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Miles Davis

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Miles Davis (25 mai 1926 - 28 septembre 1991) est un compositeur et trompettiste de jazz américain. Innovateur et original, il est l'un des musiciens les plus influents du XXe siècle.

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Sommaire

[modifier] Une figure centrale du jazz

Contrairement à d'autres jazzmen, tels Charlie Parker ou John Coltrane, Miles Davis ne s'est pas démarqué par sa virtuosité instrumentale, mais par son originalité – jusqu’en 1975, il fut à la pointe de presque toutes les évolutions du jazz – et par son incroyable capacité à découvrir et se faire entourer de jeunes talents. Son jeu se caractérisait par une extrême sensibilité musicale et, notamment, la fragilité qu'il arrivait à donner au son. Il a marqué l'histoire du jazz et de la musique du XXe siècle à jamais. Tous les grands noms du jazz américain des années 1950 et 1960 travaillèrent avec lui.

La formation de Miles est devenue un véritable laboratoire au sein duquel se sont révélés les talents de la nouvelle génération et les nouveaux horizons de la musique moderne ; on peut notamment citer Sonny Rollins, John Coltrane, Julian "Cannonball" Adderley et Bill Evans durant les années 1950. Dans les années 1960 et 1970, ses sidemen se nomment Herbie Hancock, Wayne Shorter, John McLaughlin, Keith Jarrett, Tony Williams ou encore Joe Zawinul ; c'est avec eux qu'il s'oriente vers la « fusion » du rock et du jazz, dont il reste l'inventeur. Un concert de Jimi Hendrix sera déterminant pour sa démarche de l'époque. Nombre de musiciens qui passeront par ses formations dans les années 1960 et 1968 formeront ensuite les groupes emblématiques du jazz-rock fusion : notamment Weather Report, animé par Wayne Shorter et Joe Zawinul, le Mahavishnu Orchestra de John McLaughlin, et Return to Forever de son pianiste Chick Corea.

Miles Davis est un des rares jazzmen et l'un des premiers noirs à s'être fait connaître et accepter par l'Amérique moyenne, remportant même le trophée de l'homme le mieux habillé de l'année du mensuel GQ pendant les années 1960. Comme Louis Armstrong, Miles Davis est ce phénomène curieux, une superstar du jazz, pour le meilleur et pour le pire. Mais à la différence de son glorieux aîné qui avait recherché l'intégration à la culture grand public dominée par la population blanche, le parcours musical de Miles Davis s'accompagna d'une prise de position politique en faveur de la cause noire et d'une lutte permanente contre le racisme, menée avec la colère permanente d'un homme au caractère réputé ombrageux.

En France, c'est l'enregistrement de la musique du film Ascenseur pour l'échafaud (1957) qui l'a rendu célèbre. Son dernier album, paru en 1992, laisse éclater ses influences rap.

