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Baillonella toxisperma

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<tr> <th bgcolor="#90EE90" colspan="2">Classification phylogénétique</th> </tr><tr> <td>Ordre</td><td> Ericales </td> </tr><tr> <td>Famille</td><td> Sapotaceae</td> </tr>
Moabi
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Baillonella toxisperma
Classification classique
Règne Plantae
Division Magnoliophyta
Classe Magnoliopsida
Ordre Ebenales
Famille Sapotaceae
Genre Baillonella
Nom binomial
Baillonella toxisperma
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Le moabi ou Baillonella toxisperma est une espèce d'arbre appartenant au genre Baillonella de la famille des sapotaceae.

Sommaire

[modifier] Description

Le moabi est une espèce "multi-usage" utilisée de façon traditionnelle par certaines populations africaines mais qui est actuellement menacée du fait qu'aujourd’hui, 3 Moabis sur 4 coupés au Cameroun arrivent en France, pour finir en fenêtres, portes, escaliers ou parquets.

Poussant jusqu’à 60 m de hauteur et 5 m de diamètre, le Moabi est un des plus grands arbres africains. Il ne pousse que dans les forêts tropicales humides d’Afrique, entre le Nigeria et la République démocratique du Congo. La large cime en parasol de ce géant de la forêt dense surplombe majestueusement la canopée, prenant appui sur un fût droit et cylindrique, légèrement épaissi à la base. Son bois est exploité au Cameroun et au Gabon où la production est en croissance rapide et, dans une moindre mesure, en Guinée équatoriale et en République du Congo.

Les fruits charnus et leurs grosses graines chargées de lipides éveillent l'appétit de nombreux mammifères : chimpanzés, potamochères ... Mais en fait les disséminateurs efficaces de cette espèce sont peu nombreux : principalement l'éléphant, le rat d'Emin et l'homme.

Même si les arbres adultes sont épars (environ 1 par 10 ha), on s'étonne de l'extrême rareté des plantules et des jeunes arbres, à la fois sous la couronne des semenciers et en forêt (Letouzey 1985). Il semble qu'à proximité des villages, la régénération soit plus dynamique.

[modifier] Propagation

Le Moabi se regénére mal car il n'est mature que vers 50 ans et ne produit des fruits qu'une fois tous les trois ans seulement. L’exploitation forestière pratiquée sans discernement risque donc de conduire rapidement à sa disparition. Il a d'ailleurs déjà disparu de certaines régions.

[modifier] Importance économique et culturelle du Moabi

[modifier] Importance culturelle

Le Moabi est un arbre particulièrement important pour les populations locales et les problèmes avec les compagnies d’exploitation forestière sont fréquentes concernant cette essence, surtout au Cameroun.

Pour les villageois Bantous et les pygmées Baka, le Moabi revêt une importance économique, culturelle et médicinale particulière.

  • Les chasseurs bakas utilisent les grands moabis comme points de repère pour s’orienter en forêt mais également pour devenir... invisibles ! Lors d’une cérémonie traditionnelle appelée « yeyi », les sorciers réduisent en poudre des fragments d’écorce de moabi et concoctent une potion de camouflage dont les chasseurs se recouvrent le corps pour devenir invisibles.
  • Des enquêtes ethnobotaniques ont été conduites en 1994 et 1996 par le chercheur Jean Lagarde Betti dans le cadre du programme Ecofac mené dans la réserve du Dja au Cameroun. Près de 350 espèces végétales permettent le traitement de plus de 77 maladies ou symptômes, dont le moabi, cité pour 50 utilisations différentes.

