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Meuse (fleuve)

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Meuse
La Meuse à Monthermé (Ardennes)
Longueur 950 km
Débit moyen 400 m³.s-1
mesurés à
Surface du bassin 36 000 km²
Régime pluvial
Se jette dans Mer du Nord
Bassin collecteur Meuse
Pays France, Belgique, Pays-Bas
Cours d'eau - hydrologie

La Meuse (nl. Maas ; wa. Moûze; es. Mosa) est un fleuve européen de 950 km de long dont le bassin, relativement étroit, est orienté sud-nord.

Sommaire

[modifier] Géographie

La Meuse prend sa source en France, plus précisément en Bourgogne sur le plateau de Langres, à Pouilly-en-Bassigny, commune de Le Châtelet-sur-Meuse (département de Haute-Marne). Elle entre ensuite en Lorraine dont elle traverse deux départements : le département des Vosges puis le département de la Meuse, qui lui doit son nom. Sur le territoire français, elle arrose notamment les villes de Bazoilles-sur-Meuse (où elle se perd dans le sous-sol pour ressurgir à Neufchâteau), Neufchâteau, Commercy, Saint-Mihiel, Verdun, Sedan, Charleville-Mézières et Givet. Puis elle entre en Belgique, traversant les provinces de wallonnes de Namur et Liège, passant par Hastière, Freÿr (jardins et rochers) Dinant, Yvoir, Godinne, Profondeville, Namur, Andenne, Huy, Liège, Visé. Ensuite, après avoir arrosé la ville néerlandaise de Maastricht, elle fait office de frontière entre la provinces flamande de Limbourg et son homonyme néerlandaise jusque Maasmechelen ou elle se dirige vers la frontière nerlando-allemande qu'elle suit avant de se diriger vers l'ouest se mêlant au Rhin, avec lequel elle forme un large delta (barré par les ouvrages du plan Delta), et de se jeter dans la mer du Nord aux environs de Rotterdam.

Ses principaux affluents sont : le Vair, la Chiers, la Semois, la Lesse, le Bocq, le Samson, l'Ourthe, la Roer sur la rive droite ; le Viroin, la Molignée, la Sambre sur la rive gauche.

Ses nombreux méandres lors de la traversée du massif des Ardennes sont autant de lieux touristiques.

[modifier] Hydrologie

Le fleuve est navigable pour les péniches de 1350 tonnes de Rotterdam à Givet.

Il est accessible, jusqu'au port autonome de Liège aux bateaux de type rhénan (2500 tonnes), et aux barges 2 x 4500 tonnes. Le canal Albert relie la Meuse, à partir de Liège, à l'Escaut, à Anvers.

En amont, sur le territoire français, elle est canalisée — en empruntant parfois le canal de l'Est, branche Nord — de Saint-Mihiel à Givet au gabarit Freycinet (250 tonnes à 1,80 m d'enfoncement).

[modifier] Histoire

[modifier] Le nom d'un dieu

En wallon, Meuse se dit Mouze et n'a pas d'article, vieille réminiscence des croyances celtiques (et de bien d'autres peuples) qui font des fleuves un dieu, une personne en quelque mesure. La ville de Dinant aurait d'ailleurs cette étymologie Deo nantes, vallée des dieux.

[modifier] Les vers de Péguy

Péguy a mis dans la bouche de Jeanne d'Arc, née à Domrémy sur la Meuse, les vers bien connus :

Adieu Meuse endormeuse et douce à mon enfance
Toi qui demeures aux prés où tu coules tout bas
Adieu Meuse! j'ai déjà commencé ma partance
Vers des pays nouveaux où tu ne coules pas.

[modifier] L'Art Mosan

La Meuse, qui traverse l'Est de la Belgique de part en part, a suscité un courant d'art, que l'on appelle Art mosan. Cette appellation regroupe un ensemble de productions entre le Saint Empire Romain Germanique et la France de 900 à 1600, et qui permet de mettre en perspecvtive l'Histoire de la Wallonie et de la Principauté de Liège (même si l'Art mosan concerne aussi une petite partie la France et des Pays-Bas), dans une longue durée culturelle avec l'architecture et les belles collégiales d'Hastière, de Nivelles, de St-Barthélémy à Liège, le travail du bois, de l'ivoire, des métaux (Les Fonts baptismaux de St-Barthélémy, la dinanderie...)

