Mosquée
Un article de Wikivisual, l'encyclopédie libre.
| Cet article fait partie d'une série sur |
| Image:Mosque02.svg |
| Religion |
| Religions abrahamiques : |
| Judaïsme - Christianisme - Islam |
| Les Piliers de l'islam |
| La déclaration de foi |
| La prière - L'aumône |
| Le jeûne |
| Pèlerinage à La Mecque |
| Histoire de l'islam |
| Mahomet - Abou Bakr - Ali |
| Aïcha - Fatima Zahra |
| Prophètes de l'islam |
| Calife - Imam |
| Branches de l'islam |
| Dar-al-Islam |
| Chiisme - Sunnisme - Kharidjisme |
| Kalâm - Soufisme - Wahhabisme |
| Villes saintes de l'islam |
| La Mecque - Médine |
| Jérusalem |
| Nadjaf - Kerbala |
| Constructions religieuses |
| Mosquée - Minaret |
| Mihrab - Qibla |
| Architecture islamique |
| Événements et fêtes |
| Hijri - Hégire |
| Aïd el-Fitr - Aïd el-Kebir |
| Achoura - Arbaïn |
| Religieux |
| Muezzin - Imam - Mollah |
| Ayatollah - Mufti |
| Textes et lois |
| Vocabulaire de l'islam |
| droit musulman - école Madhhabs |
| Hisba |
| Coran - Hadith - Sourate |
| Charia - Sunna |
| Fiqh - Fatwa |
| Dérivation |
| Islamisme |
Une mosquée est un lieu de culte où se rassemblent les musulmans pour les prières communes.
L’ensemble architectural est le plus souvent entouré d’une ou plusieurs tours, ou minarets, dont le nombre serait limité à six pour ne pas excéder celui de la mosquée de la Mecque qui en comporte sept. Le toit est souvent en forme de dôme. C’est du haut d’un des minarets que le muezzin appelle à la prière au cours de l’adhan. Une mosquée est plus qu’un lieu de culte. C’est également une institution sociale, éducative et politique : elle peut ainsi être accompagnée d’une madrasa, d’un centre de formation voire d’une université. Elle sert aussi de lieu de rencontres et d’échanges sociaux.
Sommaire |
[modifier] Étymologie
Le nom mosquée, apparu en 1553 dans la langue française<ref name="mipi">(fr) Mosquées, imams et professeurs de religion islamique en Belgique, Mohammed el-Battiui et Meryem Kanmaz, Fondation Roi Baudoin, ISBN 2-87212-446-2 (consulté le 6 octobre 2006)</ref>, est un emprunt à l’italien mosche(t)a, par le truchement de l'espagnol mezquita venant lui-même de l’arabe مسجد masjid lui-même emprunté à l'araméen masged<ref>(en) Étymologie du mot mosquée, sur le site de l'American Heritage Dictionary</ref>. Il dérive d’une racine proto-sémitique signifiant « poser le front au sol » et rappelle qu’il s’agit d’un lieu de prosternation. Le terme jâmi (جامع jāmîi), « lieu de réunion », désigne quant à lui une grande mosquée où se fait la réunion du vendredi. Les musulmans se réfèrent souvent à la mosquée par son nom arabe, masjid.
Le mot arabe masjid signifie l’endroit du culte et dérive du verbe sajada (racine « s-j-d, » signifiant « se mettre à genoux ») en référence aux gestes exécutés pendant les prières. Le mot « m-s-g-d » est apparu en araméen dès le Ve siècle, et le même mot est trouvé plus tard dans le Nabatéen avec la signification « endroit du culte ». Apparemment, ce mot araméen aurait à l’origine signifié « stèle » ou « pilier sacré »<ref name="R.H">R. Hillenbrand, I. Masdjid., In the central Islamic lands, in Encyclopaedia of Islam Online, éd. P.J. Bearman, Th. Bianquis, C.E. Bosworth, E. van Donzel and W.P. Heinrichs. Brill Academic Publishers. (ISSN 1573-3912)</ref>.
Les précurseurs du mot « mosquée » apparus pendant les XVe siècle, XVIe siècle, et XVIIe siècle (« moseak », « muskey », « moschy », et « mos’keh ») ont été également utilisés jusqu’à ce qu’on ait décidé que « mosquée » qu’on trouve dans l’espagnol, le moyen français l'italien ou l'anglais deviendrait la norme. Au XVIIIe siècle, l’épellation moderne est devenue la plus populaire et la plus standard du mot.
Dans le contexte européen, le terme de mosquée a tendance à céder la place au terme « centre », (markaz/merkez), en fonction des activités qui y sont proposées. Si la majorité des gens s’y rend pour prier, cela reste une mosquée. Si la plupart y vient pour d’autres activités, on parlera plutôt d’un centre (markaz).<ref name="mipi"/>
[modifier] Histoire et tradition coranique
Selon une parole attribuée à Mahomet, « toute la terre est une mosquée sauf les cimetières et les lieux d’aisance ».<ref>Mosquée dans un cimetière sur islamweb.net</ref> Une autre parole affirme que « la terre m’a été rendue lieu de prière et pure. Quiconque parmi les hommes de ma communauté atteindra l’heure de la prière aura un lieu de prière et de pureté ».<ref name="fatwa">Site fatawaislam.com (consulté le 14 octobre 2006)</ref> Selon la croyance islamique, la première mosquée au monde était Masjid al-Haram connue également sous le nom de Kaaba à La Mecque, qui a été édifiée par Adam, puis reconstruite par Abraham et son premier fils Ismaël sur un ordre de Dieu. La deuxième mosquée la plus ancienne est la mosquée al-Aqsa. Selon la tradition musulmane, elle fut construite 40 ans plus tard par Abraham ; elle constitue le troisième lieu saint de l’Islam car, lors du voyage nocturne du prophète, celui-ci aurait été conduit d’abord de la Mosquée sacrée de La Mecque jusqu’à la Mosquée al-Aqsa de Jérusalem.<ref>La place de la Mosquée Al-Aqsâ dans le coeur des musulmans, Anas Ahmed Lala, La maison de l'Islam (consulté le 15 octobre 2006)</ref> Elle était également la première direction de la qibla.
La première construite pendant le règne de l’islam est la mosquée de Quba à Médine. Elle fut édifiée lors de l’Hégire de Mahomet et de ses compagnons de la Mecque à Médine. Quelques jours après avoir commencé la construction de la mosquée de Quba, Mahomet entama la construction d’une deuxième mosquée à Médine, connue aujourd’hui sous le nom de « Masjid al-Nabawi », ou la mosquée du prophète. D'après la tradition, l’emplacement de la mosquée serait celui de la première prière de vendredi effectuée à Médine.<ref>The First Muslim State, article de l’Islamic Council (consulté le 7 octobre 2006)</ref> Selon cette tradition, prié par les habitants de Médine d’accepter plusieurs terrains, Mahomet, pour ne froisser personne, laissa à sa monture, Qoçoua, le soin de déterminer le lieu d’arrivée en lui relâchant la bride. C’est ainsi qu’après nombre de détours elle s’arrêta enfin sur un large terrain vide et s’agenouilla. C’est sur ce terrain que la mosquée de Médine a été bâtie.<ref>L’Enseignement de L’Islam Dans Les Mosquées, Dalil Boubakeur, site de la Grande Mosquée de Paris (consulté le 8 octobre 2006)</ref>
Durant son séjour à La Mecque, Mahomet effectue à l’intérieur de la Kaaba les cinq prières quotidiennes avec les disciples de l’Islam alors même que des arabes non musulmans y effectuent également leurs rituels. La tribu de Quraych, chef de La Mecque, qui est responsable de la Kaaba, essaie d’exclure les disciples de Mahomet du sanctuaire. Quand Mahomet revient à la Mecque en 630, il brise les idoles du temple et convertit la Kaaba en mosquée. Elle est depuis connue en tant que Masjid al-Haram, ou « mosquée sacrée ».
