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Mohammad Reza Pahlavi

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Mohammad Reza Chah Pahlavi (en persan : محمد رضا شاه پهلوی), né le 26 octobre 1919 à Téhéran et mort le 27 juillet 1980 au Caire, fut le dernier chah d'Iran du 16 septembre 1941 au 16 janvier 1979.

Sommaire

[modifier] Biographie

Son père, Reza Pahlavi (1877–1944), fut un soldat puis officier de la division cosaque persane avant d'entrer en politique où il gravit rapidement les échelons : ministre de la guerre un temps, il devint rapidement premier ministre puis se proclama Chah (Empereur en Perse) en 1925 à la faveur de la destitution du dernier monarque de la dynastie Qadjar. Il fonda alors la dynastie Pahlavi.

Mohammad naît à Téhéran et est éduqué à l'Institut Le Rosey de Rolle, (Suisse) et au Collège militaire de Téhéran.

Suite à l'abdication de son père, écarté du pouvoir par les britanniques au début de la Seconde Guerre mondiale<ref name="ref1">(en)page d'histoire sur l'Iran</ref>, Mohammad Reza devient Shah d'Iran le 16 septembre 1941.

En 1953, le premier ministre nationaliste démocratiquement élu, Mohammad Mossadegh, le force à s'exiler suite à leur opposition sur la gestion des gisements pétroliers exploités par les Britanniques et les Américains, que Mossadegh veut nationaliser.

Aidé par la CIA et le MI6 britannique au cours de l'Opération Ajax, le chah remonte rapidement sur le trône. L'ex premier ministre Mossadegh est condamné à mort. il fût cependant gracié par le Chah et sa peine sera commuée en un exil intérieur qui durera jusqu'à sa mort. <ref name="ref1"/>

Le Chah d'Iran devient un des dirigeants les plus importants du Moyen-Orient, car il gouverne un pays riche en gisement pétrolier et militairement puissant, tout en profitant de la bienveillance des États-Unis (Opération Ajax), il abolit le système multipartite qui lui est hostile et instaure un régime autoritaire avec l'aide de la police politique iranienne, la SAVAK, et l'aide militaire des États-Unis.

Le blason royal de la dynastie Pahlavi.

Avec sa « révolution blanche », le chah modernise progressivement l'Iran pour en faire un pays moderne. Son père Reza Chah avait lancé la construction d'un Iran laïc et moderne à l'image de ce que Mustafa Kemal Atatürk a fait pour la Turquie : une révolution industrielle et culturelle.

La révolution blanche concerne une série de mesures destinées à moderniser le pays, comme une réforme agraire, la constitution du corps de Sepah-e Danech (l'armée du savoir) pour alphabétiser les populations, la relève du suffrage universel, y compris pour les femmes, la mise en place d'un examen professionnel pour les aspirants théologiens islamistes (les mollahs) et ce en rupture avec les vieilles traditions religieuses.

Sa politique aboutit à une croissance économique très forte durant les années 1960 et 1970. Cependant, en 1978, devant la brutalité des méthodes de la SAVAK, le faste ostentatoire des plus riches et de la famille impériale et une sclérose démocratique, le président américain Jimmy Carter demande au chah de libéraliser son pays.

Trop tard, le chah fait appel à ses opposants les plus libéraux, comme Chapour Baktiar, pour tenter de sauver le régime impérial perçu comme trop autoritaire et trop occidentalisé en particulier par les conservateurs religieux. Le nouveau premier ministre, pour pouvoir rétablir la situation, demande au chah de quitter l'Iran pour une durée indéterminée (officiellement pour quelques semaines). Le Chah et l'impératrice Farah quittent en hélicoptère le Palais de Niavaran (situé à Shemiran, la banlieue cossue du nord de Téhéran, alors protégée par des tanks). Le 16 janvier 1979 décolle l'avion transportant le couple impérial et quelques collaborateurs. C'est l'exil.

Deux semaines plus tard, après avoir bloqué l'aéroport par mesure de sécurité, le gouvernement Bakhtiar laisse l'ayatollah Khomeyni fouler le sol iranien. Après une lutte d'influence qui tourne à l'avantage du chef religieux, Chapour Bakthiar est contraint à la fuite : le dernier gouvernement du chah s'effondre. Le régime islamique s'impose et va organiser une purge (la plupart des anciens ministres et officiers de l'ancien régime, encore présents en Iran, sont jugés et exécutés). Des menaces sont proférées contre les pays qui accepteraient d'accueillir le chah, dont le retour est exigé: les chefs religieux veulent le juger et procéder à son exécution.

Accueilli dans un premier temps par le président Sadate, le Chah reste quelques semaines en Egypte avant de partir au Maroc à l'invitation du Roi Hassan II. Mais face au danger qui pèse sur les membres de la famille royale marocaine, les souverains iraniens reprennent le chemin de l'exil : la traque va se poursuivre aux Bahamas, à Panama et au Mexique. Très malade (cancer des globules blancs), le Chah demande aux Etats-Unis le droit de l'accueillir le temps d'une opération chirurgicale. D'abord très réticente, l'administration Carter accepte à titre provisoire et pour raison médicale. L'admission du souverain dans un hôpital new-yorkais sera à l'origine de la prise d'otage de l'ambassade américaine de Téhéran. La situation devenant intenable, Mohamed Reza Pahlavi est à présent transféré sur une base militaire du Texas : sous la pression le Mexique refuse le retour du Chah sur son sol. Sadate, qui avait toujours demandé que les Pahlavi demeurent en Egypte, réitère son invitation. C'est donc le retour à la première destination d'exil, mais avant cela l'avion va être bloqué plusieurs heures dans l'archipel des Açores : des avocats, chargés par le régime islamiques, tentent par ce moyen d'arrêter le Chah pour l'extrader. L'avion décolle avant que la demande parvienne aux autorités locales et le Chah, extrêmement diminué par la maladie, est installé au Palais Koubeh avec les membres de sa famille. Transferé d'urgence, il doit se faire enlever la rate. L'opération est réussie mais il s'avère que l'opération a eu lieu à un stade trop avancé et d'autres organes sont atteints. Mohammad Reza Pahlavi meurt quelques mois plus tard, le 27 juillet 1980. Il eut droit à des funérailles nationales, mais par crainte de représailles, la plupart des chefs d'Etat en fonction ne firent pas le déplacement. Présent lors de la cérémonie, l'ancien président Nixon dénonça la lâcheté de la Maison Blanche et des alliés occidentaux. Le Chah est inhumé dans la mosquée Al-Rifai, au Caire.

L’impératrice Farah Diba et l’héritier du trône, son fils Reza Pahlavi, sont très impliqués aujourd’hui dans les mouvements d’opposition au régime iranien au niveau international. L'oeuvre du Shah et son amour incontesté pour l'Iran lui confèrent du respect auprès d'un nombre croissant d'Iraniens.

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