Maximilien de Robespierre
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Maximilien François Marie Isidore de Robespierre, né le 6 mai 1758 à Arras (Pas-de-Calais), mort le 28 juillet 1794 à Paris place de la Révolution (aujourd’hui place de la Concorde) était un avocat et un homme politique français, chef des Montagnards, il incarna la « tendance démocratique » jusqu’au-boutiste de la Révolution française. Il reste également l’un des personnages les plus controversés de cette période, surnommé « l’Incorruptible » par ses partisans, « la chandelle d’Arras » par ses opposants royalistes puis « dictateur sanguinaire » pendant la Terreur.
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[modifier] Biographie
[modifier] Origines
Fils de François de Robespierre et de Jacqueline-Marguerite Carraut né en 1758 à Arras, décédé le 28 juillet 1794 à Paris. Il était l’aîné d’une famille de quatre enfants : il avait un frère, Augustin, et deux sœurs, Charlotte et Henriette. Sa famille paternelle était de la bourgeoisie, ses grands-parents maternels étaient brasseurs à Arras.
Robespierre ne se maria jamais et sa sexualité reste une énigme. Constamment valétudinaire (il recevait chaque jour son médecin), il ne s’afficha jamais avec aucune femme. De 1791 jusqu’à sa mort, il séjourna chez Duplay, un menuisier de la rue Saint-Honoré, qui tenta sans succès de le fiancer à l’une de ses filles.
Il fit de brillantes études au collège Louis-le-Grand où il eut pour condisciples Camille Desmoulins et Louis-Marie Stanislas Fréron. De retour à Arras, il est nommé par l'évèque, M. de Conzié, juge au tribunal épiscopal, fonction qu'il quitte rapidement pour ne pas avoir à prononcer de peine de mort. Il exerça donc la fonction d’avocat au barreau d'Arras, comme son père et son grand-père.
[modifier] Carrière politique
[modifier] Les débuts
Imprégné des idées idéalistes des philosophes du XVIIIe siècle, notamment de Rousseau, il participa à la vie politique dans sa province, notamment en tant que membre de l'académie d'Arras, où il est élu en 1783, puis à Paris comme député du Tiers état pour l’Artois aux États généraux de 1789, ensuite à l’Assemblée constituante où il fut l’un des rares défenseurs du suffrage universel et de l'égalité des droits. Il y prononça un discours pour l’abolition de la peine de mort, resté célèbre.
Membre du club des Jacobins, il en était le principal animateur, partisan d’une démocratie intégrale, tout en restant favorable à une monarchie absolue de droit divin. C'est ce qui lui fait dire après la fuite du roi à Varennes « Je ne suis ni monarchiste, ni républicain ».
Il participa à l’élaboration de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen ainsi qu’à la première constitution française en 1791. On lui donne le surnom d’Incorruptible, tant ses convictions et son mode de vie austère incitaient au respect. Mirabeau avait dit de lui en 1789 : « Cet homme est dangereux, il croit tout ce qu’il dit ».
Il dénonça l’entrée en guerre de la France contre l'Autriche (en 1792), décision qu’il jugeait imprudente, faisant ainsi le jeu de Louis XVI. Pour lui, le développement militaire des Girondins deviendrait une force contre-révolutionnaire. Pour défendre sa position, il commença l'édition du journal Le Défenseur de la Constitution. Il ne devint républicain qu’en 1792, année où il participe à la Commune insurrectionnelle de Paris, peu après la prise des Tuileries lors de la journée du 10 août.
Devenu en effet membre de la Commune insurrectionnelle de Paris, il commença à jouer un rôle politique de premier plan. Il est à l’origine de la Convention nationale, élue au suffrage universel, où il siège sur les bancs des Montagnards. Il combattit violemment les Girondins, favorables à la guerre. Par la suite il contribua à leur éviction (voir : Journée du 2 juin 1793) après la trahison de Charles-François Dumouriez (3 avril 1793).
[modifier] La Terreur
Entré au Comité de salut public le 9 Thermidor an I (27 juillet 1793), il devint l’âme de la « dictature jacobine », imposant un régime de terreur, dont les mesures d’exception étaient jugées indispensables pour sauver la République gravement menacée à l’intérieur (insurrection en Vendée) comme à l’extérieur (guerre contre les pays européens coalisés). Il instaura un régime fondé à la fois sur la vertu et la terreur, selon ses propres termes.