[modifier] Le sac de Dinant et de Liège

La pratique de la dinanderie opposa Bouvignes à Dinant. Philippe de Commynes l'a bien raconté dans ses chroniques et Jules Michelet en a été frappé. C'est à la même époque que Philippe le Bon, duc de Bourgogne prit la ville (en 1466), l'incendia et fit massacrer ses habitants en les jetant liés deux par deux dans la Meuse. Deux ans plus tard, Liège, subit le même sort en 1468. Dinant et Liège faisaient toues les deux partie de la Principauté de Liège alors que Bouvignes faisait partie du Comté de Namur, déjà bourguignon. Cet ancien Comté que l'on peut remonter tout au long du fleuve de Charleville à Namur, excursion qu'on peut dire au moins intéressante car l'Histoire est à chaque virage de la Meuse.

[modifier] Fleuve industriel

Industrielle, la Meuse l'est déjà au Moyen Âge, et certains historiens découpent ainsi une zone industrielle qui va de Dinant à Liège. Elle le deviendra encore plus avec la Révolution industrielle. Les forges et fourneaux de l'Ardenne qui transformaient le fer à partir du charbon de bois durant des siècles, vont voir leur travail se transporter des petites rivères rapides qu'elles utilisaient pour leur industrie, vers les plus grandes comme la Sambre (qui se jette dans la Meuse à Namur), et la Meuse, où va s'édifier, au 19e siècle, de Charleroi à Liège, la deuxième puissance industrielle au monde, à la verticale du bassin houiller qui va du Nord français au Borinage, et de celui-ci au Limbourg en passant par la Louvière, Charleroi et Liège. Cette sidérurgie, aujourd'hui en déclin, subsiste toujours malgré tout et a été intégrée récemment dans l'accord Mittal-Arcelor.

[modifier] Le cauchemar de 1914

Fleuve tragique, la Meuse a été chaque fois sur le parcours des invasions et des rivalités européennes, tragiquement. Le 23 août 1914, les 100e, 101e, 103e, 108e, 178e, 178e, 182e régiments d'infanterie de l'armée impériale allemande après avoir été rejetés sur la rive est de la Meuse par les soldats français de Franchet d'Esperey (parmi lesquels le lieutenant De Gaulle), les rejettent définitivement sur l'autre rive. Lors de l'assaut français réussi, la population a fraternisé avec les soldats de Franchet d'Esperey, chanté de multiples fois la Marseillaise. Comme en d'autres villes de Belgique ou de France, les Allemands sont persuadés (à tort) qu'ils ont affaire à des francs-tireurs (souvenirs du conflit de 1870, hantise qui devient hallucination). À Dinant leur fausse croyance sincère comme le disent deux historiens irlandais, John Horne et Alan Kramer, dans « Les Atrocités allemandes » (Tallandier, Paris, 2005), vont transformer la ville en enfer de Bosch: plusieurs quartiers seront entièrement détruits par le feu. On compte 674 victimes civiles fusillées par les régiments allemands, le plus important massacre d'août 1914.

Les Dinantais contemporains de la bataille de Verdun en 1916 — Verdun pourtant distante de 200 km environ — affirment que l'on entendait certains jours le bruit du canon de la bataille.

[modifier] Mai 1940

En mai 1940, c'est aussi un peu au sud du centre de Dinant, à Leffe que les premiers fantassins allemands suivis des chars de Rommel passent la Meuse ainsi qu'à Houx. Le lendemain, ils franchissent la Meuse à Sedan. La bataille de France est virtuellement perdue. Pourtant le 13 et le 14 mai, l'armée française se battra pour repousser l'invasion, notamment à Haut-le-Wastia (un peu en aval de Dinant), avec un tel héroïsme que la population du village est demeurée liée longtemps aux anciens de 40 à qui, spontanément, elle éleva un monument. Le 16 mai, le général Gamelin informe le Gouvernement de Paul Reynaud qu'il ne peut plus assurer la sécurité de Paris. L'armée belge qui a déjà évacué la position fortifiée de Liège, menacée d'encerclement, se retire aussi de Namur. Seuls les troupes de forteresse à Liège et Namur demeurent en place et comme à Liège se battront héroïquement. L'armée belge se retire sur la ligne KW puis sur l'Escaut, enfin plus loin sur une rivière franco-flamande où elle livrera sa dernière bataille, la bataille de la Lys.

