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Munition non explosée

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Sommaire

Une munition non explosée (Explosive Remnants of War (ERW) ou encore UneXplode Ordnance (UXO) en anglais) désigne généralement une munition équipée d'une charge explosive, qui ont été tirées mais qui n'ont pas explosé. Il peut également s'agir de munition stockée ou perdue avant d'avoir jamais été tirée.

Ces munitions non explosées, avec ou sans détonateur posent un triple problème :

  1. Risque d'explosion, par mise à feu spontanée, volontaire ou accidentelle
  2. Risque de fuite de toxique suite à la corrosion
  3. Problème éco-toxique lié à la toxicité de tout ou partie des éléments qui composent ces munitions.

Là où ces munitions sont nombreuses, et tout particulièrement dans le cas des munitions immergées, étant donné les quantités en jeux, une menace sérieuse pour les écosystèmes et la santé est à envisager.

[modifier] Historique

Le problème a émergé avec de la Première Guerre mondiale et concerne tous les conflits armés qui ont suivi, ainsi que les terrains d'exercices militaires. La guerre du Viêt-Nam en a laissé un nombre particulièrement conséquent (30 % des munitions n'ont pas explosé au Laos, pays réputé avoir été le plus densément bombardé au monde avec 2 millions de tonnes de munitions larguées, dont beaucoup de mines anti-personnel et bombes à sous-munitions), de même dans le golfe persique, en Afghanistan, etc.

Les « progrès » fulgurants de l'artillerie de 1914 à 1918 ont fait que certains obus tirés à cette époque pouvaient s'enfoncer (sans exploser) dans des sols non rocheux jusqu'à 15 m de profondeur et plus. La plupart de ceux-ci y sont toujours. En France, en Angleterre, en Allemagne, on retrouve régulièrement des bombes de 5 ou 10 tonnes datant de 1939-1945, non explosées à plusieurs mètres de profondeur dans le sol ou dans les sédiments. Parfois il s'agit de stocks d'obus récupérés lors de la reconstruction, qui ont été enterrés ou jetés en mer, dans des mares, marais, puits, trous d'obus, bras morts de fleuves, ou lacs (Selon une étude suisse, un lac sur deux dans ce pays aurait fait l'objet de rejets de déchets dangereux militaires). On a jeté des milliers d'obus dans des cavernes comme le gouffre où naissent les sources de la Loue, en France. L'eau qui alimente le fleuve et une partie des habitants du département y coule aujourd'hui sur un lit d'obus jetés là après 1918.

[modifier] Quantités

Rien que pour l'Europe de l'Ouest, les experts du déminage et de la sécurité civile estiment qu'un quart (25%) du milliard d'obus tiré pendant la Première Guerre mondiale dans le nord et l'est de la France et environ 1/10ème de ceux de la Seconde Guerre mondiale n'ont pas alors explosé. Or, si le déminage a été méthodiquement conduit après le conflit de 1939-1945, il a été moins bien réalisé après 1918, époque où l'on ne disposait pas de détecteurs de métaux ou d'explosifs (et semble-t-il avec un mauvais archivage des actions entreprises).

Depuis 1945, date à laquelle a été initié un déminage rigoureux et coordonné, ce sont plus de 660 000 bombes ont été dégagées, 13,5 millions de mines et 24 millions d'obus et autres explosifs (des deux guerres mondiales ou parfois issus d'exercices). Autour de Verdun on extraie encore environ 900 tonnes de munitions du sol par an. À ce rythme il faudra environ 700 ans pour nettoyer et détruire la totalité des obus non explosés enfouis dans les sols français. De plus, les premières archives organisées semblent ne dater que de 1950 environ. Elles n'ont été informatisées qu'à partir de l'an 2000, ce qui laisse un flou historique pour la période 1918-1920 rendant plus difficile la remédiation de cette partie des séquelles de guerre.

[modifier] Danger d'explosion

Certaines de ces munitions ont une puissance explosive importante. Le risque d'auto-explosion sous l'eau est moindre, mais certains dépots sous marins rassemblent plus de 50 000 tonnes de munitions, de quoi provoquer un mini-Tsunami. Dans les fosse des casquets, des conteneurs anglais de déchets radioactifs auraient été jetés au dessus d'un lit d'obus et d'autres déchets.

Le cargo américain SS Richard Montgomery s'est échoué en 1944 devant les côtes nord du Kent près de l'île de Sheppey dans l'estuaire de la Tamise (à 1,5 miles de Sheerness et à 5 miles de Southend). Sur 6 127 tonnes qu'il devait transporter à Cherbourg, 3 173 tonnes de munitions correspondant à 13 700 munitions dont 1 429 caisses de bombes au phosphore et 1 400 tonnes de TNT) ont été abandonnées avec le navire avant d'avoir pu être transbordé sur d'autres navires, comme le reste de la cargaison. Ces munitions menacent toujours d'explosion ou de fuite, justifiant une surveillance permanente par les garde-côtes et au radar. Le bateau polonais Kielce a été coulé au large de Folkestone en 1946 avec un tonnage comparable de munitions issues de la seconde guerre mondiale. Lorsqu'il a explosé en 1967, suite à une erreur de manipulation lors d'une tentative de récupération des munitions, il a produit une secousse de 4,5 sur l'échelle de Richter, provoquant un panique à Folkestone et laissant un cratère de 6 mètres de profondeur dans le fond marin.