Masjid Al-Haram a été sensiblement agrandie au cours des siècles pour faciliter le Hajj, le pèlerinage que tout musulman se doit d’effectuer s’il en a la capacité. Sa première extension fut réalisée à l’époque islamique sous la règne du calife Omar ibn al-Khattab et elle a acquis sa forme actuelle en 1577 pendant le règne du sultan Selim II. Des extensions modernes sont réalisées sous le règne de la famille royale saoudienne Al-Saoud.
[modifier] Diffusion
Des mosquées ont été construites en dehors de la péninsule arabique au fur et à mesure du déplacement des musulmans, à travers les conquêtes, le commerce et les flux migratoires.
La première mosquée connue de Chine a été construite sous la dynastie Tang pendant le VIIIe siècle, à Xi’an. La mosquée de Xi’an, à l'instar de celles de l'est du pays, suit l’architecture chinoise traditionnelle en forme de pagodes, et ne contient pas certains des éléments propres aux mosquées du reste du monde, y compris celles de Chine occidentale.
La large diffusion des mosquées en Inde remonte au règne de l’empire Moghol, aux XVIe siècle et XVIIe siècle. Les Moghols ont apporté leur propre style d’architecture, en particulier les dômes aigus avec une forme étirée, comme la Jama Masjid de New Delhi<ref>Architecture Moghole, Docteur Gesink, Baldwin-Wallace College</ref>. Mais la première mosquée construite en Inde fut la mosquée Qûtb Minâr et cela en 1193<ref>Indian mosques: From vandalism to architectural marvels ,New Kerala (consulté le 2 décembre 2006)</ref>
Les premières mosquées dans l’empire Ottoman, comme la Hagia Sophia d'Istanbul, étaient à l’origine des églises ou des cathédrales de l’empire byzantin. Les ottomans ont par la suite introduit une nouvelle architecture des mosquées. De grands dômes centraux sont ajoutés, avec des minarets multiples et des façades ouvertes. Les architectes ottomans ont raffiné la conception des colonnes, les plafonds sont devenus plus hauts, tout en incorporant les éléments traditionnels, tels que le mihrab<ref>John Pitts ,Charlotte Country Day School (consulté le 14 octobre 2006)</ref>. On trouve jusqu’à nos jours en Turquie des mosquées qui témoignent du modèle ottoman.
Image:Mosque-Lebbeke.jpg Des mosquées ont commencé à être construites en Europe avec l’arrivée des arabes en Espagne (VIIIe siècle), puis avec l’expansion de l’empire Ottoman dans les Balkans, à compter du XIVe siècle. Mais la croissance la plus rapide de leur nombre s’est produite récemment, avec la montée des flux migratoires provenant des pays musulmans. Les principales villes européennes, telles que Rome, Londres et Munich, accueillent des mosquées dotées de dômes et de minarets traditionnels. Elles sont localisées dans les centres urbains, et y servent de centres sociaux, religieux et communautaires pour les musulmans maintenant assez nombreux qui y vivent. Cependant, on trouver aussi de plus petites mosquées dans des régions plus suburbaines et plus rurales dans les régions d'Europe peuplées de musulmans<ref>Jill S. Cowen, «Muslims in China ,The Mosques», Jill S. Cowen, Saudi Aramco World</ref>. La première mosquée construite sur le sol français est la mosquée Noor-e-Islam situé à Saint-Denis de la Réunion, elle fut inauguré en 1905<ref>La Mosquée Nour-E-Islam de Saint Denis Association islam sounnate djamate (consulté le 7 octobre 2006)</ref>, suivie par la Grande Mosquée de Paris en 1922. En Belgique, ce n’est qu’en 1975 que se constituent les premières mosquées <ref name="mipi"/>.
Aux États-Unis, les premières mosquées sont apparues au début du XXe siècle, et la première a été construite à la fin des années 1920 à Cedar Rapids. Seulement 2% des mosquées aux États-Unis ont été érigées avant 1950, 87% ont été construites après 1970 et 50% pour cent des mosquées américaines ont été fondées après 1980<ref>The Mosque in America: A National Portrait, Council on American-Islamic Relation (consulté le 6 octobre 2006). Lien cassé : http://www.cair-net.org/mosquereport/Masjid_Study_Project_2000_Report.pdf </ref>
[modifier] Changement d'affectation des lieux de culte
Plusieurs exemple de lieux de culte étant passés d'une religion à une autre existent, certains concernent l'Islam.
La Kaaba était avant l'islam un lieu de culte païen, on trouvait en son sein 360 idoles<ref>Le pèlerinage , Eric "Younès" Geoffroy , Oumma.com(consulté le 15 novembre 2006)</ref> que Mahomet fit enlever lorsqu'il effectua la circumambulation autour de la Kaaba qui devint le lieu le plus saint de l'Islam. Quant à la mosquée Al-Aqsa désignée comme le troisième lieu saint de l'Islam, elle fut érigée sur le Mont du Temple là où se situait le Second Temple de Jérusalem et qui est aujourd'hui encore perçu par les juifs comme un lieu saint. Plus tard les ottomans lors de la conquète de Constantinople (1453) transformèrent presque toutes les églises, monastères, et chapelles de Constantinople y inclus la basilique Hagia Sophia, badigeonnant les mosaïques contraires à l'interdit de la représentation dans l'Islam et lui adjoignirent quatre minarets, Sinan architecte turc fut influencé par l'architecture de Sainte Sophie dans ses réalisations ulterieures. Plus tard en 1528 le souverain moghol Babur fit construire une mosquée à Ayodhya en Inde. Les hindous clament qu'elle fut construite sur le lieu de naissance du dieu Rāma, en conséquence de quoi un groupe de 75 000 personnes menés par des extrémistes hindous ont démoli cette mosquée lors d'émeutes en 1992.<ref>Voir l'article du Archaeological Institute of America (consulté le 12/11/2006)</ref> D'une autre part des mosquées ont également été converties, notamment en Espagne après la Reconquista (finie en 1492) comme en témoigne l'actuelle Cathédrale de Séville située à l'emplacement d'une ancienne mosquée almohade dont le minaret a été conservé et transformé en clocher. On observe également ce phénomène en Europe du sud-est, et Inde lorsqu'il passèrent à un régne non islamique.
[modifier] Fonctions religieuses
[modifier] Prières
La salât (صلاة) est l’un des cinq piliers de l’islam, et stipule que les musulmans doivent effectuer cinq prières quotidiennes obligatoires : avant le lever du soleil (fajr فجر), quand le soleil dépasse le point central du ciel (dhuhr ظهر), l’après-midi (asr عصر), après le coucher du soleil (maghrib مغرب), et en soirée (isha’a عشاء). Bien que les plus petites salles de prière n'offrent la possibilité d’en effectuer que quelques-unes, la plupart des mosquées accueillent les cinq prières.