[modifier] Biographie

  • 1926 le 25 mai, Miles Dewey Davis II marié à Cléota Henry, qui joue du piano et du violon, donne naissance à Dewey Davis III, à Alton (Illinois), sur les bords du Mississippi, dans un milieu familial aisé et mélomane (Sa grand-mère maternelle était professeur d'orgue dans l'Arkansas)
  • Sa famille déménage pour s'installer à East Saint-Louis (Illinois), où son père a ouvert un cabinet de dentiste, et où un ami de son père lui offre une trompette pour laquelle il a un coup de foudre immédiat alors qu'il n'a que 9 ans.
  • Il se passionne pour le sport, baseball, football américain, basket-ball, natation, boxe
  • 1936, il commence à jouer de la trompette à l'âge de 10 ans et il suit avec grand intérêt son émission radiophonique de Jazz préférée de Harlem Rhythms
  • 1939, il prend des cours de trompette jazz avec Elwood Buchanan à l'âge de 13 ans et joue dans l'orchestre de son école dont il est le plus jeune élément.
  • 1941, il devient pro à l'âge de 15 ans en s'inscrivant dans un syndicat de musiciens. Il commence à avoir une petite réputation régionale tout en continuant d'aller au lycée.
  • 1942, il fait la connaissance à 16 ans, d'Irene Birth, sa première vraie petite amie qui le défie d'appeler Eddie Randle pour se faire engager dans son orchestre de rhythm'n'blues des Blue Devils. Il est engagé. L'orchestre joue entre East Saint-Louis et Saint Louis (Missouri) du Duke Ellington, Lionel Hampton ou Benny Goodman. Des musiciens célèbres viennent les écouter : Roy Eldridge, Kenny Dorham, Benny Carter et surtout Lester Young, idole des saxophonistes et modèle de Miles.
  • Il a une fille, Cheryl, tout en continuant à aller au lycée. Ses parents divorcent et ses relations avec sa mère se dégradent.
  • 1944 en juin, à 18 ans, il obtient son diplôme de fin d'études et quitte les Blue Devils pour se faire engager par le groupe de la Nouvelle-Orléans des Six Brown Cats d'Adam Lambert puis par le big band de Billy Eckstine qui réunit les musiciens les plus modernes du moment dont le trompettiste Bebop Jazz Dizzy Gillespie et le saxophoniste Charlie Parker
  • Son père achète un ranch de cent vingt hectares dans l'Illinois et lui paye à la rentrée 1944 des études à la célèbre école de musique Juilliard de New York où il s'ennuie immédiatement et où il côtoie les trompettistes Freddie Webster et Fats Navarro. Il fréquente le Minton's dans la 118e rue de New York où les noirs inventent ce qui se joue dans les clubs de jazz de Manhattan. Il retrouve Dizzy Gillespie et Charlie Parker dit Bird qui seront ses professeurs et qu'il ne quittera plus de l'année à une jam-session à Harlem. Bird le présente à Thelonious Monk.
  • 1945, le 24 avril, à 19 ans, il enregistre en studio ses quatre premiers morceaux de musique sérieux avec un quintette accompagnant le chanteur Rubberlegs ("jambes de caoutchouc") sous le direction du saxophoniste Herbie Fields. En octobre, il fait partie du quintette de Charlie Parker (à la place de Dizzy Gillespie) avec qui il enregistre le 26 novembre
  • 1946, le 28 mars, à l'âge de 20 ans, Miles enregistre une seconde fois avec Charlie Parker qui est au sommet de son succès, les classiques Moose The Mooche, Yardbird Suite, Ornithology, Night In Tunisia puis il part en tournée avec Billy Eckstine. Le magazine Esquire le proclame Nouvelle Star de la Trompette Jazz.
  • Le 8 mai, toujours à 20 ans, Miles compose et enregistre sa première composition personnelle : 'Donna Lee' qui attire l'attention du célèbre arrangeur Gil Evans. Il enregistre deux mois plus tard pour la première fois en temps que leader de band. Il se trouve en même temps des nouveaux amis du monde des Jazzmen, l'alcool, la cocaïne et l'héroïne dont il devient accro …
  • 1948, le 18 septembre, il fait la première partie de Count Basie au Royal Roost de New York à la tête d'un nonette. Miles se rapproche de plus en plus de Gil Evans à son club de la 55e rue de New York et de Gerry Mulligan tandis qu'il s'éloigne de Charlie Parker Ils créent tout les trois le Cool Jazz avec leur album séminal Birth of the cool et les titres Godchild, Move, Budo, Jeru, Boplicity et Israel.
  • 1949 à l'âge de 23 ans, premier voyage à l'étranger, en France, à Paris, où il rencontre Jean Paul Sartre, Boris Vian, Pablo Picasso, Juliette Gréco et où il participe le 8 mai au Festival International de Jazz à Paris salle Pleyel avec son orchestre qu'il co-dirige avec le pianiste Tadd Dameron.
  • De retour à New York, il rencontre Walter Bishop, Jackie McLean, Philly Joe Jones, Sonny Rollins, et les drogues dures …
  • 1950, en mai, il enregistre avec Sarah Vaughan
  • 1952, il a 26 ans et joue avec Sonny Rollins et un autre jeune saxophoniste, John Coltrane, à l'Audubon Ballroom de Manhattan à New York et en septembre il joue en Californie près de Los_Angeles avec Max Roach et Charles Mingus où il rencontre Chet Baker
  • À peine cinq ans plus tard, il enregistre Walkin' (1954), l’album qui inaugure la réaction hard bop contre le cool jazz qu’il a lui-même lancé.