Selon une étude du New Scientist (de 1970 ?) évoqué en août 2004 par la BBC, une explosion de l'épave du Richard Montgomery provoquerait une gerbe d'eau de plus de 300 mètres de hauteur, une projection de débris jusqu'à environ 3 km de hauteur dans le ciel, et un mini-tsunami de 4 à 5 mètre de haut. Rien que le TNT présent dans ce bateau correspond à 1/12ème de la puissance d'une bombe atomique telle que celle larguée sur le Japon. Ce serait la plus forte explosion non nucléaire qu'il y ait jamais eu (selon l'auteur d'un article du New Scientist). La plupart des vitres de la ville de Sheerness, à 2 km de là seraient cassées et des bâtiments seraient endommagés par le souffle. En 2004, le ministère anglais des transports a précisé qu'une étude de risque était en cours. L'épave s'est cassée en deux et semble stabilisée. Les experts commissionnés estiment qu'il est moins dangereux de ne pas y toucher que d'y toucher, mais les rapports n'évoquent pas ou peu les risques pour l'environnement. Certaine munitions contiennent de l'azoture de plomb qui est un explosif primaire devenu commun lors de la seconde guerre mondiale, en remplacement du dangereux fulminate de mercure. Ce produit est également toxique mais plus stable et très peu soluble dans l'eau. Cependant, au contact de vapeur d'eau (et non d'eau liquide qui ne le solubilise pas) il peut de produire de l'acide azothydrique (HN3<ref> http://www.osha.gov/dts/chemicalsampling/data/CH_245950.html</ref>) qui outre qu'il est un poison violent, explosifs à température et pression ambiante est lui soluble dans l'eau. En solution, il peut se disperser dans la mer, mais également s'il est piégé dans une munition attaquer et dissoudre certains métaux (dont le cuivre, le laiton, le zinc et l'acier) en produisant des sels instables instables, explosifs (et toxiques). Certains craignent une production de cet acide, qui pourrait ainsi produire de l'azoture de cuivre instable et explosif susceptible en cas de choc de déclencher une explosion en chaîne.
D'autres estiment que l'eau devrait dégrader les munitions après un certain temps et que l'azoture de cuivre a de fortes de chances d'être solubilisé et dispersé dans la mer en cas de corrosion suffisante pour que de l'eau puisse entrer dans les munitions. Plusieurs articles évoquent aussi le risque terroriste.

A Halifax, lors de la première guerre mondiale, l'explosion d'un navire contenant des munitions dans un port avait déclenché un véritable raz de marée qui a rasé une partie du port et de la ville.

[modifier] Toxicité

Leur dangerosité est parfois liée à leur contenu en gaz de combat, toujours actif, même près de 100 ans après l'armistice de 1918.

Fin 1918, 1/3 environ des obus qui sortaient des chaines de fabrication étaient des munitions chimiques. Mais mêmes les munitions dites "conventionnelles" sont sources de risque de pollution chronique ou aigue. (A titre d'exemple chaque obus muni de sa douille contient 2 amorces contenant chacune 2 grammes de fulminate de mercure, soit un gramme de mercure toxique pur). L'enveloppe (chemise) des munitions et en particulier des obus est solide mais non éternelle. L'oxydation et la formation de picrates très instables (à partir de l'acide picrique qui était le principal explosif en 14-18) rendent ces obus de plus en plus dangereux avec le temps. Les douilles étaient remplies de nitrates, et le cuivre, le cadmium, le zinc, le plomb ou l'arsine en étaient des composants ou contenus classiques. Ce sont des polluants majeurs aux doses où ils sont présents dans ces munitions. Et les changements climatiques pourraient exacerber les risques d'inondations de zones de dépôts enterrés, et d'incendies de forêts de guerre.
Plus récemment les nouveaux explosifs ou carburants de fusées et missiles ont amenés de nouvelles pollutions. Le perchlorate (composant pyrotechnique et carburant de fusées, roquettes ou missiles) a commencé à polluer les sols de terrains militaires d'exercice et les nappes d'eau potable, par exemple sur le Massachusetts Military Reservation (MMR) à Cape Cod dans le Massachusetts (USA).

[modifier] Statut juridique

Ces munitions répondent à la définition juridique des déchets toxique et/ou dangereux, mais pour lesquels il est difficile de rétrospectivement désigner des responsables. Le principe pollueur-payeur est dans ce cas inapplicable. Il n'y a pas d'instance internationale spécifiquement désignée à la résolution de ce problème.

Le problème est connu des spécialistes sur terre, mais moins pour ce qui concerne les dépôts immergés

[modifier] Solutions

Diverses solutions techniques ont été développées pour le obus trouvés ou stockés à terre, des usines de démantèlement existent dont en Belgique et en Allemagne, mais le projet français d'usine de démantèlement ('Projet Sécoia') a plusieurs fois été repoussé. La Belgique a proposé une solution européenne commune qui tarde à émerger.
Concernant les dépôt sous-marins et les épaves non déminées, la situaton est plus complexe et critique, voire l'article consacré à ce sujet.

[modifier] Notes

<references/>

[modifier] Liens internes

de:Blindgänger en:Unexploded ordnance sv:UXB ta:வெடிக்காத வெடிபொருட்கள்

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