[modifier] La Meuse mythique

André Dhôtel est un Mosan qui, de la Meuse française à la Meuse belge, a écrit ce roman extraordinaire dont Bayard est quelque peu le héros, Le pays où l'on n'arrive jamais. Il y a dans ce livre, curieusement, le fantasme de la mer et des grandes villes flamandes ou néerlandaises où la Meuse rejoint la mer parmi les cathédrales et les beffrois.

Quant aux liens de toute la Meuse dans son parcours français et belge (ainsi que les affluents), Rita Lejeune (voir bibliographie) a dressé la carte des dizaines voire des centaines de toponymes étonnamment liés à la légende de Bayard, du Plateau de Langres à Maastricht.

[modifier] La Meuse européenne

Récemment, la France, les Pays-Bas, la Région flamande (la Meuse l'arrose sur un trajet très court dans la région de Maasmechelen) et la Région wallonne, ont signé un accord international sur la Meuse qui assure la co-gestion du fleuve par les trois pays (les deux États et les deux régions belges).

[modifier] L'image de l'Univers

Dans son livre Une certaine idée de la Wallonie, qu'il a tenu à illuster par une peinture d'Henri Blès, Paul-Henry Gendebien écrit, décrivant en quelque sorte la démarche intellectuelle du grand peintre mosan en pensant à tous les lieux en Europe où l'on peut voir ses œuvres:

L'Europe voit qu'un paysage du maître wallon - qui est mosan et qui ne peut qu'être mosan - est aussi le paysage par excellence, ce qui le hisse par le fait même au rang d'image de l'Univers.

[modifier] Un fleuve menacé

Le réseau hydrographique du bassin devrait — dans un avenir lointain — se réorganiser au détriment de la Meuse. D'une part, le cours inférieur deviendra un affluent de l'Aisne, donc de la Seine, dévié vers le sud à l'entrée de l'Ardenne par la vallée de Bar. D'autre part, son cours supérieur deviendra un affluent de la Moselle et donc du Rhin, à partir du fossé de Neufchâteau.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens externes

[modifier] Bibliographie

  • Jules Michelet, Histoire de France (Tome VI) in Œuvres complètes de Michelet, édition définitive et corrigée, Flammarion, Paris, 1893-1898.
  • Jules Michelet, Journal, Gallimard, Paris, 1959-1976 (Tome I).
  • Félix Rousseau (historien wallon), La Meuse et le pays mosan en Belgique. Leur importance historique avant le XIIIe siècle", (Éditions Culture et civilisation, Bruxelles 1977.
  • Philippe de Commynes, Mémoires in Historiens et chroniqueurs du Moyen-Âge, Gallimard, Paris, 1952
  • Paul Berben et Bernard Isselin, Les panzers passent la Meuse, Laffont, Paris, 1967.
  • Catalogue de l'exposition Rhin-Meuse, Bruxelles, Cologne, 1972.
  • Félix Rousseau, La Wallonie, terre romane, Institut Destrée, Charleroi, 1977.
  • Rita Lejeune, Les légendes épiques in La Wallonie, le pays et les hommes (Tome I, Lettres, arts, culture), La Renaissance du livre, Bruxelles, 1974-1986, pages 119-135.
  • John Horne et Alan Cramer, Les Atrocités allemandes, Tallandier, Paris, 2005.
  • Marc SUTTOR, Vie et dynamique d'un fleuve. La Meuse de Sedan à Maastricht (des origines à 1600) (Bibliothèque du Moyen Âge, 24), Turnhout, De Boeck & Larcier s.a., 2006. ISBN 2-8041-5041-0.
  • Patrick Beurard-Valdoye, "MOSSA" (éd. Al Dante, 2002), poésie.

[modifier] Galerie

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