Tandis que les prières quotidiennes peuvent être exécutées à n’importe quel endroit, on exige que tous les hommes assistent à la prière du vendredi à la mosquée : ce jour-là, elle accueille la prière du jumah, ou prière du vendredi, qui se tient au moment de la deuxième prière quotidienne, celle de midi (dhuhr).
Image:Muslimspace37.jpg Dans le calendrier islamique, il y a trois Aïds : Aïd el-Adha (عيد الأضح ou Aïd el-Khabir عيد الكبير Grande Fête), Aïd el-Fitr (عيد الفطر ou Aïd es-Seghir عيد الصغير Petite Fête) et aid al-mawloud qui correpond à la naissance de Mahomet. Pendant le premier jour de ces deux événements, une prière spéciale est tenue le matin dans les mosquées : Salat el Aïd (Prière de la Fête). Les prières d’Aïd sont habituellement effectuées en grands groupes. De ce fait, seules les plus grandes mosquées accueillent normalement la prière d’Aïd. Parfois, cette prière à lieu sur de vastes places en plein air, en raison de l'affluence.
Salat al-janazah est également tenue lors de la mort d’un musulman. Lors de l’éclipse du soleil, les mosquées accueillent une autre prière spéciale appelée salat al-koussouf.
[modifier] Événements du Ramadan
Image:Ramadan Dinner 2005-11-07.jpg Le Ramadan (رمضان), le mois le plus saint de l’Islam, est célébré par plusieurs événements. Comme les musulmans doivent jeûner (صوم) pendant le jour pendant le Ramadan, les mosquées accueillent les dîners (iftar) après le coucher du soleil et la quatrième prière du jour, maghrib. La nourriture est fournie, au moins en partie, par des membres de la communauté. Quelques mosquées tiennent également des repas du sohour, le dernier repas avant la reprise du jeûne à l’aube. En Occident certains politiciens assistent parfois à des tables d’Iftar, dans le cadre de leurs campagnes électorales ou pour essayer de se concilier la communauté musulmane<ref>Catherine Coroller, Sarkozy à la table de la mosquée de Paris, Libération (consulté le 4 octobre 2006)</ref>.
Pendant le Ramadan, les musulmans effectuent une prière spécifique, facultative, le Tarawih (تراويح). Elle a lieu après la cinquième et dernière prière, l’Isha, sauf chez les chiites qui ne la pratiquent pas. Pendant le Tarawih, l’imam récite de mémoire, en entier et au moins une fois l’intégralité du Coran, voir deux fois s’il veut faire comme le prophète. Il est à noter que certains imams ne récitent pas tout le Coran, notamment dans les petites mosquées où la prière est relativement courte. Il est également possible de lire le Coran s’il n’est pas mémorisé.
Des conférences sont également organisées pendant le mois du Ramadan.
Enfin, pendant les dix derniers jours du Ramadan, certaines mosquées accueillent l'i’tikaf, une pratique à laquelle participe au moins un musulman de la communauté pour réciter le coran, vénèrer Dieu et étudier l’islam.
[modifier] Charité
Le troisième pilier de l’Islam stipule que les musulmans doivent effectuer la zakat (زكاة charité). Elle correspond à 2,5% (ou 1/40) de l’épargne du musulman, si cette épargne dépasse un certain montant, évalué actuellement en Europe à environ 870 euros, et réévaluée annuellement<ref>Zakât Al Maal sur Secours-Islamique (consulté le 23 octobre 2006)</ref>. Pour les musulmans, le Coran prescrit : « Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. Et craignez Allah, car Allah est, certes, dur en punition ! »<ref>Sourate La table servie, verset 2 d'après la traduction de Muhammad Hamidullah, 1990 (Le Saint Coran : Et la traduction en langue française du sens de ses versets et la transcription en caractères latins)</ref>.
Selon la tradition, il y avait au masjid al-Nabawi un endroit que l’on appelait « souffah ». C’était l’endroit où les pauvres et les étrangers trouvaient refuge et abri, et où Mahomet leur accordait des parts des biens récoltés en charité. C’était à la mosquée qu’on collectait et distribuait l'aide aux pauvres. C’est également à Masjid al-Nabawi que le prophète aurait dit : « Donnez, ne serait-ce qu’une moitié de datte. »<ref>Le Jour où nous avons perdu notre masjid Muhammad Alshareef, Khutba (consulté le 7 octobre 2006)</ref>
Pendant le mois de Ramadan, la zakat se fait davantage par la confection et la distribution de repas individuels. Des tables de charité sont organisées dans les mosquées ou des tentes de charité.
[modifier] Fonctions sociales
[modifier] Centre de la communauté musulmane
À son arrivée à Médine, le prophète fit bâtir un lieu de rencontre pour la Communauté, une sorte de « quartier général » où seraient traités tous les points touchant la Communauté, un centre de vie et de rassemblement. Beaucoup de gouverneurs musulmans après la mort du prophète de l’Islam, ont donc établi leurs domaines autour d’une mosquée. De la même manière que La Mecque est construite autour de Masjid al-Haram et Médine autour de Masjid al-Nabawi, Karbala, en Irak actuel, a été construite autour du tombeau du Husayn, petit fils du prophète. En général, les centres villes des régions musulmanes sont marqués par la présence de mosquées.
La place de la mosquée en Iran est notable à plusieurs titres. La mosquée, en plus d'un sanctuaire religieux, est aussi un lieu public où n'importe qui peut pénétrer. De plus, elle offre un véritable service public en mettant à disposition de l'eau courante et des toilettes<ref name="CERI">(fr) Image:Page white acrobat.png [ pdf</span>] "Iran: Vers un espace public confessionnel ? ", Fariba Abdelkah, Les études du CERI, n°27,, juin 1997, p.9-12</ref>. La mosquée participe à la vie sociale d'un quartier. Elle fournit un lieu de prière et de repos à certaines catégories d'habitants ou de travailleurs du quartier, et est également un maillon essentiel entre les « sources d'imitation » (marja-e taqlid) et les populations religieuses.
Les mosquées construites récemment, particulièrement dans les pays non musulmans, tendent par contre à s’éloigner du centre ville. Aux États-Unis, la croissance du nombre de mosquées et des membres des congrégations dans les banlieues est beaucoup plus importante que dans les zones très peuplées et proche du centre ville. Néanmoins, même une mosquée dans une zone qui n’est pas très peuplée pousse souvent des musulmans à rapprocher leurs habitations et leurs entreprises de la mosquée. Ainsi, les lieux de culte forment les points focaux des communautés musulmanes, même si elles ne forment pas le centre de la communauté toute entière.
[modifier] Éducation
Image:Kazan kremlin at night.jpg L’éducation est une mission considérée comme noble, et l’Islam insiste sur l’éducation et sur le savoir, que celui-ci soit religieux, scientifique ou littéraire. Les premiers versets révélés au prophète Mahomet disent : « Lis ! Au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l’homme d’une adhérence. Lis ! Ton Seigneur est le Plus Noble, qui a enseigné par la plume (le calame), a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas. » (Sourate 96). Le prophète indique : « Le meilleur d’entre vous est celui qui a appris le Coran et l’aura fait apprendre ». La Mosquée se veut donc l’école de toutes les sciences, où vont se former les savants. Plus qu’un lieu de culte, la mosquée a donc été dans les temps de rayonnement de la civilisation musulmane un haut lieu d’éducation pour les fidèles de tous âges et de divers horizons. Abou Saïd Al-Khoudry rapporte que les femmes dirent au prophète : « Les hommes sont les seuls à profiter de tes exhortations. Consacre nous donc un jour pour écouter tes enseignements. »<ref>El Boukhari</ref> Il leur désigna ainsi un jour où il les rencontrerait et leur offrait ses exhortations et ses recommandations.