Après l’élimination des ultras (Hébertistes et Enragés, 24 mars 1794), jugés « démagogiques », puis des Indulgents (groupés autour de Georges Danton, 5 avril 1794), Robespierre tenta d’imposer son idéal de république démocratique et vertueuse, constituée de petits propriétaires libres et égaux en droit, lui donnant un couronnement spirituel avec l’institution du Culte de l'Être suprême (qui se veut être une sorte de restauration de la religion civile des républicains romains).
[modifier] La chute
Deux tentatives d’attentats furent perpétrées contre Robespierre.
La première tentative est due au royaliste Henri Admirat qui, le 22 juin 1794, traqua Maximilien de Robespierre et, par suite de hasards, ne réussit pas à le rencontrer et déchargea, en vain, deux coups de pistolets sur Jean-Marie Collot d'Herbois. Il fut arrêté et exécuté en compagnie d’un groupe de personnes qu’il ne connaissait pas, mais que l’on accusa d’avoir comploté avec lui.
L’autre tentative fut celle de Cécile Renault le 23 mai 1794. Inspirée par le geste de Charlotte Corday, elle quitta son domicile avec deux petits couteaux cachés au fond d’un panier, et se rendit à la maison des Duplay. Eléonore Duplay, la jugeant suspecte, l’empêcha d’entrer et appela la garde. Emmenée au Comité de Salut public, Cécile Renault prétendit ne pas avoir voulu tuer Robespierre. Elle fut néanmoins condamnée à mort, en même temps que sa famille et ses voisins, dans un climat d’hystérie meurtrière.
Souvent malade (il était dépressif) et absent des réunions du Comité de salut public, Robespierre inquiéta ses collègues de la Convention, aussi bien les plus radicaux comme Fouché et Barras que ceux du Marais, après l’instauration de la Grande Terreur (loi de prairial an II - 10 juin 1794) jugée inutile après l’éclatante victoire de Fleurus, le 26 juin 1794.
Le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794), Robespierre est empêché de s’exprimer à la Convention et est invectivé de toutes parts quand un certain Louchet demande le décret d’accusation contre lui. La proposition est votée à main levée et Robespierre arrêté en compagnie de Saint-Just et de Couthon. Augustin Robespierre et Le Bas se joignent volontairement à eux et le groupe est emmené par les gendarmes. Toutefois aucune prison n'accepte d'enfermer les prisonniers qui se retrouvent libres à l'Hôtel de Ville de Paris. La Commune de Paris fait sonner le tocsin et s'apprête à l'insurrection mais Robespierre tergiverse à donner l'ordre du soulèvement. Affolés, les députés votent la mise hors-la-loi de celui-ci, ce qui équivaut à une mort sans procès. La nuit avançant et l'ordre d'insurrection ne venant pas, les rangs de la Commune finissent par se clairsemer et, vers deux heures du matin, une troupe dirigée par Barras fait irruption dans l'Hôtel de Ville sans rencontrer beaucoup de résistance.
Lors de cette arrestation mouvementée, Le Bas se suicide et Augustin Robespierre saute par la fenêtre et se brise la jambe. Maximilien, lui, est gravement blessé à la mâchoire sans que l'on sache précisément si c'est le gendarme Merda qui lui a tiré dessus ou s'il s'agit d'une tentative de suicide.Le lendemain après-midi, les prisonniers sont conduits au Tribunal révolutionnaire où Fouquier-Tinville fait constater l’identité des accusés qui, mis hors-la-loi, ne bénéficient pas de défense.
Ainsi Robespierre est condamné sans procès et guillotiné l'après-midi même du 10 thermidor, sous les acclamations de la foule, en compagnie de vingt et un de ses amis politiques dont Saint-Just et Couthon. Les vingt-deux têtes sont placées dans un coffre en bois, et les troncs rassemblés sur une charrette. On jettera le tout dans une fosse commune du cimetière des Errancis et l’on répandra de la chaux afin que le corps du « tyran » Robespierre ne laisse aucune trace. Le lendemain, 80 partisans de Robespierre furent également guillotinés. En 1840, des robespierristes fouillèrent le sol du cimetière des Errancis, alors fermé depuis une trentaine d’années, sans découvrir aucun corps.Sa chute mit fin à la Terreur et brisa l’élan démocratique de la République : ceux qui avaient organisé la Terreur et en avaient largement profité en mettant la main sur les biens des nobles et des banquiers exécutés chargèrent, quitte à falsifier les documents historiques, Robespierre de tous leurs méfaits.
Dès sa chute, tous les Duplay furent emprisonnés, parfois pour des années. Eléonore Duplay ne se maria jamais et vécut le reste de sa vie dans le regret de son grand homme.
[modifier] Citations
- "On ne fait pas d'omelette sans casser des œufs."