  • En 1955, il forme son premier grand quintette, avec notamment John Coltrane au saxophone ténor. Il enregistre une série de standards pour la société Prestige : Cookin’ with the Miles Davis Quintet, Relaxin’ with the Miles Davis Quintet, Steamin’ with the Miles Davis Quintet et Workin' with the Miles Davis Quintet 1956 et de nouvelles compositions pour Columbia Records : 'Round about Midnight (1955), Milestones (1958).
  • Concurremment, il poursuit sa collaboration avec Gil Evans et enregistre des albums orchestraux qui connaîtront un immense succès critique et commercial : Miles Ahead (1957), Porgy and Bess (1958) et Sketches of Spain (1959-1960).
  • En 1959 il impose une nouvelle révolution avec Kind of Blue, un album improvisé autour de trames qu'il a composées. L'album est considéré comme le chef d'œuvre du jazz modal et l'un des meilleurs – et des plus populaires ! - disques de jazz jamais enregistrés.
  • Suite au départ en 1961 de John Coltrane parti former son propre groupe et ensuite celui de sa section rythmique en 1963, Miles Davis doit trouver de nouveaux accompagnateurs et engage puis, souvent, se sépare de divers musiciens, dont notamment George Coleman, Hank Mobley ou encore Sam Rivers, avec lesquels il enregistrera cependant de très beaux albums et concerts.
  • C’est aussi à cette époque qu’apparaît le free jazz, genre musical que Miles, qui pour une fois n’a pas lancé le mouvement, s’ingénie à critiquer de manière particulièrement caustique et bruyante, tout en s’entourant petit à petit, de manière nettement plus discrète, de (parfois très) jeunes gens fortement influencés par ce courant musical.
  • Avec ces musiciens alors inconnus, à l’exception du saxophoniste ténor Wayne Shorter qui avait déjà officié au sein des Jazz Messengers de Art Blakey, il créé en 1965 un quintette au son révolutionnaire, tant harmoniquement que rythmiquement. L'album Nefertiti (1967) résume assez bien le travail de ce quintette, dont le chef-d'œuvre est sans doute Miles Smiles (1966). Alors que le rock se développe, il va progressivement catalyser l'essor d'un jazz de style nouveau, fusionnant le son électrique de la fin des années 1960 avec l'harmonie jazz. Ce nouveau style, déjà perceptible sur les derniers albums du quintette, s’affirme de manière fracassante avec les albums In a Silent Way 1969 et surtout Bitches Brew 1970.
  • Après avoir accueilli avec enthousiasme ces deux albums, la critique jazz assassinera la plupart de ceux qui leur succéderont, et tout particulièrement le très expérimental On The Corner (1972). Ce n'est que tout récemment qu'elle a redécouvert et réhabilité ces disques qui ont anticipé de manière saisissante les évolutions de la musique électronique contemporaine. La période dite « électrique » de Miles fait exploser les codes classiques du jazz, à savoir « exposition du thème - soli - réexposition du thème ». Toutefois, il conserve une démarche jazz et ce à deux niveaux : la recherche constante d'une nouvelle approche de la musique (déstructuration - restructuration) et la part belle faite à l'improvisation.
  • En 1975, Miles Davis quitte la scène pour des motifs de santé ; ce départ ne suffira cependant pas à faire taire les rumeurs croustillantes (et à peu près invérifiables) au sujet de sa vie privée qui abondent durant cette période.
  • Il refait surface en 1981 avec l’album The Man with the Horn. Au cours des années 1980, il enregistre des albums de jazz-rock fusion très funk avec des groupes qui, selon sa bonne habitude, sont formés de jeunes inconnus qui feront carrière (Marcus Miller, John Scofield, Mike Stern, etc.). À partir de ce moment, Miles Davis sera aussi un « initiateur », un « passeur » qui permettra à de nombreux amateurs de musique plus « rock » de découvrir la beauté d'un silence, d'une respiration au sein d'une harmonie gorgée d'émotions et d'énergie. Grâce à lui, le jazz, terme qu'il trouvait de plus en plus restrictif, pouvait toucher un public plus large et continuer ainsi à se renouveler.
  • Dans la seconde partie des années 1980 il collabore également avec Prince, mais à ce jour pratiquement aucun enregistrement studio n'a émergé de ces sessions. Lors de visites guidées des studios Paisley Park au début des années 2000, il était indiqué aux visiteurs que le coffre fort des studios renferme « les légendaires sessions enregistrées avec Miles Davis ».
  • Dans son dernier album, Doo-bop, sorti en 1991, il collabore avec des musiciens de hip-hop, qui apportent la section rythmique et des chanteurs de rap.
  • Le génie de Miles Davis peut se résumer en trois points : un son, une capacité à s'entourer de musiciens dont il savait tirer le meilleur et une conception progressiste de la musique.
  • Citons pour conclure la fin de l'éditorial de François-René Simon paru dans le hors série de Jazz Magazine d'octobre 1991 consacré à Miles Davis : « … « Jazzman de la fin qui approche » comme l'appelle Jacques Réda, maintenant qu'elle est là pour lui cette fin, soudain une angoisse : qui pour faire reculer la fin du jazz, désormais ? »
  • 1991 le 28 septembre, il meurt à l'âge de 65 ans à l'hôpital St John de Santa Monica près de Los Angeles ou il était entré pour un bilan médical complet suite à toutes sortes d'ennuis de santé.
  • Il est enterré au Cimetière de Woodlawn de New York.