L’apprentissage du Coran, de l'arabe et des pratiques religieuses est effectué dans les pays où la langue n’est pas largement parlée. Des cours y sont donnés sur l’Islam et son histoire aux nouveaux musulmans, particulièrement en Europe et aux États-Unis.
Les madrasas sont parfois intégrées à des mosquées comme le cas autrefois d'Al-Azhar en Égypte et la Zitouna en Tunisie. Mais la tendance actuelle est de se diriger vers la séparation entre la mosquée et son ancienne vocation universitaire. En effet, si la simple éducation islamique peut être effectuée dans tout centre où existe un mu’allim (qui peut être l’imam) capable d’assumer ce rôle de première formation, les étapes suivantes nécessitent des structures plus développées d’enseignement, des maîtres plus qualifiés et surtout des moyens qui, dans le cas des enseignements supérieurs, sont de la seule portée des États.
[modifier] Événements et collecte de fonds
Les Mosquées dans certaines régions du monde accueillent des événements et des dîners pour collecter de l’argent, pour financer des activités culturelles ou de charité, ou simplement pour réunir la communauté.
Aux États-Unis, les jeunes sont aussi attirés par les mosquées qui ont des équipements de sports tels que les terrains de basket-ball, de football ou de football américain. Une illustration intéressante de cette participation de la communauté est celle de la mosquée Djenné au Mali où, pendant un festival annuel, la communauté participe à la réapplication du plâtre à l’extérieur du bâtiment de brique de boue .
Les mosquées accueillent également des mariages. D'après la Sunna, le prophète avait instauré la proclamation du mariage au sein de la mosquée, lieu où doivent se nouer les liens sacrés dans une ambiance islamique, et où les musulmans en témoigneront dans la foi. D’après Aïcha, femme du prophète, le prophète a dit : « Annoncez le mariage dans les mosquées et faites battre les tambours ». <ref>Rapporté par Tirmidhy.</ref>
La vente et toute activité commerciale sont interdites dans la mosquée. Selon la parole du prophète : « Si vous voyez quelqu’un qui achète ou vend dans la mosquée, dites-lui : « Qu’Allah rende ton commerce perdant »<ref name="fatwa"/> car cela risque de transformer la mosquée en un lieu de commerce. Cet épisode n'est pas sans rapeller celui de Jésus chassant les marchands du temple.
En Iran, les fidèles sont redevables de deux taxes sur la richesse : non seulement la zakat, mais aussi le khoms correspondant à un cinquième des revenus. La moitié du khoms, appellée « part de l'Imam » (sahm-e emâm), est généralement collectée par le réseau des mosquées et centralisée par les « sources d'imitation » (marja-e taqlid). Le khoms est destiné à l'entretien matériel des membres du clergé<ref name="CERI"/>. On assiste aujourd'hui à la constitution d'un espace public confessionnel en Iran, constitution qui se confond avec les processus de privatisation et de marchandisation de la société. Ce processus touche l'ensemble des pratiques religieuses des croyants. On assiste donc à la tarification des services offerts par la mosquée<ref name="CERI"/>. Les cérémonies ayant lieu à la mosquée, comme les funérailles, les commémorations et les rituels de retour du hadj, par exemple, donnent lieu à des prestations de service tarifées et très détaillées<ref>Iran: Vers un espace public confessionnel ?, Fariba Abdelkah, op.cit. p.24</ref>.
[modifier] Rôles politiques contemporains
La fin du XXe siècle a été marquée par une augmentation du nombre de mosquées prenant et véhiculant des positions politiques. Certaines sont peu polémiques. Ainsi, aujourd’hui, la participation civique (en particulier le vote) est généralement encouragée par les mosquées du monde occidental.
D'autres actions politiques sont plus contestées. Le fondamentalisme islamique, et les mouvements terroristes, ou tout du moins violents, s'y rattachant, se diffusent ainsi dans un nombre restreint de mosquées à travers le globe. À l'inverse, dans d'autres mosquées sont régulièrement fait des prêches en faveur de la coexistence paisible avec les autres tendances musulmanes et avec les non-musulmans, surtout en période de tensions.
[modifier] Influence politique
Au cours de la révolution iranienne, la mosquée en Iran a servi de base pour les réunions et l'organisation des manifestations<ref name="fouladi">(fr) Image:Page white acrobat.png [
pdf</span>] Statistiques démographiques et pouvoir politique : le cas de l'Iran, Marie Ladier-Fouladi, Union Internationale pour l’Étude Scientifique de la Population, p.12</ref>. Les « Comités pour l'accueil de l'imam Khomeiny », puis les « Conseils islamiques de quartier » après la révolution ont aussi siégé dans les mosquées<ref name="fouladi"/>. Ces comités, qui s'occupaient de problèmes quotidiens des habitants du quartier, ou de questions politiques pendant la révolution, ont utilisé les lieux de culte musulmans pour des activités séculières.
C'est pendant la guerre Iran-Irak que l'état iranien, au cours de la mobilisation révolutionnaire et nationale de cette période, mélange discours révolutionnaire et légitimité religieuse afin d'occuper l'espace public. La prière du vendredi, par exemple, possède deux parties : le premier sermon est religieux, et le deuxième est explicitement politique ou social. Il est même devenu courant que ces prêches soient précédés de l'intervention d'un ministre ou d'un technocrate qui explique son action<ref name="CERI"/>. C'est également au cours de la période de guerre contre l'Irak que les mosquées ont commencé à avoir un rôle dans le recrutement et le soutien aux volontaires candidats au martyr<ref>Farhad Khosrokhavar, L'Islam et la mort. Le martyre révolutionnaire en Iran, L'Harmattan, Paris, 1995, 424 p., ISBN 2-7384-3796-6</ref>. La levée des Bassidji s'est en effet effectuée par groupes de voisins ou d'amis, ou d'actions collectives organisées par les mosquées<ref>(fr) Image:Page white acrobat.png [
pdf</span>] "Les élections législatives en Iran. La somme des parties n'est pas égale au tout", Fariba Abdelkah, Les études du CERI, n°20, juillet 1996, p.20 </ref>.
En Turquie, état officiellement laïque existe une fondation (waqf) religieuse étatique (Türk Diyanet Vakfi) qui s'occupe de la formation et de la rétribution de imams et dicte leurs prêches. Selon Le Soir cet organisme gère 77000 mosquées et 80 000 fonctionnaires en Turquie mais aussi à l'étranger, par exemple en Belgique où elle gère 62 lieux de culte.<ref>Le soir 7 novembre 2006 (consulté le 12 novembre 2006)</ref>
En Indonésie, le manque de liberté politique des années Suharto a contribué au renouveau islamique. En 1990, un intellectuel musulman déclarait que « la mosquée demeure un sanctuaire pour l'expression des frustrations et du mécontentement »<ref>(en) Far Eastern Economic Review, 14 juin 1990 cité dans Préparatifs de Succession en Indonésie, Françoise Cayrac-Blanchard. </ref>.
