : je ne crains pas la vieille Europe
  • L’avenir est à moi ! ; lors de la naissance du roi de Rome, Napoléon prononça cette phrase en se disant que dorénavant aucun obstacle ne figurerait sur son destin.
  • Tout s’use ici… il faut aller en Orient.
  • Vous êtes de la merde dans un bas de soie ! Injure lancée à Talleyrand ;
  • France…armée…Joséphine ou …tête, armée, mon Dieu !, derniers mots qu’il aurait prononcés à Sainte-Hélène avant de mourir ;
  • Le succès ne s’explique pas. L’échec ne s’excuse pas.
  • Quand on veut on peut, quand on peut on doit !
  • La mort s’approche de nous.
  • La vérité historique n’est souvent qu’une fable convenue.
  • Un trône n’est qu’une planche garnie de velours.
  • Les peuples passent, les trônes s’écroulent, l’église demeure.
  • L’infortune est la sage femme du génie.
  • L’infortune seule manquait à ma renommée.
  • On devient l’homme de son uniforme.
  • On peut s’arrêter quand on monte, jamais quand on descend.
  • Les grands écrivains sont des radoteurs estimés.
  • Les hommes sont comme les chiffres, ils n’acquièrent de la valeur que par leur position.
  • Oui, suivez-moi. Je suis le dieu du jour.
  • Il faut que les destinées s’accomplissent.
  • Il n’existe pas de sectes en géométrie.
  • Impossible ? Je ne connais pas ce mot-là
  • En politique une absurdité n’est pas un obstacle.
  • Français, ma volonté est celle du peuple.
  • Du sublime au ridicule, il n’y a qu’un pas.
  • N’affrontez pas trop souvent le même ennemi, vous pourriez lui enseigner votre art de la guerre.
  • La supériorité de Mahomet est d’avoir fondé une religion en se passant de l’enfer.
  • Une tête sans mémoire est une place sans garnison.
  • Vaincre n’est rien, il faut profiter du succès.
  • En amour, la seule victoire, c’est la fuite.
  • Et ainsi la guerre aura lieu malgré moi, malgré lui.
  • L’homme n’a pas d’amis, c’est son bonheur qui en a.
  • N’interrompez jamais un ennemi qui est en train de faire une erreur.
  • Mieux vaut être mangeur que mangé, autre tournure de Mieux vaut être vainqueur que vaincu, faisant allusion aux victoires napoléonniennes ;
  • Mon épée est à mon côté, et avec elle j’irai loin.
  • Mon maître n’a pas d’entrailles et ce maître, c’est la nature des choses.
  • La sévérité prévient plus de fautes qu’elle n’en réprime.
  • On est toujours forcé de donner quelque chose au hasard.
  • Je redoute trois journaux plus que 100 000 baïonnettes.
  • Je pars. Que ce dernier baiser passe dans vos cœurs.
  • Un homme combattra plus pour ses intérêts que pour ses droits.
  • Un bon croquis vaut mieux qu’un long discours.
  • La morale est bien souvent le passeport de la médisance.
  • On déjoue beaucoup de choses en feignant de ne pas les voir.
  • Le moyen d’être cru est de rendre la vérité incroyable.
  • La bravoure procède du sang, le courage vient de la pensée.
  • Le cœur d’un homme d’État doit être dans sa tête.
  • La mort n’est rien, mais vivre vaincu et sans gloire, c’est mourir tous les jours.
  • Je m’offre en sacrifice à la haine des ennemis de la France.
  • Être grand, c’est dépendre de tout.
  • Tout a été comme je l’avais calculé.
  • La politique n’a pas de cœur, elle n’a que de la tête.
  • De Clovis jusqu’au Comité de salut public, je me sens solidaire de tout.
  • Le meilleur moyen de tenir sa parole est de ne jamais la donner.
  • Quand mon grand char politique est lancé, il faut qu’il passe. Malheur à qui se trouve sous les roues.
  • Le mot de 'vertu politique' est un non-sens.
  • En guerre comme en amour, pour en finir, il faut se voir de près.
  • À tout peuple conquis il faut une révolte.
  • Avec de l’audace, on peut tout entreprendre, on ne peut pas tout faire.
  • On gouverne mieux les hommes par leurs vices que par leurs vertus.
  • On peut tuer le peuple français, mais non l’intimider.
  • Qu’est-ce que le mot Empereur ? un mot comme un autre !
  • Quand le cœur parle, la gloire n’a plus d’illusions.
  • La noblesse aurait subsisté si elle s’était plus occupée des branches que des racines.
  • Je sais, quand il le faut, quitter la peau du lion pour prendre celle du renard.
  • Le canon a tué la féodalité ; l’encre tuera la société moderne.