[modifier] Insolite
- Maximilien de Robespierre était le seul révolutionnaire présent dans le classement très controversé des « 100 plus grands Français de tous les temps ». Danton, Saint Just, Marat et Mirabeau n’y figuraient pas.
[modifier] Œuvres
- Albert Soboul & Marc Bouloiseau (sous la direction), Œuvres de Maximilien Robespierre, Société des études robespierristes, PUF, 10 vol. ; réédition, coédition SER/Phénix Éditions, 2000.
[modifier] Voir aussi
[modifier] Discours
- Discours de Maximilien de Robespierre à l'Assemblée constituante en 1790
- Discours de Maximilien de Robespierre au club des Jacobins le 6 décembre 1790
- Discours contre la peine de mort (Robespierre, 1791) sur Wikisource
- Discours de Maximilien de Robespierre au club des Jacobins le 9 mai 1791
- Discours de Maximilien de Robespierre au club des Jacobins le 18 décembre 1791
- Discours de Maximilien de Robespierre au club des Jacobins le 10 janvier 1792
- Discours de Maximilien de Robespierre le 26 mars 1792
- Discours de Maximilien de Robespierre à la Convention le 5 novembre 1792
- Discours de Maximilien de Robespierre à la Convention en novembre et décembre 1792
- Discours de Maximilien de Robespierre à la Convention le 10 avril 1793
- Discours de Maximilien de Robespierre à la Convention le 5 février 1794
[modifier] Bibliographie
- Marc Bouloiseau, Robespierre, PUF, coll. « Que sais-je ? », nombreuses éditions
- Laurent Dingli, Robespierre, Paris : Flammarion, coll. « Grandes biographies », 2004. 605 p. ISBN 2-08-068199-0.
- Jean-François Fayard, Les 100 jours de Robespierre. Paris : le Grand livre du mois, 2005. 203 p.-[16] p. de pl., 24 cm. ISBN 2-286-00126-X. En appendice, choix de documents. (référence à remplacer par celle de l’édition originale)
- Max Gallo, Maximilien Robespierre, histoire d’une solitude, Librairie Académique Perrin, 1968. 352 p.
- Henri Guillemin, Robespierre, politique et mystique., Le Seuil
- Ernest Hamel, Histoire de Robespierre, 1865-1867, 3 vol.
- Albert Mathiez, Études sur Robespierre, Éditions Sociales, Recueil de la Société des études robespierristes, 1973
- Albert Mathiez, Girondins et Montagnards, La Passion Éditions, 1989
- Gérard Walter, Robespierre, I - La vie, II – L’œuvre, 2 tomes, Gallimard, NRF, 1961
[modifier] Références discographiques
- Serge Reggiani, Maximilien Robespierre Discours Polydor 2669 044
- Jean Ferrat, Ma France, elle répond toujours du nom de Robespierre... Barclay
- La Révolution française (opéra rock) : Robespierre
[modifier] Liens externes
- Amis de Robespierre
- Association Maximilien Robespierre pour l'Idéal Démocratique
- Royet
- Société des études robespierristes
- Masque funéraire de Robespierreals:Maximilien de Robespierre
ar:ماكسمليان روبسبير ca:Maximilien de Robespierre da:Maximilien Robespierre de:Maximilien de Robespierre el:Μαξιμιλιανός Ροβεσπιέρος en:Maximilien Robespierre eo:Robespiero es:Maximilien Robespierre et:Maximilien Robespierre eu:Maximilien Robespierre fa:ماکسیمیلیان ربسپیر fi:Maximilien Robespierre gl:Maximilien de Robespierre he:מקסימיליאן רובספייר hr:Maximilien Robespierre io:Maximilien de Robespierre it:Maximilien de Robespierre ja:マクシミリアン・ロベスピエール nl:Maximilien de Robespierre nn:Maximilien de Robespierre no:Maximilien de Robespierre pl:Maksymilian Robespierre pt:Maximilien de Robespierre ro:Maximilien Robespierre ru:Робеспьер, Максимилиан sk:Maximilián Robespierre sv:Maximilien de Robespierre tr:Maximilien de Robespierre zh:罗伯斯庇尔
Catégories : Personnalité de la Révolution française • Personnalité politique de la Révolution française • Personnalité du Nord-Pas-de-Calais • Membre de l'Assemblée constituante de 1789 • Député de la Convention nationale • Conventionnel régicide • Membre de la Commune de Paris • Membre du Comité de salut public • Personnage guillotiné de la Révolution française • Lauréat du Concours général • Naissance en 1758 • Décès en 1794