Image:Masjid Bilal, East Ham.jpg Dans les pays où les musulmans ne sont pas majoritaires, les mosquées sont utilisées pour favoriser la participation civique. Les mosquées américaines accueillent ainsi l’enregistrement d’électeurs. Les mosquées permettent aux musulmans de rester au courant des questions concernant la communauté musulmane. En Belgique, les élections du corps exécutif Conseil provisoire de sages (installé par un Arrêté royal), qui ont eut lieu le 13 décembre 1998, se sont déroulées dans 124 bureaux de vote dont 104 avaient été installés dans des mosquées et 20 dans des lieux publics<ref name="mipi"/>. Les fidèles de certaines mosquées participent à des protestations, signent des pétitions et s’impliquent dans la politique. Pendant la crise des caricatures en février 2006, les chefs des mosquées ont déterminé la réaction des fidèles. Tandis que quelques responsables, en Asie du sud et au Moyen-Orient réclamaient des réactions plus violentes aux dessins, d’autres ont demandé aux fidèles de retenir leur colère et d'agir pacifiquement ; dans les deux situations, les fidèles ont réagi en conséquence du discours adopté<ref>(en) Thousands attend cartoon protests, BBC (voir les articles connexes également) (consulté le 3 novmbre 2006)</ref>
Ce rôle est parfois instrumentalisé par les hommes politiques. Ainsi en 2005, lors de la crise des banlieues en France, Nicolas Sarkozy a cru voir une implication des islamistes (qui n’ont pourtant « joué aucun rôle dans le déclenchement des violences et dans leur expansion ») <ref>(fr) La révolte annoncée des banlieues, inquiétude et espoir, Dominique Vidal, Michel Warschawski et Leila Shahid, Le Monde diplomatique (consulté le 13 octobre 2006)</ref> et a demandé aux représentant du culte musulman de publier une « fatwa anti-émeute ». La publication de cette fatwa ne calmera en rien les émeutiers.
[modifier] Fondamentalisme
A la fin du XXe siècle, un nombre restreint de mosquées sont également devenues les plateformes d'imams extrémistes préconisant la violence politique et les idées islamistes extrémistes. La mosquée de Finsbury Park à Londres est un exemple de mosquée qui a été employée dans ce but. Cette dernière a été liée à plusieurs personnes condamnées ou suspectées dans le cadre de la lutte anti-terroriste, comme Zacarias Moussaoui et Richard Reid.<ref>(en) The Independent ,Neville Dean et Nick Allen, Finsbury Park mosque’s terrorist roll call (consulté le 4 octobre 2006)</ref> En Espagne, il existe un certain nombre de mosquées clandestines installées dans des garages ou dans des appartements, considérées par les autorités espagnoles comme des espaces propices au prosélytisme radical. De nombreux islamistes ont été arrêtés et la surveillance des mosquées est de plus en plus accentuée, car les autorités craignent à la fois la radicalisation des jeunes immigrants de la deuxième génération, et la présence de groupes radicaux islamistes chargés de recruter de futurs combattants. Cette surveillance est particulièrement active depuis les attentats du 11 mars à Madrid.<ref>(fr) « Les islamistes espagnols dans le collimateur de la police », Diane Cambon, Le Figaro, 17/08/2006 (consulté le 26/10/2006)</ref> Certains pays comme le Qatar et les Émirats arabes unis procèdent à l’expulsion des imams étrangers qui tiennent des discours extrémistes.
[modifier] Attaques contre les mosquées
Le Mardi 20 novembre 1979, la grande mosquée de la Mecque a été prise d'assaut par un groupe d'extrémistes religieux pendant plusieurs semaines <ref>UN ÉTAT JEUNE, ÉBRANLÉ PAR L'HISTOIRE RÉCENTE ,Sénat (consulté le 10 novembre 2006)</ref> . Dans la matinée, cependant, le roi Khaled avait réuni les grands Oulémas du royaume pour obtenir d'eux une fatwa autorisant l'assaut mais les soldats ne progressaient cependant que très lentement. Le 23 novembre, trois gendarmes français du GIGN arrivés à La Mecque se "convertirent à l'islam" pour pouvoir pénétrer dans le Haram . Dans la nuit du 4 au 5 décembre, environ 170 personnes se rendirent. <ref>La prise de la Grande Mosquée de La Mecque ,Olivier Da Lage (consulté le 10 novembre 2006)</ref> . En Irak, dans le cadre de l’affrontement entre chiites et sunnites, des mosquées chiites et sunnites sont régulièrement attaquées par des groupes armés. Un bombardement perpétré par Al-Qaeda en février 2006 a sérieusement endommagé la mosquée d’Al-Askari à Samarra. Cette mosquée étant sainte pour les chiites, l'attentat a aggravé les tensions qui existent entre les musulmans sunnites et chiites. Dans la religion musulmane, il est formellement interdit de s’attaquer à n’importe quelle maison de prière ou temple. Toujours en Irak, des mosquées ont essuyé le feu de l’armée américaine qui affirme que des combattants se cachent dans ces mosquées.
- Voir aussi : Document de La Mecque
En Occident, ces attaques sont des faits isolés et sont plutôt reliées à un contexte politique. Aux États-unis par exemple, le nombre d’attaques visant les mosquées a augmenté depuis le 11 septembre. Aux Pays-Bas, le nombre d’attaques s'est également accru après l’assassinat de Theo van Gogh, qui avait tourné un film hostile à l’islam basé sur l’expérience personnelle de Ayaan Hirsi Ali. Les mosquées du Royaume-Uni, ont connu des attaques similaires après les attentats du 7 juillet 2005. En France, c'est surtout au nord, notamment en Alsace, que des mosquées sont prises pour cible. Certaines mosquées ont été incendiées ou parfois vandalisées, on retrouve souvent des inscriptions néo-nazies sur les édifices. D'autres mosquées sont également parfois visées dans le reste de la France comme la mosquée de Paris qui a subi plusieurs actes de vandalisme. <ref>La Mosquée de Paris porte plainte », Le Nouvel observateur</ref>.Certains attaques entraînent des affrontements interreligieux comme lors de la destruction de la mosquée Barbari en Inde en Décembre 1992<ref>Flashpoint Ayodhya Kristin M. Romey,Archaeology (consulté le 29 octobre 2006)</ref> qui a entraîné des violences entre musulmans et hindous en 1992 et 2002 Image:Moske i Bergen.JPG
[modifier] Financement
Dans les pays musulmans, les mosquées sont gérées par le ministère des affaires islamiques. Celui-ci finance la construction, la formation des imams (en coopération avec le ministère de culture) et leurs affectations aux mosquées. Parfois, certains pays appellent des imams venant d’autres pays s’il n’y a pas assez d’imams locaux pour les différentes mosquées. Il existe des mosquées construites par des particuliers mais c’est l’État qui prend en main leur direction.
En Indonésie (premier pays musulman du monde par son nombre de pratiquants), à travers le ministère des religions, l'état prend en charge la construction de mosquées, le pélerinage à la Mecque et l'enseignement religieux<ref name="CERI Indo">« Préparatifs de succession en Indonésie », Françoise Cayrac-Blanchard, Les études du CERI, n°24, mars 1997 (consulté le 27/10/2006)</ref>.