  • Il faut toujours se réserver le droit de rire le lendemain de ses idées de la veille.
  • Les hommes de génie sont des météores destinés à brûler pour éclairer leur siècle.
  • L’épée est tirée. Il faut les refouler dans leurs glaces.
  • On ne conduit le peuple qu’en lui montrant un avenir : un chef est un marchand d’espérance.
  • Les règlements sont faits pour les médiocres et les indécis ; rien de grand ne se fait sans l’imagination.
  • Chaque difficulté porte en elle le germe d’un avantage équivalent ou supérieur.
  • Je suis dans l’obscur de tout.
  • J’ai fait une grande faute, mais j’aurai les moyens de la réparer
  • Je suis la Révolution française et je la soutiendrai.
  • Le grand art, c’est de changer pendant la bataille. Malheur au général qui arrive au combat avec un système.
  • La force d’une armée, comme la quantité de mouvement en mécanique, s’évalue par la masse multipliée par la vitesse.
  • Dieu, lui aussi, a essayé de faire des ouvrages. Sa prose, c’est l’homme. Sa poésie, c’est la femme.
  • Le commerce unit les hommes, tout ce qui les unit les coalise, le commerce est donc essentiellement nuisible à l’autorité.
  • La pauvreté, les privations et la misère sont l’école du bon soldat.
  • Une belle femme plaît aux yeux, une bonne femme plaît au cœur ; l’une est un bijou, l’autre un trésor.
  • Une société sans religion est comme un vaisseau sans boussole.
  • Je ne crois pas au proverbe que, pour savoir commander, il faut savoir obéir.
  • Notre ridicule défaut national est de n’avoir pas de plus grand ennemi de nos succès et de notre gloire que nous-mêmes.
  • Ni bonnet rouge, ni talon rouge, je suis national.
  • La paix est un mot vide de sens ; c’est une paix glorieuse qu’il nous faut.
  • La paix est le premier des besoins comme la première des gloires.
  • Il n’y a que deux puissances au monde, le sabre et l’esprit : à la longue, le sabre est toujours vaincu par l’esprit.
  • Il est dans le caractère français d’exagérer, de se plaindre et de tout défigurer dès qu’on est mécontent.
  • Je n’ai jamais permis les critiques. On demande à un médecin qu’il guérisse la fièvre et non qu’il fasse une satire contre elle.
  • je suis regretté et demandé par toute la France.
  • Les règlements sont faits pour les soldats et non pour les guerriers ; la bataille se rit du code, elle en exige un nouveau, innové par elle et pour elle et qui disparaît dès qu’elle est terminée.
  • Il n’y a que deux espèces de plans de campagne, les bons et les mauvais. Les bons échouent presque toujours par des circonstances imprévues qui font souvent réussir les mauvais.
  • Dans tout ce qu’on entreprend, il faut donner les deux tiers à la raison, et l’autre tiers au hasard. Augmentez la première fraction, et vous serez pusillanime. Augmentez la seconde, vous serez téméraire.
  • Une puissance supérieure me pousse à un but que j’ignore ; tant qu’il ne sera pas atteint je serai invulnérable, inébranlable ; dès que je ne lui serai plus nécessaire, une mouche suffira pour me renverser.
  • Un soir de bataille, et devant des dizaines de milliers de morts français : « Bah… Paris réparera cela en une nuit ». (Mémoires de Charles de Flahaut)

[modifier] Voir aussi

Wikisource propose un ou plusieurs textes de ou sur Napoléon Ier dans le domaine public
Wikimedia Commons propose des documents multimédia sur Napoléon Bonaparte.

[modifier] Liens internes

[modifier] Événements – Faits

[modifier] Vie personnelle

[modifier] Divers

[modifier] Liens externes

[modifier] Portails

[modifier] Biographie – Famille

[modifier] Sites traitant de sujets particuliers

[modifier] Sources partielles

« Napoléon Ier », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, 1852 [détail édition](Wikisource)

[modifier] Bibliographie

[modifier] Témoignages

[modifier] Ouvrages de fiction

[modifier] Études historiques classiques

[modifier] Ouvrages modernes

[modifier] Filmographie sélective

Parmi les très nombreux films et téléfilms consacrés au personnage ou le faisant figurer, avec l’acteur qui l’y incarne :

[modifier] Musée


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