[modifier] Importance économique

  • L’énorme fruit du moabi (environ 20 cm de diamètre) est un régal pour les hommes comme pour les animaux, l’amande contenue dans la graine est un plaisir à double tranchant. Consommée crue, elle est extrêmement toxique (d’où son nom d’espèce toxisperma = « à fruit toxique ») mais une fois pilée, bouillie et pressée, les femmes en extraient une délicieuse huile alimentaire riche en acide palmitique. De son écorce sont également extraits des remèdes médicinales.
  • Avec les graines des fruits, les villageois produisent une huile proche de l’huile de Karité qui peut être ou consommée ou vendue. Sur les marchés camerounais, la demande en huile de Karité est plus élevée que l’offre et la vente de l’huile du Moabi est une source importante de revenus. Les estimations réalisées indiquent que les revenus de l’huile sur une période de 10 à 15 ans seraient supérieurs aux revenus du bois pour un arbre de 100 cm de diamètre, taille minimum légale pour abattre un Moabi. Sa valeur non-ligneuse est non seulement reconnue par les marchés locaux mais aussi par l’industrie cosmétique qui a montré son intérêt pour cette huile.
  • Le Moabi a aussi une valeur sur les marchés internationaux du bois et la demande de l’Europe méridionale est particulièrement élevée. Cependant, en termes relatifs le Moabi ne semble pas représenter un élément important des revenus des companies et des exportations du pays. Au Cameroun, le Moabi représente 10% de la production totale des companies forestières et entre 3,4 et 5% de la valeur totale des exportations de grumes de l’ensemble des essences. L’exportateur principal de bois de Moabi est le Gabon, dont les exportations ont augmenté de façon considérable récemment passant de 26 052 m3 en 1996 à 39 724 m3 en 1998. Le Cameroun a produit 33 000 m3 en 1997 et 35 000 m3 en 1998. En Guinée Equatoriale la production est aussi en hausse et les estimations indiquent qu’elle a doublé, passant de 1 000 m3 au début des années 1990 à 2 000 m3 en 1999. La filière moabi fait ainsi vivre des centaines d'employés et leurs familles, en particulier au Gabon et au Cameroun. Les entreprises de la filière bois sont souvent en Afrique les principaux acteurs de développement local, auquel elles contribuent via les salaires versés, la construction ou l'entretien d'infrastructures.

Conformément à la loi, le contrat des compagnies forestières au Cameroun comprend un certain nombre de conditions posées par les villageois avant que la compagnie ne commence ses activités. Un accord souvent conclu stipule que les Moabi situés dans un rayon de 5 kilomètres du village ne peuvent pas être abattus sans l’accord du chef. Si ce dernier donne son accord, la population doit être dédommagée. Dans la pratique, la plupart des tiges de Moabi situées près des villages ont été abattues et la population locale n’a pas toujours été dédommagée. Les populations locales au Cameroun ont souvent demandé que leurs droits soient reconnus mais en vain.

[modifier] Abus d'exploitation

Les pratiques traditionnelles d’exploitation des Moabi ne sont pas toujours durables et cette essence pourrait disparaître dans une partie de sa zone de répartition d’ici 10 à 20 ans, cette disparition partielle étant en partie due à l'évolution naturelle des peuplements et à la modification récente des écosystèmes. Dans les forêts du Dja presque tous les arbres dont le bois a une valeur commerciale sont abattus sans que les compagnies ne prennent aucune mesure pour assurer la régénération de l’espèce. La sur-exploitation est due au fait que les compagnies ne respectent pas la loi et au fait que la loi elle-même ne protège pas suffisamment le Moabi. Régulièrement, les compagnies ne satisfont pas à l’obligation légale selon laquelle elles sont tenues de ne pas abattre les arbres de moins de 100 cm de diamètre. En juillet 1999, par exemple, des grumes de 65 cm et 85 cm ont été trouvées dans le port français de Nantes-St Nazaire. Toutefois, même si seuls les arbres de plus de 100 cm de diamètre étaient abattus, la régénération du Moabi serait quand-même sérieusement menacée. Les experts soutiennent qu’il est nécessaire d’accroître le diamètre minimum auquel les arbres sont abattus et de mettre en œuvre des mesures pour préserver « des arbres mères » qui peuvent assurer la régénération de l’espèce. Le personnel de la Banque mondiale va plus loin, en recommandant l’interdiction totale de l’exploitation du Moabi et en avançant que « des plans de gestion doivent être conçus en collaboration avec les populations locales pour interdire l’exploitation d’arbres similaires au Moabi».

[modifier] Solution pour sauver le moabi

Une solution d’urgence pour sauver le Moabi pourrait être d’obtenir sa protection par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Selon les données scientifiques, le classement en Annexe I (interdiction totale de commerce) ou en Annexe II (quota d’exploitation très strict) pourrait permettre d’assurer la survie du Moabi.

[modifier] Liens externes

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