En France, avec la loi de 1905 dite de séparation de l’Église et de l’État, qui déclare dans son article 2 : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte », les mosquées sont financées par des fonds étrangers et par les dons des fidèles et les collectes, surtout pendant le mois de Ramadan<ref>(fr) A propos de l'entretien de Monsieur Fouad Alaoui paru dans le Monde du 1er décembre, Union des Organisations Islamiques de France (consulté le 26/10/2006)</ref>. En France, les imams sont souvent bénévoles, mais certains, par exemple ceux qui dépendent de la mosquée de Paris, sont rémunérés par l’État algérien<ref name="mipi"/>. Néanmoins, l’État impose une limite de 15 % à la part de financement en provenance de pays étrangers (notamment le Maroc et l’Arabie saoudite). Depuis le 11 septembre, il y a une certaine méfiance à l'égard des financements saoudiens<ref>Pour la France, la question d'un financement public et d'une révision de la loi de séparation de l'église et de l'État est en discussion, voir par exemple Xavier Ternisien et Nicolas Weill, Faut-il réviser la loi de séparation des Eglises et de l'Etat ?, Le Monde du 18 janvier 2003 (consulté le 25 octobre 2006)</ref>. À Nice, une demande de mosquée, déposée en 2006 et financée par l’Arabie saoudite, a été refusée. Les autorités françaises veulent limiter la construction des mosquées à financement étranger<ref>Nice matin, septembre 2006</ref>.
En Belgique, la région de Bruxelles est chargée du financement des travaux liés aux mosquées (construction et entretien) de la région, de la prise en charge du déficit des mosquées, et doit se charger du logement de l’imam qui a le rang le plus haut.
Après la chute de Saddam Hussein, l'Iran a financé la construction et la rénovation de plusieurs mosquées et sanctuaires chiites notamment à Karbala et Najaf<ref>Iran in Iraq: How Much Influence? Internatioal Crisis Group (consulté le 18/10/2006)</ref>. À travers le Hezbollah dont son leader Hassan Nasrallah a étudié à Qom, l'Iran finance la construction de mosquées chiites et d'écoles. <ref>Les relations entre l’Iran et le Liban, une perspective historique, Centre d'études et de recherche de l'enseignement militaire supérieur, sept. 2006 (consulté le 24/10/2006)</ref>.
[modifier] Influence saoudienne
L’implication saoudienne dans la construction des mosquées remonte aux années 1960, lors de la fondation de la Muslim World League par la famille royale. Ce n’est qu’au début des années 1980, c’est-à-dire après la révolution islamique en Iran que l’Arabie saoudite a commencé à devenir influente dans le financement et la construction des mosquées hors du pays, en particulier grace aux pétrodollars.
Le royaume aurait dépensé plus de 45 milliards de dollars pour financer la construction de mosquées et de centres islamiques. Le journal saoudien Ain al-Yaqeen estime que les saoudiens ont financé la construction de plus de 1 500 mosquées et plus de 2 000 centres islamiques, principalement dans les pays où les musulmans sont une minorité<ref>«The Saudi Connection» , David E. Kaplan ,USNews</ref>. La construction du centre islamique de Rome a été financé principalement par le roi Fahd, lequel a payé 50 millions de dollars, soit 70% du coût total de la construction.<ref>(en) Islamic Center in Rome, Italy, Site du roi Fahd.</ref>.
Des citoyens saoudiens contribuent également d’une manière significative, particulièrement dans les pays où des musulmans sont pauvres ou opprimés. Après la chute de l’Union Soviétique, des mosquées d'Afghanistan ont reçu des aides importantes de la part de citoyens saoudiens. Suite à la Guerre du Kosovo pendant laquelle beaucoup d'édifices religieux ont été détruits ou endommagés, les saoudiens ont financé la restauration de mosquées en opposition avec leur style originel ottoman riche en fresques aux thèmes figuratifs.<ref>Voir Kosovo, année zéro de Jean-Arnault Dérens p.190</ref>
Après les attentats du 11 septembre, certains pays ont prêté plus d’attention aux centres et aux mosquées financés par les saoudiens. En effet l’Arabie saoudite adhère au courant wahhabite, qui est une forme rigoriste et stricte de l’islam sunnite. Cette nouvelle méfiance a parfois freiné ces financements.
Au-delà des sommes engagées dans la construction, l'Arabie Saoudite finance également des prédicateurs wahhabites à travers le monde, dont plus de 30 aux États-Unis<ref>«U.S. Eyes Money Trails of Saudi-Backed Charities» ,David B. Ottaway ,Washington post</ref>.
[modifier] Architecture
Très diverses dans leur taille et leur style architectural, les mosquées peuvent être de simples masjid servant au culte quotidien, mais aussi des jami' (grandes mosquées), où les fidèles se rassemblent pour la prière du vendredi. Les éléments caractéristiques de la mosquée sont apparus dès l’aube de l’islam. Au fur et à mesure de l’expansion de l’islam, les mosquées ont intègrées de plus en plus d’éléments issus de l’architecture des territoires conquis. Chaque région connaît donc une architecture de mosquée qui lui est propre.
[modifier] Minarets
Le minaret (مئذنة) est généralement une tour élevée dépassant tous les autres bâtiments. Son but était autrefois de fournir un point élevé au muezzin (مؤذن) pour l’appel à la prière (أذان adhan). Aujourd’hui des hauts parleurs sont souvent placés en haut du minaret et le muezzin fait alors l’appel de l’intérieur de la mosquée.
Dans les mosquées qui n’ont pas de minarets, l’adhan se fait de l’intérieur de la mosquée, avec ou sans hauts parleurs. Dans certains pays où les musulmans sont minoritaires, l’appel à la prière est interdit. L’iqama (إقامة), qui est semblable à l’adhan, est dite juste avant le début de la prière et n’est habituellement pas annoncé du minaret.
Qu’ils soient à fût cylindrique, carrés, en spirale ou octogonaux, petits et massifs ou bien hauts et élancés, les minarets sont une constante de presque toutes les mosquées. Les premières mosquées qui ont été construites n’avaient cependant pas de minaret, et des courants comme le wahhabisme trouvent encore que la construction de ceux-ci est inutile.
Les premiers minarets furent édifiés au lendemain de l’hégire, et le plus ancien en date semble être celui élevé en 665 à Bassorah par le premier calife omeyyades Muawiya Ier. Ce dernier a encouragé la construction des minarets, car ils permettaient aux mosquées d’avoir le même aspect grandiose que les églises chrétiennes avec leurs clochers. Avant l’apparition des minarets, l’appel à la prière était lancé depuis le toit de la mosquée par le muezzin.
Le plus haut minaret du monde est celui de la Mosquée Hassan II à Casablanca, avec une hauteur d’environ 210 mètres <ref>Call to Prayer: My Travels in Spain, Portugal and Morocco, Brian Walters 2004-05-17 publisher=Virtualbookworm Publishing, ISBN 1589395921, page 14 </ref>. A Téhéran, en Iran, deux minarets d’une hauteur de 230 mètres sont en cours de construction.
Le minaret est généralement solitaire, mais il existe des exceptions. Ainsi, les Timourides introduisirent un portail monumental, accompagné de minarets jumeaux, un de chaque côté, comme à Samarcande, dans l'actuel Ouzbékistan<ref name="enc">Encyclopédie Encarta, Articles :mosquée (architecture) et art de l'islam</ref>.
[modifier] Dômes (Kouba)
Image:Dehio 10 Dome of the Rock Section.jpg
Le dôme provient des voûtes sphériques perses. Il est utilisé dans l'architecture islamique depuis le VIIe siècle. Les dômes sont souvent placés directement au-dessus de la salle principale de prière.
Au cours du temps, la taille des dômes augmente. Après avoir occupé un petit espace prés du minaret, ils occupent aujourd’hui presque la totalité de la surface du toit de la salle de prières.
