Moyse Charas
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Moyse Charas (ou Moïse) est un pharmacien français, né en 1619 à Uzès et mort en 1698 à Paris.
[modifier] Biographie
Après des études classiques puis d'apothicaire, il ouvre une officine à Orange, qu'il quitte pour venir à Paris vers 1646.
En 1667, il réalise la première fabrication publique du thériaque, contrepoison très en vogue au XVIIe siècle. Il publie l'année suivante Thériaque d'Andromachus, dispensée et achevée publiquement à Paris ou Histoire naturelle des animaux, des plantes et des minéraux qui entrent dans la composition de la thériaque d'Andromachus, dispensée et achevée publiquement à Paris.
En 1672, Antoine d'Aquin, intendant du Jardin du roi, le recrute pour le poste de sous-démonstrateur de chimie pour le jardin en remplacement de Christophe Glaser.
Sur les conseils d'Aquin, il fait paraître en 1676, une Pharmacopée royale galénique et chimique. Elle connaît un grand succès et est traduite dans de très nombreuses langues, dont le chinois.
En 1680, suite aux débuts de la persécution qui frappe les protestants, Charas doit quitter la France. Il séjourne deux ou trois ans en Grande-Bretagne, où il obtient un titre de docteur en médecine, avant de gagner les Pays-Bas en 1683. De là, il part en Espagne où il exerce à Madrid. Il est dénoncé à l'Inquisition en 1686 mais il est sauvé de l'expulsion par son protecteur, le diplomate hollandais. Il part alors en Galice où il est à nouveau dénoncé en 1688 et est arrêté. Il finit, après de nombreux interrogatoires, à se convertir au catholicisme et est libéré en 1689.
Il revient alors en Hollande et de là en France en 1691. Il se livre alors à la recherche et devient, en 1692, membre de l'Académie des sciences.
Sa pratique est encore empreinte du poids des connaissances du Moyen Âge et, notamment, d'un peu d'alchimie. Il se spécialise notamment sur les vipères. Outre leur utilisation dans la préparation de la thériaque, on considérait à son époque que la chair de ces animaux était le meilleur antidote aux envenimations causées par cette espèce ou par d'autres. L'ignorance autour de leur biologie en faisait de véritables panacées. Charas publie en 1670, Nouvelles expériences sur la vipère, les effets de son venin, et les remèdes exquis que les artistes peuvent tirer du corps de cet animal (Paris), dans lequel il étudie son anatomie, sa reproduction et ses mœurs et, même s'il continue à propager certaines croyances erronées, il établit notamment une meilleure connaissance de leur vertus thérapeutiques. Charas fut d'ailleurs en opposition avec Francesco Redi au sujet de la formation du venin, Charas affirmant que la salive de l'animal devenait toxique seulement si celui-ci était en colère, tandis que Redi pensait qu'elle était constamment toxique.
[modifier] Bibliographie
Charas a aussi publié des traites hermétiques sous le pseudonyme de Christophe Glasser.
- Pharmacopée Royale, Galénique et Chymiques. Paris, l'auteur, Rue des Boucheries, aux vipères d'or, 1676. Illustrations montrant des alambics, fours distillatoires, ustensiles divers utilisés dans les recherches de la pierre philosophale, table d'éléments chimiques, etc. il décrit la distillation des diverses drogues, de la chair de vipères, huile et sel volatil du crâne humain, Or fulminant... La recherche de la pierre philosophale et la fabrication de l'or potable sont sa quête permanente. Ouvrage qui fut traduit dans plusieurs langues.
- Traité de la Thériaque, 1668
- Expériences sur la vipère, 1669. II recommanda le sel essentiel de vipère (sous carbonate d'ammoniaque) contre la morsure de ce reptile, dont ce sel est en effet resté le meilleur antidote.
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