[modifier] Citations et anecdotes

  • " Pourquoi jouer tant de notes alors qu'il suffit de jouer les meilleures ? "
  • Un soir, il s'est fait tabasser par un policier qui ne voulait pas voir traîner de Noirs devant la salle de concert ; il était programmé en tête d'affiche ce soir-là et le policier ne l'a pas cru.
  • Un après midi, après avoir abusé de drogues dures pendant sa seconde période silencieuse (1976-1980), Miles Davis fut victime d'hallucinations et voyait neiger de la drogue. Pris de panique, il agressa une femme.
  • Un photographe français est invité à prendre une série de clichés de Miles Davis à New York. Conscient du privilège qu'il lui est accordé, il saute dans le 1er avion. Arrivé quelques heures plus tard, il attend pendant trois heures dans le hall de l'hôtel puis est finalement invité à monter le rejoindre pour la séance. Miles lui dit "Tu as 36 clichés et pas un de plus". La séance commence puis à la 4e ou 5e photo il demande à Miles de se mettre de profil avec sa trompette à l'horizontale … Miles Davis lui répond : "Sors d'ici, je ne joue pas la trompette à l'horizontale, je ne joue pas sur les champs de courses !!". Le photographe repartait pour Paris dans l'heure.
  • Lors d'un dîner de gala dans les années 80, à un notable qui lui demandait qui il était, il répondit qu'il avait juste révolutionné trois fois le monde de la musique...

[modifier] Discographie

[modifier] Filmographie

[modifier] Bibliographie

  • Richard Williams, Miles Davis : l'homme à la chemise verte, 1993.
  • Ian Carr, Miles davis
  • Jack Chambers, Milestones: The Music and Times of Miles Davis
  • Miles Davis avec Quincy Troupe, Miles : L'autobiographie, Presses de la Renaissance, 1989

[modifier] Liens externes

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