À partir de la fin du XIe siècle, avec le règne des Seldjoukides, de petites coupoles apparaissent au-dessus du mihrab et de l’iwan, en plus du grand dôme principal qui se trouve au centre<ref name="enc"/>. Bien que les dômes aient normalement la forme d’un hémisphère, les Moghols ont popularisé les dômes avec une forme plus étirées, notamment en Inde.
[modifier] Coupoles
Une coupole est un mode de couvrement hémisphérique, qui repose sur une zone de transition octogonale (le plus souvent) elle-même posée sur quatre piliers. La zone de transition est le grand problème des architectes islamiques. Ils peuvent se servir de pendentifs, c’est à dire de triangles convexes posés sur la pointe, comme dans l’Empire byzantin, ou de trompes, à savoir des petites niches, ce qui proviendrait du monde iranien.
Les nervures et les muqarnas qui remplissent souvent les coupoles dans le monde islamique n’ont en général pas de véritable fonction architectonique.
On appelle dôme l’extérieur d’une coupole. A partir du XVe siècle, les coupoles sont très souvent doubles, c’est à dire qu’il existe un espace plus ou moins important entre la coque interne et la coque externe. Cette technique permet de réaliser des monuments plus hauts.
[modifier] Salles de prière
Image:GD-FR-Paris-Mosquée018.JPG
Les salles de prière ne doivent pas abriter des statues, des figures spirituelles, des images d’animaux ou d’êtres humains. Les fidèles prient dans des rangées parallèles au mur de la qibla. Les femmes et les hommes ne se mélangent pas pour prier. L’intérieur est sobre et ne comporte généralement aucune image figurative : des calligraphies, généralement des versets du Coran ou la chahada, ornent l’édifice et les tapis sont utilisés pour couvrir le sol et les motifs dont ils se parent sont orientés en direction de La Mecque. La salle de prière est précédée d’une vaste cour centrale bordée de portiques et parfois ornée d’une fontaine (قبلة).Généralement, en face de l’entrée à la salle, se trouve le mihrab (محراب) qui est une niche, souvent décoré avec deux colonnes et une arcature, qui indique la qibla, c’est-à-dire la direction de la Kaaba à La Mecque vers où se tournent les musulmans pendant la prière. Il est souvent au milieu du mur de la qibla. C’est probablement dans la mosquée de Médine qu’on trouve le premier mihrab (705-706).
Le minbar, un siège ou un pupitre duquel on présente des sermons, est situé à la droite du mihrab, en haut d’une série de marches. Il est notamment utilisé lors de la prière du vendredi. Le premier minbar fut construit par le prohète en l'an 7 de l'hégire, sous forme d'une chaire de bois depuis laquelle il pouvait s'adresser aux fidèles <ref>Les sciences dans l'islam entre le VIIe siècle et le XIIe siècle, l'âge d'or du monde islamique, Samir Azar, Paris Mediterranee, coll: Grandes Civilisations ISBN 2842722434</ref>.Aujourd’hui, le minbar est intégré au mur de la qibla lors de la construction. Le plancher de la mosquée l’endroit où la congrégation se réunit pour le culte, est couvert de tapis. Il n’y a ni siège ni banc. D’après une étude réalisée à Marseille, Montpellier, Alsace Moselle et Île de France, les lieux de culte musulmans en France sont globalement des espaces discrets de taille modeste dont on peine au premier abord à imaginer la destination cultuelle. Cette discrétion peut s’expliquer par les coûts financiers importants pour l’achat de grands bâtiments ou du foncier. Il y a également le rôle dissuasif joué par certaines municipalités qui ont pour premier réflexe celui de la résistance de principe<ref>CNRS Mosquées et salles de prière en France : état des lieux (consulté le 14 octobre 2006)</ref>. Dans les pays musulmans, on peut trouver des salles de prière dans les lieux de travail, les grands centres commerciaux voire même dans les écoles. Certains aéroports comme celui de Doha, d'Abu Dhabi ou encore de Riyad sont également équipés de salles de prière.
[modifier] Zaouïa
Zaouïa (زاوية) est un centre spirituel soufi. Le mot zaouïa a pour sens premier angle, cette définition induit donc l’"isolement" propice au recueillement. En effet, ce terme va désigner dans un premier temps un emplacement ou un local réservé à l’intérieur d’une structure plus vaste où les mystiques pouvaient se retirer comme le laisse entendre le sens de la racine du mot arabe. Par la suite, le mot va désigner un complexe religieux comportant une mosquée, des salles réservées à l’étude et à la méditation et une auberge pour y recevoir les indigents. Zaouïa est un établissement religieux érigé autour d’une relique, un wali, et est voué essentiellement à l’enseignement du Coran et des pratiques spirituelles. On y enterre souvent les saints fondateurs des Confréries soufies qui l’occupent.
On ne trouve les zaouïas que dans certaines mosquées du Maghreb. Selon certaines pensées populaires locales, les zaouïas ont une panoplie de pouvoirs surnaturels ; on les dit capables d’intercéder auprès de Dieu<ref>Qu’est-ce qu’une zaouïa? Culture d'Afrique du nord,(consulté le 13 octobre 2006)</ref>. Certaines ont un rayonnement éducatif, intellectuel et culturel important, car elles contiennent des manuscrits et des ouvrages de mathématiques, d’astrologie, d’astronomie et de pharmacopée<ref>Rayonnement intellectuel d’une zaouïa, Soufisme, (consulté le 13 octobre 2006)</ref>.
[modifier] Iwan
Les iwans sont nés dans le monde iranien bien avant l’arrivée de l’Islam, sans doute sous la dynastie sassanide. Il s’agit d’un hall voûté avec une façade rectangulaire ouverte par un grand arc. L’iwan combiné avec le plan carré des palais achéménides a donné le modèle du plan de mosquée dit « iranien » (quatre iwans disposés en croix et s’ouvrant sur une cour appelée sahn (en persan : صحن). Au centre de la cour, on trouve parfois des fontaines à ablutions.
Ce sont les Abbassides qui introduisent l'iwan dans l'architecture islamique. On retrouve par la suite les iwans dans le plan moghol influencé par le plan iranien <ref name="enc"/>.
Les madrasas, dont le type est né en Iran, utilisent aussi cet élément, et ont permis sa diffusion (faible) en Syrie, en Egypte et au Maghreb. Les iwans servent de pièces de séjour et permettent à l’habitant soit de chercher le soleil, soit de s’en mettre à l’abri selon les besoins des saisons et des heures du jour. L’hiver, on s’installe dans l’iwan du nord pour recevoir les rayons du soleil situés au sud, et l’été dans l’iwan du sud pour ne pas être atteint par eux<ref>La Grande Mosquée d’Ispahan : Histoire et civilisation de l’Iran islamique, Jean-Paul Roux, Clio.fr, nov. 1995 (consulté le 25/10/2006)</ref>.
[modifier] Variété architecturale
Plan arabe — C’est le premier plan conçu. Il se base sur un modèle plus ou moins mythique : la maison du prophète à Médine, qui serait actuellement située sous la grande mosquée de Médine. Le plan arabe, ou plan hypostyle, est un plan à forme carrée ou rectangulaire qui se compose d’une cour à portique et d’une salle de prière à colonnes, les nefs étant dirigées parallèlement ou perpendiculairement (pour le Maghreb et certaines exceptions) à la qibla. On le trouve dans tout le monde Islamique, depuis la Syrie (Grande mosquée des Omeyyades de Damas, par exemple) jusqu’au Maghreb, à l’Espagne et à l’Irak. Les mosquées de plan arabe ont été construites notamment sous le règne des Abbassides et Omeyyades.
Plan iranien — Comme son nom l’indique, ce plan se retrouve quasiment exclusivement dans le Grand Iran, c’est à dire dans une région comprenant l’Iran, une partie de l’Afghanistan et du Pakistan et une partie de l’Irak. C'était également le plan utilisé en Inde avant la dynastie moghole. Il apparait au Xe siècle avec la dynastie seldjoukide et se caractérise par l’emploi d’iwans, d’un pishtak et d'une salle de prière sous coupole. Un iwan est une salle voutée ouverte sur un côté par un grand arc inclus dans un encadrement rectangulaire. Généralement, les cours des mosquées en comportent quatre disposés en croix. Un pishtak est un portail formant une avancée, souvent surmonté de deux minarets et ouvert par un grand arc. La Mosquée du Shah à Ispahan est l’un des plus beau exemples de plan iranien connus.
Plan Ottoman — Ce plan se trouve en Turquie (actuelle) principalement, et fut mis au point après la prise de Constantinople en 1453 par l’architecte Sinan, le plus grand bâtisseur de mosquées turques à qui on attribue plus de 300 édifices, dont la mosquée Süleymaniye à Istanbul. Cependant, on en trouve des prémices depuis le XIIIe siècle dans le premier art ottoman. Il se compose d’une salle de prière sous une immense coupole cantonnée de demi coupoles et de couplettes. On trouve également en plus de la coupole centrale des coupoles souvent plus petites dans tout le reste de la mosquée, même où la prière n’est pas effectuée. Souvent, les mosquées de type Ottoman font partie de grands complexes. On peut déceler une influence Byzantine (de Sainte-Sophie notamment).
Image:Chinese-style minaret of the Great Mosque.jpg
Plan Moghol — Ce plan se trouve exclusivement en Inde à partir du XVIe siècle, et est influencé par le plan Iranien. Il se caractérise par une immense cour à quatre iwans, dont un ouvre sur une salle de prière étroite et rectangulaire, couronnée par trois ou cinq coupoles bulbeuses. Les grandes mosquées de Delhi et de Bidar utilisent ce type de plan.
Autres Mosquées — Les mosquées d’Afrique subsaharienne sont marquées par l’architecture de terre. Elles sont souvent construites en terre crue. Les grandes mosquées de Tombouctou et de Djenné qui témoignent de cette art sont dotées de contreforts et de nombreux pinacles. La grande mosquée d’Agadès (au Niger), érigée au XVIe siècle, possède un minaret sahélien traditionnel construit avec de la terre et des étais de bois.
En Chine orientale, le minaret est séparé du reste de la mosquée et il est situé à son entrée. Les mosquées ressemblent plutôt à des pagodes, tandis qu’en Chine occidentale, les mosquées sont moins marquées par l’architecture chinoise traditionnelle.
- Voir aussi : 48 plans de mosquées
[modifier] Patrimoine mondial de l’Unesco
Les monuments islamiques figurant sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO sont :
- Minaret et vestiges archéologiques de Djam : Critères (ii<ref>Critère ii : Témoigner d'un échange d'influences considérable pendant une période donnée ou dans une aire culturelle déterminée, sur le développement de l'architecture ou de la technologie, des arts monumentaux, de la planification des villes ou de la création de paysages</ref>),(iii<ref>Critère iii : Apporter un témoignage unique ou du moins exceptionnel sur une tradition culturelle ou une civilisation vivante ou disparue</ref>) et (iv)
- La mosquée de Soltaniyeh : Critères (iv)
- Ville-mosquée historique de Bagerhat : Critères (iv)
- Grande mosquée et hôpital de Divriği : Critères (i) et (iv)
- Qûtb Minâr : Critères (iv)
- Le Caire islamique : Critères (i)(v<ref>Critère v : Être un exemple éminent d'établissement humain traditionnel, de l'utilisation traditionnelle du territoire ou de la mer, qui soit représentatif d'une culture (ou de cultures), ou de l'interaction humaine avec l'environnement, spécialement quand celui-ci est devenu vulnérable sous l'impact d'une mutation irréversible</ref>)(vi<ref>Critère vi : Être directement ou matériellement associé à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des œuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle</ref>)
[modifier] Règles et étiquette
Parce que les mosquées sont des endroits de culte, les personnes qui s'y trouvent sont tenues de respecter ceux en train d’y prier. Il est ainsi interdit de parler dans la mosquée à voix haute, ou de discuter de sujets considérés comme irrespectueux. Applaudir est toutefois toléré mais uniquement pour les femmes lorsque l’imam fait une erreur. La raison est que selon une parole du prophète : « (...) celui qui veut signaler une chose pendant la prière formule le tasbih (dire : soubhan-Allah « gloire a Allah »). [et] (...) taper les mains, est [une manière de le signaler] pour les femmes »<ref name="fatwa"/>. Il est blâmable de cracher dans la mosquée et surtout au cours de la prière. Selon Abd-Allah ibn Umar : L'«Envoyé d’Allah s’ayant aperçu d’un crachat sur le mur de la Qibla, il le frotta, puis se tourna vers les fidèles en disant : " Lorsque l’un de vous fait sa prière, qu’il ne crache pas devant lui, car Allah se trouve en face de celui qui prie. " »<ref>Hadith d’Abd-Allah ibn Umar Sur Hadith al Islam</ref> Il est également interdit à celui qui a mangé de l’ail, de l’oignon ou du poireau d’aller à la mosquée à cause des odeurs désagréables qui peuvent gêner les personnes en train de prier<ref>Hadith d’Ibn `Umar Sur Hadith al Islam</ref>. Il est interdit à l’homme en état de grande impureté de rester dans la mosquée alors qu’il connaît son état jusqu’à ce qu’il se purifie. Il en est de même pour les femmes lors des menstrues et des lochies<ref name="fatwa"/>.
[modifier] Séparation des sexes
En général, les hommes et les femmes ne sont pas mêlés car les femmes sont considérées comme une source de distraction pendant la prière. Il existe même parfois des mosquées séparées, surtout en Chine. Selon la sunna, les rangs des femmes doivent être derrière ceux des hommes, pour des raisons liées à la génuflexion<ref>Le rang des femmes est derrière celui des hommes Sur Islam Web (consulté le 8 octobre 2006)</ref>. Dans un de ses ouvrages<ref>L’authentique, chapitre "La prière des femmes derrière les hommes"</ref>, Sahih Boukhari cite un hadith où Mâlik ibn Anas dit : « Le prophète, Salla Allahou Alaihi wa Sallam, a prié dans la maison d’Oum Souleym. Il m’a sourit lorsque je me suis placé derrière lui, j’ai prié derrière lui et Oum Souleym derrière nous». Il est mentionné dans beaucoup de hadiths authentiques et transmis d’une manière récurrente que les femmes priaient avec le prophète derrière les rangs des hommes.
[modifier] Propreté et habits
Les fidèles doivent enlever leurs chaussures à l’entrée de la mosquée . Les habits de fête et le parfum sont recommandés pour la prière du vendredi afin de suivre cette recommandation : « Ô enfants d’Adam, dans chaque lieu de salat portez votre parure (vos habits) »<ref>Sourate 7 « Al-Araf », verset 31d'après la traduction de Muhammad Hamidullah, 1990 (Le Saint Coran : Et la traduction en langue française du sens de ses versets et la transcription en caractères latins)</ref>. L’orant doit purifier son corps par des ablutions et ses habits doivent être propres. Il ne p